‹ Fragments philosophiquesChapitre 21 sur 92 · Ouvr, ined., p. ni · texte numérisé non relu

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lui-même que de très-l)onne heure il eut la passion des lettres et de la dialectique. 11 n'est donc pas impossible que, vers l'âge de treize ans, ou même un peu plus tard, car on place aussi le premier concile de Soissons vers ^093, Abélard ait eu pour premier maître en Bretagne dans sa première jeunesse son compatriote Roscelin. Mais il est plus vraisemblable qu'a son retour en France, Roscelin, sans enseigner en public, aura fait quelques leçons dans Torabre, et qu'Abélard avant de se fixer à Paris , Taura entendu ou en Bretagne ou a Compiègne , dans les dernières années du onzième siècle ou dans les premières du douzième, c'est-à-dire vers l'âge de vingt ans. Ce premier enseignem.ent lui aurait inculqué de bonne heure le nominalisme, dont il ne rejeta que les extravagances, et expliquerait comment, en arrivant dans l'école de Guillaume de Champeaux , il s'y trouva tout formé, en quelque sorte , pour résister au réalisme. Si Abélard ne parle pas de Roscelin dans VHistoria calamilatum y c'est qu'alors sous le poids d'une condamnation, et ayant eu gravement a se plaindre de Roscelin , il ne pouvait lui convenir sous aucun rapport de rappeler ce qu'ail lui devait; et il était encore bien moins tenté de le faire dans sa lettre a Téveque de Paris, où, attaqué par Roscelin, il se défend avec Tamertume et l'emportement de sa situation et de son caractère. D'ailleurs, tout cède a l'autorité du témoignage d'Abélard lui-même : et ce témoignage décisif, qui met fin à toute discussion , nous le devons à notre manuscrit.

Qu'Abélard était très-ignorant en mathématiques.

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