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pus vu, plus haut, les services inoubliables que ces deux grands pays ont déjà rendus sous ce rapport à toute l'humanité. C'est sur leur sol qu'est née la plante de l'arbitrage et ce n'est qu'après y avoir poussé de profondes racines et soutenue par leurs efforts généreux, que cette nouvelle institution a reçu droit de cité dans le monde. L'Allemagne a eu sans doute Kant qui, dans son Essai phUosoph ii/ur île la paix perpétuelle, condensé la thèse de l'arbitrage tel que le comprenait le xvm'' siècle. Mais il ne faut pas uublicr c que son Essai devait en premier lieu à Rousseau et ensuite à la grande Révolution. La voix autorisée de Kant resta pourtant presque isolée dans ['Allemagne moderne. Ce n'est que dans ces dei niers temps que le peuple allemand commence i son four h s'enflammer pour cette idée qui ne parait point être du goùL de son souverain actuel. La raison en est bien simple. Kant lui-même n'a-l-il pas soutenu qu'une pacification permanente ne pourra nous être donnée que par la constitution républicaine '.
d'arbilrago pcrrfl»na(JS
ivoil déjà lancé (en 1857) l'idée d entre la France cl l'Angleterre.
1. Dans une constitution cjui n'e liijn de gutrre est la chuse du i
pas républicaine, une dëcIaHM uiide la plus facile 6 dëeideg
Ce qui aidera surtout la France et l'Angleterre l travailler en faveur de l'arbitrage permanent, c'est aussi le génie d'organisation pratique qui caractérise les deux peuples. Leur conscience gagnée à la cause de l'arbitrage, tous deux ont trouvé déjà le moyen de lui donner une expression efficace. C'est ainsi que la France possède actuellement, grâce à l'initiative et a la persévérance d'un des champions les plus ardents de l'arbitrage, M. d'Estoumeilea de Constant, un groupe parlementaire de l'arbitrage international, qui compte environ 250 membres. Hecruté parmi toutes les nuances parlementaires, ce groupe tout puissant pourra sous peu imposer ses volontés pacifiques à la diplomatie française. Son but se réduit à ceci, d'après la définition de son président : généraliser la pratique de l'arbitrage international. Fidèle aux obligations morales imposées aux 2(i États signataires par l'article 19, le groupe travaille ardemment à étendre le principe d'arbitrage et à le l'aire appliquer sur une plus large échelle possible. II a
puisqu'elle uc coûte pas su chef k* muiuilre sacrifice de ses plai i de lalite, de cliBasB, de cour, ele. It peut dune résoudre un< guerre, comme une parlie de plaisir, par les raisons les pins l'ri voles.,. (Kanl. Essai. [Jt''uii«mi> Sodion. Article l"),
ainsi déjà son adhésion, mm seulement aux projets, réalisés depuis, d'nrbilrages franco-anglais: et franco-italien, mais aussi aux propositions émises à ce sujet par plusieurs autres gouvernements,
La section parlementaire anglaise, animée des mêmes intentions, est également très nombreuse Tous ceux parmi les législateurs anglais qui font partie du Commercial Committee, sont d'avance acquis à celle idée et il ne faut pas oublier avec quelle bonne grâce ses adhérents ont inauguré tout récemment leurs relations directes avec la section parlementaire de l'arbitrage international français.
Lu victoire inévitable du droit des gens dans les relations franco- anglais es deviendra ainsi non Seulement un soulagement pour la conscience vilisée, niais aussi un encouragement pour tous les autres peuples. L'union européenne se trouvera resserrée et préparera le règne de paix et de justice. Car
Lemondr en s ixt'tiraiit .v'Weiv , t l'unit'- !
