PAR M. DE BOUCHEPORN, INGÉNIEUR DES MINES
Au milieu du chaos actuel des sciences, voici enfin qu’il paraît un beau et grand livre. Ici, ce n’est plus cette étroite analyse qui a tout envahi ; c’est de la synthèse, et
(le la plus liante, à la suite de laquelle l’analyse viendra s’incliner pour certifier les détails.
Je ne sais ce qu’on aura pensé, dans les hautes régions scientifiques, du livre de M. de Bouclieporn. Pour moi, je déclare que ma raison n’a jamais été plus satisfaite depuis l’étude des grands travaux de Cuvier. Je me hâte d’en excepter le neuvième chapitre, relatif à l’histoire chimique delà terre et dont je ne pourrais accepter un seul mot ; mais j’ajoute que l’auteur eût pu supprimer ce chapitre entier sans nuire en rien aux magnifiques théories qu’il développe.
M. de Bouclieporn cherche l’origine des choses : les montagnes, dont la formation a été si diversement expliquée, mais que tout
le monde, aujourd’hui, admet comme un produit de soulèvement, sont, de sa part, l’objet d’études très-logiquement suivies. Un grand fait a frappé son esprit : c'est le parallélisme de plusieurs vastes chaînes. Raisonnant dès lors à l’inverse des chercheurs vulgaires, il a élevé sa pensée au delà de nos petites dimensions ; il s’est jeté dans le monde des infinis, et n’a plus voulu tenir compte ni du temps, ni de l’espace; il s’est placé, par l’imagination, dans ce milieu où roulent les mondes, comme les cailloux dans nos moindres ruisseaux. Et il s’est dit : ces grandes perturbations que l’on remarque à la surface du globe; ces éléphants qu’on exhume en Sibérie, sous un climat oùils ne vivraientplus, sur un sol où ils ne
trouveraient pas de nourriture; ces couches stratifiées qu’un relèvement subit a séparées en énormes fentes rectilignes; ces races à jamais disparues, dont les bizarres dépouilles sont incrustées au sein des rocs; tout cela ne dénote-t-il pas, en même temps qu’un violent effort, des modifications de climats sur les diverses parties de la terre?... Cette double question posée, il n’y avait plus qu’une solution possible : il fallait nécessairement admettre de brusques changements dans la situation de l’axe de la terre, puisque c’est de l’inclinaison de cet axe, ou de celui de l’équateur sur l’écliptique, que dépendent les climats divers.
L’auteur, alors, sans autre recherche, s’est hardiment donné ce programme : la
terre a été plusieurs fois rencontrée par des comètes, dont le choc a perturbé, à diverses reprises, son mouvement de rotation, qui tantôt a été accéléré, tantôt retardé; les pôles ont été ici et là ; je trouverai les endroits, je les dirai; je ferai des mappemondes rétrospectives de plusieurs millions de siècles!
Il a fait ces mappemondes incroyables, et auxquelles je crois. Déduisant, avec un art extrême et toujours à l’aide des notions les mieux admises, les temps nécessaires aux formations des couches qui composent les divers terrains, il en conclut, sans objection possible, que chacune de ces formations a dû exiger au moins deux millions d’années; j’ai besoin ici de citer un passage du livre
pour ma justification de crédulité : « Quelques observations exactes ont été faites sur l’exhaussement du lit des fleuves et sur l’élévation des atterrissements à leur embouchure. D’après les mesures de M. Girard, le lit du Nil ne s’élèverait que de 1 mètre vingtsix millimètres en mille ans; la petitesse extrême de ce nombre fourni par un si grand fleuve est remarquable... En partant de cette donnée, M. Élie de Beaumont a calculé que l’ensemble des dépôts alluviens indiquerait, par leur épaisseur, le chiffre de 7 millions 600,000 ans pour la durée de la terre, depuis que les premiers sédiments fossilifères se sont formés à sa surface. »
Et plus loin : « Le calcul du temps qu’aurait exigé la formation des houilles dans
l’hypothèse d’une énergie de végétation égale seulement à celle de notre époque, donne pour résultat qu’i! faudrait vingt-cinq ans pour produire une couche de deux millimstres. Or, on connaît, en France, des couches de houilles de plus de 60 mètres d’épaisseur ; leur formation aurait donc exigé plus de 600,000 ans, indépendamment du temps employé à l’entassement des vastes dépôts alluviens dont les houilles font partie. »
Ne parlons donc plus de siècles; ce sont des secondes pour le créateur, et il nous faut tâcher d’adopter un instant cette mesure rapide. Le livre y invite, y prépare ; j’oserais dire qu’il vous place forcément dans cet étrange ordre d’idées. Dès lors, tout s’éva-
nouit do ce qui pourrait choquer dans la vie pratique, dans cette vie de cinquante et quelques années, où trop souvent un jour semble long.
