FÉVRIER
FRANCE -
CANADA
REVUE MENSUELLE DU COMITÉ FRANCE - AMÉRI QUE
SOMMAIRE
EUG. B. CUBERN La siluationéconoiui.nir
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fédéral.
Vie économique
M G Statistiques et rensei-
gnemenls économiques canadiens.
Les faits du mois
M. G. Dk.:EMBRE 1913.
La situation économique du Canada au commencement de 1914.
On trouvera, dans une autre partie dejeette Revue (1) un intéressant article sur les mesures législatives ou administratives dont le gouveriiement canadien cherche l'inspiration dans une consullalion impartiale de tous les intéressés. On y verra que les représentants de Va grande culture demandent de plus grandes facilités commerciales, notamment sous la forme d'une réduction des droits de douane, mesure pour laquelle ils admettent d'ailleurs un ajournement de quelque durée et qu'ils seraient disposés à voir étudier par une commission mixte comprenant, à coté d'eux, les représentants des intérêts industriels. Ce qu'ils considèrent comme le plus urgent, est la construction de nouveaux élévateurs à blé et l'adduction rapide des produits agricoles vers les marchés de consommation.
La cause de ces démarches est l'ensemble de difficultés économiques, — qualifié avec exagération de « crise » — que traverse actuellement le Canada, malgré les merveilleuses récoltes de cet automne. Sans doute, la culture et la
(1) France-Amérique, u» de février 1914, p. 109-111 (article de M. .1. Decamps".
colonisation progressent en ampleur et en qualité, les chemins de fer se construisent les téléphones et autres moyens de communication se multiplient dans les régions naguère encore désertes, de nombreuses industries, surtout minières et métallurgiques, se fondent chaque mois, les pêcheries et le commerce des fourrures montrent beaucoup d'activité. Mais, à part certaines denrées alimentaires, le prix des objets de première nécessité a augmenté encore plus vite que les revenus des habitants et, en particulier, que les salaires ouvriers; des grèves ont éclaté ralentissant le commerce et la production sur certains points ; les recettes des chemins de fer sont tombées au-dessous du niveau de 1912, qui avait, il est vrai, dépassé toutes les précédentes; le mouvement des compensations d'effets a diminué; pour traverser les jours un peu difiiciles, les Canadiens ont eu plus de peine que les années précédentes à se procurer la ressource générale qui permet d'attendre un heureux revirement de la fortune : le crédit. La hausse du loyer des capitaux, si sensible en Europe, s'est répercutée dans toute l'Amérique du Nord, et à cette influence s'est ajoutée celle des perturbations politiques et financières dont souffre le Mexique. Au point de vue social enfin, on remarque la natalité relativement faible de la population anglo-saxonne dans l'Ouest et la tendance fâcheuse de très nombreux immigrants à s'attarder dans les villes en vue d'y traiter de dangereuses opérations spéculatives au lieu d'aller mettre en valeur les territoires de la Prairie.
Ces ombres au tableau du brillant avenir promis au Canada ne sont pas de celles que le temps et l'énergie éclairée des gouvernements ne pourraient effacer. La tension monétaire cessera d'elle-même avec les causes qui lui ont donné naissance, surtout si la nation arrive de plus en plus à payer au moyen « d'autres produits » les produits qu'elle importe, sans trop compter sur ses emprunts pour maintenir soa change. L'activité économique est loin de devoir s'arrêter faute de bras : la populatioa canadienne française reste admirablement prolifique; quant au sang anglo-saxon un peu moins exubérant, il rcfroit encore d'abondants apports de l'immigration : 136.873 personnes sur un totnl de 417.709 immigrants en 1913. Leur esprit d'entreprise constitue une sérieuse garantie de progrès industriel et commercial. La cherté de la vie tient en grande partie à ce que le niveau moyen du bien-être s'est brusquement élevé sous l'influence des progrès accomplis et de ceux qui étaient escomptés, sous l'influence aussi des exemples de luxe venus des Etats-Unis.
A cet égard, une réaction au moins légère est probable. Il se peut que la pénurie actuelle de disponibilités, loin de constituer une perte pour le Canada, lui soit salutaire en obligeant ses hommes d'affaires et l'ensemble de ses habitants à pratiquer une sage économie, à proportionner désormais leurs entre-