‹ France-Canada (volume 2)Chapitre 14 sur 31 · STATISTIQUES ÉCONOMIQUES · texte numérisé non relu

STATISTIQUES ÉCONOMIQUES

Rappelons en terminant les paroles de Sir Wilfrid Laurier à Londres, en les appliquant d'une manière générale à tout le pays : « Les Canadiens forment une nation )i. Comme elles sont justifiées par les faits! C'est en 1849 que l'Angleterre nous a accordé la libre navigation du Saint-Laurent, restreinte jusque-là aux seuls navires anglais. Depuis 1849, nous jouissons de la liberté d'établir nos tarifs douaniers à notre guise, en frappant d'impôts même les marchandises de la métropole. Depuis 1882, il nous est permis de conclure dos traités de commerce sans la participation de la Grande lirelagne. Avec tous CCS privilèges, ne sommes-nous pas une nation?

Le Canada, au cours du dernier siècle, a connu plusieurs vicissitudes politiques. Peut-il compter maintenant sur un régime stable, avec la permanence relative des choses humaines? Parfois, la marche des événements semble nous pousser vers l'annexion aux Etats-Unis. D'autre part, un coup de barre maladroit donné à Londres pourrait amener l'indépendance du Canada. Mais quel que soit le régime que demain nous ménage, il ne nous vaudra pas une somme de libertés plus complètes que celles dont nous jouissons aujourd'hui.

Ottawa, septembre 1913.

A. D. De Celles,

Conservateur de la Bibliothèque du Parlement fèdé'al.

Statistiques et renseignements économiques ccinadiens.

Pour le Canada plus encore i|ue pour tout autro pays, il est besoin de reproJuire d'année eu année les chiffres relevés par les services de statistique, puisque ces chilTres cessent très vite d'être vrais, grâce aux progrès réalisés par le pays. Dans une brochure de 2j pages (t), l)ubli6e eu novembre dernier, le baron .Vntonin de Mandat-Grancey a rassemblé les statistiques et renseignements principau.\. sur la situation économique du Canada. Tous ces renseignements sont présentés avec la plus grande clarté, sans détail inutile. Je n'en veux pour exemple que le court chapitre dans lequel l'autour examine le régime de la propriété au Canada, résume Yact Torrcns et expose les données essentielles du problème de la population.

Constitution de la proprictii au Canada. — « Puis(iue nous allons étudier le Canada, expli- (pions conunont est loti tout ce pays, organisé d'ailleurs très pratiquement comme les Etats- L'iiis. Dans chaque province, les terres sont divisées en blocs de li milles de cùlé. Chaque " bloc » renferme 4 townships ou cantons, dont chaque côté a G milles de long, formant ainsi une superficie de 30 milles carrés. Chaque mille carré (640 acres) représente une section et porte un numéro d'ordre. De ces trente-six sections, deux sont destinées aux établissements scolaires, deux autres appartiennent à la Compagnie de la baie d'IIudson, qui se les est réservées lors de la cession au gouvernement fédéral de ses possessions territoriales; les trente-deux autres attendent des colons.

Chaque ce section » est divisée en quatre carrés de 160 acres ou 64 hectares, et renferme doux " homcstead » et deux « préemptions ». Lehomcstead est le lot que reçoit le colon qui a formé une demande de concession. Cette concession est gratuite, et il suffit de payer un droit de dix dollars fjO fr.) pour entrer en possession. Le colon qui a obtenu un liomestead, à en outre un droit de préemption, de préférence à tout autre, sur les 160 acres qui touchent à son « homeslead », moyennant un prix de tO à l"> francs l'acre. Le concessionnaire d'un

(1) t-? Canada Son développement économique, sa ricliosse agricole, ses progrès iaduslriels, par le baron A. de Mandat-Ghancey.

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hoinesload est obligé d'en mettre en culture une partie déterrai née ; il est tenu en outre d'y résider six mois de l'année et d'y construire dans le délai de trois ans une maison habitable. Ces conditions remplies, lo colon devient propriétaire incontesté et incontestable du sol, sans avoir eu à payer autre chose à l'origine qu'un droit de oO francs.

Cantons et sections portent un numéro d'ordre officiel et sont inscrits sur le « Grand- Livre » de la propriété avec le nom du propriétaire et l'indication des charries dont ils sont gi'evés. Le gouvernement émet sous sa responsabilité un titre de propriété, copie exacte du « Grand-Livre », et celui qui possède ce titre ne peut en aucun cas voir sa propriété contestée ou les charges afTérentes discutées. Pour vendre, le propriétaire endosse son titre au nom de l'acquéreur. Pour hypothéquer, le propriétaire fait inscrire l'hypothèque et ses conditions au nom du créancier. L'article 23 de la loi dit « Tout certificat de titre dûment signé et scellé du directeur de l'Enregistrement fera foi en justice de son contenu et de son immatriculation et fora preuve que la personne qui y est dénommée est réellement investie des droits qui y sont spécifiés ».

En résumé, grâce au système c Torrens », inauguré pour la première fois par les Anglais en Australie, sécurité absolue pour l'acheteur ou pour le prêteur, formalités et droits de transfert ou d'hypothèques réduits au strict minimum ».

La population au Canada. — « Le chiffre total de population (juin 1911) se décompose en :

Population urbaine 3.280.964

Population rurale 3.925.679

L'accroissement énorme de la population urbaine : 62,28 % en dix ans, comparé à l'accroissenient de la population rurale : 17,20 % montre comment le Canada qui était jadis seulement un pays agricole a évolué et devient aussi un pays de grande industrie.

Les événements de septembre 1911 (rejet du « tarif préférentiel » suggéré par les Etats- Unis) n'ont fait qu'accélérer cet essor en provoquant depuis deux ans la création au Canada de nombreuses usin ;s et manufactures par les .Vméricains, déçus dans leur espoir de continuer à jeter sur les marchés canadiens les produits fabriqués chez eux ».

Les provinces canadiennes qui ont le plus augmenté pendant cette période sont :

Accroissement Densité

1901 1911 en % papmillecarré

Saskatchewan 91.279 492.432 439.48% 1.95

Alberta 73.022 374.663 413.08% 1.47

British Columbia 178.657 392.480 119.68 % 1.09

Manitoba , 255. 211 455.614 78.52% 6.18

Québec 1.648.898 2.033.232 21.49% 5.69

Ontario 2.182.947 2.523 274 15.58% 9.67

On peut comparer la densité indiquée ci-dessus de la population de ces provinces h. celle d'autres régions :

Surface totale du Canada 1 . 93 par mille carré

.\ouveau-8runswick (Canada) 12.61 — —

Xouvelle-Ecosse (Canadai... 22.98 — —

Nouvelle-Zélande 9.63 — —

Etats-Unis 30.69 — —

République Argentine 5 . 99 — —

France 189.10 — —

L'auteur examine ensuite le mouvement de Vimmigration depuis 1907. Sur l'agriculture il ne donne que les chiffres essentiels, mais il indique avec plus de détails l'utilité des « élévateurs » dont beaucoup de gens ignorent le but. L' <■ élévateur » est l'intermédiaire usuel du fermier pour l'expédition et la vente de ses grains. Lecultivateur ne possO'de pas, en général, de greniers suffisants et désij'e escompter rapidementla valeur de sa lécolle. Donc le grain, aussitôt battu, est transporté à un « élévateur » etimmédialemenl trié,

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