‹ France-Canada (volume 3)Chapitre 13 sur 39 · PROJETS DE CRÉATION D'HUE HARDIE MAR · texte numérisé non relu

PROJETS DE CRÉATION D'HUE HARDIE MAR

i IIANHE.

La Vie Economique.

JULIEN CHATEL Lettre DU Canada :

L'u/ToMOBILE AD CA- N LDA AD rOINT DE VIE

pbahçais

M G. et F. de N Rktoe des Périodiques.

Les faits du mois.

M. G Janvier 1913.

Lia province de Québee.

Le 10 février dernier, la délégation Champlain du Comité France- Amérique avait invité Sir Lomer Gouin, premier ministre de la province de Québec, de passage à Paris, à s'asseoir à sa table et à participer en même temps au dîner offert par le Comité aur conférenciers qui avaient pris la parole dans la série de conférences organisée par les soins de sa sectinn des Etats-Unis rt aux fondateurs de ces conférences ; aussitôt aprèi le discours de M. Hanotaiu- publié dans France-Amériqui\ .Sir Lomer fiouin se leva et prononça le discours suivant, que nous tommes heureux de reproduire ici.

Discours de Sir Lomer Gouin,

premier ministre de la province de Québec.

Monsieur le Ministre, Monsiei y. m Président, Mesdames, Messieurs,

Permettez que je vous dise loute ma reconnaissance pour l'honneur que vous me faites ce soir. Cet honneur — je le comprends très hien — c'est à ma

province et à mon pays que je le dois et c'est au nom de ma province et de mon pays que je vous en remercie.

Ce fut la bonne fortune du Canada, dans ces dernières années, d'attirer l'attention et les sympathies de personnes éminemment distinguées, et tous les Canadiens sont flattes. Monsieur le Ministre, de vous compter au nombre de leurs amis, vous qui êtes une des grandes personnalités — je dis toute ma pensée, au risque de blesser votre modestie — une des grandes espérances de la France. lApjilaudissements.)

Le trop bref séjour de la Délégation française, que vous présidiez, M. Hanotaux, a laissé chez nous — je m'empresse de vous en donner l'assurance — de vifs et profonds souvenirs, et nos braves gens parlent tous les jours avec attendrissement de votre visite en terre canadienne. Quelle journée de joie et de fête vous nous avez donnée! Ce fut une belle journée pour le Canada et pour la province de Québec, et une journée inoubliable pour les ramifications américaines du vieux tronc français. Ces ramifications, vous le savez comme moi, sont maintenant acclimatées sur le sol de l'Amérique, mais vous avez ajouté à la vigueur, vous avez stimulé leur épanouissement en leur apportant un peu de la bonne sève française. (Applaudissements.)

Grâce à votre féconde et laborieuse Association, grâce à vous, Monsieur Hanotaux, et à tous les vaillants Français qui vous secondent, cette sève, qui nous a manqué pendant plus d'un siècle, viendra désormais jusqu'à nous. Messieurs de France-Amérique, de tout mon cœur, avec toute mon âme de Canadien-Français, je vous remercie pour tout ce que vous faites pour mon pays, avec ce noble et généreux désintéressement dont la race française a toujours donné l'exemple à l'univers. (Applaudissements.)

Les circonstances ont voulu que nous devenions Anglais, mais le bon sang de nos pères s'est montré plus fort que les circonstances et les hasards de la vie; et il n'y a pas aujourd'hui de pays au monde où l'on se réjouisse plus sincèrement que chez nous de la prospérité, de la grandeur et des gloires de votre pays. (Applaudissements.) Français d'origine, Anglais de naissance, libres sous la protection du puissant et glorieux drapeau britannique, loyaux, èrement Loyaux à notre roi, en même temps que fidèles a la langue et aux traditions françaises, liers et heureux de l'entente cordiale que nous avions réalisée depuis Longtemps déjà au Canada (Apj/laudissenn-nls), nous sommes parfaitement contents de notre sort et nous marchons confiants dans la grande route de l'avenir. Applaudissements:) Nous travaillons ferme à nous développer, à améliorer notre situation et à ouvrir nos riches et fertiles territoires à l'activité de tous les hommes de courage et de volonté. I ,'e-t pourquoi nous faisons appel aux bons citoyens de la vieille Europe qui veulent

goûter de l'Amérique, et nous leur demandons de venir sans retard se choisir un des nombreux domaines qui sont encore inexploités sous le beau ciel de mon pays et de ma province. (Très bien, 1res bien.) C'est lia fait qu'il ne faut pas perdre de vue, la province de Québec occupe une position unique ou Canada. Sa situation géographique, son vaste fleuve Saint-Laurent qui partage en deux immenses tranches ce territoire grand comme un continent et dont vous n'avez vu que la rive, ses grandes et belles terres à culture, ses montagnes où abondent des gisements de toutes sortes, ses forêts inépuisables. innombrables pouvoirs hydrauliques heureusement distribués, tout concourt à faire du Québec une province à part dans la Confédération càna tienne. Le rôle de celle province dans les destinées canadiennes ne peut manquer d'être prépondérant, et l'heure est proche où le Québec sera la première et la plus prospère des provinces du Canada, comme le Canada est déjà ta première et la plus prospère des colonies de l'Empire. (Très bien, très bien.) A l'exception des nouvelles provinces de l'Ouest, aucune, dans le dernier quart de siée!.'. n'a marché plus sûrement dans la voie du progrès el n'a Fail d'efforts plus fructueux pour le développement de son territoire, dé son Industrie ei

l'instruction de sa population.