M. de Boucheporn a considéré deux choses dans le surgissement des montagnes, deux mouvements divers qui tous deux ont concouru à porter leurs sommets à la hauteur que nous leur voyons atteindre. L’un, de beaucoup le principal (ici je cite), « est celui par lequel les couches des terrains déviées de leur horizontalité primitive, et exhaussées par inflexion, ont été redressées sur le flanc des montagnes, ou contournées autour de leurs sinuosités : c’est là le phénomène caractéristique du soulèvement.
L’autre mouvement consiste en des ruptures
brusques et nettes, suivant des plans qui approchent plus ou moins d’être verticaux, et qui s’alignent entre eux par groupes parallèles. Ce sont les failles. »
Cette observation très-remarquable donne à l’auteur l’occasion de montrer que le choc d’une comète produirait, à la surface de la terre, ces modifications précises qu’il vient de décrire. Car nul ne doute que notre globe, à peine refroidi encore, n’ait qu’une couche solide très-mince, et qu’il ne soit liquide à quelques myriamèlres plus bas. En supposant donc un choc, et le mouvement de rotation troublé, il est bien clair que tout ce liquide, pour obéir aux lois physiques, serait refoulé vers le nouvel équateur, et, par l’effet de la force centrifuge, crèverait la
mince croûte qui lui est superposée, dans un sens parallèle à ce même équateur. D’un autre côté, la pesanteur, ou la force d’attraction, s’exerçant aux nouveaux pôles avec plus d’intensité qu’ailleurs, il en résulterait une sorte de plissement de la surface, qui soulèverait les terrains, toujours parallèlement à l’équateur nouveau. Je ne sais si je me fais bien comprendre, mais j’affirme que je comprends tout à fait ces curieuses et nouvelles explications.
L’auteur va plus loin ; il recherche les divers équateurs que des chocs semblables ont pu produire. Il les trouve, les indique; il en décrit quinze successifs, depuis l’origine de notre planète. Au douzième, selon lui, l’Europe était polaire; les glaciers nous cou-
vraient; c’est à leur marche, observée encore aujourd’hui en Suisse, qu’est dû le phénomène si bizarre des blocs erratiques. J’avoue n’en avoir pas lu encore une aussi satisfaisante explication.
L’examen de ces divers équateurs que les directions générales des chaînes de montagnes lui indiquent, amène l’auteur à des corollaires imprévus et qui ne sont pas les moins concluants de l’ouvrage. Selon que le mouvement de rotation de la terre a été ralenti ou accéléré par les chocs divers, il a dû s’ensuivre une durée moindre ou plus grande des jours. A l’époque des jours longs, il a fallu, chez les habitants de la terre, une organisation plus puissante qu’à notre époque, pour subir l’effort de la vie active jus-
qu’au moment du sommeil. Aussi, trouve-ton, à ces temps, les gigantesques mastodontes, les éléphants, les bœufs monstrueux dont les équivalents n’existent plus de nos jours. Ce raisonnement est d’un homme d’esprit; ce qui ne l’empêche pas d’être fort scientifique.
