‹ Français et russes: Moscou et Sévastopol, 1812-1854Chapitre 6 sur 51 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

nécessaire. En attaquant la Suède^ la Pologne et la Turquie, la Russie dérangeait l'équilibre européen dont la France, par devoir autant que par intérêt, était la gardienne. Souvent elle fortifiait nos ennemis plus encore qu'elle ne se fortifiait elle-même. La destruction de la Pologne a simplement agrandi la Russie :

elle a fait la Prusse.

Au XIX* siècle, la rivalité de la jFrance et de la Russie a eu pour cause d'abord l'ambition menaçante de Napoléon I", ensuite la politique inquiétante de Nicolas I". Aujourd'hui, ce n'est plus l'empire napoléonien qui en Occident menace la paix ou l'indépendance de l'Europe. En Orient, si la Russie n'a d'autre but que d'aider à la formation de nouveaux Ëtats indépendants dans la péninsule des Balkans, sa politique se rapproche sensiblement du programme que M. Thiers a tracé en 1840 dans sa Réponse au Mémorandum de lord Palmerston et auquel adhère M. Guizot dans ses Mémoires (*).

(') Goîzoty Mémoires pour servir à Vhistoire de mon ^s, t V, p. 501; t. Vn, p. 263.

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