Ne pouvant compter que sur une 1res faible proportion de l'immigration européenne, ayant eu à endiguer le flot de l'émigration aux États-Unis, le Québec n'a pas moins augmenté sa population, pendant les derniers vingt ans, de "il i. 177 aines, soit de :ïi % .

M. George Kaiser, professeur de géographie industrielle à l'fJniversité de Louvain, déclarait, il y a quelques années, après un voyagé qu'il avait l'ait clic/ nous, que la nature, dans ses formations géologiques, n'a été nulle part plus libérale qu'au Canada. La province de Québec, qui m'intéresse plus particulièrement, a mille raisons de se féliciter d'avoir reçu sa bonne part des munificences de la nature. Nous avons, en elTet, îles mines de fer, d'amiante, d 'or. d'argent, de mica, de phosphate, de granit, etc. L'exploitation minière n'c^l encore qu'à ses débuts el cependant, pour ne nommer que l'amiante, nous fournissons plus de 90 ",, de la consommation mondiale. Les capitalistes ne ^-'intéressent réellement à l' industrie minière que depuis quelques années el les résultats obtenus dépassent leurs espérances. Ainsi la province de Québec, qui n'avait produitque 2 1.408 tonnes d'amiante en l90Ô,ena produit 80.608 dix ans plus tard.

Plus de la moitié, plus des trois quarts du territoire de la province consistent en [orêts, où croissent les arbres de toutes et de la plus belle venue.

Environ 60.000 milles carrés son! affermés pour la coupe du bois, mais la grande partie, la très grande partie de notre domaine forestier esl conservée intacte pour les générations futures.

Le bois à pulpe est un des articles importants de notre commerce et l'industrie de la pâte à papier et du papier qui a pris, dans ces derniers temps, un essor considérable devra nécessairement continuer à se développer et deviendra une source inépuisable de prospérité pour la nation, et je puis même prédire sans témérité, bien certain que les événements me donneront raison, que le jour n'est pas éloigné où la province de Québec sera le grand centre de fabrication de papier du monde entier.

Le nombre de nos pouvoirs bydrauliques est, je dirais, illimité et pour vous donner une idée de leur puissance, permettez-moi de vous citer les chutes de la rivière Péribonka, dans la région du lac Saint-Jean, qui peuvent fournir 300.000 chevaux-vapeur, à peu prèsl'équivalentdeschutes du Niagara. Un million et quart de chevaux-vapeur ont été concédés depuis l'année 1898, et cependant ce chiffre considérable ne représente certainement pas plus que 1/250 % de ses pouvoirs que nous pouvons offrir au capital et à l'industrie.

Sûrement, l'activité et le génie de l'homme n'ont nulle part plus de chances de se mouvoir et de produire que chez nous.

Les Anglais, les Allemands, les Italiens et les Américains viennent en grand nombre chaque année partager nos destinées. Quand on habite un riche etbeau pays comme la France, je comprends que l'on aime à y vivre. Toutefois je dis aux Français qui voudraient émigrer pour améliorer leur situation : venez chez nous et, avec les qualités de votre race, vous y trouverez très probablement la fortune, sûrement la liberté que vous aimez et aussi le bonheur, si l'on peut être heureux loin de la Fiance (Très bien, très bien), quand, une fois, l'on a connu les beautés de sa terre, la douceur de son climat et le charme si caractéristique de sa population. (Applaudissements.) Venez chez nous, vous y trouverez des amis et des frères, vous y trouverez des traditions et une langue qui vous sont chères. Venez chez nous et vous y serez chez vous, et plus que jamais depuis le jour où les deux drapeaux se sont unis, où les deux mères-patries se sont données la main pour assurer la paix de l'Europe, et pour porter au loin, d'un merveilleux accord, les bienfaits delà civilisation latine et saxonne. Nous, Canadiens, qui sommes issus de cette double civilisation, nous avons béni cette politique de l'entente cordiale, et nous souhaitons qu'elle vive longtemps, qu'elle vive toujours pour le bien de l'humanité. (Très bien, très bien.)

