‹ Français et wallon; parallèle linguistiqueChapitre 18 sur 18 · SYNTAXE DES PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

SYNTAXE DES PROPOSITIONS

Il y a deux espèces de propositions :

Les propositions absolues; ,

Les propositions subordonnées.

Les premières se nomment ainsi parce qu'elles ne dépendent d'aucune autre : Li mouchon ch'ante, l'oiseau chante; — Les loups hûlenu, les loups hurlent.

Elles ne cessent pas d'être indépendantes ou absolues même lorsqu'on les réunit en une seule phrase par les conjonctions de rapprochement (p. 181):Zi mouchon ch'anteuve, mais les leups hurleme; l'oiseau chantait, mais les loups hurlaient. S'il n'y avait dans le langage que des propositions de cette espèce, il n'y aurait pas de syntaxe des propositions, car toutes les règles auxquelles elles sont soumises sont celles que nous venons de voir sur l'accord et la dépendance des mots.

La syntaxe des propositions a pour objet les lois qui régissent la construction des seules propositions subordonnées. Ce nom leur vient de ce qu'elles dépendent d'une proposition principale qu'elles individualisent ou déterminent, soit en y ajoutant quelque circonstance (de

temps, de lieu, etc.), soit en lui servant de complément.

Ce qui donne deux sortes de propositions subordonnées.

1^ Quand elle énonce une circonstance particulière relative au fait principal, la proposition subordonnée porte le nom de proposition circonstancielle : Vos veirroz quand j" serai es mon m^ père, Vous viendrez quand je serai chez mon père. Ici, la conjonction de dépendance quand (p. 181) subordonne la proposition circonstancielle « serai es mon m' père » à la proposition principale « Vos veirroz. »

2° Quand elle sert de complément au verbe de la proposition principale, la proposition subordonnée prend le nom de proposition complétive : i'i vôrreuve qui v' serîz conteint, Je voudrais que vous fussiez content. La proposition subordonnée vos serîz conteint est le complément de la proposition principale J'i vôrreuve : la conjonction de dépendance qui, fr. que, est ici le lien des deux jugements exprimés.

Propositions circonstancielles. — Ces propositions se rattachent à la proposition principale 1« par leur propre forme et indépendamment de toute conjonction, S*" par une conjonction, 3° par un adjectif conjonctif.

La forme participiale, c'est-à-dire un nom ou

un pronom modifié par un participe, telle est, par excellence, la forme de la proposition circonstantielle *• Les paurts estant faites^ le lion a dit comme ça, Les parts étant faites, le lion parla ainsi ; — Ni devant pus mi rvôïe, il m'a ahressî è tôt brayant, Ne devant plus me revoir, il m'a embrassé en pleurant ; — Mougnant tos les joûs si ptit Saint' Cruspin^ il s'a hein ratte trovéavou rein, Mangeant chaque jour le fruit de ses petites épargnes, il se trouva bientôt dépourvu de tout (avec rien). La proposition participiale, c'est Tahlatif absolu des latinistes.

La proposition circonstancielle avec conjonction est celle qu'on rencontre le plus souvent dans les langues romanes : Dès qu'il ma vèu, il m'a reconnu. Dès qu'il me vit, il me reconnut ; Tant qu'il-n-y a d'elF bîre au pot, J'ean Collinette né va nein co, Tant qu'il y a de la bière au pot, Jean Collinette ne s'en va pas encore ( vieille chanson namuroise), J'i sos-st-heûreux (\) quand fi travaille, Je suis heureux quand je travaille (Ch. Wérotte); J'i vos schoûte pasce qui vs esto%

(I) Quand il dit régulièrement /i sos heureux, le Namurois, ne prononçant pas le s final de sos, fait sentir un hiatus entre sos elheineux : c'est pour éviter cet inconvénient, et par une analogie mal fondée qu'aiicuus disent fi sos-si-heûreux, comme on dit il est heureux^ avec st articulés,

amusant, Je vous écoute parce que vous êtes amusant ; — Nos *nn irans ess'onne pussqui vos estoz là, Nous nous en irons ensemble puisque vous êtes là ; — Tôt papi s' lait scrire comme dist pépére. On écrit n'importe quoi sur n'importe quel papier, comme dit grand-père, proverbe wallon dont voici le sens : Il ne suffit pas qu'une chose soit écrite pour qu'elle soit vraie.

La conjonction di ç' qui, de ce que, se construit aussi avec l'indicatif.

