SCÈNE III
SATURNIN, FRANCASTOR.
FRANCASTOR, se tournant vira la droite.
Il n’y a donc personne dans ce village.... (Apercevant saturnin.) Ab ! je rencontre enfin un individuel !
SATURNIN, à part. *
Tàclions d’attirer son attention, (u feint de «angloler.) FRANCASTOR, à part.
A-t-il l’air effaré cet homme champêtre! (a saturnin.) Jeune homme !
Aou! Aou! Aou !
Comment Aou! Aou!.... (Avec un ton emphatique qu’il cooaerre dans
10 t son rôle.) Jeune homme de la nature, tu m’as l’air un tant soit peu vexé.... tes yeux sont ouverts comme des portes écorchères !
SATURNIN, à part.
Qu'est-ce qu’il parle donc d'écorcher?
FRANSCATOR.
?ie te gêne pas.... Tel que tu me vois, je suis fun bon enfant. Dis-moi le sujet de tes pleurs.
SATURNIN
Aou! Aou!
Comment, encore Aou !... Serais-tu fracturé dans tes amours? Ta belle aurait-elle des rapports inqualifiables avec quelque autre imbécile de cet endroit?
SATURNIN
Ah non!... tambour.
Major.
SATURNIN
Tambour major.
Tant mieux, nom d’une peau d’âne ! Car un rival, vois-tu, on doit Véplatir comme un inceste qui vous incommode, (u frappe
par ttrre avec sa canne. — Saturnin, effraye, s’enfuit.) Comment, tll te
sauves!... Avance à l’ordre.
SATURNIN, arançant.
Oui... laissons mes affaires, tambour major, et parlons de vous. Quoi donc que vous venez faire dans ce village?
Tel que tu me vois, éleveur de légumes, je viens me jeter * Francastor, Saturnin.
dans les bras d’une épouse légitime; je viens lui apporter ma grâce, ma beauté et mon esprit, le tout z’avantagé par une
inrudition peu Commune, (il lui donne un coup d'épaule.)
SATURNIN
Le fait est, tambour... majot... que vous paraissez fistrement
instruit, (il e*say* de ponsier d un coup <1 épaule Fnncanor qui ne bouge pas.
— a pan.) Qué peuplier!
Que veux-tu? le tambour-major aime à dominer par l’intellect comme par la taille. La lecture est une de mes passions. Je connais l’iiistoire, la mystrologie, oh! la mystrologic surtout, et pas mal d’autres choses. Mais revenons à la belle qui m'attend avec la même impatience que Calypso attendait dans son lie le fameux Jupiter sous les traits de Mercure.
SATURNIN
Ah!... Mercure... Quel Mercure?
Comment, tu ne connais pas Mercure... le dieu de la guerre... le fils de Minerve et de Carton d'Utique?
SATURNIN
Je ne connais point non plus tous ces gens-là. Après ça, il n’y a pas longtemps que je suis dans le pays.
Dis-moi, pourrais-tu au moins m’indiquer où gîte une jeune fille lépondant au nom de Louisette Vercheux?
SATURNIN
Louisette. . mais c’est la meilleur camarade de ma sœur... ma sœur qu’est danseuse à Paris, (a pan.) Ça servira !
Ah ! tu as une sœur qu’est danseuse à Paris... mais ça ne me dit pas où perche Louisette.
SATURNIN, lut montrant la porte à droite.
C’est-là, major, dans cette maison.
FRANCASTOR, se dirigeant rert la maison.
Très-bien.
Seulement, elle est aux foins pour le quart d’heure... Si vous voulez, je vas aller vous la qu’ri.
* Saturnin, Francastor.
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FRANCASTOR, te retournant et venant à loi.
Hein ? que dis-tu ?
SATURNIN
Je dis que je vas aller vous la qu'ri.
Comment, vous la qu’ri ? vous la sercher, imbécile! Apprends donc à parler, (a pan.) On voit bien qu’il n’a pas fait sa ristorique!
SATURNIN
La sercher ou la qu’ri, c’est tout comme.
Tel que tu me vois!... c’est moi qui serai son chef de lile. Dans quarante-huit heures, heure militaire, il faut que M. le maire se soit écharpé à notre intention... Tiens, tu me plais, tu seras mon témoin, et le premier invité au repas qui rappellera par l’abondance les noces de Ganache.
Ou’est-ce que c’est que Ganache ? C’est-y un tambour.... major?
Mais non, c’est un général grec.... (a pan. ) Ce que c’estquand on ne connaît pas sa mystrologie ! (a saturnin.) Allons, tu n’es pas encore parti ? (il le menace de sa canne.)
SATURNIN, «e sauvant i droite (deuxième plan).
On y va. (Appelant.) Hé! Louisctte! Louisette!