‹ Fragoletta, Nouv. édChapitre 195 sur 226 · I6G FRAGOLETTA · texte numérisé non relu

I6G FRAGOLETTA

la cocarde tricolore comme monsieur porterait des mancheltes. Au lieu de me défendre, ils seraient plutôtd'inleiligenceavec les bandits. D'ailleurs jenecrains rien, je ne porte rien. Mon métal, c'est un peu de fer qui incommode les côtes du camarade , et les voleurs ne sont pas si gauches que de risquer leur peau au hasard. S'il y avait ici un coup à faire , ce serait bien plutôt sur ces voitures qui viennent après nous."

Les Italiens se regardèrent.

Bernard, qui les examinait constamment, les vit se lever , et peu après, deux ou trois autres voyageurs à pied, des marchands de chaudrons ou de lunettes, des distributeurs de thé suisse et de vulnéraire, disparurent de la cuisine enfumée de Marion.

— Mais, monsieur le courrier, allons donc! mes bœufs pâtissent, se mit à crier du seuil de la porte le bouvier couvert de givre. Ses cheveux, roides et blanchis depuis trois quarts d'heure, ressemblaient mieux que jamais à ces chandelles du pays qui se comptent par seize à la livre. Pendant qu'on riait de sa figure hétéroclite :

— Camarade, dit rapidement Bernard au courrier, prenez garde. J'ai entendu des discours, j'ai vu des

figures Je n'ai pas de temps à perdre, et mes ren-

seignemens sont vagues ^ mais suffît que vous ne vous endormiez pas et que vous teniez vos pistolets armés.

— Ne plaisantez donc point, dit Marion; c'est qu'on parle depuis quelque temps de maudits étrangers, d'un chef calabarois qui rôde dans le Piémont.

— Vous êtes une ignorante, ma mie , dit le futur

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