‹ France-Canada (volume 3)Chapitre 33 sur 39 · COMMERCE FRANCO- CANADIEN · texte numérisé non relu

COMMERCE FRANCO- CANADIEN

LOUIS GILBERT LES progrès DE la

Colombie britannique

Les faits du mois.

M. G Juillet 191.1.

Les survivances françaises au Canada.

Conférence de M. Edouard Montpetit,

Professeur à l'Université Laval, Secrétaire général du Comité France-Amérique de Montréal (1).

Après la conquête, la noblesse, l'armée, les notables, les négociants et les fonctionnaires abandonnèrent le Canada. Les paysans se retirèrent sur leurs terres et se groupèrent autour du clocher. Ils ignoraient le sort que leur ferait le vainqueur. Le Canada fut la proie de quelques aventuriers ambiiieux qui se crurent les maîtres. C'est une histoire assez commune : tous les lendemains de défaite se ressemblent. Les haines sont longues à s'épuiser. Ces quelques Anglais, marchands el fonctionnaires, voulurent prolonger la conquête jusque dans ses conséquences extrêmes et anéantir ce peuple qu'ils avaient si difficilement vaincu.

Les Canadiens furent éloignés des emplois et soumis à l'arbitraire des fonctionnaires et des juges. Le régime militaire fut institué par tout le pays et les autorités prirent trop volontiers conseil d'un groupe intéressé. La lutte commença. Les Canadiens subirent toutes les tyrannies faciles et bruiales que la victoire, si souvent mauvaise conseillère, entraine après elle. On leur imposa le serment du tes! qui

(i) Suite. V. le numéro d'avili de Franci-Canada, p. 17-19.

comportait l'abjuration de la foi catholique et on voulut touch a eurs loi. En 1164, au lendemain du traité de Paris, une ordonnance substitua la légi-lation au- aise ?ux anciennes coutumes de France. Ce fat le désarroi. Conae.1 6. e protégés nar leur clergé, dont le dévouement fut admirable et la sagesse éclairée, les Canadiens .'«aient d'instinct rapprochés du sol; ils s'y étaient piétés dans une attitude inébranlable. Us y avaient pris leur point de contact. Race de paysans têtus et tenaces, la terre leur offrit un moyen de résistance passive et sure. La proprié é séculaire triompha de ces attaques d'un jour. Elle concrétisait en quelque sorte 1 ensemble des vieilles lois civiles françaises; elle en gardait les racines profondes. Les Canadiens refusèrent nettement le nouvel ordre de choses. Ils rejetèrent les tribunaux qu'on leur imposait et soumirent leurs litiges aux plus sages dentrewx. En vain les juges anglais tentèrent d'appliquer les lois étrangères a des institution françaises. La Situation déjà compliquée se fit intolérable. Lajust.ee devenait une

XeXtSolonies américaines entraient en révolution et la France apportait aux armée, de Washington l'appui de ses armes et de sa sympathie L'A-, «terre du

e rendre devant le danger qai menaçait sa domination. Les idées de liberté qui naissaient près du Canada profitèrent aux Canadiens français; et la pensée française, au avait contribué à donner aux Américains la notion des libertés nécessaires, servit pour a pemière fois, les intérêts des Français du Canada. Pour lutter contre

a diffus on de ces idées, l'Angleterre leur emprunta quelque chose La loi organique de «M - dite Acte de Québec - d'accord avec la lettre des tra.tés et les principe, du Droit des gens, reconnut les droits des catholiques et restaura les lois civiles fmneaises C'était une première victoire. STa'Révolution américaine eut, pour nous, une autre conséquence, assez

^DèTiTdébut des hostilités, le Congrès de Philadelphie avait envoyé plusieurs messages aux Canadiens français, leur demandant de se joindre au mouvement îémandpaSon. Ils avaient résisté à ces appels, satisfaits des concessions qu, venatent de leur être faites. En même temps les armées révolutionnâmes franehisaienUa frontière et pénétraient jusqu'à Québec où elles furent repoussées avec le concours des Canadiens. Cependant l'autorité redoutait l'influence des émissaires américains Elle redoubla de sévérité, voulant retenir par la crainte ces Français qui dot nt chaque fois des preuves de lenrattachement aux institutions bri, annn; j~. Plusieurs Canadiens furent emprisonnés sur un simple soupçon et sans procès La p pltion fut condamnée aux' pi.es corvées. Ce ™™«P™"<™Zïl despotismedura jusqu'à la fin de la guerre angloWncaine , ma,sU «*»*" réveiller chez le peuple le sentiment de sa puissance et a faire naître en lui un

