Ouvrages inédits d'Abélard , y, 60îJ
1 2 PHILOSOPHIE SCnOLASTIQUE.
« secundus. Le troisième : Pétri Peripatetici liber « Divisionum (ce môme livre se trouve dans la biblio- « thèque de Saint-Germain-des-Prés). Le quatrième : « Pétri Peripatetici liber definitionum. »
Description du manuscrit de Saint-Germain , no ^310.
Commençons par examiner dans ce peu ,de lignes ce qui se rapporte au manuscrit de Saint-Germain-des-Prés. 11 semblerait que ce manuscrit renferme un seul ouvrage d'Abéiard : Pétri Peripatetici liber Divisionum. On va voir que rien n'e^st plus inexact.
Oudin [de Scriptoribus ecclesiasticis, t. I, p. ^^72) fait beaucoup mieux connaître ce manuscrit.
D'abord Oudin fait mention d'un manuscrit de la bibliothèque de Fleury, qui contiendrait la logique d'Abéiard avec celle de Raban-Maur. « In bibliotheca floria- (( censi, littera A. 4. exstat logica Pétri Abœlardi, una c( cum logica Rhabani. » Puis arrivant au manuscrit de Saint-Germain, il avoue qu'il ne l'a pas eu entre les mains. « In bibliotheca Sancti-Germani de Pratis, co- « dice 635 , Pétri Abœlardi divini Peripatetici dia- (( lectica, Paucis autem post titulum carie exesis : In- « tentio de propositione categorica una apta categorico « syllogismo regulari. » Nous allons donner une description fidèle de ce manuscrit de Saint-Germain qui est à la Bibliothèque du Roi, manuscrit dont parle si négligemment l'Histoire littéraire, et dont Oudin rapporte le titre et la première ligne.
Le manuscrit de Saint-Germain est un petit in-4** en parchemin, écrit de plusieurs mains, presque toujours a deux colonnes. L'écriture est du treizième siècle. H a au-
joiird'hui pour numéro ^310; sur la première page est rinscription : Sancli Germani à Pratis numéro 1310, « olim 635. » C'est donc bien évidemment le manuscrit de Saint-Germain cité par Oudin. De plus, sur le recto du 9^ feuillet, dans Tintervalle des deux colonnes, est écrit, il est vrai d'une main récente : « Bibliotheca Floriacensis » ; et en effet nous montrerons tout à l'heure que ce manuscrit contient un écrit de logique de Raban-Maur, avec divers écrits du même genre d'Abélard , comme Oudin le dit du manuscrit de Fleury.
Notre manuscrit renferme, -i^^^a règle de saint Au-
11, Un: 2° une collection de sentences et de décisions ecclésiastiques; 3° le dialogue de saint Augustin : de Qua-
itate et Quantitate ani77iœ; 4° des lettres et extraits de saint Augustin, de saint Basile, de saint Jérôme et autres Pères : cprès ces divers écrits vient un traité de logique d'Abélard dont le titre est a moitié effacé : Pétri Âbœ.,.
sunimi Peripatetici cd , puis, à la ligne, en
lettres ordinaires : intentio A* est de propositione
caihegor,,. una a cathegorico sillogismo regu-
lari, etc. C'est le titre et le début cités par Oudin, qui donne par erreur divini au lieu de summi, et qui ajoute gratuitement d'ialectica^ titre qui n'est pas dans le manuscrit. En parcourant ce traité, ou se convainc facilement que c'est un commentaire spécial sur le traité d'Aristote de V Interprétation. Le titre à demi effacé doit avoir été : « Pétri Abœlardi junioris Palatini smnmi « Peripatetici editio super Aristotelem de Interpréta^ « tione )) , et le début : « Intentio Aristotelis est in boc « opère tractare de propositione categorica, una ac de « calegorico syllogismo regulari. » Ce traité d'Abélardest II. 2
une véritable glose du morne genre que celle du manuscrit du Roi 7493 sur le traité de Boëcc : De differentiis topicis. Il y a d'abord un petit prologue, puis la citation des diverses phrases d'Aristotc avec une explication littérale. Cette glose n'est pas achevée.
Au feuillet ] 8 est une lacune, et au ^ 9 recta commence un nouveau traité d'Abélard dont le titre, écrit en encre rouge, est parfaitement lisible : Pétri Abœlardi junioris Palatini summi Peripaieiici de Divisionibus incipit. Et cet écrit est évidemment celui que citent les auteurs de VHistoire littéraire^ lesquels dans ce manuscrit n'auront fait mtention qu'à ce traité, parce que celui-ci y est en effet*^lus facile à discerner que tous les autres. L'inscription complète du traité de Divisionibus nous a permis de rétablir avec certitude celle de Touvrage précédent; et nous verrons que partout dyins ce manuscrit Abélard est désigné sous le nom de junioris Palatini summi Peripatetici ^ c'est-u-dire Abélard le grand péripatéticien moderne de Palais, ou plutôt Abélard le jeune de Palais. Car Abélard nous apprend luimôme qu'il avait cédé à ses frères son droit d^aîncsse * ; il était donc volontairement Hqsqww junior. Voici' la première phrase de ce commentaire : « Intentio Boethii est (( in hoc opère agerc de divisionibus et dare prœceptiones (( ad componendum divisiones. »
Cette glose est semblable à la précédente; seulement elle est complète et s'étend jusqu'au feuillet 29 recto, où se rencontre un autre traité d'Abélard : « Pétri Abœ- « lardij. (junioris) p. (palatini) s. (summi) p. (peripa- « tetici) editio super Porphyrium incipit. — Intentio