‹ Francastor operetteChapitre 2 sur 11 · SATURNIN, LOUISETTE · texte numérisé non relu

SATURNIN, LOUISETTE

Louisette est assise et file an rouet.

SATURNIN

Est-ce que vous croyez, Louisette, que cela peut se passer ainsi ?

LOUISETTE

Que voulez-vous? 11 le faudra bien !

SATURNIN

Il faudra que vous n’épousiez personne... personne, excepté moi ... Voilà ce qu’il faudra.

LOUISETTE

Si pourtant mon tuteur le veut absolument?

SATURNIN

Mon Dieu ! Je respecte ce vieillard : c'est votre tuteur, mais il est complètement idiot. Quelle diable d’idée lui a pris de vous marier à un tambour-major, sous prétexe qu’il est votre cousin et que votre oncle Danaelou vous a fait son héritière à condition de J’épouserl... Je respecte la mémoire de l’oncle Dandelou, mais c’était un fier imbécile !

LOUISETTE, se levant.

Il est certain que ce maudit testament fait tout le mal, et que mon tuteur ne tient à me donner à mon cousin Franscator qu’à cause de l’héritage.

0 Fr.ANC\STOR~.

SATURNIN

Oh ! je sais bien que ce n’est pas parce qu’il est tambour.... si major qu’il soit ; mais enfin, il n est point encore arrivé, et tant qu’il ne sera pas ici...

LOUISETTE

11 ne tardera pas; je crois même qu’il viendra aujourd’hui, d’après ce qu’il nous marque dans une lettre.

SATURNIN

Voyons-la cette affreuse lettre de l’affreux cousin.

LOUISETTE

La voici. (Elle lui donne li lettre.)

SATURNIN, Usant.

« Ma chère cousine, — Vous n’ètes pas sans savoir que votre ■» oncle, le père Dandelou, a fait un testament photographe,

» avant sa mort. » — 11 paraît que c’est avant sa mort... « Ce » testament dont auquel il vous a nommée locataire univer- » micellc de la fortune qu’il a amassée, avant sa mort, » — 11 paraît que c’est toujours avant sa mort — « à la condition que » vous m’épouserez maritalement. Dans cette concurrence, » comme mon régiment passe dans quelques jours auprès de » votre village, je profiterai de la première occasion pour aller » vous trouver, en uniforme, avec canne et plumet, à seule » fin de vous conduire à l’autel garni de l’hyménée. Va sans » dire que je serai z’enchanté de vous voir après le laps qui » s’est écoulé, car voilà bien quéque chose comme quinze ans » que je vous ai perdue de vue! »

LOUISETTE

J’avais alors trois ans !

SATURNIN, lisant.

« Je présuppose que vous devez être bien sangée de depuis, » à votre avantage s’entend. — Agrégez, chère cousine, la » compagnie d’assurances des salutations respectacles de celui » qui se dit pour la vie, — Votre cousin,

Voilà un joli petit poulet! bien galant, bien gentil... et quelle écriture! des pattes d’éléphant. Il aura écrit ça avec son plumet! (il remette lettre à Louisette.)

LOUISETTE

Vous le voyez, Saturnin, si je refuse, je suis ruinée; et comme vous n’avez rien vous-même...

SATURNIN

Ça fait qua nous deux nous n’aurions guère... que des enfants... Cependant, à bien considérer, j'ai une sœur qui gagne quelque argent comme danseuse au Cercle Olympique... comme elle est venue passer son congé ici au village (h indique la grille), elle nous fera ben sûr un superbe cadeau le jour de notre mariage. Car, il n’y a pas à dire, nous nous marierons. Vous ne pouvez pas épouser un tambour-major, un homme habitué à se servir de sa canne, et qui vous mènerait à la baguette ! vous si bonne, si douce, si bravounette... au lieu qu’avec moi vous seriez si heureuse!

ENSEMBLE

Oh ! le joli petit ménage

Que uous saurions faire tous deux!

Quoique unis par le mariage,

Nous serions toujours amoureux.

LOUISETTE*

L’été, sous la verte feuillée.

Nous nous redirions nos amours.

SATURNIN

L’iiiver, de la longue veillée

Les instants nous sembleraient courts.

ENSEMBLE

Oh ! le joli petit ménage

Que nous saurions faire tous deux!

Quoique unis par le mariage Nous serions toujours amoureux.

SATURNIN

Fn attendant, permcltez-inoi une petite brassade. (il court

«près elle pour l’embrasser.)

LOUISETTE, courant ver» le Ulos.

Non, non... Ah mon Dieu! voyez-vous... là... sur la montagne?

SATURNIN

C’est le cousin! le Francastor! (ils descendent ta »ceue.) H faut pourtant que je trouve un moyen de vous arracher de ses grilles ! mais lequel... voilà le entendent /comme* dit ma sœur... (il réfléchit.) Ah! à propos de ma sœur... une idée!

LOUISETTE

Quoi donc?

* Louisette, Saturnin.

J’ai mon plan. Mais voici le tambour... venez avec moi. Je

Vas VOUS COnter ça. (ll« entrent vivement par la grillai gauebe.) — Muti']ne. — Francaslor descend mejeslueusen ent du talur.)

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