II AVERTISSEMENT
a laissé la première bien loin derrière elle ; elle est entrée dans le fond des choses, et entre autres avantages elle a eu celui de dessiner plus nettement le caractère de la nouvelle philosophie française et sa place au milieu des écoles contemporaines.
Il est bien entendu que j'écarte les éloges et les satires, et ne mentionne que les écrits sérieux*
En Allemagne, M. Amédée Wendt, que FHistoire de la Philosophie vient de perdre , le continuateur de Tennemann , professeur de philosophie à lUnîversité de Gôttingen , a donné une longue récenr s ion (i) de la seconde édition des Fragments. M, Bekkers, professeur de philosophie au lycée de Dillingen en Bavière, m'a fait l'honneur de traduire la préiace^ et M, Schelling a bien voulu me servir d'introducteur auprès dil public allemand, en mettant à la tétè de la traduction de M. Bekkers quelques pages où lui-même s'explique sur tous les points que j'avais touchés, avec la clarté
(i) Gôttingtscke gelehrte Jnzelgen, snnée i834, aa septembre. La Revue germanique a traduit cet article , dans le cahier de Septembre
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et la vigueur qui le caractérisent Ce petit écrit (i)^ en rompant le silence que l'auteur de la Phi^ hsophie de la nature s'est imposé depuis tailt d'années, a été un véritable événement philoso» phique; et quand mon ouvrage n'aurait rendu d'autre service à la philosophie que d'avoir donné naissance à celui-là , je devrais encore me féliciter de l'avoir publié.
D^ailleurs il ne faut pas croire que l'artide de M. Wendty ni celui de M« Schelling, soient des hymnes à ma gloire : il s'en faut bien. M. Sdiellingy comme M. Wendt y tout en rendant justice à mes intentions et à mes efforts, en approuvant même dans certaines limites les conclusions systé* matiques auxqueUes je suis parvenu , n'hésite pas à condamner la route que j'ai suivie pour y arriver ,
(t) Victor Cousin ûher franzôsiscke and dêùtsche Philosophie , von D* Hubert Bekken ; Torrede von Schelling. Stuttgart und Tûbiogen^ x83^« Il y a deux traductions françaises de la préface de M. Schelling; Tune de M. Ravaisson , înaérée dans la Reloue germanique ^ octobre i835; Vautre intitulée : Jugement de M- de Schelling sur la philosophie de M, Cousin f traduit de l'allemand et précédé d*un Essai sur la nationalité des philoso' phies, par J. Wilm, Strasbourg et Paris , z835.
rv AVERTISSEMENT.
la méthode psychologique; il déclare hautement que si la psychologie peut être une préparation plus ou moins utile à la philosophie , elle n'en est pas le fondement , et que l'observation appliquée à la conscience n'y peut apercevoir après tout, même dans la région la plus élevée y que des faits de conscience y des notions , des principes universels et nécessaires y si on veut, mais purement formels et subjectifs y desquels il est impossible de tirer rien d'objectif et de réel. Pour M. Schelling, la métaphysique n'est pas une chimère ; il a bien été donné, à l'homme , cette créature privilégiée qu'éclaire le rayon divin , de connaître la vérité et le système réel des êtres, et mon illustre ami me sait gré de cherche!^ ce système , d'aspirer à cette noble fin; mais il affirme que la psychologie est dans une impuissance invincible de m'y conduire ; en un mot, il approuve le but, il désapprouve le moyen.
A l'autre extrémité du monde civilisé, de l'autre côté de l'Atlantique , les Fragments ont trouvé un accueil plus bienveillant encore qu'en Allemagne.