DU FAIT DE GOICSCIENGE
moi est un être indivisible , et son indivisibilité est celle même de sa volonté et de son activité* Mais au milieu de cette activité continue surviennent des affections extérieures que le moi aperçoit invo-» lontairement y qu'il est contraint de subir, il est vrai, mais dans lesquelles il agit, il veut encore, puisqu'il les juge, les apprécie, les distingue de. soi, y résiste, ou y, cède, et même en leur cédant détermine jusqu'où il veut leur céder. Toute affec^ tion n'éteint pas la liberté, mais la limite, selon qu'elle est plus ou moins vive ; quand l'affection trop, violente et trop vaste accable la liberté, alors il n'y a plus d'aperception du moi, ni même du non-moi ; car il n'y a plus de moi , ni par conséquent d'aperception possible } et cependant ce n'est pas le non-moi qui manque à l'aperception , mais bien la force intérieure par laquelle le moi se constitue }uimême, et peut alors apercevoir; il n'y a plus ni plaisir ni peine f parce qu'il n'y a plus aperceptîon. Ainsi , privilège et grandeur de la liberté ! où elle manque , s'éteint l'intelligence ; et où meurt Tintelligence , là expire la sensibilité. Je ne dis pas que la connaissance soit libre , mais je veux dire qu'un être libre peut seul connaître; comme je ne confonds pas l'intelligence avec la sensibilité; mais je prétends qu'il faut être intelligent pour sentir , puisqu'à par-- 1er rigoureusement, ne pas connaître qu'on sent, c'est ne pas sentir.
Résumons-nous. Le moi est libre , c'est là son* fonds; sur ce fonds se dessinent mille scènes variées^
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que la liberté se donne à elle-même. Maià il y a aiié^i un Ordre de phénomènes involontaires qui limitent la liberté de l'homme , la combattent , quelque^ fois la isurmontent : c'est là le véritable non-moi y que le moi ne s'oppose pas à lui-même, c'est-à-dire ne pose pas lui-même, comme l'a prétendu Fichte, mais que le moi trouve opposé à lui-même. Le rapport du moi au non-moi est un rapport d'opposition têciproque; c'est un véritable combat. Or, comme le moi combat en même temps qu'il est combattu ^ et qu'aussitôt qu'il cesse de combattre il cesse d'être ; et comme combattre est la condition nécessaire pdur le moi de savoir qu'il eist combattu , il s'ensuit que la passivité suppose la liberté^ et que l'état de pure passivité n'est jamais dans la conscience; L'opposition du nîoi et du non-moi constitue la conscience ; la conscience est le théâtre de ce combat peipétueî de la vie intellectuelle et morale , comme la vie physiologique n'est autre chose que la lutte delà force intérieure , du principe vital, contre les forces extérieures ou lés principes de destruction. La santé est la victoire de la force intérieure; ses défaites sont les maladiei^; sa fuite et sa destruction fest la mort. Nolf e eottstitutioh physique est telle qù^' lé principe vital ou la force intérieure , seule contre toutes les autres forces , s'épuise bientôt dans la résistante ; et après avoir rendu ufi* combat plus ou moins long, mais toujours court et plus composé dé défaites qiie dé Victoires , succombe et abandonne le corps à toutes les forces ennemies qui l'envahissent, le partagent.