Quelques conjonctions de dépendance sont suivies du subjonctif : J'i crie hein foirt afin qu' vos m' èteindos's'es, ou po qui v méteindos'ses, Je crie bien fort afin que vous m'entendiez ou pour que vous m'entendiez; - -Bein quij" seuïepus grand qu vosy fi n* saureuve mougnî one rôbosse à mi rciner, Bien que je sois plus grand que vous, je ne saurais manger à mon goûter une grosse pomme entière et non pelée, cuite au four dans une mince enveloppe de pâte; — Quoeiquif' fus's'is's'e à s' costé, elle a ieu l'air do n nein m* riconnais'sre, Quoique je fusse à côté d'elle, elle a semblé ne pas me reconnaître.

En français les conjonctions bien que, quoique veulent toujours être construites avec le subjonctif. Le v^allon, comme le latin, admet les deux modes après ces conjonctions : Il a wasu l' dire quoeiqu' nos estâmes tortos (très-tous) /à. Il

a osé le dire quoique nous fussions (littéralement : nous étions) tous là.

Les deux langues remplacent bien que, quoique par cette formule fussiez-vous, fût-il, fût-elle^ etc., wall. fus's'îz, fus's'e-t'il, etc. *.

Si vos avos belle maille Ou branmeint des ècus Fus's'îz percée canaille On vos trouve des vertus.

Ch. WmoTTE , Chansons f p. 404.

Si vous avez belle maille (bonne mine) ou beaucoup d'écus, fussiez- vous une canaille achevée, on vous trouve des vertus.

La proposition principale « On vos trouve des vertus » est accompagnée de deux propositions circonstancielles « Si vos avoz, etc. » et Fus's'îz percée canaille. Dans toutes les propositions subordonnées, unies à une principale par la conjonction si, vous trouverez le mode indicatif en français et en wallon. On sait que, en dehors du cas de certitude, dès que le verbe impliquait doute, hypothèse ou condition, le latin mettait toujours le subjonctif.

Dans les deux langues sœurs, la conjonction à moins que gouverne toujours le subjonctif/* m' è vasy à moins qu' vos n' volos's'es mi rtinu , je

m'en vais, à moins que vous ne vouliez me retenir.

Il en est de même du wall. pourvu qui, pourvu que ; ècore qui ou èco qui, encore que ; supposé qui, supposé que.

La conjonction qui, que, régit tantôt l'indicatif, tantôt le subjonctif.

Une dernière remarque : plusieurs formules conjonctives telles que afin qui, afin que ; di peu qui, de peur que ; di crainte qui, de crainte que ; hein long qui, loin que; avant qui, avant que, sont doublées des synonymes avec la préposition di, de, remplaçant partout le qui, que. En wallon comme en français l'infinitif se met après (/i, de, comme le subjonctif après qui, que : // achette do papî afin di scrire ou afin qu*il scrië, II achète du papier afin d'écrire, etc. ; ^ Ilva s cach'î di peu d' iessre battu ou di peu qui n fus's'e battu. Il va se cacher de peur d'être battu, ou de peur qu'il ne soit battu, etc., etc.

Enfin, la troisième et dernière attache employée par le génie indo-européen, pour unir une proposition circonstancielle à une proposition principale, c'est l'adjectif conjonctif, simple ou composé.

Les Latins se servirent beaucoup plus que nous de ce procédé syntaxique. Quand Cicéron dit : « Omnes trahimur ad cognitionis et scien-

lise cupiditatem, in ou a excelleie pulchrum puTAMus, il lie la proposition circonstancielle putamus à la proposition principale omnes trahimur par l'intermédiaire du conjonctif quâ, in qilâ.

Et les langues romanes, au lieu de traduire : « Nous sommes tous entraînés à la passion du savoir et des connaissances, passion dans laquelle (m quâ) nous croyons qu'il est beau d'exceller, » préfèrent toutes l'emploi de la conjonction (signe du motif) et disent plus volontiers: « Nous sommes tous entraînés à la passion du savoir et des connaissances, parce que nous croyons qu'il est beau d'y exceller» »

Il en est ainsi du wallon.

Toutefois, dans ces deux langues sœurs, on rencontre très- souvent des phrases de cette construction : Aimans todis V bon Diex, li qu' est si bon por nos, Aimons toujours Dieu, lui qui est si bon pour nous ;—- Commeint n elV woeirreuve-fu nein vollî, leie qc' est si folie ? Com> ment ne l'aimerais-je pas, elle qui est si jolie ? — Cesteuve on homme citti-là tel qui vos n' è resconterroz jamais d' vossre vie on pareil y C'était un homme tel que vous n'en rencontrerez jamais de votre vie. — Il-n-y a des geins qui n' valenu wères mia qu les biesses, Il y a des gens qui ne valent guères mieux que les bêtes.

