‹ FragolettaChapitre 149 sur 152 · CHAPITRE XYIt · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIt

— Où est-il?

— Là, dit Adriani, montrant la mer profonde. C'est là qu'elle tous attend ; descendons ensemble dans ces flots qui ne rougissent que pour nous appeler. Là, notre destin peut changer; là, le premier embrassement peut vous être permis, et la mort n'est peut-être qu'une vie inconnue , où le bonheur est moins impossible que dans cet horriUe univers.

— Ah! tu reviens à attaquer ma raison parce que la tienne est troublée par la crainte !

— Oui, je le répète, je crains de vous laisser le nom d'assassin et Tenfer des remords à habiter sur cette terre des hommes. Toulez-vous que jlenlre seul dans le gouffre? Jurez seulement de fuir; je m'y précipite à vos yeux. Vous refusez encore! Ainsi l'inexorable vengeance ne serait donc pas satisfaite -, ainsi il ne suffit donc pas que je sois la victime , il faut que vous soyez le bourreau. Eh bien ! je m'y résigne : frappez.

Il alla tranquillement saisir les épées, et après avoir parcouru d'un coup d'œil le golfe , déjà moins obscur, après avoir découvert une chaloupe cinglant vers le cap de Pouzzoles avec toute la vigueur d'une petite voile gonflée par le vent de l'est :

— Oh ! oui, répéla-t-il avec un accent plus vif et plus pressant, frappez ! Vous aviez raison dans voire exigence, ami ; le sang peut laver seul l'injure qui vous anime. L'honneur est un sentiment juste. Oubliez tout ce que m'inspirait tout à l'heure encore, et malgré moi, jo ne sais quel misérable instinct de vivre. Otez-moi , comme un fardeau , cette vie qui

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