" U rSdetdai^s avait été conf.ee. par l'Acte de Québec, à un Conseil composé devint trois membres, dont huit étaient des Canadiens français. Nommes par la Joùonne britannique, es conseillers étaient choisis parmi les partisans éprouvé . L conseH e-çaiUous les pouvoirs. Il était à la fois exécutif, ^| ^ ^ C'était un gouvernement absolu et de bon P^s.r, d'où le peuple état banni. £. hauts fonctionnaires constituaient une classe privilégiée indépendante^olontierautoritaire et dominatrice. Ils n'avaient guère d'autre souci que d'assurer leur prédo-

minanceet de conserver pleinement la jouissance d'abondants privilèges Les marchands anglais, de leur côté, eussent voulu conquérir le pouvoir. Hostiles à toute influence française, ennemis irréductibles des vaincus qu'ils traitaient avec superbe «de race inférieure », ils réclamaient iine constitution pour eux-mêmes, comptant bien que l'Angleterre ne confierait jamais à des Canadiens Tramais catholiques la moindre parcelle du pouvoir politique. La majorité française hésitait L' V.te de Québec lui ava.t apporté un certain repos. Le peuple, habitué de souffrir et d'être gouverné, accepta.t la volonté du roi. Il avait d'ailleurs vécu sous un régime d'absolutisme mlrans.geant. La domination française avait été, de ce cher, particulièrement r.goureuse. La France coloniale participait de laFrance monarchique. Le roi régnait et gouvernait partout. « Il est bon, avait écrit naguère Colbert à un gouverneur du Canada, que chacun parle pour soi et que personne ne parle pour tous. » Le peuple avait accoutumé de s'en rapporter en tout aux décisions royales Cela explique pourquoi les Canadiens voyaient d'un mauvais œil les projets de conslilution Us ne savaient pas encore l'usage qu'ils pourraient faire do cette arme nouvelle et inconnue qui eut été dirigée contre eux si le maniement en avait été confié aux Anglais seuls' Cependant les abus se multipliaient. Les lois françaises garanties par l'Acte de Québec n étaient pas appliquée. Les juges prenaient attitude sur leur fantaisie. Le Conseil était partagé entre deux factions; les arrêts étaient mal vus. L'opinion s'agitait. L'Angleterre se décida d'agir. En 1791, le Canada fut divisé en deux provinces ayant chacune leur gouvernement propre : le Haut et le Bas-Canada. L'Angleterre voulait ainsi respecter les institutions des deux races. « Cette division, disait M. Put a la Chambre des Co.nmuues. mettra fin à la rivalité qui existe entre les anciens hab.tants français et les émigrants,... trivalité qui occasionne des dissensions, de l'incertitude dans les lois, et d'autres diflicultés d'une moindre importance qui troublent depuis si longtemps cette contrée. »

Lors de la capitulation de Montréal, Vaudreuil ayant demandé au nom des Canadiens le respect des lois françaises et le mainlieu des impots, le général Amherst avait répondu par ces simples mots : « lis deviennent sujets du Rov. » La nouvelle constitution confirmait ces paroles. Les Canadiens obtenaient le droit de se gouverner eux-mêmes, de participer au pouvoir et de légiférer. Le peuple était enfin en possession d'un puissant instrument de conquête. Ce fut |a seconde victoire

Les Canadiens français surent gré à l'Angleterre de sa libéralité. Si la nouvelle constitution n'était pas e„ réalité aussi large qu'elle le pouvait paraître, elle reconnaissait du moins un principe qui devait être pour eux singulièrement fécond Elle apportai un premier germe .le liberté : le droil de cité Les Canadiens n'étaient plus des soumis, des vaincus; on les consultait. Ils pouvaient parler haut et ferme défendre leurs intérêts, exprimer leur pensée.

