‹ Français et russes: Moscou et Sévastopol, 1812-1854Chapitre 10 sur 51 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

contre les exigences des Anglais la liberté des mers.

Cette période des relations de la France avec rimpératrice est caractérisée avec beaucoup de précision dans le rapport fait, en mars 1876, à la Société impériale d! histoire de Russie. J'emprunterai à ce curieux document le passage suivant, d'autant plus précieux qu'il résume des travaux qui se poursuivent actuellement, sous les auspices de la Société, dans les archives de France et de Russie, et dont le résultat ne sera pas publié avant quelques années :

€ Avec la mort de Louis XV, la nature des relations entre les deux pays se modifie complétement. Les dispositions peu bienveillantes de naguère envers le gouvernement russe, le peu de confiance dans les forces et la puissance de la Eussie font place en France à d'autres sentiments. Les douze années du règne de Catherine II, ses succès en Pologne et en Turquie, ses efibrts heureux pour la réforme des lois et la civilisation du peuple, ont amené les Français à voir d'un autre œil

Xn PRÉFACE.

ce qui se fait à Saint-Pétersbourg; de plus, la France a une guerre difficile sur les bras (celle d'Amérique), elle cherche des alliés. Le jeune roi est animé des dispositions les plus bienveillantes, soit à l'égard de son peuple, soit à regard de l'humanité tout entière. Les remarquables instructions de son ministre des ajQTaires étrangères, M. de Vergennes, reflètent cette hauteur de vues et les influences philosophiques qui dominaient autour du roi. L'envoyé français à Saint-Pétersbourg, le marquis de Juigné, reçoit l'ordre de s'expliquer ouvertement avec le gouvernement russe sur les dispositions de sa cour. A Saint-Pétersbourg, on n'ose croire d'abord à un changement aussi inattendu; mais bientôt les actes viennent confirmer les discours.

« La Turquie se refuse à exécuter les conditions de la paix de Kaïrnadji. Une nouvelle guerre est sur le point d'embraser l'Orient, mais l'ambassadeur français à Constantinople, le comte de Saint-Priest, unit ses représentations à celles de l'envoyé russe, et la Turquie consent à remplir ses engagements. Ravie des

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