‹ France-Canada (volume 3)Chapitre 2 sur 39 · VOIES PE TRANSPORT · texte numérisé non relu

VOIES PE TRANSPORT

Aux millions de producteurs que nous avons ameni - au Canada, il était nécessaire, et de notre devoir, d'ouvrir des marche-, pour leur donner tous les avantages qu ils étaient en droit d'attendre.

Sur ce point, les gouvernements canadiens, le gouvernement fédéral et les gouver-

nements provinciaux, ont fait preuve d'une hardiesse eft d'une largeur de vur remarquables.

Je ne parlerai pas des premières lignes de chemins de fer et des premiers canaux construits au Canada, car il est certain que la construction de oes voies nationales fut décidée, à cette époque, pour des raisons politiques plutôt qu'économiques. Même la construction du Canadian Paeific en 1878. lut inspirée aux hommes il 'Klat de cette époque par le désir sincère el patriotique de cimenter d'une manière inaltérable l'union fédérative des différentes provinces canadiennes. Mais la iigne du Pacifique-Canadien est devenue, depuis, un des éléments les plus importants de la mise en valeur du sol au Canada el du développement de nos villes canadiennes. Le gouvernement Macdonald entrevit clairement qu'en ouvrant les immenses territoires de l'Ouest canadien à la production, il assurait d'une manière définitive une prospérité sans égale à son pays. Fort de celte croyance, il n'hésita pas à engager le crédit du Canada dans des proportions qui, à celle époque, furent qualifiées de folles et d'extravagantes. 11 accorda à la Compagnie une subvention de 50 millions d'à de terres du domaine public, 20 millions de dollars, et divers tronçons de voie ferrée évalués à 25 millions de dollars qui avaient été construils antérieurement j'ai' le gouvernement. Quelques années plus tard, le même gouvernement dut consentir, eu plus, un prêt sous forme de rachat, en argent, delà moitié de la subvention en terres, pourassurer l'achèvement de celle grande voie nationale de l'Atlantique au Pacifique. Quand on se rappelle qu'à eeite époque ce nouveau réseau de chemins de fer devait traverser 1.600 kilomètres d'une contrée entièrement aride. 1.600 kilomètres de plaines, encore incultes, et franchir les montagnes Rocheuses, qui apparaissaient comme une barrière infranchissable, avant d'arriver a l'océan Pacifique, on est tenté d'excuser les esprits craintifs qui s'opposèrent à celte entreprise gigantesque: mais en même temps on doit admirer la foi robuste et le patriotisme des promoteurs de la Compagnie el des hommes d'Etat qui donnèrent sans hésitation comme sans réserve leur concours à l'achèvement de cette œuvre admirable.

En donnant à la Compagnie du Pacifique-Canadien 25 millions d'acres de terres, le gouvernement s'assurait le plus puissant moyen de publicité.

11 était évident qu'une fois la ligne construite, la Compagnie aurait le plus grand intérêt, pour s'assurer l'élément essentiel à sa vie, c'est-à-dire le trafic, à faire venir des colons qui lui achèteraient ses terres et les mettraient en exploitation. En même temps, la Compagnie s'assurait les ressources nécessaires à l'exploitation d'un réseau fatalement voué pendant les premières années à des déficits.

L'essor de cette compagnie si fortement constituée el si sagement administrée, a été sûrement une des causes les plus essentielles de la mise en valeur du sol au Canada et du développement des villes canadiennes. Il suffit de constater l'importance que ses ateliers et entrepôts ont donnée à des villes comme Montréal. Québec, Saint- Jean (Nouveau-Brunswick), Fort-William, Winuipeg, Calgary, Vancouver, parmi les plus favorisées, pour se rendre compte combien le développement rapide el prodigieux de celle compagnie a contribué à la prospérité de ces grands centres.

L'émission des emprunts considérables que cette compagnie a dû faire à l'étranger et les dividendes rémunérateurs qu'elle a pu distribuer à ses actionnaires, ont été aussi une publicité merveilleuse pour le Canada.

