CHAPITRE XVn
une misère que je lui dois, à cause d'un malheur que j'ai fait hier, me demande à présent cent cinquante piastres pour un laisser aller et venir. Je m'adresse avec confiance à votre excellence. J'espère rendre à la fin du mois celle somme, sans sommation ni commandement, à moins que vous n'aimiez mieux, mon général, que cet argent soit employé à vous délivrer du saint personnage , votre plus mortel ennemi. »
Le mot saint, intelligible pour d"Hauleville , était souligné, et au-dessous du nom de l'huissier on lisait :
« Je me suis trompé quand je vous ai dit qu'Adriani était mort. Il n'avait été que blessé, et même légèrement. 3rais le peuple exagère toujours : ce bruitlà était universel. II n'est donc point mort, et il est même guéri , à ce qu'il paraît. Si vous aviez besoin de lui parler, il demeure toujours au palais Kiavarella, derrière l'église San-Giovani-a-Mare. »
D'Hauteville en crut à peine ses yeux ^ mille idées se croisèrent , se confondirent, se combatlirent l'une l'autre ; et avant qu'il fût arrêté au parti qu'il avait à prendre , il se trouvait déjà devant le palais Kiavarella. 11 y avait été conduit par cette portion de volonté qui agit en nous tandis que l'autre délibère -, et ses doutes étaient un poids si accablant à traîner qu'il eùl frappé à 1 instant même s'il ne se fut aperçu que la nuit était déjà avancée. Il fit deux fois le tour de cette maison qui enfermait son ennemi et alla im.patiemment attendre le jour.
Dès que l'heure possible de se présenter fut venue, H. 18