‹ Fragments philosophiques (volume 5)Chapitre 5 sur 35 · LANGUE. DE LA THEORIE DES IDÉES · texte numérisé non relu

LANGUE. DE LA THEORIE DES IDÉES

sur quoi la généralisation repose-t-elle? Évidemment sur la théorie des idées, laquelle est ainsi le principe fondamental, l’âme de toute la dialectique et de la philosophie de Platon. La langue dans laquelle cette théorie célèbre est exprimée mérite donc une attention particulière.

La langue de la théorie des idées s’est fixée peu à peu , ainsi que cette théorie. De même que celle-ci est encore un peu incertaine dans le Phèdre, c’est-à-dire, dans le premier dialogue de Platon, quoiqu'elle y soit déja, de même la langue qui l’exprime n’y est pas encore aussi arrêtée qu’elle l'est devenue depuis dans le Ménon, le Parménide, le Phédon et la République. Voici les différents termes, qui, dans la langue et dans la théorie de Platon bien constituées, représentent les différents degrés de l'idée , avec la signification précise qu Ἴ faut attacher à chacun d'eux.

D'abord, au faîte de la théorie est l’idée en soi, εἶδος αὐτὸ καθ᾽ αὐτό, l’idée prise absolument , sans aucun rapport ni au monde de l'esprit ni à celui de la nature, l’idée considérée comme l'idéal invisible, la raison première et dernière, éternelle et absolue de toutes les choses qui la réfléchissent ici-bas dans ce monde du relatif et de l'apparence ᾿

perpétuelle métamorphose de phénomènes qui se renouvellent et deviennent sans cesse, sans être jamais substantiellement, γένεσις» τὸ μὴ ὄν» τὰ μὴ ὄντα. Par opposition aux phénomènes, 1᾽᾿ εἶδος αὐτὸ καθ᾽ αὑτό, l’idée en soi est la vraie essence, ἡ οὐσία»

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