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CHAPITRE XII Prise de NouiUy et de Montoj

Marche offensive du 3« corps sur Noisseville, Nouilly, Montoy et Flanville. — Trois heures de jour. — Conversion exécutée par les divisions Montaudon, Metman et Aymard. — Marche en avant concentrique du 3« corps, — Le 4* corps éprouvé par les projectiles. — Paroles du général Metman à son état-major. — « Priez Dieu pour nous!» — Les obus dans le ravin de Vallières.

— Obus éclatant au milieu de l'artillerie de réserve du 3« corps.

— Ambulance installée par les médecins du 71« de ligne. — Pansement des blessés. — La brigade Arnaiideau (59« et 71 • de ligne) reçoit l'ordre d'attaquer Nouilly. — Les abords de ce village. — La charge. — La fusillade ennemie redouble. — Grêle de balles et d'obus. — Au pas gymnastique. — Les soldats prussiens du 3e régiment d'infanterie. — Mort du capitaine adjudantmajor Antonin de Champs. — Entrée des Français dans Nouilly. •

— Massacre des Prussiens. — Les colonels Duchez et de Férussac des 59« et ?!• de ligne, blessés. — Les deux officiers blessés.

— Ambulances installées à Nouiily. — Marche en avant de la brigade de Potier (7e et 29» de ligne). — La dixision Metman gagne du terrain. — Marche de la division Montaudon sur Noisseville.

— Les positions enneniies de Montoy et de Flanville inquiètent la marche de cette division. — Lal'« brigade du général Montaudon vient attaquer ces deux positions. — La division Fauvart-Basloul en soutien. — Le 18« bataillon de chasseurs flanque la droite de la division Montaudon. — Le 5i« de ligne en réserve à la Planchette. — Marche en avant du 62« de ligne. — * Ils vont avoir du coton! » — Marche sur Flanville. — Attaque de flanc des Prussiens. — « A la baïonnette! » — Le colonel Dauphin, du 62«, est blessé. — Un élan indescriptible. — Peloton ennemi fait prisonnier. — Le tambour-major Boutry du 62«. — L'ennemi mis en déroute. — Ralliement du 62« de ligne. — Prise de Montoy. — Pertes du 62" de ligne. — Attaque de Flanville par le 51e de ligne. —

— Prise du château d'Aubigny par la compagnie du lieutenant , Estienne du 5l« de ligne. — Le général Montaudon blessé est

chargé sur un cacolet. — Arrivée de la brigade Ameller. — Le

général Maiigin prend la direction de Tattaque. — Le lieutenantcolonel Bréart, du 51«, enlève Flanville. — Pertes du51« de ligne. — Fuite des Allemands sur Noisseville et Rctonfey. — Pertes du 18« bataillon de chasseurs. — Le général Clinchant prend le commandement de la !'• division du 3* corps. — La division Fauvart- Bastoul vient camper en arrière de Flanville. — Le 67« de ligne campe sur l'emplacement d'un bivouac prussien prèsde Retonfey.

Cependant sur la droite, le maréchal Lebœuf a mis son infanterie en mouvement pour attaquer Nouilly, Noisseville, Montoy et Flanville, qui forment devant lui un arc de cercle, ouvert de son côté. Nous n'avons plus que trois heures de jour pour nous emparer de toutes les positions ennemies. C'est insensé! Et cependant nos soldats s'élancent avec un entrain admirable.

Les trois divisions Montaudon, Metman et Aymard exécutent une grande conversion autour du fort Saint-Julien, comme pivoL Le 7« bataillon de chasseurs à pied est placé à environ mille mètres denière le centre de cette ligne, avec deux batteries du 11* régiment. Pendant une partie de l'action, son rôle s'est borné à rester, l'arme au pied, malgré les nombreux projectiles dirigés sur les deux batteries confiées à sa garde.

Le 3« corps s'ébranle par la droite vers Montoy et exécute une magnifique marche en avant concentrique, de position en position. Chaque diviision s'ébranle successivement et chasse l'ennemi de tous les points.

Nos régiments s'avancent comme sur un terrain d'exercice, les tirailleurs en avant ; dans le ravin de Vallières, la cavalerie • est prête à charger. Les batteries ennemies tirent avec rage sur toute notre ligne d'infanterie en marche. Bientôt il y a des trouées parmi les nôtres et de petites taches noires, qui restent en arrière ; dos Messins sont parmi nos soldats, haletants et pâles d'émotion ; des obus sifflent et éclatent derrière eux, obus polis qui ne touchent personne.