Propositions complétives. — N'oul)lions pas que la proposition complétive équivaut à un simple complément, soit direct, soit indirect, ce qui permet toujours de le remplacer par cecif cela, ou de ceci, de cela, à ceci, à cela. Or, cette proposition-complément peut se rattacher de cinq manières différentes à la proposition principale.

Premièrement, par la construction de son verbe à l'infinitif en sous-entendant son sujet : Ti croeis sawoei tôt, pour Ti croeis ti sawoei tôt. Tu crois (toi) savoir tout. — Il a peinsé hein fer, pour il a peinsé li hein fer. Il a pensé (soi) bien faire.

J'i vôrreuve compreindre Les faubittes, les pinsons,

Ph. Lagrange.

Je voudrais (moi) comprendre les fauvettes, les pinsons.

Pour que cette construction soit possible, il faut que le sujet, sous-entendu dans la proposition complétive, soit identique au sujet exprimé dans la proposition principale. En latin, on le sait, cette condition n'est nullement de rigueur et l'on peut dire, ce me semble, que les propositions infinitives sont, par excellence, les propositions complétives de la phraséologie ro-

maine. Souvenez-vous du fameux exemple Credo Deum esse sanctum^ dans lequel ce bon Lhomond voyait un que retranehé. Là Deum esse sanctum est le modèle de toutes les propositions infmitives, propositions -compléments dans lesquelles le sujet est nécessairement à l'accusatif, à cause de sa fonction de régime direct du verbe de la proposition principale.

Après les verbes schoûter, écouter, — étein^ dre, entendre, — vôïe, voir, les Wallons et les Français aiment à mettre la proposition infinitive :

Schoûte, Babette^ èteinds-s' Peter les grusias ?

Ph. Lagrange, Tovia deïï Nature.

Écoute, Babette, entends-tu la grêle frapper à coups secs contre les vitres? — ■ Dans ces cas, le latin mettait le participe présent.

Deuxièmement, l'union de la proposition complétive avec la proposition principale s'effectue par une conjonction, et ce procédé est de beaucoup le plus commun dans les langues romanes : — J'i croeis QUI V Bon Diex a fait tôt avou rein, Je crois que Dieu a fait toutes choses de rien... — Song'iz qui nos v' donnans V claurté (Charles Wérotte), Songez que nous (les allumeurs de réverbères) vous donnons la lu-

mière (la clarté). — On dit, — por mi fi »' eir croeis nein (1) — qui l'homme est on pantin (Vs se siffle devant le t dans est-on, p. 28). On dit, je n'en crois rien, — que l'homme est un pantin (Ch. Wérotte).

Les hiebbes (2) balancenu

C'est r veint qui les ètraïne

On direuve qv'' elles dansenu (3).

Phil. Lagrange, Tovia delV Nature.

Les herbes se balancent, c'est le vent qui les entraîne, on dirait ^welles dansent. On Fa déjà compris, cet exemple n'est donné que pour son dernier vers, où nous trouvons, sous la proposition principale « On direuve » , la proposition complétive « elles dansenu » . — Nos n' savans nein quand le monde finirait, Nous ne savons pas quand le monde finira.

Certains verbes, quand ils se trouvent dans la

(1) For mi, etc., proposition incidente rentrant dans les propositions absolues, p. 267.

(2) Dans hiebbes pour herbes Ye delà racine a été changé en ie comme dans Uesse pour beste (bestia), et le r a été assimilé à la consonne suivante (v. p. 34). Pour la prononciation, voyez p. 23.

(3) J'ai déjà dit que les e muets n'ont aucune valeur en wallon : dansenu n'a donc que deux syllabes, ei hiebbes vaut hiepp* seulement.

proposition principale, amènent dans la pioposition complétive des variétés de construction qu'il importe d'indiquer ici.

Ainsi, après les verbes franc, et wall. redouter, craindre, appréhender et avoir peur, wall. awoei peû,\dL formule négative ne... pas^ wall. ni... nein, ne s'emploie dans ses deux éléments que dans le seul cas où Ton souhaite au fond que la chose arrive : J'i crains qutl n' veigne nein, Je crains qu'il ne vienne pas; — Tas peu quelle NI m* schoûte nein, Tu as peur qu'elle ne m'écoute pas. Mais, quand on ne désire pas que la chose advienne, les deux langues retranchent le second élément de la négation, lequel estpa^, wall. nein : fi crains quil n' veigne toradde (1), Je crains qu'il ne vienne tantôt (je redoute sa venue); — Tas peu qu'elle ni schoûte pa — drî (2) Vhus's', Tu as peur qu'elle N'écoute derrière la porte.

