‹ France-Canada (volume 2)Chapitre 27 sur 31 · AOUT · texte numérisé non relu

AOUT

FRANCE -

CANADA

REVUE MENSUELLE DU COMITÉ FRANCE- AMÉRIQUE

SOMMAIRE

EUG. B. DUBERN.

PAUL BALBAUD.

Proleiamr lil'Dmx

La situation éeonomiuue du Canada et le prix des terrains.

Vie sociale

. . Lettre du Canada : la lan- "■- gue frani,-ai8e à Toronto.

titi de Toronto

Les faits du mois

■. fi.

Juin 1914.

Vie économique

H. LAUREYS Les métaux précieux du

ProfetteuT à r Ecole Canada: A. L'or.

dg» hauttt études commerciales de Montréal

F. GUILLOTEL..

Le Gouvernement canadien et les chemins de fer :

l'achèvement des nouveaux transcontiuentaux et le resserrement du crédit. (Suite tt fin.)

La situation économique du Canada et le prix des terrains.

Au mois de février dernier un article de « France-Canada » a donné (p. 33-35) un aperçu sommaire de la situation économique du Dominion en la dépeignant comme un état, non de crise, mais de ralentissement et d'hésitation motivéi par la fatigue d'une marche trop rapide et par la découverte de quelques imprudences commises. C'est la même appréciation qu'exprimant tous ceux qui dans ces derniers temps ont étudié de près la vie économique du pays. D'une part, les dettes du Canada sont très lourdes (elles atteignaient environ 18 milliards de francs, il y a quelques mois, et le service de leurs intérêts exigeait chaque année environ 800 millions), ses chemins de fer ont pris une extension énorme, rendue possible seulement par des subventions du Gouvernement, tandis que sa population, malgré son admirable accroissement, reste très insuffisante et ne peut mettre eu valeur qu'une part infime des territoires exploitables; des iodustries ont été créées à grands frais, et cependant, malgré

une forte protection douanière, les importations, quoiqu'elles aient un peu diminué l'an dernier, dépassent encore de 935 millions de francs les exportations. En revanche la production a décuplé depuis 1900, passant de 40 millions de bushels à plus de 400 raillions de bughels pour l'ensemble du blé et de l'avoine ; les principales entreprises sont très rémunératrices et le service des divers emprunts ignore à peu près les défaillances. Ce qui a fait croire à une crise, c'est, outre quelques embarras financiers particuliers et la difficulté de placer les titres canadiens à Londres, une diminution du volume des affaires commerciales révélée par les chiffres des chambres de compensation et la brusque stagnation qu'ont subie les opérations foncières, non sans qu'aient eu lieu, sur certains points déterminés, des ventes de terrains désastreuses pour les anciens acheteurs obligés de liquider à perte. Le caractère local et probablement temporaire de ces méventes est facile à constater.

On peut délimiter avec quelque précision les parties du Canada où des réalisations forcées ont entraîné une dépréciation plus ou moins profonde des prix de la terre. Ce sont, comme il arrive toujours, les points où la hausse de ces prix avait été la plus exagérée : les provinces de l'Ouest, et, en particulier, la banlieue des villes. Vers 1907 le nombre des colons arrivant d'Europe et des Etats-Unis et se dirigeant vers l'Alberta, la Saskatchewan ou la Colombie Britannique dépassa de beaucoup ce que l'on avait vu précédemment. Ils demandaient des terrains ruraux ou urbains et en tiraient bon parti ; d'où une hausse sensible. De cette époque date le développement le plus rapide de quelques villes de l'Ouest telles'qu'Edmonton et Calgary. Des aventuriers du monde des affaires, dépourvus d'expérience et de méthode, mais ayant foi dans leurs aptitudes personnelles, suivirent de près les colons et se persuadèrent que la plus-value des terres, due au travail de ceux-ci, continuerait indéfiniment et sans exception et que, par conséquent, il serait aisé de faire fortune en acquérant beaucoup de terrains et en les revendant plus cher. Toute la question se ramenait à trouver des personnes disposées à acheter de seconde main et cher les terrains offerts par les spéculateurs, alors que le Gouvernement offrait d'autres terrains à très bon marché. Pour cela il fallait une grande force de persuasion, de la publicité et une organisation commerciale. Le commerce des terrains [real e.ttate business) se développa sur la base des méthodes les plus modernes de la réclame. L'art d'attirer des acheteurs naïfs fut poussé très loin. Les vendeurs, signalés par une publicité intense, offraient comn)e situés dans le meilleur quartier d'une ville, des terrains de banlieue couverts de broussailles et où l'agglomération urbaine ne parviendra probablement jamais ; ils recommandaient comme les plus fertiles et les plus agréablement habitables des sables glacés exposés à tous vents et presque inaccessibles à l'homme. Parfois les plans

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