Par sa position, le 4« corps a beaucoup à soufl'rir des projectiles de l'artillerie et il ne peut faire un mouvement, avant que le 3" corps n'ait prononcé le sien, il est six heures et le mouvement n'a pas encore commencé. L'ordre de se porter en avant est-donné.

Le général Metman, qui est allé recevoir les dernières instructions du maréchal Lebœuf, rejoint sa division, accompagné du capitaine Reiss, son aide de camp : « Allons, messieurs, dit-il aux officiers de son état-major, nous allons coucher ce soh* à Thionville. » En un clin d'oeil, tout le monde est debout et remonte à cheval. Toute l'infanterie de cette division avance

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pour se déployer, suivant une ligne de bataille perpendiculaire à la route.

Poussant son cheval du côté du digne abbé de Meïssas, aumônier de sa division, le général Metman vient lui tendre la main en disant : « Allons, monsieur Taumônier, priez le bon Dieu pour nous! — Sans doute, mon général, répond le digne prêtre, de tout mon cœur ! Que Dieu bénisse la France et ses défenseurs I »

Datis Tangle droit formé par les routes de Mey et de Nouilly, à quelque trois cents mètres de chacune de ces deux routes et sur un point culminant, se trouvent des fours à chaux, objets communs dans la contrée. De là, l'œil embrasse, au nord-ouest jusqu'à la route de Metz à Bouzonville, une bande de terrain assez large que bornent à l'orient des vignes, à l'occident le village de Mey, avec un petit bois. Les cacolets et les ambulances se placent d'abord près de ces fours, attendant les événements et regardant l'infanterie de la seconde brigade de la division Metman (59* et 71 «) avancer vers les vignes.

Le canon commence à gronder; les obus rappliquent aux fours à chaux; mais la plupart se perdent, selon leur bonne habitude ; il en éclate dans les champs, dans les vignes, sur la route. L'artillerie de réserve du 3® corps est placée entre le petit bois de Mey, les vignes et la route de Bouzonville. Un obus vient éclater au milieu d'elle; fort heureusement, il ne fait pas sauter un caisson, mais deux hommes et un cheval sont atteints assez grièvement. On charge les premiers sur un cacolet pour les envoyer à Vallières ; la bète est, selon l'usage, débarrassée de son harnais et mise en liberté; on la voit se diriger vers le bois de Mey, par soubresauts pénibles, traînant une jambe fracassée.

Les médecins du 71« de Ugne sont en avant des fours à chaux, cherchant, dans une espèce de ruine, un abri qui, pour être bon contre les balles, ne l'est pas, tant s'en faut, contre les obus. A ce moment, quelques obus arrivent dans les rangs d'un bataillon d'infanterie et blessent plusieurs hommes; puis, comme pris d'une rage subite contre ce pauvre bâtiment, l'ennemi lance sur cette masure et dans le champ avoisinant, une véritable grêle de projectiles.

On transporte les blessés derrière l'aile en retour de cette maison. On les adosse à leurs sacs et les pansements commencent. Les voitures des ambulances, avec leurs rideaux blancs et leurs croix rouges, s'approchent pour charger les blessés.

Le maréchal Lebœuf prescrit aussitôt à la brigade Arnaudeau (2* de la division Metman, 59*» et 71» de Ugne) d'enlever Nouilly à la baïonnette. Pour arriver à ce village, le plus court

est de traverser les vignes, qui forment le flanc de la vallée sur la gauche; elles sont coupées en rectangles assez réguliers par' de petits sentiers, les uns horizontaux et parallèles à la route, les autres montant à partir de celle-ci, en pente raide.

Des deux côtés, le feu s'est beaucoup ralenti, la fumée monte en Tair, comme un voile de velours suspendu sur le ^ combattants qui se fusillent plus mollement.

Tout à coup, on entend le bruit des tambours, les clairons sonnent la charge : les tirailleurs éparpillés se rapprochent pour monter à l'assaut des collines, qui sont devant eux et enlever les positions à la baïonnette. A ce son bien connu, le feu des Prussiens redouble d'intensité.

Braves soldats! ils gravissent comme des enragés les pentes (le Nouilly, lancés au pas gymnastique. Les balles qui sifflent ou qui bourdonnent comme des essaims d'abeilles, les obus qui éclatent sur le sol durci, devant ou derrière les rangs, rien n'arrête l'élan de ces intrépides fantassins. A travers les éclaircies de la fumée, on aperçoit les soldats prussiens coiffés du béret bleu sombre à bande rouge, le casque accroché par les jugulaires à écailles de cuivre à la poignée du sabre-poignard à gland rouge et blanc. Au col rouge, à la patte blanche portant le numéro 3 découpé en drap rouge, on reconnaît que ce régiment d'infanterie appartient au !•' corps allemand.

