CHAPITRE IX
Ces barques élégamment pavoisées, toutes ces felouques, ces tartanes, ces mille canots qui se croisent dans la baie, où vont-ils ? Voyez-vous le turban des rameurs albanais dépassé à la course par la casquette vernie des Russes ? Puis la veste écarlate des canotiers anglais laisser à leur tour en arrière les marins de la Baltique? Les seuls Napolitains ne prennent aucune part à cetle joute. Ils sont là par miUiers , les bras nus, la tète couverte du bonnet de laine, et se balançant sans efforts sur leur mer transparente. Leur énergie unique semble passée dans les cris sauvages qu'ils poussent , tantôt en Thonneur des vainqueurs et tantôt vers les spectateurs de la plage, qu'ils veulent entraîner à prix d'argent dans leurs nacelles au devant du roi, qui arrive. Une foule de dames est placée dans ces barges dorées , drapées ou couvertes de feuillages. Chaque duchesse, chaque comtesse a la sienne, et la triomphante aristocratie du quartier de Tolède vogue de conserve autour du golfe , continuant la conversation commencée.
— Duchesse de Belmonté , reprendrez-vous votre rang à la cour ?
— Mais je me flatte d'avoir rendu assez de services