‹ Fragments philosophiquesChapitre 7 sur 92 · Abœl. opp. HisU Calamil., p · texte numérisé non relu

Abœl. opp. HisU Calamil., p

« Porphyrii est in hoc opère tractare de sex vocibus et de « génère et de specie et de differeniia et de proprio et « de accidenti et de individuo et de significatis eorum. » C'est encore une glose, mais incomplète, qui s'étend jusqu'au feuillet 35 verso, où se présente une nouvelle lacune, en pouvait espérer de trouver dans ce commentaire quelques renseignements sur Topinion d'Abélard ichant les universaux. Loin de là^ Fauteur se borne •re a Texplication littérale du texte. On ne peut s'em- ,.^«ner de penser, en lisant cette glose, que c'est après ravoir entendue que Jean de Salis'bury a tracé le modèle d'une interprétation de Porphyre, et qu'il fait allusion a •ofio glose lorsqu'il vante la manière simple, brève et i jjiopriée a Tenfance (puerilem) qu'Abélard employait 'ans' ses leçons aux commençants. Le passage du Meta^ logicus que nous avons cité ^, si bien d'accord avec le caractère du commentaire que nous avons sous les yeux, démontre l'authenticité de ce dernier; et en même temps la parfaite conformité de manière de cette glose avec les précédentes et avec celles que nous allons rencontrer est une démonstration de l'authenticité de toutes et même de la glose sur les Topiques de Boëce, indépendamment de la preuve extrinsèque qui se lire des inscriptions de la plupart de ces traités. Mais poursuivons la description de notre manuscrit.

Le feuillet 36 est en blanc: au recto du feuillet 37, sans aucun titre, commence brusquement un autre ouvrage : Propterea ita determinandum est ; et ce

nouvel ouvrage , de la même écriture que les précédents, s'étend jusqu'au feuillet /H ; en le lisant, on reconnaît

\, Voyez plus haut, p. W,

16 PIIILOSOPUIE SCHOLASTIQUE.

que c'est un fragment d'une glose surles Catégories. Elle a le morne caractère que les gloses précédentes. Il est donc très permis de supposer qu'elle est également d'Abélard.

Au feuillet Ai recto commence, avec une autre écriture et sans aucun titre, un morceau d'un genre tout différent. Ici la forme aride de la glose disparaît et fait place a une manière plus libre et plus heureuse. II y est traité du tout et des parties, du genre , de l'espèce et des individus; et, à cette occasion, la question des universaux est vivement controversée. Ce fragment est incontestablement d'Abélard, car l'auteur y parle de Guilliumc de Cliampeaux comme de son maître ; il combat !i la fois les réalistes et les nominaux, et expose cette opinion intermédiaire qui depuis a été appelée le conceptualisme.

Ce morceau important s'étend du feuillet A^ reclo au feuillet AS verso; au milieu de la premier^ colonne est un petit intervalle, indice d'une solutiou (Je continuité. Ici se rencontre un nouveau morceau sans titre sur les propositions modales, lequel va jusqu'au r^^cto du feuillet 50, à la fin de la première colonne. Ce fragment a le même caractère de style que le précédent, mais il n'a pas le moindre intérêt. Il n'y a pas de raison pour ne pas le considérer comme appartenant aussi a Abélard.

A la deuxième colonne du recto du feuillet 50, récriture ou plutôt l'encre change, et on tombe dans un morceau assez insignifiant oii il est encore question de la différence, de l'espèce, du genre et de l'accident, avec des citations de Porphyre.

Au verso du feuillet 52 vient encore une encre nouvelle et un fragment nouveau, comprenant les deux colonnes de ce verso, et se rapportant au commencement

du traité de rintcrprétation. Aux trois quarts de la 2^ colonne de ce verso est une lacune, et au feuillet 53 recto, sans aucun litre, on trouve une écriture nouvelle, d'une finesse extrême, remplie d'abréviations et presque illisible; elle s'étend jusqu'au feuillet 57; c'est encore un fragment d'une glose assez étendue sur ce même traité de l'Interprétation.

Avant le feuillet 57, au recto du feuillet 56 , est encore une assez forte lacune. Au feuillet 57 l'écriture change de nouveau jusqu'au feuillet 63, où se présente une lacune nouvelle. Ces six feuillets contiennent la fin d'une glose sur les Catégories , sans nom d'auteur. Ce fragment commence avec le commencement des Post-prœdicamenta et finit à la fin du chapitre de motu. Il manque donc la glose sur le dernier chapitre de habere, et le dernier fragment est terminé par ces mots : Fi7iis laboris.