Enfin, M. de Boucheporn, après avoir montré par le calcul des probabilités, qu’un choc de comète est supposable en deux millions d’années, arrive jusqu’à trouver la trace du dernier de ces terribles événements. Se rattachant à l’idée de Halley, il admet que la dépression, inexplicable jusqu’à ce jour, du niveau de la mer Caspienne et des contrées qui l’avoisinent , par rapport à celui de l’Océan, n’est que la cicatrice
de cette grande blessure de notre planète.
Ce livre, écrit avec une complète modestie, malgré son audace, est destiné à une haute place dans les sciences. Respectueux envers les maîtres, dont il renverse les systèmes, M. de Boucheporn a évité cette allure de novateur qui a perdu tant d’esprits distingués. Tout sûr qu’il est de sa découverte, il l’enveloppe de mille formules révérencieuses qui tendent à ne blesser personne, et ce n’est pas là un des moindres mérites de son ouvrage. Je sais des compliments qui lui auraient manqué sans cela. Il est regrettable que ce magnifique travail soit revêtu d’un style inaccessible au public ordinaire. J’ai tâché, dans cette courte analyse, de l’approprier mieux à sa destination, la
science commune. Car l’étude des grands phénomènes de la nature, reléguée trop longtemps, comme arcane, dans le cabinet des savants, commence à devenir du domaine usuel. En même temps que les feuilletons de nos journaux jettent à la foule avide une série successive de romans, le journal donne aussi le compte rendu des séances de l’Académie des sciences; la curiosité publique l’a ainsi voulu; elle est sérieuse en même temps que frivole; c’est le moment de lui conserver le premier de ces deux goûts.
11 y avait moyen, dans l’exposé de cet immense drame des cataclysmes successifs, d’intéresser un peu tout le monde. Je reconnais cependant que si l’on extrayait
du livre de M. de Boucheporn certains passages fort éloquents, où il s’élève, littérairement, à la hauteur de son incommensurable sujet, on formerait quelque chose de fort saisissant pour les imaginations les plus étrangères aux sciences, et je fais des vœux pour qu’il se décide à composer un tel abrégé, après que ses doctrines auront acquis l’autorité que je leur reconnais, et qu’il doit espérer générale dans un trèsprochain avenir.
DE L’iNSTINCT ET DE L'INTELLIGENCE DES ANIMAUX ,
PAR M. FLOURENS, MEMBRE DE l’iNSTITUT.
Voilà un tout petit livre, aussi curieux que bref. Les gens du monde le liront avec tout l’intérêt qui s’attache au style ; les savants le liront aussi , malgré ce luxe-là.
M. Flourens, qui appartient à l’Académie Française, semble s’être proposé comme constant modèle son prédécesseur Buffon , dont le mérite scientifique a peut-être trop pâli devant sa renommée littéraire. Cette action est louable, à ce moment où la langue est fort méprisée en matière sérieuse, et, puisqu’il faut le dire, où le dictionnaire nouveau rend difficile toute œuvre écrite qui n’a pas la forme du feuilleton.
Ce sont les observations de Frédéric Cuvier, le frère du grand Georges, que M. Flourens affirme, avec modestie, avoir voulu tout simplement colliger. Mais il s’est trouvé que le secrétaire a dépassé de beaucoup ses fonctions, et qu’on le prend tout d’abord pour l’auteur très-réel. Quant à moi,
je le prends ainsi , et je ne veux examiner le livre qu’à ce seul point de vue.
Rien n’est mieux ordonné : au début , l’exposé des différents systèmes que Descartes, Leibnitz, Buffon, Condillac, Leroy, ont émis à ce grand propos de l’intelligence des bêtes. Pour Descartes, ce sont de pures machines; pour Buffon , ce sont mieux que des hommes, en certains points; pour tous, c’est la confusion de l’instinct et de l’intelligence, et c’est là surtout ce que M. Flourens a voulu détruire , et ce qu’il a , selon moi, parfaitement détruit.