Messieurs de France-Amérique, avant de reprendre mon siège, laissez-moi vous dire encore une fois : merci. Merci pour tout le bien que vous avez déjà réalisé, merci pour toutes les belles espérances que votre œuvre a fait naître chez nous, espérances, j'en ai la conviction au cœur, qui seront demain de fécondes et durables réalités. (Applaudissements.)

ht vous, Mesdames, qui accompagniez la Délégation française, au nom de

toutes les Canadiennes dont je suis l'interprète fidèle, je vous dis : Revenez bientôt, et ce sera, pour nous tous, un grand bonheur de vous revoir. | Vifs applaudissements prolongés.)

Vie politique.

Les projets de création d'une marine canadienne.

Montréal, janvier 1913.

En ce qui concerne la création d'une marine canadienne, question controversée depuis si longtemps, et qui a été une des plates-formes des récentes luttes électorales du Canada, voici quelle est, résumée objectivement, la situation actuelle.

Le premier ministre conservateur. Sir R. Laird Rorden, a présenté, au retour de son voyage en Angleterre et en France, un projet. Le dépôt de ce projet a occasionné la démission du ministre Monk, représentant, dans le ministère, le parti nationaliste canadien français, qui ne pouvait approuver le projet de loi. Ce projet se résume en ceci : il prévoit une dépense de 3:3.000.000 de dollars, qui permettrait la construction de trois super-dreadnoughts. Ces trois navires seraient donnés parle Canada à l'Angleterre, feraient partie intégrante de la marine britannique, et seraient entretenus désormais par l'Angleterre. Au cas où le Canada viendrait à avoir une marine, il pourrait, après entente avec l'Angleterre, reprendre ces trois navires.

Le parti libéral et Sir Wilfrid Laurier n'ont pas fait à ce projet une opposition directe. En effet, Sir \V. Laurier avait dû, lui aussi, quand il était au pouvoir, céder à la poussée impérialiste et consentir des sacrifices. Il admettait que le Canada créât une marine et la mit à la disposition de l'Angleterre en cas de besoin : mais il voulait assurer à cette marine une manière d'autonomie dont il n'est plus question dans le projet actuel. Au fond. la divergence de vues euh,' les deux partis est assez marquée. SirR. L. Rorden pensait, il y a deux ans que, par loyalisme, le Canada devait (.|I"rir -0 millions de dollars (2 navires) à la marine d'empire. Arrivé au pouvoir il a p que cette contribution pouvait aller à 3'ï millions (3 navires). Le principe lui semblait juste et patriotique ; il a donc obéi au premier appel de l'Angleterre, Sir W. Laurier comprenait qu'il fallait faire quelque chose pour l'Angleterre qui assurait au Canada sa sécui ité el lui fournissait des capitaux considérables, mais il comptait sur sou habileté politique, sur son prestige même en Angleterre, pour inscrire une hypothèque canadienne sur le don qu'il faisait et pouvoir le reprendre dès que la politique lui en donnerait les moyens ou lui en montrerait la nécessite.

Aujourd'hui les libéraux battus cherchent à céder le moins possible: leur amendement consisterait dans la stipulation que ces navires lussent construits au Canada. Les conservateurs opposent à cet amendement que son exécution serait très malaisée

puisque, d'une part, les grandes aciéries du Canada n'ont pas l'outillage spécial qu'exigent les cuirassés de la marine et qu'il faudrait faire venir d'Angleterre dis ouvriers, le Canada manquant de spécialistes.

Le parti nationaliste canadien français, par l'organe de M. Bourassa et du journal Le Devoir, soutient le point de vue suivant : en premier lieu, il voudrait que la question de la marine canadienne fût soumise au plébiscite du peuple canadien; quant au fond même de la question, il s'oppose à la fois à la création d'une marine canadienne selon le projet Laurier et au don presque sans conditions de 3 superdreadncughts du projet Borden. Il désirerait qu'il ne fût construit d'autres bateaux que de petites canonnières pour la police des côtes. Les dépenses consacrées à cette marine lui paraissent devoir être attribuées, d'une part, à fortifier les ports de mer tel que Halifax sur l'Atlantique et Esquimalt sur le Pacifique, terminus d'un chemin de fer transcanadien; d'autre part, à assurer la force de l'armée territoriale et à établir des postes sur les frontières, à divers endroits où les Etats-Unis ont d'eux-mêmes établi des casernes et placé des régiments.

A l'argument présenté par les conservateurs canadiens français, en faveur du projet, argument qu'ils tiraient de l'entente cordiale entre la France et l'Angleterre et du concours indirect, mais réel, donné ainsi par les Canadiens-Français à leur ancienne mère-patrie, les nationalistes répondent de la manière suivante : l'Angleterre aide aujourd'hui la France, parce que c'est son intérêt actuel; l'entente cordiale est une question d'intérêt sans plus, et demain l'Angleterre pourra être contre la France comme elle l'a été en 1878 de fait, en laissant s'établir la prépondérance allemande. La marine canadienne aujourd'hui créée dans un certain esprit, pourrait servir demain contre l'ancienne mère-patrie. D'autre part, cette marine pourrait également servir contre les intérêts canadiens, comme lorsque l'Angleterre s'est alliée avec le Japon contre le vœu du peuple canadien.