Au feuillet 63 se rencontre une glose, toujours sans nom d'auteur, mais complète, sur le traité des divisions de Boëce. Elle commence ainsi, f" 63, 2^ colonne : o In- « tentio Boethii est in hoc opère de regularibus divisioni- « bus disputare », et au verso du feuillet 66, \''^ colonne , on lit : Expliciunt glossœ.

Le reste du verso est rempli par des règles et des exemples de syllogismes hypothétiques, également empruntés a Boëce.

Au feuillet 67, ^^^ colonne, recommence une glose nouvelle, continue et complète sur les Catégories d'Aristote, sans nom d'auteur, avec un prologue et les titres des divers chapitres du texte, y compris les Post-prœdicamenta, r® ligne du prologue : « Intentio Aristotelis est « in hoc opère de primis vocibus prima rerum gênera

« significantibiis disputacc. » Et feuillet 8i verso, colonne 2 : « Expllclt de prœdicamentis, )) Viennent ensuite les Post'prœdicamenta, et feuillet 83 verso: Explicit. Maintenant de qui est cette glose? on ne peut guère supposer qu'Abélard ait fait deux gloses sur le même ouvrage, et le premier fragment de celle que nous avons rencontrée précédemment semble bien lui appartenir; mais il serait possible qu'il y eût plusieurs cahiers différents de la même glose, comme nous croyons avoir prouvé ailleurs ^ qu'il y a plusieurs rédactions différentes du commentaire d'Olympiodore sur le Phédon. Il serait possible encore qu'il y eût dans cette collection des morceaux de différents auteurs mêlés a des écrits d'Abélard ; car ce volume paraît être une collection de gloses dialectiques.

En effet, après les écrits dont nous venons de parler, vient une glose de Raban-]\Iaur, sur l'introduction de Porphyre; elle porte le titre de Rhabanus super Porphyrium, et commence ainsi : « Intentio Porphyrii est (( in hoc opère facilem intellectumadPrœdicamentaprœ- « parare, tractando de quinque rébus vel vocibus, etc. » Le prologue s'étend depuis le feuillet 86, ^^^ colonne, jusqu'au feuillet 87 verso, au milieu de la 2^ colonne; suit la glose avec un titre a chaque nouveau chapitre. Cette glose n'est pas complète, et elle s'arrête au folio 93 verso.

Au feuillet 94 recto, ^^^ colonne, on trouve un fragment sans nom d'auteur sur le traité de Boôce, De differentiis topicis.

Enfin, au feuillet 95 recto, 2"^ colonne, nous retrou-

\. T. 1 de cette me série, philosophie ancieane.

Yons une glose de Raban-Maur, sur le traite de Tlntcrprétation, avec ce titre : Rhabanns super terencivaa (sic), et commençant ainsi : « Intentio Aristotelis est in « hoc opère de simplici enuntiativa interpretatione et de (( ejus démentis, nomine silicet atque verbo, gratia ip- <( sius simplicis enuntiativœ interpretationispertractare.» Cette glose s'étend jusqu'au feuillet ^00 verso, et ne paraît pas achevée.

Elle est suivie d'un commentaire anonyme sur les psaumes, qui termine le manuscrit.

Pour résumer cette longue et minutieuse description, nous croyons avoir établi que notre manuscrit 1310 est bien l'ancien manuscrit de Saint-Germain, mentionné par Oudin et l'Histoire littéraire; que ce manuscrit ne renferme pas seulement, comme l'Histoire littéraire semble le dire, un traité d'Abélard sur les Divisions, mais bien divers écrits dialectiques d'Abélard, en totalité ou en fragment, avec ou sans nom d'auteur, tantôt sous la forme de glose, tantôt sous une forme plus libre et plus développée. Tout ce qui est glose ne renferme rien d'important; on y trouve seulement la conflrmation de ce que J. de Salisbury nous apprend de la manière d'enseigner d'Abélard. Il nous a donc paru suffisant de publier quelques pages de chacune de ces gloses, et nous avons cru devoir placer ces différents morceaux, non dans l'ordre qu'ils occupent en ce manuscrit, mais dans celui qui est le plus naturel, et que suivait probablement Abélard dans son enseignement, à savoir : IMa glose sur Tlntroduction de Porphyre *; 2^ la glose sur les Catégories ^; 3° la

\. Ouvr. inéd, d'Abélard, p. S55.

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