‹ Fragoletta, Nouv. édChapitre 150 sur 226 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

avait abandonnée. Mais je n'en parle jamais qu'avec respect ^ ils n'ont pas été, ceux-là, ameuter les étrangers contre nous, pour se dispenser d'entrer en lice. Les Vendéens ! Mais la guerre civile est honorable, monsieur, ajouta-t-il en soulevant son chapeau, et l'invasion étrangère déshonore infailliblement tous les partis. « Je mourrai, disait Charette, mais non en émigré, non sur une terre ennemie. Je sais que ceuxlà mêmes que l'honneur devrait faire accourir dans mon camp me trahissent et m'abandonnent. Tant pis pour eux! mais moi^, je ne finirai qu'en soldat, les armes à la main, et jamais en transfuge. )> Les Vendéens! diable! mais vous n'êtes pas dégoûté. Les Vendéens I c'est une autre paire démanches.

— Eh bien ! monsieur, il en renaîtra, desVendéens , tant que durera votre sanglante et persécutante république.

— Oh ! des chouans, vous voulez dire? de ces héros qu'on ne rencontre que la nuit et un poignard à la main , gens qui vivent du royalisme comme les chenilles des arbres fruitiers, qu'elles tuent. Mais, ajouta-t-il en changeant subitement de ton et en tendant à son ennemi une main cordiale, faites-nous le plaisir de nous dire ici, à nous autres bonnes gens, et au milieu d'une fête qui nous rassemble, comment vous vous trouvez sur les terres de celte sanglante et persécutante république.

— A quel titre, voulez-vous dire?

— Oui : quel est votre titre aujourd'hui ?

— Contumax, dit le royaliste.

On partit d'un éclat de rire général^ etpourexpli-

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