Au fond, le parti conservateur au pouvoir est seul à envisager la questiou mondiale et impérialiste, les deux autres partis ne considèrent que le point de vue canadien. Le devoir loyaliste, disent les conservateurs, s'impose pour nous en tous temps, de façon permanente. Il n'est sérieux, dit le parti libéral, qu'en cas de guerre, et il suffit d'être prêts à y répondre, et nous sommes juges de la question. Il ne dépasse pas les frontières du Canada, disent les nationalistes.

Tels sont les projets actuels et les points de vue du parti conservateur, du parti libéral et du parti nationaliste, que nous croyons avoir fidèlement reproduits. Il paraît certain que les projets du gouvernement seront prochainement votés et que la construction des trois navires sera mise en train d'ici peu de temps.

Vie économique.

L'automobile au Canada au point de vue français.

Montréal, décembre 1913.

Pour beaucoup de Français, le Canada csi nu pays où le commerce automobile R'est pas encore intéressant; en vain, maintes et maintes fois, la Chambre de commerce française de Montréal, les /différents consuls, ou nous-mêmes cnlin. ont-ils attiré l'attention des manufacturiers français sur les avantagea qu ils auraient eus à m- [>as négliger le marché canadien. En vain ont-ils écrit des lettres particulières, répondu avec une conscience qui leur fait honneur aux diverses demandes qui leur étaient adressées; le manufacturier français est généralement resté sourd à tous les appels comme à tous les epn! eil . Et aujourd'hui, alors que nous devrions pouvoir, nous Français, entonner le Te Deum des allégresses et un vigoureux /Vtme pede libero, nous devons au contraire constater avec quelque amertume que bien des batailles ont été perdues sans les avoir même livrées, et nous dire que nous ne regagnerons le terrain perdu qu'au prix d'efforts coûteux...

Comme nous sommes nous-mêmes agent général pour le Canada d'une glorieuse usine française, on pourrait croire que nous sonnons notre propre glas. Cet article n'est pas cependant notre chant du cygne, et c'est un Français et non pas un agent Oui écrit- Ifi Canada est grand. Le Canada achète beaucoup, bien qu il produise déjà un nombre intéressant d'automobiles ; des chiffres officiels, dus à l'obligeance d< M. John Me Dougall, contrôleur en chef (\c<, douanes à Ottawa, montrent que la France en quatre ans. a réussi à importer au Canada 165 automobiles, alors qie Ktals-Unis ont exporté ici, durant la même période, plus dfi 10.000 machines. De tels chiffres ne montrent-ils pas, mieux que toul commentaire, que le marché du Canada est important et que la France n'y tient pas la place qu'elle devrait y tenir? Comment expliquer une telle disproportion M.e Canada n'est-il donc pas une nouvelle France' Nos amis Canadiens nous font-ils des infidélités 1

La France n'a pas gagné le marché automobile canadien parce qu'elle ne l'a jamais recherché. Les manufacturiers ontinvariablcment commis la grosse faute de délaisse) toutes les tentatives de prise de possession faites par les agents : el nous avons ainsi pu voir telle marque réussir dans une ville canadienne, se vendre pendant un an ou deux dans cette ville alors qu'elle restait inconnue tout à fait dans la ville voisine, et disparaître ensuite... Que se passe-t il donc? Le fait est simple: un agent, même s'il dispose d^ quelques capitaux, ne peut pas songi r a conquérir un territoire grand comme le Canada. Une marque peut être bien implantée h N| alors

qu'elle reste absolument inconnue à Toronto. Cette rnarque peut être lancée pur un agent énergique et commencer à être favorablement connue; pour différentes raisons cet agent quitte la ville, et quelques mois après la marque est ignorée de nouveau. Voilà toute l'histoire de l'industrie automobile française an Canada. Jamais I indu--

trie automobile française n'a livré la bataille canadienne. Jamais, jusqu'à cette année du moins, on n'a vu une manufacture française chercher par des procédés rationnels à implanter ses produits au Canada. Certes nous avons vu arriver des voyageurs, parcourant avec une constance remarquable les 5.0Û0 kilomètres qui séparent l'Atlantique du Pacifique. Nous avons vu parfois ce voyageur parcourir ces 5.000 kilomètres sans vendre une seule machine. Nous avons vu des maisons envoyer une année un voyageur et lâcher pied l'année suivante, exposer à des Salons canadiens et ne plus s'inquiéter du marché canadien. En un mot nous avons vu les industriels français agir, sauf une ou deux très rares exceptions, avec un manque d'esprit de suite si extraordinaire que les Canadiens peuvent à juste titre nous dire ce que me disait l'un d'eux dernièrement : « Vos manufacturiers français se moquent de nous. Ils s'imaginent que, parce que Français, leurs produits doivent se vendre de suite. Cela est de la présomption. Ils doivent nous montrer leurs produits, nous prouver que ces produits sont bons pour nous Canadiens qui ne nous promenons pas sur des boulevards, mais sur des routes très mauvaises. Ils doivent savoir que nous ne sommes plus décidés à attendre leur bon plaisir pour les livraisons de machines, pour l'arrivage de pièces cassées. Certes, nous ne discutons pas la valeur de l'École mécanique française. Nous croyons volontiers que les solutions les plus élégantes aux problèmes de l'automobile ont été apportées par les ingénieurs français, mais nous, nous devons constater que les Etats-Unis se sont montrés beaucoup plus empressés à nous faire la cour. Nous étions tout disposés à traiter avec les industriels français, mais ceux-ci ne nous ont jamais montré le moindre empressement. »