Et puis la constitution apportait, incorporé a sa lettre même, son esprit, l'esprit politique anglais. Avec une vive clairvoyance el une compréhension très nette du parti qu ils en pouvaient tirer, les députés canadiens étudièrent l'histoire constitutionnelle de l'Angleterre pour y puiser des idées nouvelles et se les assimiler Ils se préparaient ainsi au combat ne laissant rien perdre des moyens d action dont ils disposaient. Petit à petit ils élaborèrent une doctrine précise, d'autant plus forte qu'elle restait dans la logique rigoureuse des institutions auxquelles nous devions notre existence politique. Quelle n'était pas la puissance de ces hommes qui reela-

maient de l'Angleterre le respect de ses propres principes constitutionnels et qui opposaient à ses refus les arguments mêmes dont elle s'était servi pour conquérir jadis ses droits les plus précieux. Ainsi la Chambre du Bas-Canada devint le centre des résistances canadiennes. C'est là que l'éloquence française, un instant endormie chez ce peup'e de soldats et de paysans, se réveillera soudain et. fidèle à ses qualités de race, coutinuera de défendre les idées de justice, de tolérance et de liberté.

L'ennemi n'avait pas désarmé. A son tour il subissait une défaite que ses pareils lui infligeaient. L'Angleterre n'avait pas voulu favoriser sesdesseins ambitieux. Il en avait n ilu Tellement conçu de 1 humeur sans rien abandonner de ses projets de domination. Il essayera de tirer un avantage immédiat de la situation et de détourner à sod profit le sens de la nouvelle loi organique. A coté de la Chambre des dépmés, dont la majorité était française, l'Angleterre avait constitué un Conseil législatif indépendant dont les membres étaient nommés par le gouverneur. C'était une porte ouverte sur larbitraire et le favoritisme. Les hauts fonctionnaires et quelques Anglais enrichis trouvèrent un refuge daus ce château fort. Ils y abritèrent leurs privilèges. De li ils pouvaient défier l'opinion et faire échec auxCanadiens français en s'opposant, pour un prétexte quelconque, à leurs initiatives. Voilà donc les deux adversaires en présence, chacun dans son retranchement.

Cette lois, c'était la lutte politique.

Elle fut menée avec fougue par les orateurs canadiens. Au nom de leurs compatriotes, ils ne laissèrent pas de réclamer le maintien de la langue, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs, le droit d'imposer le peuple et de disposer des deniers publics. Le Conseil législatif se réfugiait dars la constitution et, fort de l'autorité de la loi, rejetait les revendications populaires qui lui déplaisaient. La difficulté était sans issue. Plusieurs fois la Chambre refusa les crédits : l'autorité passa outre. Les Canadiens portèrent leurs doléances en Angleterre : ils ne furent pas écoutés. Les représentants de la métropole redoutaient toujours la pénétration américaine et le réveil des sympathies françaises. L'attitude des Canadiens était suspecte : on les traitait volontiers d insoumis, de rebelles, et la légende accréditait ces bruits. Leur patience finit par s'épuiser. Les esprits s'échauffaient. Les politiques canadiens, hostiles à tout compromis, dirigeaient leurs attaques contre l'exécutif, instrument aveugle des volontés du Conseil, et contre le gouverneur, qui fut pris à parti avec violence. La lutte descendit dans la rue. Les idées révolutionnaires germaient de tous côtés et trouvaient leur expression dans le vocabulaire enflammù du romantisme naissant. On apprit un jour que les chefs canadiens étaient menacés. Le peuple se crut provoqué. La révolte éclata.

Il n'est pas facile de porter un jugement sur cette période troublée. Faut-il louer, faut-il blâmer ce mouvement qui, sous sa forme extrême, ne fut pas prémédité? N'estil pas un peu vain de se le demander, aujourd'hui que toutest apaisé? Il reste que ces hommes ont grandi notre histoire française non seulement par leur courageuse énergie, mais aussi par leur confiance, par la beauté de leur sacrifice si généreusement consenti, par leur mépris de la mort. La veille de son exécution, l'un d'eux, le chevalier De Lorimier, écrivait : « Mon cœur entretient encore du courage et des espérances pour l'avenir ; mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours; ils seront libres, un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l'assurent. Voilà ce qui me remplit de joie quand tout est désolation et douleur autour de moi ».

Beaucoup d'entre eux ont payé de leur vie leur rêve de liberté; d'autres ont subi l'exil. La piété populaire entoure leur mémoire. Le peuple ne discute pas leur patriotisme : il leur fait place dans ses traditions les plus glorieuses et leur garde une douce reconnaissance.