Immense problème et dont notre raison s’effraie ! L’hirondelle , qui construit son nid au coin d’une fenêtre de France, et qui vient le retrouver l’année suivante, après
un voyage au Maroc, est-ce de l’intelligence? Le chien qui défend son maître attaqué, est-ce de l’ instinct ?Qu’esl-ce que l’instinct? Qu’est-ce que l’intelligence? et où est la barrière qui sépare ces deux facultés? Sontelles dissemblables , et n’est-ce pas un abus de mots que l’emploi de ces deux dénominations?
Pour qui a étudié les moeurs du moindre insecte, de l’araignée, par exemple, rien ne semble plus difficile que de résoudre ces questions. La vigilance, la ruse, la patience, tout ce qu’un bomme des plus sagaces pourrait appliquer de soins à l’accomplissement d’un projet, l’insecte l’applique à saisir sa proie ; mais tous l’appliquent ainsi, sans qu’on observe du plus ou du moins
chez l’un ou chez l’autre. Ainsi des fourmis, des abeilles : ce travail singulier qu’on admire dans leur société est éternellement le même ; on n’a pas encore constaté de progrès dans ce monde-là. J’aurais voulu que M. Flourens mît en saillie cette remarque, où je trouve le vrai signe de l’instinct; mais il en fait d’autres , et de plus savamment déduites. L’intelligence est, selon lui, la faculté d’une pensée libre et individuelle , qu’elle soit communiquée à l’animal par volonté personnelle ou par éducation. L’instinct est, au contraire, une faculté native, qui s’exerce indépendamment de l’éducation, de la réflexion, et de toute autre condition postérieure à la naissance. L’action de teter, par exemple, est immédiatement
inspirée au petit sans calcul aucun , sans apprentissage, puisqu’on a vu de jeunes animaux , non sortis encore tout entiers du ventre de leur mère, et rapprochés des mamelles, les prendre avec avidité. Frédéric Cuvier a élevé des castors dans des caares , et les a vus bâtir sans besoin aucun , puisqu’ils étaient logés. Ils ont donc bâti, poussés par une force machinale et aveugle, en un mol, par un pur instinct.
« L’opposition la plus complète , dit « M. Flourens , sépare l’instinct de l’intel- « ligence. Tout dans l’instinct est aveugle, « nécessaire et invariable ; tout dans l’in- « telligence est électif, conditionnel et mo- « difiable.
Le castor qui se bâtit une cabane, l’oi-
« seau qui se construit un nid , n’agissent « que par instinct.
« Le chien, le cheval, qui apprennent « jusqu’à la signification de plusieurs de « nos mots, et qui nous obéissent, font cela « par intelligence.
« Enfin tout, dans l’instinct, est parti- « culier. Celte industrie si admirable que « le castor met à bâtir sa cabane, il ne peut « l’employer qu’à bâtir sa cabane ; et tout, « dans l’intelligence, est général ; car cette « même flexibilité d’attention et de concep- « tion que le chien met à obéir, il pourrait « s’en servir pour faire toute autre chose. »
La conclusion de ces rapports si bien
exposés , c’est que l’homme seul possède,
outre l’ intelligence et l 'instinct , cette troi—
sième faculté dont les animaux ne semblent pas doués : la réflexion, qui consiste à connaître que l’on connaît , une des plus heureuses définitions qui se soient produites.
M. Floui •ens, après avoir établi ces distinctions, examine ce qui appartient, dans les divers ordres des êtres, à l’intelligence et à l’instinct. Il les classe, et reconnaît des faits d’intelligence plus prononcés chez les quadrumanes, puis chez les carnassiers; les ruminants sont déjà si bas dans l’échelle qu’ils ne reconnaissent pas l’homme qui les nourrit, s’il vient à changer de costume. Les cétacés passent avant eux ; les rongeurs sont presque stupides, et du reste de la foule animale, il n’en faut pas parler, si ce n’est à
peine des oiseaux. Les insectes n’ont qu’un pur instinct.