Ces reproches sont parfaitement mérités. Même les maisons françaises qui sont représentées à New-York n'ont jamais fait une tentative sérieuse de conquête du Canada. Ainsi que me le faisait remarquer, pièces en mains, un des plus sympathiques membres de la Chambre de commerce française de Montréal, l'industriel français s'est obstiné à vouloir implanter ici les habitudes commerciales françaises. La prudence est certes une des grandes qualités de notre race; mais au fond, d'abord lavons-nous autant que nous le croyons? Et, de plus, quand nous en montrons, ne la poussons-nous pas tellement loin qu'elle se coufond avec la timidité? Alors que depuis huit années, les magazines canadiens aussi bien que ceux des Etats-Unis — et vous savez s'ils sont nombreux — alors, disons-nous, que tous ces magazines sont inondés de réclames et d'annonces habituant le public aux noms de toutes les marques, nous ne voyons que par exceptions les réclames françaises. Dans son beau livre Le Canada et la France, publié cette année à l'occasion du 25e anniversaire de sa fondation, la Chambre de commerce française de Montréal a nettement insisté sur la nécessité qu'il y a au Canada à faire de gros frais de publicité. Elle ne semble guère avoir été entendue. Bien rarement nous voyons les annonces de maisons françaises et quand nous les voyons, elles sont fréquemment faites bien plus aux frais de l'agent qu'à ceux de la manufacture, ce qui est très illogique. Nous connaissons même une forte manufacture qui, ayant cherche à se mettre en rapport avec nous, et comme nous lui demandions quel crédit elle nous accorderait pour faire imprimer des catalogues anglais, chose absolument nécessaire ici, nous répondit : « Mais nous vous donnons 23 % sur les prix de catalogue. C'est naturellement à vous qu'il appartient de faire ces frais. »

I ii tel directeur d'usine peut réussir admirablement en France. Qu'il n'essaye

jamais de vendre une automobile au Canada :1a tentative sérail inutile. D'autres fois, nous avons vu une usine française faire imprimer des catalogues anglais et en envoyer un nombre important dans les différentes villes canadiennes. Certes, cela prouve un désir de faire des affaires ici, mais pour qui connaît bien les conditions locales, cela revient à jeter l'argent par la fenêtre. La visite d'un voyageur parlant bien l'anglais, comme le français, aurait dû suivre cri envoi. Une machine de démonstration aurait dû accompagner levô) igi ai rassure z-vous d'ailleurs. Celle-ci n'aurait probablement pas pu être vendue, à moins que le manufacturier n'ait consenti à une perte sérieuse, ce qui est parfois fait. Mais du moins le public canadien aurait-il su que telle marque existait et voulait s'implanter ici. La visite du voyageur était la carte de visite déposée ; l'année suivante le voyageur serait revenu. Il aurait été déjà familiarisé avec beaucoup de gens et beaucoup moins désorienté; la maison aurait envoyé une ou deux machines pour les divers Salons. Peut-être n'aurait-elle rien vendu Elle n'avait qu'à recommencer et prendre pied elle-même dans une grande ville : nous avons la conviction absolue qu'elle aurait réussi. Deux de nos plus grands manufacturiers de pneumatiques se sont résolus à cette solution : demandez-leur s'ils ont à s'en plaindre.

Le manufacturier français, celui du moins qui fait la machine vraiment supérieure, doit donc réussir au Canada. Pour cela il n'a qu'à l'aire une machine qui ait la hauteur et la voie nécessaires ici. Il n'a qu'à montrer de la persévérance et de la ténacité, qu'à soutenir de tout son pouvoir ses agents, et sa\ oir que, si les affaires sont difliciles comme début, la récolte promet du moins d'être belle. Il doit savoir qu'il lui faut présenter au public une machine qui plaise au goût canadien, et non pas au goûl parisien, qui soit complète, ayant beaucoup d'accessoires, un démarreur automatique, etc Il doit s'arranger pour avoirau Canada un dépôt complet de pièces détachées, pour livrer toujours ses machines en temps voulu et sans relard. Il lui faut savoir, avant de commencer sa tentative ici. qu'il peut rester plusieurs mois sans vendie, et que seul, lui-même — et non pas des agents quelconques — peut être prêt à accepter le risque de dépenser de l'argent pendant une longue période sans en voir rentrer.