Le lendemain de celte insurrection, aussitôt réprimée par les troupes anglaises, le gouvernement britannique donna plein pouvoir à un haut commissaire, lord Durbam, et lui confia de faire enquête sur la situation de la colonie. Celui-ci laissa percer quelque sévérité à l'égard des autorités anglaises et reconnut le bien-fondé des revendications de la Chambre des députés. Mais la race française ne lui inspirait guère de sympathie et il s'en exprime durement; «On ne peut guère concevoir, écrivait-il, de nationalité plus dénuée de tout ce qui peut donner de la vigueur et de l'élévation à un peuple, que celle que présentent les descendants des Français dans le Bas-Canada, par suite de ce qu'ils ont retenu leur langue et leurs usages particuliers. Ils sont un peuple sans histoire ni littérature. » Ces paroles expliquent les conclusions du lord anglais. Si les Canadiens français tirent leur infériorité notoire du fait qu'ils ont conservé leurs coutumes et leur langue, ne vaut-il pas mieux les supprimer et les fondre de vive force dans l'élément anglais? C'est ce que l'on tenta de réaliser par une loi impériale de 1840.

La division des provinces, créée par la Constitution de 1791, disparaissait. Le Canada central retrouvait son ancienne unité. La population en majorité anglaise du Haut-Canada était de beaucoup moins nombreuse que celle du Bas-Canada; cependant on accorda à chacune égalité de représentation. On espérait ainsi remettre la toute-puissance entre les mains des Anglais qui, maîtres chez eux, (ruineraient des partisans dans les circonscriptions anglaises du Bas-Canada. De plus, le Haut Canada était endetté et condamné à une faillite prochaine; le Bas-Canada au contraire était franc de dette : on lit reposer le fardeau financier sur les deux anciens États et l'on puisa dans le même trésor public de quoi payer les travaux qui avaient été exécutés pour le compte d une seule province Cette combinaison financière, très avantageuse, détermina le Haut-Canada à accepter l'union et eut raison de ses dernières répugnances. Enlin, la langue française n'était plus reconnue.

Ce plan, si admirablement, si hermétiquement conçu, échoua complètement.

La Constitution de 18'i0 poussait plus loin encore l'application des principes constitutionnels anglais en introduisant chez nous la responsabilité ministérielle. C'étail nous accorder la plénitude des libertés politiques. Les ministres répondaient au peuple de leur conduite et de leurs actes; et le gouverneur représeniant l'autorité impériale devait consulter ces délégués de l'Assemblée populaire. Certes, la chose n'alla pas d elle-même. Les premiers gouverneurs, peu rompus à cette nouvelle politique, concevaient difficilement qu'on pût être à ce point tolérant cl traiter aussi largement les colonies. Ils durent pourtant se rendre. Un de nos pins grands hommes politiques, et qui porte un nom bien français, Lafontaine, exigea la reconnaissance et la mise en œuvre de ce principe essentiel. Il triompha, grâce à l'appui unanime qu il sut trouver chez ses compatriotes et chez les libéraux anglais. Car la population anglaise sur laquelle ou avait compté tout d'abord s'était scindée en deux groupements opposés. Ayant souffert, dans l'ancienne province du Haut-Canada, d'un régime assez analogue au notre et d'un gouvernement de caste, les libéraux anglais réclamaient les mêmes droits que les Canadiens français et faisaient cause commune avec

eux. Sous le ministère Lafontaine-Baldwin, le triomphe fut donc définitif. La Constitution anglaise fut appliquée dans toute son ampleur. Les Canadiens obtiurent le rétablissement de la langue française, une amnistie complète en faveur des condamnés politiques et le vote de certaines indemnités qui furent versées aux victimes delà révolte de 1837.

