‹ Fragoletta, Nouv. édChapitre 25 sur 226 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

gager entre le vieillard et le jeune officier, nous allons faire connaissance avec un personnage qui depuis Taube du jour gisait dans la petite prison de Sorrenle. C'était un grand garçon de dix-neuf ans à peu près, svelle et basané. Il portait une veste de velours violet surchargée de galons d'or -, autour de ses genoux flottaient des jarretières arrêtées, ainsi que ses souliers et les plis de sa chemise, par de larges boucles d'argent; des galons de laine tournaient autour de ses jambes à la façon du cothurne grec, et un feutre pointu entouré de rubans couvrait sa tête-, sa ceinture de cuir, qui était vide en ce moment, paraissait destinée à porter des armes de plusieurs espèces.

— C'est donc toi, dit en entrant le podesla, qui as fait un malheur cette nuit?

— Expliquez-vous, dit le prisonnier.

— Et loi, lève tes os de cette paille et me réponds plus respectueusement.

Le prisonnier ne bougea pas.

— Et dans quelle intention as-tu frappé cet homme, puisque tu ne lui as point pris son argent?

— Je n'ai touché à personne ici. Je ne sais ce que vous vouiez dire.

— Comment I tu n'es pas entré cette nuit dans la maison sous les murs de laquelle tu as été arrêté.^

— J'y voulais entrer, je ne l'ai pas fait.

— Si tu n'y connaissais personne, dans celte maison, pourquoi y pénétrer? Celait pour mal faire?

— Qui vous a dit que je n'y connaissais personne? Ce serait heureux peut-être I

— Pour toi?

— Et aussi pour une autre.

— Écoule. Le maître est blessé, tu as été pris sifflant et faisant des signaux le long des murailles de son jardin -, ton compte est fait, Mastrillo.

— Tous me connaissez, et vous me supposez capable

— Je sais que tu as servi la bonne cause ; si tu fais ici la guerre aux Français ou à ceux de leurs partisans qu'on soupçonne dépositaires des fonds appartenant aux 2)atriotes. ce n'est pas moi qui voudrais te faire passer un méchant quart d'heure. 3Iais, mon garçon, je ne puis me dispenser de te remettre à la commission militaire. Qu'en dis-tu?

— Je dis que vous êtes un lâche I Vous me sauveriez si vous aviez le moindre attachement pour celui qui va revenir.

— Chut!

— J'aime encore mieux, au reste, être fusillé que pendu. Laissez faire les Français-, votre tour viendra bientôt.

Le bandit ne voulut plus répondre à aucune question. La commission s'assembla le jour même, et Mastrillo, reconnu pour un liomme de la bande du Meunier, fut condamné à mort. D'Hauteville seul, à demi persuadé de son innocence, du moins pour ce dernier meurtre, réclama en sa faveur un sursis à l'exécution. Il espérait, disait-il, recueillir dansPin- Icrvalle d'une semaine des lumières sur ce singulier attentat.

Au point du jour suivan!, le cachot de Mastrillo fut

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