Mais le manufacturier doit songer aussi que la machine chère des Etats-Unis se vend ici tout comme la machine de prix inférieur : si essayer de lutter contre celle-ci est inutile, car la France ne peut songer à produire en grandes quantités comme les Etats-Unis, il y a du moins possibilité de lutter contre la machine chère. La maind'œuvre est plus de deux fois plus chère aux États-Unis qu'en France. Nous reconnaissons parfaitement que le droit de douane de i."' qui frappe les machines françaises pour entrer aux Etats-Unis empêche tout commerce sérieux entre les Etats- Unis et la France, mais n'oublions pas que la France jouit d'un tarif préférentiel et que nos machines ne payent que 'M % de droit d'entrée au Canada, alors que la machine américaine paie 35. Ce que nous croyons sincèrement, c'esl que le jour où les manufacturiers français se douneront la peine d'organiser sainement une succursale au Canada, nous ne verrons plus si souvent les Canadiens refuser de considérer l'achat d'une machine française et laisser croire aux commerçants français que ce qu'ils désirent de la France, ce ne sont pas ses produits, mais ses capitaux.

Jl'IIRN Chateu,

Revue des Périodiques.

Vie intellectuelle et sociale.

La récente élude de M. Hanotaux sur l'Affl riqite du Nord et la France a retenu l'attention dn chroniqueur qui, dans la Revue Canadienne, est chargé de dépouiller Catholicisme, les journaux et les revues. France et Sans doute, déclareM.l'ab-

Canatfa. béElie-J. Auclair, en par-

lant de la partie du travail de M. Hanotaux relative au catholicisme, l'éminent auteur « juge les choses de la foi. si je ne me trompe, du dehors, comme le fit longtemps Brunetière; mais il les juge avec sympathie. Son étude est fort attrayante pour nous et pleine de sages conseils ». Et. pour permet treàses lecteurs d'eu tirer profit, M. l'abbe Vuelair transcrit intégralement lès dernières pages de l'arlicle paru dans la Revue des Deux- Mbntfes le l" octobre 1912. en signalant a 1 attention a un bel éloge de l'action de l'Eglise catholique en Amérique ». Toutefois, il juge utile de faire précéder sa citation d' « une certaine réserve ».« Quelque part [écrit-»), M. Hanotaux regrette que le catholicisme canadien se porte parfois à desserrer les liens qui nous attachent à la France, et il en donne justement comme motif déterminant pour nous l'attitude du gouvernement français vis-à-vis l'Eglise èl les congrégations ; mais il passe bien rapidement à d'autres choses. Ce n'est pas notre faute, à nous, si la France officielle nous fait peur, parfois. Nous ne devons pas nous déla- • soit! Mais nous voulons encore moins nous dèchrislidnisêr » Cette réserve n'enipôche nullement, d'ailleurs. M. l'abbé Auclair de tenir pour excellentes les pages qu'il cite; .. on les lira, dit-il, et on les relira chez nous avec un réel profit ». [Revue Canadienne, novembre 191â.)

M. Mené Bazin publia les souvenirs du

voyage qu'il a fait récemmeut aux Etals-Unis

et au Canada, eu compagnie de la D81é-

a Française à l'iiià'ué

Les souvenii's guration du monument

de voyage Champlain. C'est avec

de une satisfaction raie [u m

M. René Bazin, lit les pages émues, déli-

cates et fortes que l'émi-

nent académicien consacre à décrire les grands spectacles de beauté et de puissance que la terre américaine a présentés à ses yeux. L'intérêt va croissant des rives del'Hudson à celles du Saint-Laurent. M. René Bazin a su trouver, pour parler de nos frères canadiens, les nobles paroles qu'on attendait de lui.

« Si on me demandait, écrit-il, maintenant, quelle est mon opinion sur les Canadiens- Français en général, je me récuserais, n'ayant pas eu le temps d'étudier chacun des groupes humains dont le peuple est composé. Mais si on limitait la question à la population rurale, d'origine française, de la province de Québec, je n'hésiterais plus. D'autres ont célébré et préféré l'audace du colon américain, ou la méthode de l'Ecossais, ou la patience de l'Allemand. Mais, si l'on juge à la l'ois les trois éléments qui l'ont l'homme de labour, la famille. l'àme, le goût du métier, le Canadien-Français n'a pas de rival. On pourrait lui en trouver pour le métier : il n'en a pas pour l'àme. On la sent enveloppée, menacée, attaquée déjà par plusieurs ennemis, la richesse, l'alcool, la politique, la mortelle Révolution. Mais, si elle résisie, quelle gradde nation, bientôt elle animera! »

