‹ FragolettaChapitre 71 sur 152 · II · texte numérisé non relu

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Mais c'était à la Tois les Autrichiens et les Russes , c'était SouwarolT^ intrépide sauvage , guerrier sans peur et sans humanité-, suivi de hordes deux fois plus nombreuses que les légions françaises, qu'il s'agissait de combattre. Schérer, notre malencontreux ministre de la guerre, déjà battu à'Megiia&o, à Vérone et sur presque tous les poitit» du cours de FAdige, avait bien cédé enfln le commandement de ses débris au général Moreau ^ mais les deux corps français, manœuvrant Fun au pied des montagnes de Gènes et Fautre sous les oliviers de la Toscane, arriveraient-ils à opérer leur périlleuse jonction ?

Macdonald n'hésita pas à le cr9ire, et par une de ces inspirations qui présagent quelquefois le succès, il se chargea du mouvement le plus important et le plus pénible* Il traversa FApennin à la hauteur de Modène et rejeta au delà des routes de Reggio et de Parme les Autrichiens du prince Hohenzollern afin d^occuper les rives de FÉridan. Cétait là que la jonction des deux armées françaises devait se faire. Cette réunion de forces pouvait leur permettre de débloquer Mantoue, puis de èe porter ensuite vers les deux colonnes de Souwarott, qui, occupant Fune le Piémont et Fautre le Mantouan, courraient la chance d'être battues séparément, à la manière de Rona^ parte. Moreau parut comprendre ce plan hardi y il l'approuva. Il fut convenu qu'il s'avancerait de Gènes sur Pontrémoli pour descendre ensuite la vallée du Taro; mais en arrivant dans Plaisance, qu'il fallut emporter par plus d'un combat, Macdonald éprouva une amère surprise : il n'y rencontra aucun éclaîreur

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de Moreao ; aucune nouvelle de ce général ne lui donnait une sécurité même douteuse, et il se trouva seul à une demi-Iiene en avant de Plaisance , sur rhomide terrain qui sépare le Tidoné de la Trebbia^ obligé de faire face à Kraj, à Mêlas, à Bagration et à Somvaroir lui-même. A un peu moins de trente mille Françaift on opposait cinquante mille Hongrois et Russes , et les adversaires de Macdonald avaient fait mettre à l'ordre de Tarmée : « Point de quartier ; » le sabre, la baïonnette^ taillez en pièces, égorgez » Tennemi. Hourra ! »

Et cependant Macdonald n'attendit point dans ses retranohemens le vainqueur de Schérer. Ce fût lui qui le réveilla, le 17 juin au lever du soleil , avec le vieil air de la MarteiUaise et Faspect des drapeaut tricolores.

Mais onze Jours après la mémorable chasse par laquelle Ferdinand de Sicile avait terminé son interrègne, deux voyageurs qui venaient d'accomplir ensemble un rapide et cordial trajet à travers toute TItalie méridionale touchaient au but de leur course commune. Par une matinée pure et fraîche, ils des- -eendaient la colline de Fiorenzola et firent arrêter leur postillon , qui sifflait une contredanse fort à la mode alors seus le nom de la Monaco, afin de savoir 'de lui si les pointés bleuftires qu'ils apercevaient' au nord n'étaient pas déjà les clochers de Plaisance. "^ Oui, mon officier, dit-11 au plus jeune. «— Ainsi , dit Ruffo , c'est donc bien là , c'est à la première poste que nous allons nous séparer. Savezirous que Je vous regretterai, mon cher ennemi! Nés

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conversations, souyent un pea vives, nos périls corn*muns, nos disputes politiques ont charmé la longueur de ce chemin. Et de quoi n'avons-nous pas parlé ! Convenez que nous n'étions pas éloignés de nous entendre quelquefois ?

— Certainement, dit d'Hauteville. Et par exemple sur remploi de Parme de rartillerie, nous avons à peu prés les mêmes idées.

— Ingrat ! vous ne faites pas la part de ce que ma robe ne pouvait avouer. Mais puisque je conviens bien qu'aucun étranger, aucun ennemi de Naples n'aurait pu faire à ce pays autant de mal que son roi ; puisque j'avoue que ce peuple qui tient tant aux rites, aux formes de la religion, n'en comprend pas les dogmes; que le voilà encore, ce pauvre peuple, livré à l'Autriche, à l'Angleterre, renvoyé à ses vierges de bois pour toute émulation morale, ne pouvez-vous m'accorder que la république est un rêve, le directoire une administration sans vues, sans portée, sans élémens de durée ?

— J'accorde, dit d'HauteviUe, que la république n^est pas le gouvernement qui vous convient. En général les alimens un peu généreux répugnent aux estomacs débiles; mais

— Nous verrons ce qu'elle durera en France!

•— Eh! depuis quand, monseigneur, la durée d'une chose préjnge-t-elle sur l'excellence de son principe? A ce compte, la Chine et la Turquie, où vous ne voudriez pas vivre, auraient d'excellens gouvernemens. Le mal au contraire est partout plus durable que le bien. La France, pour être républicaine en ce

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