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410 PHILOSOPHIE SCIIOLASTIQUE.
qui allait faisant partout des prédications ardentes, des conversions et des miracles? Abélard appelle cette lettre insolente: « Contumacemaususestepistolamconlingere\» Roscelin reparaît dans l'Iiisloire vers H21, pour dénoncera révoque de Paris, Guillaume, Geoffroy ou un autre ^, le livre d'Abélard sur la Trinité. On ne voit pas bien quel avait pu être son motif, mais il trouva dans Abélard un adversaire impitoyable. Celui-ci écrivit a l'évéque de Paris une lettre où, en repoussant la dénonciation de Roscelin, il l'accable sous Thistoire de sa vie, et lui prodigue les plus durs sarcasmes. Depuis, Roscelin disparaît entièrement, et on ne sait comment il a fini; mais il n'y a pas un seul texte véritablement applicable à Roscelin d'où on puisse conclure qu'il se soit rendu et qu'il ait fait ses soumissions^.
Telle fut la destinée du père du nominalisme. Il souffrit toute sa vie pour la même cause pour laquelle souffrit aussi, 300 ans plus tard, l'Anglais Occam, qui, sous tous les rapports, a tant de ressemblance avec Roscelin. Tous deux sont comme les héros du nominalisme, et ils en ont presque été les martyrs. Mais Occam, au quatorzième siècle, devançait a peine son temps : m^me dans ses attaques contre Tautorilé papale, il avait de son côté la moitié de son siècle, et il s'appuyait sur un roi et sur un empereur. A la fin du onzième siècle, Roscelin combattit et souffrit sans espérance. Il a laissé à la philosophie moderne ces deux grands principes H ° il ne faut