II
Mais c'était à la fois les Autrichiens et les Russes , c'était Souwaroff, intrépide sauvage , guerrier sans peur et sans hunaanité, suivi de hordes deux fois plus nombreuses que les légions françaises, qu'il s'agissait de combattre. Schérer, notre malencontreux ministre de la guerre, déjà battu à Magnano, à Vérone et sur presque tous les points du cours de l'Adige, avait bien cédé enfin le commandement de ses débris au général Moreau \ mais les deux corps français, manœuvrant l'un au pied des montagnes de Gènes et l'autre sous les oliviers de la Toscane, arriveraient-ils à opérer leur périlleuse jonction ?
Macdonald n'hésita pas à le croire, et par une de ces inspirations qui présagent quelquefois le succès, il se chargea du mouvement le plus important et le plus pénible. Il traversa l'Apennin à la hauteur de Modéne et rejeta au delà des routes de Reggio et de Parme les Autrichiens du prince Hohenzollern afia d'occuper les rives de TEridan. C'était là que la jonction des deux armées françaises devait se faire. Celte réunion de forces pouvait leur permettre de débloquer Mantoue, puis de se porter ensuite vers les deux colonnes de Souwaroff, qui, occupant l'une le Piémont et l'autre le Blantouan, courraient la chance d'être battues séparément, à la manière de Bonaparte. Moreau parut comprendre ce plan hardi , il l'approuva. Il fut convenu qu'il s'avancerait de Gènes sur Pontrémoli pour descendre ensuite la vallée du Taro*, mais en arrivant dans Plaisance, qu'il fallut emporter par plus d'un combat, Macdonald éprouva une amèrc surprise ; il n'y rencontra aucun éclaireur