Les formules 11 s'en faut peu. Il ne s'en faut de rien, wall, // n s'è faut d' wère, Il n s'è faut d' rein, exige encore dans la proposition

(1) L'adverbe toradde est composé de tôt, tout et de radde , vite, pour rapde = lat. rapide, vile, du verbe BAPerc, enlever. Cfr. ital. ratio.

(2) Pa-dri présente pa pour par et dri pour drier, adverbe composé de la préposition de et de rier pour re(t)ro, en arrière.

complétive la présence de la particule nép^ative ne , wall. ni : Il s'ènn est fallu iV tvêres qu'il neus's'is's'e H tiesse sipoch'ië^ Il s'en fallut peu qu'il n'eût la tête écrasée. Le latin aurait tout simplement dit: Propè fuit ut caput contritum habuerit.

Après le verbe douter, quand la proposition principale est négative ou interrogative, on met

encore que.... ne, wall. qui ni : Vos n' doutez

nein qu'il n fus's'e on brave homme, Vous ne doutez pas qu'il ne soit un honnête homme. L'expression II ny a pont d' doute, Il n'y a pas de doute, exige le même ni, ne, après le même qui, que.

Mais g'Mcest toujours le grand lien, le lien par excellence de la proposition complétive avec la proposition principale. Ce que suppose toujours la question quoi? faite après l'émission isolée de la proposition principale et il répond si bien à un démonstratif demandé, cela, cm que, dans les langues germaniques, ce démonstratif lui-même devient conjonction et remplace notre que :

Every body knows, tout le monde sait quoi?

Whai? Réponse cela, that : the earih is round : Every body knows that the earth is round. Et ce that anglais, on le sait, a pour correspondants dat en flamand et en hollandais, dasz en allemand , etc. , reproductions variées de l'an-

cien TAD, neutre du démonstratif TA, p. 64.

Troisièmement, à côté de ce lien principal, il faut placer son substitut accidentel, la préposition de suivie de l'infinitif. Ceci vous rappelle le io anglais, le zu allemand et le fe hollandais et flamand.

On met de, wallon di avec l'infinitif :

i*^ Après les verbes pre^cnVe, wall. prescrit, recommander, \\2i\\. r (commander, fr. wall. commander, défendre, wall. dis feindre, empêcher, wall. èpêch'l et leurs synonymes : Papa m^a disfeindu d' sorti, Papa m'a défendu de sortir. — V hasard m'a èpèch'î d' fer ça, Le hasard m'a empêché de faire cela, Id casus ne facerem impedivit, dit Cicéron.

2° Après les verbes demander, vi^W. dimander, prier, wall. prix, mériter, wall. mériter, obtenir, wall. obtinu, avertir, wall. averti, conseiller, wall. conslî, alors que le latin met toujours ut avec le subjonctif • fi vos prie di m' donner on lia livre. Je vous prie de me donner un beau livre. Au lieu de la préposition de, le wallon met souvent doj du, pour del (p. 07) : J'i vos conseille do V taire, Je vous conseille de vous taire. Ce do, pour di, a bien l'air de traiter le verbe à l'infinitif comme un simple nom : je pense pourtant que l'euphonie seule a réglé ces substitutions.

3° Après fr. et wall. consoler, accuser, louer.

féliciter et être fâché, irrité, wall. iessre moais, s' bouter es colère : Il estait fou moais do ni rescontrer veilà, Il était très-irrité de me trouver là. — Qu est-ce qu eW consolereuve deW moirt di s -t-èfant [\)'î Qu'est-ce qui la consolerait de la mort de son enfant ?

io Enfin, après se garder, wall. saurder hein ; se réjouir 9 wall. si réjoui, — s'affliger, wall. s'afflig'î, etc., etc., toujours avec une parfaite concordance dans les deux langues sœurs.

Il y a relativement peu de verbes après lesquels la préposition de se trouve remplacée par la préposition à. Ces verbes supposent un effort ou une tendance vers (ad) un but à atteindre. Tels sont fr. et wall. poussera, exciter à, engager à, wall. ègag'î à, mais plus souvent engager (d'emprunt).