C’eût été le lieu de parler aussi du développement possible de l’intelligence des animaux par l’éducation. Jusqu’à ce jour, l’homme n’a tenté que d’assez faibles essais, dont les heureux résultats donnent , cependant, une bien large carrière à l’espérance. Ce que dit M. Flourens d’un orang-outang observé par Frédéric Cuvier, n’est pas fait pour décourager les chercheurs. J’ai toujours cru, pour ma part, que des tentatives laborieusement suivies , sur des sujets provenus d ’ êtres déjà élevés , pourraient amener des résultats surprenants. A cette époque d’études constantes et de découvertes multipliées, qui nous font assister à un
spectacle presque féerique; en ce temps de daguerréotype, de chemins de fer et bientôt de voyages aériens, quoi de bizarre à supposer qu’une patiente application pourrait donner au chien ou au cheval, si bien dressés aux exercices corporels et à la compréhension de la parole, la faculté de pénétrer mieux encore dans nos idées pratiques et d’apprendre à réfléchir! M. Flourens avoue que si les causes qui ont produit les êtres ont cessé d’agir, celles qui les modifient agissent encore. Il avouera aussi qu’on a , sous ce rapport, très-médiocrement appliqué leur action.
Ce qui est la partie vraiment neuve du travail de M. Flourens, c’est la loi qu’il assigne au croisement des races. Rien n’est
plus rigoureux que sa logique à ce sujet. Le genre exprime , selon lui , en histoire naturelle , la classe d’êtres qui peuvent donner, par leur accouplement, des produits. Ainsi le genre chat peut se croiser dans ses diverses espèces. Ce genre ne donnera jamais de produits et ne s’accouplera même jamais avec le genre chien ni avec tout autre. Mais les espèces seules peuvent donner ensemble des produits successifs ; ainsi une espèce d’un certain genre , accouplée à une autre, ne donnera jamais que des mulets , c’est-à-dire des êtres improductifs , au plus tard , à la seconde génération.
De cette loi naît une facile classification des êtres; on reconnaîtra désormais leurs
genres à la possibilité de leur accouplement;
leurs espèces à la stérilité ou à la faculté de reproduction des individus qui en pourront résulter. M. Flourens a déjà constaté sous ce rapport l’identité du chien et du chacal , comme genre. Il a trois jeunes produits d’un accouplement de cette nature. J’en ai vu moi-même, il y a quelques années, un exemple.
Cette portion très-remarquable du livre semble n’avoir pas trait au sujet principal ; mais l’auteur l’y rattache avec une rare habileté. La question du croisement implique celle de la production des races domestiques chez lesquelles l’intelligence vient presque dominer l’instinct, tandis que, près de cette transformation morale, se montre encore un fait étrange de transformation physique.
M. Flourens donnera, je l’espère, une suite prochaine à ce premier travail. Il a ouvert un vaste champ à des recherches sans bornes , et il ne sera pas un des moins laborieux à cette tâche. Le sujet était presque oublié, et puisqu’il l’a fait revivre, il a contracté l’obligation de ne pas le laisser mourir. Combien de choses encore à traiter dans cette donnée immense ! Le phénomène constant de l’incubation , chez les oiseaux , est, à lui seul, une barrière infranchissable à ceux qui n’admettent pas l’instinct. Car si l’on peut dire que les mammifères se soumettent à la dure contrainte de l’allaitement parce qu’ils éprouvent le besoin de se débarrasser du lait qui les gêne , comment dira-t-on qu’un pareil besoin se produit pour
la poule qui reste si longtemps sur ses œufs, même sur des œufs qu’elle n’a pas pondus? Pourquoi les nids , toujours si identiques chez chaque espèce? Voilà des faits d’instinct et que nul raisonnement actuel ne peut expliquer.
Les physiologistes, parmi lesquels M. Flourens occupe un si haut rang , dévoileront peut-être un jour ces secrets; mais il est à craindre qu’ils ne restent aussi longtemps cachés que celui de la vie.