‹ Fragoletta, Nouv. édChapitre 151 sur 226 · II · texte numérisé non relu

II

quer cette gaieté, il faut savoir que les gentilshommes condamnés à mort pour n'être pas rentrés en France dans les délais d'une loi conventionnelle étaient tous ou presque tous alors à Paris, sollicitant eux-mêmes non-seulement la justice, mais les faveurs du directoire.

— Vous voyez donc bien, dit Laréveillère, car c'était lui qui avait parié en ce dernier moment, vous voyez donc bien que celte république n"est plus si sanglante ni si persécutante! Les juges et les conlumax déjeunent ensemble, et leur bonne intelligence ne cache aucun piège. Tenez, monsieur, voulez-vous perdre un titre dont vous tirez encore vanité ? Je m'offre à vous faire rayer, d'ici à deux jours, de cette liste de proscription.

— Je ne m'en soucie pas, dit le duc.

— Oui, dit la dame, on ne sait pas ce qui peut arriver^ victime est un rôle comme un autre, une recommandation, une espèce d'intérêt qui sert de contenance.

— A la bonne heure 1 acheva Laréveillère -, mais si vous rêvez encore des bouleversemens , tant pis pour votre ambition, car, je ne sais si vous le savez, vous qui vous êtes fait volontairement étranger à votre pays -, mais, de bonne foi, si quelques vertus vous sont données, rien n'ébranlera plus, je ne dis pas Ihomme du 18 fructidor, mais les lois qui nous régissent. Que voulez-vous que désire une nation, monsieur.? l)e la gloire? Nous avons vaincu quatorze armées. Et pour arriver à ce résultat, il a fallu, pauvres et désunis que nous étions, créer tous les élémens de nos triomphes,

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