>sons à la tête de nos Affaires étrangères un homme capable d'utiliser tous les matériaux
élaborés par l'évolution de la justice internationale ' et la même génération d"liommes, qui avait assisté aux incidents de l'Année terrible, assistera encore à l'avènement d'une fcre nouvelle, dans les relations do peuple à peuple. La France, appuyée sur l'Angleterre, pourra ainsi débarrasser le monde de la plus grande calamité qui ait jamais pesé sur l'Europe. N'en doutons point : les deux grands pays, sollicités par cette haute mission si claire et si précise, sauront l'accomplir dignement. Liés par un traité d'arbitrage encore trop anodin, ils auront à cœur d'en augmenter ultérieurement la portée et d'en étendre les bienfaits à la vaste famille européenne. Rien n'empochera du reste de faire rentrer, dans le traité anglo-français, ainsi modifié, une clause analogue à l'article 19 du traité d'arbitrage permanent, conclu entre les 17 républiques du Nouveau -Monde. Et alors toutes les nations pourront accepter ce traité et y prendre part en signant un exemplaire et en le déposant aux mains du gouvernement français ou anglais.
i. M. Delcasso lui-même, qui a donne liait de preuves de sagesse et d'unour de la pai*, se laissera peut-être teiilor par celle gloire 9i pure el si noble. Elle assurera dans l'histoire a celui qui rendra digne une ciMi-ln-ilt aultvmcnl ilinnl'k' ijuk celle de Napoléon. Bismarck ou latil d'autres malfaiteurs de la gierre.
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Ces derniers n'auraient qu'à notifier l'existence d'un article pareil dans leur traité et il est hors de doute que des participations et des participants surgiraient de partout. Le traité anglofrançais deviendrait de la sorte la base pour tous les traités à venir, la force centripète pour désarmer la guerre. Car le triomphe de l'état juridique entre nations, c'est la diminution des armements à date rapprochée et de la guerre ou des guerres en perspective.
La Paix durable, fruit sublime de tant d'efforts concentrés des siècles, deviendra ainsi un roc, sur lequel s'élèvera une humanité nouvelle.
Diminuée et humiliée en 1870, la France pourra prendre la seule revanche digne d'une nation dont la pensée compte toujours parmi les forces directrices du monde. Elle regagnera son nMc de conducteur de l'humanité et de prolecteur de tous les petits peuples. Grâce à son génie de sociabilité, la France a réussi à unifier tant d'éléments ethniques et disparates, qui peuplent son sol : Bretons, Bourguignons, Provençaux, Normands ! Le même génie qui l'a rendue si chère au genre humain lui permettra d'accomplir, au dehors, son autre
KGLAÏS DEVANT
mission civilisatrice : créer la grande famille ayant un esprit et des tendances européennes.
Et de même que le français est déjà la langue officielle de l'Institut du droit international, des Conférences de la Paix et la langue officieuse de la Cour de La Haye', le peuple français deviendra le représentant naturel de cette humanité meilleure qui aura remplacé l'étal d'anarchie par une solidarité juridique.
Le vaste complot contre la guerre, qui unît désormais sciemment ou d'une façon inconsciente tous les peuples, donnera sans doute des résultats bien plus réels, plus proches que tant d'alliances désunies, fruits avortés de la/oulinc diplomatique.
La sagesse des peuples civilisés triomphera ainsi de la folie de leurs gouvernants et les nations qui y auront contribué le plus, en retireront le plus grand profit.
1. Le jugement rendu , dana le premier litige su uni L- il la Cour Je La Haye (en 1002), entre les États-Unis cl le Mexique, a clé rédigé en français. Les débats do l'affaire du Véuézué'a [uclobre 13131 pouvaient avoir lieu en anglais el en français ; en réalité le français fui la langue le plus fié piemniciil employée. (Voir la brochure de M. J. A. Jacobsun, dans la Bibliothtqite, pini/hlc liiietnationate, X" série.)
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GO FRANÇAIS ET ANGLAIS DEVANT l/ANARCHIE
Pasleur, qui fut en môme temps un patriote ardent et un pacifique convaincu, Ta dit : l'avenir appartiendra à ceux qui auront le plus fait pour l'humanité souffrante.