IV PRÉFACE
Sous Nicolas P% la mésintelligence persistante des gouvernements aboutit à la guerre de Crimée.
Et cependant^ malgré deux cents ans d'hostilité, on ne peut pas dire que la France et la Russie soient des ennemis naturels.
Au xviii** siècle, leur longue rivalité s'explique par une position particulière des questions d'équilibre européen, qui aujourd'hui a cessé d'exister.
Alors la Russie ne pouvait atteindre son complet développement qu'en s' attaquant à la Suède, à la Pologne et à la Turquie ; or, dans la lutte que la France soutenait depuis le XVI* siècle contre la maison d'Autriche et contre l'Allemagne alors dominée par l'Autriche, la Suède, la Pologne et la Turquie étaient nos alliés naturels ; c'était grâce aux diversions des Suédois sous Gustave-Adolphe ou Charles XI, des Ottomans sous Soliman le Magnifique ou Mahomet IV, que nous pouvions soutenir l'efibrt du colosse allemand.
Dans la balance des forces, les trois nations de l'Europe orientale étaient notre appoint