‹ Français & AllemandsChapitre 15 sur 37 · PRISE DE COINCY PAR LES DRAGONS · texte numérisé non relu

PRISE DE COINCY PAR LES DRAGONS

Montaudon. Les deux colonnes marchent parallèlement, quand ce général envoie demander à la division de dragons, de vouloir bien se porter en avant, en appuyant sur le villeige de Coincy, pour suivre le mouvement de sa droite et tourner Tennemi.

Le général de Clérambault se met en marche avec ses dragons. En arrivant à la bifurcation des routes de Sarrelouis et de Sarrelifrûck, ceux-ci s'engagent sur cette dernière, au lieu de suivre la première, qui doit les conduire à leur poste.

Près d'arriver sur le haut de la côte que les obus labourent, lo général de Clérambault fait descendre sa division dans le ravin de Lauvallier, pour la défiler et continuer son mouvement .en avant. A mesure que cette division avance, l'escarpement sur sa gauche va* toujours en augmentant; sur sa droite coule le ruisseau de Vallières profond et bourbeux, qui ne peut être franchi qu'en de rares endroits par un ou deux cavaliers au plus à la fois. Après avoir ainsi marché pendant une demi-heure, à trois ou quitre kilomètres de la bifurcation des routes de Sarrebrûck et de Sarrelouis, cette cavalerie arrive devant un talus à pic et doit s'arrêter court devant cet obstacle.

La division de dragons se trouve, à ce moment, derrière l'extrême droite de la division Montaudon qui est fortement engagée sur le plateau et obtient un avantage marqué.

Le général Montaudon. sachant que la division de dragons se trouve derrière lui, envoie un de ses aides de camp demander au général de Clérambault de se porter rapidement en avant, sur sa droite, pour tourner l'ennemi, qui bat en retraite. La division ne peut sortir du cul de sac où elle se trouve, qu'en rompant par quatre et en grimpant sur le talus à sa gauche.

Le 5« dragons commence le mouvement. En arrivant sur le plateau, le colonel Euchène fait fprmer les pelotons et se perte en avant, côtoyant l'escarpement au pas, pour donner aux autres régiments le temps de monter et de se former. Après avoir parcouru environ cinq cents mètres, la tète de colonne est arrêtée par des vignes soutenues par des échalas,dans lesquelles il est impossible d'engager la cavalerie.

Le mouvement a été long, vu la difficulté du terrain. Les5« et 8« dragons sont seuls sortis du ravin. Pendant que le général de Clérambault, en tête de la colonne, cherche une direction pour continuer son mouvement en avant, une demi-batterie prussienne (quatre pièces) vient s'établir sur la route de Sarrebriick et ouvre le feu sur l'infanterie du général Montaudon.

L'ennemi, afin d'arrêter les progrès de cette infanterie, fait venir des forces considérables, devant lesquelles elle est obligée de se replier. Les quatre pièces prussiennes, en voyant étince-

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1er les casques de nos dragons, changent de direction et tirent à toute volée sur cette cavalerie.

Un obus porte en plein dans le 3*^ peloton du 1<^' escadron du 5' dragons, et abat cinq chevaux, qui sont tués raides. Trois hommes de ce peloton sont atteints très grièvement. Si le tir des Allemands était moins précipité, ce régiment serait anéanti complètemenL Des obus rasent les cimiers des casques, d'autres éclatent en terre, sous les pieds des chevaux. Pendant un quart d'heure que le 5« dragons doit essuyer le feu de cette demi-batterie, quinze chevaux sont atteints plus ou moins grièvement par des éclats. Celui du capitaine de Guizelin est tué sous lui.

Le 2<' dragons est assez éprouvé et compte trois officiers et trois dragons blessés : le lieutenant de Boucherin, fortement contusionné à l'épaule par un éclat d'obus ; le lieutenant Girard, l'œil crevé par un éclat d'obus, et le docteur Ladoire.

Le S" dragons perd, en quelques instants, sept hommes et dix chevaux.

La position de la division de dragons est critique. Des vignes arrêtent sa marche. A sa droite, impossible de descendre. Le talus de ce côté est trop escarpé, pour rju'on puisse le descendre après avoir fait pelotons à droite. Les terres sont soutenues par des murs en pierres sèches formant des terrassements perpendiculaires de un mètre cin(fuante à deux mètres d'élévation.

Sur un seul point <|ue la tète de colonne vient de dépasser, il existe une brèche, sur laquelle le général de Glérambault dirige cette tète de colonne, après lui avoir fait faire demi-tour à droite. Le 5* dragons commence à s'engager dans cette ouverture, quand une batterie de mitrailleuses, battant en retraite, voyant la position criti<iue de nos dragons, s'arrête, se met en batterie et ouvre le feu sur les tiuatre pièces ennemies, qui, à la deuxième salve, se taisent et s'éloignent en toute hâte.

Le calme, avec lequel le 5* dragons est resté sous le feu, lui fait le plus grand honneur; seul, le peloton atteint par l'obus a été rompu, tous les autres sont restés au pas et alignés, sans que le désordre et la confusion s'y soient mis un seul instant.

La division de dragons redescend dans le ravin et vient s'établir en avant du village de Coincy. Le 3° corps, contrairement à l'ordre qui lui a été donné, n'appuie pas du tout la droite de l'armée et, à ce moment, on vient annoncer que la cavalerie ennemie arrive en avant et à droite.

Au même instant, un second aide de camp du général Mon taudon vient demander au général de Glérambault de faire occuper Gomcy. Le 2* corps, placé à notre droite, n'a pas, dès le début, suivi le mouvement en avant; il est resté engagé avec l'ennemi

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