Après avoir, durant la période où il a professé à l'Université Columbia de New-York, fait pour la Fédération de l'Alliance Française une conférence à Montréal, M. Gustave Lanson préconise un développe- Un centre meut des relations entre

d'études fran- la population française çafses à du Dominion ef uos uni-

Montrèal. versités. Sans doute, ditil |/tt'i!/(' tntitn de rfittsétoWnièiiej 16 juillet 1912. une divergence profonde sépare la majorité desCaiiadicnsfrauçais de la majorité des Français de France ; maissi la masse dupeuple des Cuiadiens-Fran çàîs demeure toujours soumise à son Ciel etlsté néanmoins maintenant à côté d bile» nu noyau de bourgeoisie libérale qui ne craint pas les idées modernes, qui ne hait pas la vie. moderne : gens modérés, cultivés curieux, qui ont besoin de liberté intellectuelle ». M. Lanson souhaiterait que les professeurs appartelx universités de l'Etat français rendis-

sent de fréquentes visites à ce groupe canadien-français, » dont l'influence sociale ira grandissant » ; il voudrait même davantage : la fondation a Montréal ■ d'un centre de haute culture française, qui, fortement organisé, Bii u outillé, prospérerait aisément sur ce sol Français ,ii communication immédiate et constante avec un parler français populaire et naïf ». Etablie en plein cœur du Canada français, c'est-à-dire du pays dont tant d'enfants débordent sur le Nord-Est des Etats-Unis, une telle institution serait susceptible de devenir un jour un solide point d'appui ,; pour les installations FOI cément plus légères, moins complètes et comme volantes que nous pouvons faire aux Etats- Unis ».

Dans le Temps du 19 novembre, M. (i. Des champs consacre un article à la « France d'dtl tre-mer ». à propos notamment du livre né M. Arnould, nais AfnU lè'i

Chansons et Canadiens; il rappelle que gaietés occupa la chaire de littèra-

canadiennes. ture française à L'université bavai de Montréal.

Cette chaire, fondée eu 1897, fut occupée, avant M. Arnould. par MM. Pierre de Uh Kriolle. François Laurentie Augustin Léger, el après lui par MM. Louis liillct et René du Rouie.

Le titulaire actuel est M. GàUthèron, qui commence, cette année même, sou euseignemeul. (iràce à la continuité des efforts de tous ces bons Français, l'on peut dire de la salle de conférences où ils commentent la poésie el h prose de nos grands écrivains, ce (pie 1 i . rw»l disait un jour de l'Ecole Normale : n 11 y a là un coin de France où l'on travaille bien. »

Et. rappelant son récent séjour au Canada. l'auteur de l'article ajoute :

Il y a quelques mois, j'étais à Montréal, avec la Délégation qui fut chargée d'apporter les hommages de la France au monument de Champlain. Le gênerai Lebon voulut bien me demander de l'accompagner à une réception préparée en son honneur par le! officiers du

P5« régiment des carabiniers Mont-Royal. Les officiers de ce régiment portent presque tous des noms français Et voulant honorer gai à la manière de (liez nous, le chef respect.' qui représentait si dignement, dan-- leur pays, l'armée française, ils chantèrent, en élevant joyeusement leurs coupes de Champagne, cette vieille chanson des soldats de France

Il a gagné ses epauleties

Ma luron, ma luré...

i. tait l'écho direct du camp dé Hontcalm et

de Lévis, venu de ces plaines ennoblienelle gloire où le jeune général Wolîte digfee adversaire de ces braves marchait au Combat en récitant ce vers de l'élégie de lira y sur le

Cimetière île campaijne :

La terre du Canada est toute ensemencée d'idéal et florissante de poésie. Cette poésie s'< st épanouie d'abord dans les cœurs simples qui Furent émus par les chansons du vieux temps :

• .laine M'eU allai.:

J'ai trouvé l'eau si belle.

■ m'y suis baigné.

Sur la plus haote branche.

•ntait.

Gbànt liante,

Entendre au Canada cette chansou q' de Normandie, et qui est restée intacte, la-bas, depuis le temps où les marins de llontleur en eadençaient les paroles et la musique aux oreilles de Champlain. afin de charmer l'ennui des longues traversées ou de rythmer h- labeur des appareillages difficiles, c'estune impression très douce et très forte, que l'on ne peut oublier. Notre Molière eût aimé te gentil couplet, que M. Ernest Gâgnôn,lè commentateur fervent des , populaires du Canada, apprit sûr les genoux de sa nourrice :

rière chez mou père, Y A-t-un bois joli,

-je Xanette ?

Je rois que non.

OIS que oui.

Les bonnes ligures canadienne- font plaisir à voir, là-bas, dans h-, réunions de famille. lorsqu'une vois jeune el chaude entonné, sans cérémonie, ''es hymnes ingénus. La race canadienne Française se rtnt«rtMe ainsi et se rajeunit sans cesse M fn/mnit et ennticif. U faut rettéreier M. ArnouM d'avoir insisté à loisir sur ce trait dépareille. * Os \ieilles traditions Françaises, dit-il. si remarquablement vées dans la Nouvelle-Fra nblêténl

d'une autre, charmai, te et forte, qui lait le principal ressort de noire caractère national : la gaieté, u Et il ajoute Le l'.anadien-Frau-

eais est plus gai que le Françai-... Prenons garde à ce -i Là-bÙ, vaillante, en-

I durante, entreprenante avec allégresse, toujours prête ,ui labeur, prompte en besogne, résistante à la fatigue, semble être le rayonnement d'un.