Quatrièmement, la proposition complétive s'unit à la proposition principale, soit par un adjectif ou pronom interrogatif, soit par un ad verbe interrogatif ; j'i n' sais nein qui vos estoz, je ne sais qui vous êtes. Le latin avait raison de mettre ici ce subjonctif, ce mode de la possibilité, et de dire nescio quis sis. Mais le lien de la proposition principale nescio avec la proposition complétive sis est bien, dans les trois langues,

(\)Let est euphonique cotnme dans aime-l-il, a-t~d!c.

le même pronom interrogatif çwû, qui. — Dism' quénne heure il est, Dis-moi quelle heure il est. En latin, l'adjectif interrogatif qmtus, remplit la fonction de l'adjectif interrogatif çwe/, wall. que, quel (qualis), et le mode subjonctif le suit encore, à cause de TincertiUide où se trouve celui qui fait Faction marquée par le verbe de la pro position principale : Die mihi quota horasit.

Les adverbes interrogatifs où, d'où, par où, combien, pourquoi, comment, etc., wall. où et où- 'ss-ce qui, ès-tc-où- u-ce qui [es pour o/is p. 170; 10 pour éviter l'hiatus ; 'ss-ce pour est-ce) où qui ;

— (Toù, d'où-'ss-ce qui, d' èS'm-où-'sS'Ce qui, d'où qui ; — pa-w-oii-ss-ce qui, pa où, pa où qui ;

— combein, poquoei, commeint, etc, : Disoz-m' ovilva, oudis'oz-m' ès-w-où-'ss-ce qu'il va, ditesmoi où'\\ va. — J'isaureuve volti poquoeiî/ brait. Je saurais volontiers pourquoi il pleure. — Mostrez-m' commeint on fait. Montrez-moi comment on fait.

Cinquièmement, enfin, la proposition complétive se rattache à la proposition principale par une idée de parallèle ou de comparaison. Je n'ai pas à m occuper ici des phrases comparatives telles que nous en trouvons dans la littérature latine et dans lesquelles la proj)osition qui suit quam se met, soit à l'infinitif, soit au même mode que le verbe d(^ la proposition

principale. Dans nos traductions de phrases semblables, en effet, nous n'avons jamais, en français comme en wallon, que notre éternel que, wall. qui, parfois suivi de la préposition de avec le verbe à l'infinitif : Nos naimans rein d'pus QUI d' ch'anter tortos es's'onm. Nous ne faisons rien plus volontiers que de chanter tous ensemble. J'entends surtout parler ici

Des phrases ou plus, wall. pus est répété devant chaque proposition : Pus V diâl a-t-iU pus vout-îl awoei, Plus le diable possède, plus il veut posséder (proverbe wallon appliqué d'ordinaire à l'insatiable cupidité des avares); — Pus le temps est bon, pus il est court, Plus le temps est bon, plus il est court; Pline avait dit : Tanto brevius omne tempus, quanto felicius est.

Des phrases où les Romains commençaient leur proposition complétive par qualis répondant au talis de la proposition principale : Té ti, té mi, tel toi, tel moi (p. 33); — Tel père, tel fils> Tel père, tel fds. Dans ces deux phrases, le premier tel répond au qualis latin : Qualis tu, (es erga me)',ialis ego (sum erga te); Qualis pater {est), talis filius (est). On voit facilement que les propositions principales sont Je suis tel et Le fils est tel.

Le banal que reviendrait si au lieu de tel répété on se servait de tel une fois dit, àe même

ou de autre dans la proposition principale : / i l'a vèu tel qui/' Vavais désiré, Je l'ai vu tel que je l'avais désiré; — Nos navans nein les mêmes goûts Qu' vos êtres, Nous n'avons pas les mêmes goûts que vous (avez) ; — Cest on (le s se siffle, p. 28) être homme qui vos, C'est un autre homme que vous (êtes).

Telles sont donc les cinq manières d'unir la proposition complétive à la proposition principale : 1^ La forme infmitive avec sujet sousentendu ;— 2" Une conjonction médiatrice; — 3** Une préposition avec l'intlnitif, — 4° Un adjectif, un pronom ou un adverbe interrogatif ; — 5% enfin, un rapport de comparaison.

D'après les faits que j'ai cités, en les classant de mon mieux, ne suis-je pas en droit d'affirmer que la syntaxe des propositions, comme celle des mots , est absolument la même pour les deux dialectes latins du Nord, dont j'ai esquissé le parallèle ?

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