Cette œuvre de réparation ne s'accomplissait pas sans provoquer, de la part d'une partie de la population, des réprobations et des blâmes. Le cri de race n'était pas encore étouffé. De plus, la population anglaise avait grandi en nombre; elle dépassait maintenant la population française et réclamait plus de représentants. Pour mettre fin à tous ces dissentiments, les hommes politiques des différentes provinces arrêtèrent les grandes lignes de la Constitution actuelle, qui remonte à 1867. L'unité politique était de nouveau rompue. Le Canada adoptait le régime fédéral. Les provinces ne sont pas fusionnées; elles subsistent Tune à côté de l'autre, parfaitement indépendantes, détachées, autonomes. Elles abandonnent seulement une partie de leurs pouvoirs au gouvernement fédéral. Ainsi de la France, si les anciennes provinces avaient chacune acquis le droit de se gouverner en cédant au pouvoir central, en compensation, un certain nombre de leurs prérogatives. Les Canadiens français, au moins dans la province de Québec, que dirige avec tant d'autorité sir Lomer Gouin, sont donc les maîtres de leurs destinées. Ils sont chez eux, ils parlent librement leur langue; ils ont leurs lois qui sont françaises. Au Parlement fédéral ils exercent leur influence. De 1896 à 1911, la gouverne des affaires publiques fui confiée à un des leurs, Français de race et de cœur, sir Wilfrid Laurier. Tous ces noms que je vous ai cités, et d'autres encore, Pierre Bédard, Joseph et Louis Papineau, Morin, sir Georges-Etienne Cartier, à qui nous devons la Confédération, vous disent le rôle que les Canadiens français ont joué dans !a politique canadienne et quelle part ils ont prise à l'élaboration de cette admirable politique coloniale anglaise que la métropole appliquait hier encore dans ses possessions sud-africaines. (A suivre.)

Vie économique.

La vente des produits canadiens en France^.

Nous croyons, quant à nous, que la véritable explication de l'état stationnaire où demeurent les exportations canadiennes en France est extrêmement simple. Les importateurs français ne connaissent pas assez les produits canadiens qui peuvent convenir au marché français et les producteurs ou importateurs canadiens ne connaissent pas assez le marché français, c'est-à-dire qu'ils n'en comprennent pas toujours les exigences pas plus qu'ils ne connaissent les besoins, les habitudes et les méthodes de nos commerçants.

Dans ces conditions, les démarches isolées de tel ou tel exportateur canadien qui s'est mis en tête d'aborder le marché français, se heurtent souvent à des obstacles uite et lin de l'article commencé dans le numéro précédent, p. 19-21.

qu'il n'avait pas prévus et qui le découragent trop vite. D'autre part, l'importateur français à qui l'idée est venue d'acheter tel ou tel produit au Canada ne tombe pas toujours du premier coup sur le produit ou le producteur ou l'exportateur canadien qu'il comptait trouver et il se décourage, lui aussi, à la suite d'un premier échec.

Le remède à cet état de chose est, à notre avis, dans la persévérance individuelle, soutenue par des effortset des démarches collectives, et si tous ceux qui ont voix au chapitre voulaient s'en donner la peine, nous pensons que l'on arriverait [dus facilement et plus vite qu'on ne croit à des résultats pratiques.

11 faudrait d'abord, par des enquêtes approfondies et auxquelles collaboreraient tous les intéressés, chercher quels sont les produits canadiens qui pourraient être exportés en France; il faudrait déterminer ensuite la concurrence qu'ils y rencontreront et les moyens de la combattre. Quand cet inventaire aura été fait, le-, voyages collectifs entrepris par le commerçant avec un objectif établi et éludi eront

certainement couronnés de succès.

Nous nous rendons compte qu'un homme, à lui seul, ne dispose pas de tous les moyens d'enquête qui permettraient d'établir un inventaire du genre de celui que nous préconisons. Nous n'essayerons donc pas d'entreprendre une semblable enquête dans le cadre de cet article, mais nous croyons rendre service à ceui que ces questions intéressent eu rappelant ici quels sont les principales marchandises ou les principaux produits que la France achète à l'étranger.

En étudiant le résumé analytique publié par la Direction générale des douanes de la République française, on remarque que les articles suivants sont importés en France en grandes quantités:

Bœufs, moutons, agneaux, viandes salées et fumé saindoux, œufs de volaille et de gibii frais d'eau doue

morue et de m; eau d et de saumon, graisses de poisson.

Beurre et fromage. Lait concentré.

Pelletei ies pré] es et ouvrées.

Blé, avoine, graines de luzei ne, trèfle, lin, lii

Bois à construii e, bois d ■ llei ies, toun

êquarris pour navettes, paille, laine de bois.

amiante.

Or, argent, nickel.

Emeris pulvi i

Cuivre pur ou allié, lira

Plomb, êtain brul . zinc.

Fer lu m en barn fer étiré

Tôles de fer Inmi m

Fontes de fer.

Rails d

\.'i v en ba 1 1

Machines à coudre.

Machines a écrire.

Machine: les.

Om rages en caoutchouc.