FKAXCE-CANADA

race rebelle à toule tentation de défaillance. Cette tcaieté s'accorde à merveille avec la splendeur de ces hivers canadiens qu'ensoleille un admirable ciel bleu, et qu'embellit la blancheur des neiges, sur les plaines et sur les montagnes où passe le souffle régulier des brises pures. Dans les vastes territoires qui, de la province de Québec, du Manitoba et de la Colombie, s'étendent vers les rives de la baie d'Hudsonet jusqu'aux bords du Pacifique, on supporte avec uue saine gaieté les rigueurs d'uu. climat salubre et fortifiant. L'ennui, chez nous, est mal-

sain. Profitons de l'exemple que nous donnent les Français d'outre-mer, instruisons-nous au spectacle consolant des grandes choses dont notre race est capable lorsqu'elle trouve une tâche proportionnée à la générosité naturelle de ses desseins. Et prenons de plus en plus conscience de nos origines, de notre histoire, de notre héréditaire dignité, de notre action séculaire à travers le monde, afin de reprendre plus vaillamment, avec la gaieté de notre caractère national, le rythme de la vie française.

Les faits du mois au Canada.

2 janvier. — Uue commission d'enquête est nommée pour examiner les tarifs de transport des compagnies de chemin de fer dans l'Ouest. Les fermiers se plaignent en effet qu'ils sont dans la dépendance des compagnies et que la concurrence qu'elles se font n'a pas eu l'effet qu'on attendait et n'a pas fait baisser les tarifs à uu taux voisin de celui des Etats-Unis. Le gouvernement examine cette importante question.

On annonce que la Cmled Ststes Steel Corporation a décidé de veuir concurrencer les compagnies canadiennes sur leur propre territoire et va construire à Sandwich lOnlario) des usines qui coûteront 20 millions de dollars. Les compagnies canadiennes répondent que jadis les Américains exportaient des rails au Canada, que maintenant ils les fabriqueront sur place et que cela ne réduira pas leur propre chiffre d'affaires.

10 janvier. — La tragédienne Sarah Bernhardt a donné plusieurs représentations à Edmonton (Alberta) et a été l'objet d'ovations enthousiastes.

12 janvier. — Un immense incendie détruit à Calgary (Alberta) les abattoirs de la Compagnie P. Burns and C°. Ou estime que les pertes atteindront au moins 2 millions de dollars et que i:;.000 à 20.000 bœufs dépecés ont été carbonisés.

Le paquebot Uranium s'est échoué près de Halifax et comme sa position était inquiétante, il a fallu transborder, dans la nuit, sur un autre navire, ses 800 passagers.

14 janvier. — La Parlement fédéral a repris ses travaux à Ottawa. La question à l'ordre du jour est encore le bill de la marine de guerre. On sait que le gouvernement propose d'offrir :{ dreaduoughts à l'Angleterre, et d'y affecter 35 millions de dollars. Le parti libéral demande que le Canada se crée une flotte pour lui-même et non pour l'Angleterre. Les nationalistes demandent qu'avant tout on fasse un référendum.

Lady Aberdeen, veuve d'un ancien gouverneur général du Canada, est venue visiter Ottawa où elle avait laissé de très vifs souvenirs. Elle y a été très fêtée.

15 janvier. — La ville de Montréal vote une somme de 500.000 dollars pour la création d'une bibliothèque municipale.

21 janvier. — M. Bourassa, chef du parti nationaliste, prononce un grand discours à Boston (Etats-Unis) et développe cette thèse que l'intérêt des deux nations, américaine et canadienne n'est pas, comme l'ont dit certains Américains, de se fondre ensemble mais de rester nettement distinctes tout en conservant les meilleurs rapports politiques et économiques.

24 janvier. — On procède dans la province de Québec aux élections municipales. Elles n'ont pas de caractère politique.

L'importante Association des fermiers de l'Ouest appelée « Dominion Grangers » se prononce nettement contre le vote de la contribution de 35 millions de dollars à la marine anglaise et insiste pour que le gouvernement consulte le peuple par un référendum.

28 janvier. — Le trésorier provincial du Manitoba fait connaître à l'ouverture de la session parlementaire l'état des finances de la province et montre que les recettes totales ont atteint 12. 427. 291 dollars malgré les sommes importantes affectées aux travaux d'utilité publique. Pour en donner une Idée, il fait connaître que le réseau téléphonique à lui seul a été doté depuis son installation dans la province d'une somme de 9 906.600 dollars.

L' Adminittrateur- Gérant : A. de Foucaild.

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