Soudain, le capitaine adjudant-major Antonin de Champs, du 59« de ligne, qui précède à pied et l'épée haute, la première ligne de tirailleurs de son régiment, tombe raide mort sur le ventre : un obus de plein fouet lui a enlevé toute la partie supérieure de la tète.

Fous de rage, les lignards du général Arnaudeau arrivent en se bousculant à l'entrée de Nouilly et y pénètrent, la baïonnette basse, à travers les coups de feu qui éclatent de tous côtés. En moins de cinq minutes, les quelques compsignies du 3* régiment prussien, qui ont essayé de défendre Nouilly, sont massacrées ou obligées de mettre bas les armes.

Fait singulier : dans ce court combat, les deux colonels des 59« et 71« de ligne ont été blessés, le premier, M. Duhez, d'un coup de feu à la cuisse, le second, M. de Férussac, d'une balle, qui lui a traversé le bras, mais sans produire de fracture.

Ainsi, au bout d'une demi-heure de combat, les colonels de la brigade Arnaudeau sont tous deux blessés. Ce n'est pas, du reste, le seul fait qui puisse donner une idée de la violence du combat. Deux officiers viennent à passer, se traînant plutôt qu'ils ne marchent et se soutenant mutuellement comme ils peuvent.

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« Quelle guerre! dit l'un d'eux; nous y passerons tous. Mon camarade est le seizième du régiment et moi le dix -septième !... v

Les deux colonels blessés se disposent à s*acheminer vers Metz. M. de Férussac, une fois hissé sur son cheval, peut s'y maintenir en allant au pas; mais le genre de blessure de M. Duhez le rend plus difficile à transporter. Il doit, après avoir essayé vainement de soutenir la marche, s'asseoir au bord d'un fossé et attendre patiemment le passage d'un cacolet ou d'un fourgon, ce qui peut être assez long.

Nouilly, comme presque tous les villages englobés dans un champ de bataille, va devenir un centre d'opérations chirurgicales. Un grand nombre de meiisons sont déjà transformées en ambulances.

Le jour touche à sa fin : le feu continue toujours aussi vif; les nouvelles qui arrivent, sont excellentes. Sur la gauche du village, que la brigade de Potier (7« et 29« de ligne) a contourn*'^ au pas gymnastique, le clairon sonne la charge avec furie. Il est évident que la division Metman gagne beaucoup de terrain sur l'ennemi. Quelle belle fin de journée 1 Comme le cœur bat de satisfaction 1

Les positions intermédiaires de Noisseville arrêtent longtemps l'effort de nos troupes. L'action est plus rude. Il faut enlever successivement toutes les positions derrière lesquelles s'abrite l'infanterie ennemie. Les hameaux, les fermes, chaque maison, ont été préparés pour la défense et, pendant ce temps, l'artillerie prussienne porte des pièces partout où celles-ci peuvent avoir action.

— La division Montaudon a rencontré une résistance des plus sérieuses dans son attaque de Noisseville et ne peut agir que très lentement. Au signal convenu, le maréchal Lebœuf a porté cette division dans la direction de Noisseville : les forces ennemies, qui occupent Montoy et Flanville, ainsi que les batteries en position autour de Retonfey, inquiètent bientôt la division Montaudon, dont une brigade se détache pour venir attaquer ces deux villages. Ce mouvement doit être soutenu à très petite distance par la division Fauvart-Bastoul du 2« corps. La division Montaudon exécute rapidement son mouvement, mais sur l'ordre du général Frossard, qui redoute une attaque sur sa droite, elle n'est soutenue, qu'une heure et demie plus tard, par la division Bastoul.

La !'• brigade de la division Montaudon se porte en avant. Le 18« bataillon de chasseurs à pied, servant toujours de flanqueur de droite à la division, suit la route de Sarrebrûck, tourne la ferme et le village de Montoy évacués et se trouve sur le

flanc de trois brigades allemandes soutenues par une division de landwehr et déployées en avant de Flanville et de Retonfey.

La brigade se dirige d'abord sur Lauvallier, puis sur la Planchette, où le 51« de ligne reste en réserve, avec le général Montaudon, pendant que le 62» se porte sur Montoy. Le 18* bataillon de chasseurs reste en position en avant et sur la droite de la ferme de Montoy, sous un feu très vif de l'artillerie prussienne, qui contre-bat notre artillerie et nos mitrailleuses placées sur la droite de la ferme de Montoy.