C'est dans cette liste que les producteurs canadiens comme les importateur* Fran çais devraient trouver dos directions.

Jusqu'ici, les exportations canadiennes en France ont surtout porté sur les articles suivants :

Amiante S 38.098 00

Saumon en boite 87 . 347 00

Homard en boite 760.010 00

Pois 25.786 00

Tn ttrutnents aratoires.

Faucheuses S 210.183 00

Charrues 579 00

Moisonneuses 230.556 00

Herses 2.914 00

Râteaux à foin . . 00.749 00

Cultivateurs 50.543 00

Autres machines 33 . 218 00

Pièces de rechange 55.656 00

Ce total constitue à peine la millième partie de la production industrielle et des ressources naturelles du Canada. En effet, la production industrielle et les ressources naturelles ont contribué aux recettes de 1912 pour plus de deux milliards de dollars. Voici d'ailleurs le détail de ces recettes.

Manufactures canadiennes S 1.104.775.332 00

Minéraux 102 . 291 . 868 00

Pêcheries 29 . 905 . 433 00

Forêts 163.000.000 00

Récoltes 363.711.000 00

C'est dans ce total de 2. 02». 74 1. 333 dollars que l'on trouvera, en les comparant à l'énumération que nous avons donnée plus haut, la liste des produits canadiens qui devraient intéresser le marché français.

Les exportateurs français qui font avec le Canada de grosses affaires, devraient être les premiers à se préoccuper de cette question, c'est-à-dire à faire une propagande sérieuse en faveur d'une plus grande consommation des produits canadiens en France.

Ft quand nous parlons des exportateurs français, nous n'oublions pas ceux de nos colonies. Les avantages du traité franco-canadien s'appliquent non seulement à la France, mais à l'Algérie, à la Tunisie, à toutes les colonies et possessions françaises et même aux pays de protectorat de l'Indochine. Cette question devrait donc intéresser les divers gouverneurs de nos colonies et possessions.

Les compagnies de navigation devraient, elles aussi, aider à cette propagande en faveur du produit canadien, car elles ont besoin de fret de retour si elles veulent assurer des services plus réguliers entre la France et le Canada. Notons en passant que l'amélioration de ces services favoriserait naturellement les exportations françaises au Canada, car tout se tient et le mot échange n'est pas un vain mot.

Aux exportateurs canadiens désireux de se créer de nouveaux débouchés, nous conseillerons une fois de plus de se mettre en rapport avec notre Office National du Commerce extérieur à Paris, avec le Commissariat général du Canada à Paris, le Comité France-Amérique, et enfin avec nos Chambres de commerce.

Nous avons toujours conseillé aux maisons françaises de venir au Canada. Nous répétons le même conseil aux maisons canadiennes en leur recommandant de se grouper pour un effort commun.

HtANCE-CANADA 33

La Chambre de commerce du District de Montréal a paru un instant désireuse d'envoyer une mission en France. Il semble, malheureusement, que ce projet ait été ajourné. Souhaitons que cet ajournement ne soit pas trop long, car la Chambre de commerce du District avait eu là une idée excellente.

Encore une fois, nous n'avons pas la prétention d'apporter, dans un article de revue, la solution des difficultés qu'a jusqu'ici rencontrées le développement des exportations canadiennes en France ; mais nous avons essayé d'indiquer où il faut chercher cette solution et comment il faut s'y prendre pour la trouver.

L'essentiel était de montrer à quel point la disproportion entre le chiffre des exportations canadiennes en France et celui des exportations françaises au Canada fait le jeu de nos concurrents sur le marché canadien. Nous croyous avoir clairement montré que là est le danger.

Quant au reste, il appartient aux Chambres de commerce et aux divers groupements fiançais ou canadiens d'approfondir et de mettre à exécution ce que nous n'avons pu ici qu'indiquer.

A. F. Revol,

ancien Prési-'enl de la Chambre de Commerce française (/<• Montréal.

Itettre du Canada.

De commeftee franco-canadien.

Montréal, la SE juillet 1913

Nous avons eu occasion de signaler le recul subi par le chiffre des échanges commerciaux entre la France et le Canada, que nous avons pu constater au début de l'an dernier, puis l'amélioration decette situation qui s'était manifestée par les statistiques dès la tin de la même année. Les chiffres que vient de publier le gouvernement canadien pour l'exercice fiscal allant du ;il mais 1912 au 31 mars 1913 confirment complètement, et au delà des espérances, ce mouvement de reprise.