Le Système d'irrigation qu'elle a créé dans des régions qui semblaient vouées à une

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stérilité perpétuelle a converti des déserte en jardins et décuplé la valeur du sol.

Il esl Béci ssaire que je montre on tableau de l'accroissement successif dn péseau pendant une période de 95 ans, pour que \on> vous expliquiez la pari prépondérante qu'il a prise dans les progrès du a

Kn INK7. la Compagnie <ln Pacifique-Canadien venait de tei miner sa ligne principale, de Montréal à Vancouver, c'est-à-dire 2.903 milles de voie ferrée 1.671 kilomètres).

Au mois de juin 1912, cette même compagnie avail i d exploitation 12.548 milles de vuie ferrée 20.190 kilomètres .

Dans la province du Maniioba. en 1887, h Compagnie en avail 19 I milles, aujourd'hui elle en a 2.427.

Dans la province de la Saskatcnewan : 2îi mille-, ae 1887, et 2.021 en 1012.

Dans la province de l'Alberla : 164 nulles, en lXhT. el 2.015 milles, en W12.

Dans la province de la Colombie britannique :£Q9, en 1887, et 1 .2^2 milles, en 1012.

Si j'ajoute à ce tableau le développement 'les industries rattachées à I exploitation principale, l'accroissement du personnel, la construction de grands hôtels, les lieues, de paquebots, les canaux d'irrigation, cola suffira, il dm semble, pour expliquer d'une manière évidente, la part prise par la Compagnie dans le mouvement d'expansion du Canada.

Pourtant, je dois refaire deux fois le même tableau, pour deux nouvelles compagnies transcontinent! le s de chemins de fer, qui contribueront tout autant que la précédente à la plus-value de notre sol et au développement de nos villes.

En 1897 ou 98, deux constructeurs de chemins de fer, deux des hommes les plus intelligents et les plus énergiques de notre pays, commencèrent à construire des voies ferrées, indépendamment, el en quelque sorti' en concurrence, avec la grande Compagnie du Pacifique-Canadien. Ces deux hommes remarquables, sir William Mackeu/ie el sir Donald Mann, aussi optimistes i t audacieux que leurs précurseurs, ont presque terminé en 1 » ï ans, un deuxième réseau qui s'étend d'un océan à l'autre, sous le nom de « Canadian Northern ».

Ils trouvèrent, eux aussi, pour les encourager dans leurs entreprises, des gouvernements ayant à leur tète des progressistes et des patriotes semblables à ceux que les promoteurs de la première Compagnie du Pacifique trouvèrent à leur époque.

La construction de ce réseau de chemins de fer produit, mais dans une région plus septentrionale, les mêmes heureux effets que ceux du Pacifique- Canadien.

En 1896, la Compagnie du Canadian Northern u'avail pas encore un seul rnill chemin de fei en opération ; aujourd'hui elle encompte 't. 310 milles, soit 3-">U dans la province de l'Ontario, 1.758 au Maniioba. 1.71S dans la Saskalchew.iu ; 391 milles dans l'Alberta; ii milles dans les territoires duKeewatin, ■'! milles dans l'état du Minnesota. En 13 ans, cette Compagnie a couvert les trois grandes provino - de l'Ouest canadit n deplusde3.000 milles de chemins de fer et elle a, par conséquent. contribué dans une proportion considérable à la mise en valeur du sol au Canad au développement desvilles canadiennes

Enfin ees deux réseaux étanl jugés insuffisants pout a >ut i le.traiii d< l'Ouest.

au vraiment colossal, I gouvei neraent Laui ier, de concert avec la Compagnie du

Grand Tronc, entreprit en 1903 la eonatvuotion d'un ti Grand

Tronc Pacifique «dont l'achèvement aura lieu l'année prochaine Cettenouvelle ligne

a déjà 1.935 mille- de chemins de fer en opération et l .365 miïles en construction.

C'est-à-dire que dans un an nous aurons au Canada un nouveau transcontinental d'un océan à l'autre, traversant des régions nouvelles très fertiles et permettant de développer des ressources naturelles incalculables. Voilà bien encore une explication, j'allais dire une justification des progrès qui font l'objet de notre étude.

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