DU FAIT DE C01VSCIE17CE
le décomposent y et le font rentrer dans les lois de la nature universelle dont elles sont les agents. Si du monde physique nous entrons dans le monde moral, nous trouverons qu'ici la nature extérieure attaque le moi de mille manières plus redoutables les unes que les autres , par le corps intime au moi , par. ses peines , surtout par ses joies , par toutes les passions^ filles des circonstances et de ce vaste univers qui nous envit'onne. Pour se défendre le moi n'a que lui-nléme , comme Médée. Mais le moi est intelligent et libre; comme libre , il peut toujours combattre ; doué d'une liberté limitée , d'une liberté plus ou moins puissante ^ il peut être vaincu, mais il peut toujours résister; et alors même qu'il est vaincu , il sait qu'il n'est pas détruit et qu'il peut combattre encore. Il ne dépend pas du principe vital , qu'on a voulu confondre avec le moi , d'être vainqueur : il dépend du moi de l'être | surtout il dépend de lui de ne jamais céder, et de poursuivre toujours le combat^ is'il ne peut le terminer à son avantage. Mais , dans tout cela , je ne vois que le combat de deux phénomènes, je ne vois que cette dualité constante et pri-^ mitive que la conscience aperçoit toujours* N'y a-t-il donc pas autre chose dans la conscience (i)?
(x) Ici devrait se placer l'analyse de la raison comme distincte de la Sensation et de la volonté , qui ne sont que les conditions extérieure et intérieure de l'aperception , tandis que la raison en est le fondement direct. La raison constitue Ib savoir en soi, et comme il y a du savoir dans tout acte de la conscience {conicientia seu scientia cum), il s'ensuit que la raison constitue la conscience elle-même, et que c'est à elle que la conscience emprunte toute lumière; La raison constitue donc la conscience, et de plus
a 58 mi fait de coKsciEjyct:.
eUe liii apjpohe, outre là posâbiUté de toute coottaissàilce, et eft particulier de la ooDDaissance du moi, du non-moi, et de leur rapport, elle lui apporte , dis-je f une connaisance nouvelle , sui generis , la connaissance ou la conception de l'infini, de la substance , de Tétre , de la pensée absolue, source et principe de toute existence êf dfe foute pensée. Or, céè trois éléments de la pensée réunis , composent la philosophie entière , qui né peut se passer d'aucun d'eux. Mais les philosophes ont constamment mutilé l'un ou l'autre élément, réduisant sans cesse ou là substance et le moi au non-moi , érigé en fait unique et fondamental, ou la substance et lé non-moi au moi , transformé en moi absolu ^ comme, si ces deux moti n'étaient pas incompatibles , ou enfin le non-moi et le moi à la substance , devenue alors une substance tout à fait abstraite , une substance qui n'est pas une cause, abîme stérile où tout va s'engloutir, et d'cnù rien ne peut sortir, éternité sans temps, espace sans dimensions, infini sans fbrtnè; force absolue qui ne peut pas même passer à l'acte , puissance ians énergie, unité sans nombre, existence sans réalité.
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Diyisioii et Classification dès questions métaphysiques.
Division.
Toutes les questions métaphysiques sont renfermées dans les trois suivantes :
I® Quels sont les caractères actuels des connaissances humaines dans l'intelligence développée ?
1^ Quelle est leur origine ?
3° Quelle est leur légitimité ?
Les questions de l'état actuel et de Tétat primitif des connaissances humaines les considèrent dans l'esprit humain 9 dans le sujet où eUes résident y c'està-dire sous un point de vue subjectif.
La question de la légitimité des connaissances humaine lés considère relativement à leur aiyei^ c'est-àdire sous un point dé vue objectif