‹ Fragments philosophiques (volume 3)Chapitre 78 sur 92 · DU COGITO, ERGO SUM · texte numérisé non relu

DU COGITO, ERGO SUM

cipes ; mais dans la Polémique sur les Méditations , où elle est comme ensevelie. C'est là qu'il faut aller la chercher. £n relisant ce long recueil d'objections et de réponses, j'en ai extrait une foule de passages décisifs où Descartes se défend de raisonner, pour arriver à l'idée de l'existence personnelle, et où il établit nettement le vrai procédé qui nous y conduit. Je ne citerai que les passages les plus importants.

Avant Spinosa et Reid, Gassendi avait attaqué l'enthymème de Descartes. « Cette proposition , je pense , donc je suis , suppose , dit Gassendi , cette majeure : ce qui pense existe , et par conséquent implique une pétition de principe. » A quoi Descartes répond : Je ne fais point de pétition de principe , car je ne suppose point de majeure. Je soutiens que cette proposition, je pense, donc j'existe, est une vérité particulière qui s'introduit dans l'esprit sans le secours d'une autre plus générale , et indépendamment de toute déduction logique. Ce n'est pas un préjugé, mais une vérité naturelle qui frappe d'abord et irrésistiblement l'intelligence. Pour vous, ajoute Descartes , vous pensez que toute vérité particulière repose sur une vérité générale dont il faut, la déduire par des syllogismes , selon les règles de la dialectique. Imbu de cette erreur, vous me l'attribuez gratuitement ; votre méthode constante est de supposer de fausses majeures , de faire des paralogismes et de me les imputer (i). »

(i) Voici le passage latin , qui est curieux sons plus d'un rapport :

« Ex eo quod dioo : cogito , ergô sum , auctor Ins^antiarum eolUgit me

Page 1