‹ Fragments sur les campagnes d'Italie et de HongrieChapitre 34 sur 38 · Avant-postes, — Le soir, nous reçûmes l'or · texte numérisé non relu

Avant-postes, — Le soir, nous reçûmes l'or

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dre de nous avancer vers Karansebes. A peine avionsnous posté nos vedettes , que nous entendîmes le son d'une trompette : c'était un parlementaire qui nous annonçait queLazar se rendait à discrétion, avec deux mille hommes et vingt pièces de canon.

Nous accompagnâmes au galop le parlementaire jusqu'à la rivière Témes, où nous vîmes sur l'autre bord les Hongrois rangés en ligne. Les hussards mirent tristement pied à terre et jetèrent leurs sabres et leurs carabines dans des charrettes tirées par des bœufs; l'infanterie mit aussi bas les annes. Alors nous formâmes en colonne ceux qui étaient maintenant nos prisonniers , ce qui ne fut pas sans difficulté dans les ténèbres qui s'avançaient, et lentement et en silence nous les escortâmes au camp de Kawaran.

La vue de l'acte de déposer les armes fit non-seulement sur moi, mais sur nous tous, une triste et profonde impression. Les vaincus étaient, il est vrai , des sujets rebelles en armes contre leur roi légitime ; mais ils s'étaient si souvent montrés valeureux et avaient donné tant de preuves de bravoure, que je ne pus, tout en les blâmant, m'empêcher de les plaindre. Il est toujours triste pour un. soldat de voir quelqu'un quia bien manié son sabre être forcé enfin de le jeter à terre et de s'avouer vaincu. Je sens dans mon cœur que je ne me laisserai jamais réduire à cette triste nécessité.

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