L'ennemi est solidement établi à Montoy et sur les hauteurs qui dominent ce village au nord, d'où ses batteries nous couvrent de projectiles. Le 62« de ligne part au pas accéléré : « Ils vont avoir du coton », disent les soldats du 51« de ligne et du 18« bataillon de chasseurs à pied. Bientôt, en effet, le crépitement de la fusillade remplit les échos de la vallée d'un infernal concert. La fumée de la poudre enveloppe les combattants, au point qu'il est impossible de distinguer nos soldats des tirailleurs ennemis.

Le 62« de ligne, tournant Montoy par le côté sud, gravit, malgré le feu de l'artillerie prussienne, les pentes escarpées sur le sommet desquelles passe la route de Sarrebrûck, tourne le parc de la Planchette et descend se défiler sur les premières pentes de Flanville, entre ce village et Montoy. Le 51* de Hgne est en réserve, comme nous l'avons déjà dit, derrière le parc de la Planchette.

Le 62% placé en une ligne de bataille, en colonne par divisions serrées en masse, le 3« bataillon étant un peu en arrière, se prépare à lancer ses tirailleurs sur Flanville, d'où l'ennemi a ouvert le feu, quand une forte colonne prussienne, débouchant tout à coup du ravin qui va de Montoy à Retonfey, menace de prendre en flanc, le régiment.

La situation est critique. Les tirailleurs hésitent à avancer sous les feux croisés de l'ennemi. Le colonel Dauphin du 62% qui commande la brigade depuis le 16 août, se porte en avant, en criant : « Allons, mes amis, à la baïonnette! » Le régiment s'élance, Tarme basse, dans le fond du ravin, une partie du 3«» bataillon passant par le village de Montoy. Tambours et clairons soutiennent la charge sur toute la ligne. Sous un feu des plus terribles, qui blesse le colonel Dauphin d'une balle à la cuisse et couche sur le terrain plus de trois cents hommes, les haies, les murs, un ruisseau profond rempli d'eau, sont franchis avec un entrain et un élan, qui ne peuvent être arrêtés; l'ennemi, fusillé de près, abordé à la baïonnette, subit des pertes considérables en tués et blessés. Un peloton, embusqué der-

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rière un mur crénelé, est tourné à la faveur d'une maisonnette, dont un habitant caché nous ouvre la porte, et met bas les armes. Ces prisonniers, au nombre de cinquante-huit, sont dirigés sur Metz.

Dans cette charge impétueuse, citons, surtout, la brillante conduite du tambour-major Boutry, lequel quitte toujours sa canne, prend un fusil et combat. Déjà le 16 août, à Rézonville, ce vaillant sous-officier a relevé, sous le feu de l'ennemi, un capitaine grièvement blessé. Le 31, à Tattaque de Montoy, il prend une caisse, pour battre la charge, au premier rang des combattants, encourageant et excitant les hommes autour de lui. 11 a déjà été remarqué au Mexique pour sa conduite courageuse au feu.

L'ennemi, à la suite de cette foudroyante attaque du 62«, commence alors 4 se débander et à battre en retraite, partie par le haut des vignes, pour regagner le plateau, partie par des haies qui débouchent sur le ravin. .La poursuite continue jusqu'au sommet du plateau et jusqu'à l'expulsion complète de l'ennemi, qui se retire définitivement sur Retonfey, aux approches de la nuit.

Le 62* de ligne est rallié à l'endroit où s'est terminée sa charge et bivouaque sur cette position, sa gauche appuyée à la route de Sarrelouis, à hauteur du village de Noisseville, et se reliant au 81* de ligne. On passe la nuit couvert par des grand gardes et on attend le jour pour continuer les opérations.

Cette journée coûte au régiment dix officiers blessés, dont le colonel Dauphin, dix-huit sous-officiers et soldats tués, deux cent cinquante-trois blessés et trente-neuf disparus, c'est-à-dire tués ou blessés, mais dont le sort resta incertain.

Après la vigoureuse attaque du 62« de ligne, qui nous a assuré la possession du village de Montoy, Tenlèvement de Flanville devient praticable dans de meilleures conditions. Cette tâche échoit au 5i« de ligne.

Déjà, vers six heures du soir, l'infanterie prussienne ayant prononcé un mouvement off'ensif contre le 62«, le !«' bataillon du 51« est lancé à la baïonnette pour tourner la droite de l'ennemi.

Les Allemands, ramenés sur Montoy, en sont délogés, le 1" bataillon du 51« enlevant le village par la gauche, pendant que le 62° l'attaque par sa droite.

