SCÈNE IX
FRANCASTOR, SATURNIN, LOUISETTE.
SATURNIN, portant le rhum et un ferre.
V’ià le rlmm, mon cousin Castor.
FRANCASTOR, en colère.
l’rancastor... (a part.) Dieu! quelle oie! (ti te verte uo verre. A Louiutte.) A la vôtre, madame, (iiboh.)
' SATURNIN
J’ai annoncé votre arrivée à mon tuteur, et il m’a dit qu’il serait content de vous parler après sa fenai...ai...son.
FRANCASTOR, l’imiunt et te versant un autre verre.
Sa fenai...ai...son! Crelotte! quelle est laide, mon Dieu!
(l i dépose la bouteille et levcrre et passe au milieu.) * Rien ne presse, pe-
tite, car, comme vous savez que nous n’avons point la même conformation de goûts ni de taille, pour notre bonheur à vous et à moi, j’épouse mademoiselle.
SATURNIN, pleuranl.
Ah! Comment, mon cousin, quand vous m’aviez promis!...
LOUISETTE
J’aurais une rivale!
FRANCASTOR, mettant la main sur la bouche de Saturnin qui sanglote. Noil, non, madame! (A Saturnin qui pleure en ouvrant une grande bouche.)
Chut!... Fermez le caisson.
SATURNIN, p'enrant toujours.
Mais est-ce que ce n’élait pas moi que vous aviez d’abord choisie pour votre motié ?
Ma moitié... allons donc! vous feriez mon tiers tout au plus, et encore à peine assez, à peine assez. (Gémissements de Situm.n.) Fermez donc le caisson!
SATURNIN
Mais le testament de votre oncle Dandelou vous ordonne de vous marier avec moi !
FRANCASTOR sortant le testament de sa poche.
Ça m’importe peu. (a Louisette.) Tenez, madame! le voilà le testament de l’oncle Dandelou, je le déchire en mille millions de pièces, (u i. déchire et lance le. morceaux.) J’en fais de la neige.
(Saturnin et Louisette rient aux éclats.)
* Saturnin, Francastor, Louisette.
SATURNIN, (Uount.
Ah! quel bonheur! vous v’Ià héritière, maintenant, mam’zelle Louise! te !
Comment, mam’zelle Louisette!... où donc?... (Dengoant Louiwtie.) Ici?
SATURNIN
Oui.
Eh bien... et toi?
SATURNIN
Aou ! aou 1 aou !
Aou! aou! Dieu! cette femme est un homme... (au public.) Je suis refait, tel que tu me vois!
SATURNIN, t:panl «ur le ventre de Francailor.
A peine assez, tambour, à peine assez 1
FRANCASTOR avec colère.
Ah ! coquin ! il faut que je te casse ma canne sur ton homéopathe'. ( Il va picuüic sa canne sur lu banc à droite et menace Saturnin.) *
SATURNIN, ï’iibploraot.
Comment, tambour! vous frapperiez une faible femme?
FRANCASTOR, A pari.
Ali ça! voyons... est-ce une femme, ou un homme... ou nn Auvergnat?
SATURNIN, allant vers lui.**
Ne vous fâchez pas... c’est une finasserie... nous nous aimions depuis longtemps, Louisette et moi... faut nous pardonner!
Comment, te pardonner! et les six mille francs... crois-tu que ça se pardonne ?
SATURNIN
Eli bien ! ça va-t-y? nous sommes trois, partageons : un tiers chacun.
FRANCASTOR, à part.
Deux mille francs... sans me marier... j'y gagne encore. (h.«i.) J’accepte, et je retourne au régiment, (u v» pr-nürs »n
bonnet.)
saturnin.
Un instant! vous restez à dîner avec nuus.
•Saturnin, Louiseito, Francastor.
” Louisette, Saturnin, Francastor.
Je dîne avec vous, c’est dit! Donne-moi ta main, et restons unis comme Daphnis et Cléopâtre, Pollusque et Francastor!
ENSEMBLE
j® j reste au régiment pour qu’on s’écrie encor :
Le beau tambour-major!
C'est ainsi qu'on | ™ e j nomme ;
Je suis i assurément Il est )
îfest' 8 } * e P lus hel homme De tout le régiment!