Pendant ce temps, la 2« compagnie du 3« bataillon, commandée pAr le lieutenant Estienne, est dirigée sur le château d'Aubigny, pour l'occuper et le mettre en état de défense. Cette compagnie enlève brillamment cette position et perd quelques hommes mis

hors de combat, parmi lesquels le sous-lieutenant Brégy blessé d'un coup de feu à la cuisse.

Le général Montaudon, atteint d'une balle à la jambe, quitte le champ de bataille et est évacué sur Metz, assis sur un cacolet; sur Tautre siège, son officier d'ordonnance a dû se placer pour faire contrepoids. Le commandant de la !'• division a réclamé le secours de la brigade Mangin (division Fauvart-Bastoul), qui s'est portée en avant, suivie de près par la brigade placée sous les ordres du colonel Ameller du G6" de ligne. Arrivée à hauteur de l'auberge qui précède Flanville sur la route de Sarrelouis, la brigade Mangin trouve la 1" division du 3* corps en train d'attaquer ce village.

Comme il n'y a plus de général en tète de cette division, le général Mangin prend la direction du mouvement et lance le lieutenant-colonel Bréart, commandant le 51® de ligne, pour continuer l'opération, dont le plan a été donné avant l'action. Ce brave officier se précipite avec les deux bataillons de ce régiment restés disponibles, sur le village de Flanville, au delà de Monto}', le tourne par la droite et s'y maintient après une \ive fusillade. Les soldats du 5 1% électrisés par l'admirable conduite de leur lieutenant-colonel, pom'suivent les compagnies prussiennes, déployées en tirailleurs» à travers les haies et les fossés.

A la nuit, tout le 51» de ligne est réuni dans Flanville et prend ses dispositions contre un retour offensif. Dans cette attarfue, le régiment a perdu deux officiers blessés : le capitaine Honoret et le sous-lieutenant Brégy; deux hommes tués et vingt-cinq blessés.

Les Allemands ont été délogés de Montoy et de Flanville. Du haut de Bellecroix,. où se trouve l'état-major de Frossard, on distingue parfaitement les fuyards, qui se retirent en désordre sur Noisseville et Retonfey.

Le 18® bataillon de chasseurs a appuyé l'attaque du 51" de ligne sur Flanville, en débordant le flanc gauche de l'ennemi et se portant au village de Puche, où il reçoit l'ordre de s'arrêter et de prendre position. Cette journée a coûté au bataillon dix-huit hommes tués, cinquante blessés dont le capitaine Grassal et le lieutenant Lallement et un chasseur disparu.

Par suite de la blessure du général Montaudon, le général Glinchant prend le commandement de la 1" division du 3« corps ; le peloton d'escorte composé de dragons du 2« régiment va rejoindre ce dernier général.

La division Fauvart-Bastoul du 2® corps, éclairée par le 5« escadron du 5« chasseurs à cheval, a suivi en colonne, la route de Sarrebruck, jusqu'à hauteur du village de Montoy. A sept heures

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du soir, la division reprend sa marche en avant, contourne le village de Montoy et, en attendant le jour, campe sur pla(;e, derrière les premières maisons de Flanville, sans avoir combattu. Son artillerie parque, pendant la nuit, entre Flanville et la route de Sarrebrûck.

Le G7« de ligne, qui se trouvait au point de bifurcation des deux routes de Sarrebriick et de Sarrelouis, a reçu l'ordre de se porter en avant, avec une batterie de 12, pour couvrir notre flanc droit. En conséquence, les deux premiers bataillons de ce régi, ment se portent directement vers le village de Flanville, tandis que le troisième suit rapidement la route de Sarrelouis jusqu'au village de Retonfey. Arrivés là, ce bataillon et la batterie de 12 tournent à gauche, en déployant deux compagnies en tirailleurs, pour éclairer leur flanc droit. A dix heures du soir, le régiment tout entier se trouve réuni, à quelque distance de Retonfey, sur l'emplacement occupé le matin môme par un bivouac prussien.

Arrivées, à ce moment, a la hauteur de Flanville, les troupes apprennent, par un officier d'ordonnance du général Frossard, que le succès se dessinant sur toute la ligne, il y a lieu de se porter en avant et de se rabattre sur Retonfey, pour culbuter complètement les Prussiens.

La division Fauvard-Bastoul, ignorant absolument, h cette heure, les positions du reste de Tarmée et craignant une attaque sur la droite, bivouaque à Flanville et prend ses dispositions pour n'être pas surprise.

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