Le total officiellement enregistré de nos importations au Canada entre ces doux dates a été de 15. .179.704 dollars et celui des exportations du Canada en France de 2. 570. 497 dollars, soit en tout 17.9S0.26i dollars ; il faut y ajouter, pour les échanges du Canada avec nos colonies d'Afrique et d'Amérique Antilles et Saint-Pierre , 270.742 dollars, soit au total 18.221.003 dollars équivalant à quatre-vingt quinze millions environ de francs au cours moyen de 5 fr. 2u le dollar [94.749.218 francs). Les chiffres correspondants de 1 exercice précédent, du 31 mars 1911 au 31 mars 1912, étaient de 11.744.664 dollars pour les impoMations au Canada et de 2. 123. 703 dollars pour les exportations en France, soit 13.868.371 dollars qui, avec 390.816 dollars pour les mêmes colonies françaises, formaient un total de 14.259.107 dollars.

Le gain de l'exercice qui vient de finir sur celui de 1911-12 est donc de près de quatre raillions de dollars exactement 3.961.814 dollars , soit plus de vingt millions de francs; et il semble bien que jamais jusqu'ici les statistiques n'aient enregistré en un temps si bref un résultat aussi satisfaisant.

Les concurrents qui nous suivaient de plus près restent distancés : l'Allemagne avec 14.214.517 dollars aux importations, 3.402 394 dollars aux exportations, ce qui ne lui donne qu'un total de 17.616.941 dollars, inférieur au nôtre de plus de trois millions de francs; la Belgique avec un total d'échanges de8. 829.173 dollars; la République Argentine avec un total de 6 430.729 dollars.

La France garde donc dans l'ensemble du commerce canadien, après la Grande- Bretagne et les Etals-Unis, le troisième rang qu'elle était menacée de perdre, et il ne faut pas oublier de plus que les chiffres ci-dessus ne représentent qu'une partie de ses éenanges réels avec le Dominion, la majeure partie, au dire des juges compétents, passant sous pavillon anglais et par l'Angleterre, à laquelle ce considérable supplément de trafic est attribué. Ces résultats doivent d'ailleurs encourager nos négociants, non pas à se reposer sur eux, mais à redoubler leurs efforts, spécialement au point de vuedes achats à faire par eux au Canada, qui pourraient être de beaucoup développés.

Les progrès de la Colombie britannique.

La Colombie britannique a toujours été considérée comme la province « industrielle » de la Confédération. Ses ressources naturelles sont, en effet, nombreuses : elle exploite ses mines, ses forêts et ses pêcheries. Et aujourd'hui il faut ajouter l'agriculture, l'établissement de nombreuses manufactures et le développement considérable de la navigation.

Ses progrès, dans les dernières années, ont été très sensibles, mais 1912 dépasse certainement toutes les prévisions, et les résultnts pour l'année courante seront prônent aussi satisfaisants. C'est ce qui résulte d'un rapport du consul de Belgique à Vancouver dont le Moniteur officiel du Commerce du 24 juillet 1013 contient un extrait.

La Colombie britannique, écrit-il, occupe la première place dans la puissance pour l'importance des revenus provinciaux et la navigation ; elle tient la troisième pour la valeur des produits manufacturés.

On évalue l'étendue de ses réserves forestières à la millions d'acres. 250 scieries y sont en activité, donnant du travail à 10.000 personnes. Leur production a été en 1912 de 1.256 millions de pieds cubes pour le marché canadien et de 51 millions de pieds cubes pour l'exportation, soit un total de 1 .307 millions de pieds cubes. A l'exportation ces bois sont dirigés actuellement vers le Japon, la Chine et l'Afrique du Sud, mais quand le canal de Panama sera ouvert l'Europe viendra certainement s'approvisionner ici. Les bois pour la consommation intérieure sont surtout expédiés vers

les provinces du centre et ce trafic ne pourra que s'accroître quand les nouvelles voies ferrées en construction seront achevées.

Les produits de l'industrie de la pèche, en 1912, peuvent se subdiviser comme suit: saumons en boites: 996.500 boîtes du poids de 48 livres; saumon préparé: 1.230.000 livres (en grande partie exporté vers Hambourg pour être fumé) : saumon frais: 2 millions de livres; holibut: S millions de livres; hareng: 23.000 tonnes (exporté surtout vers le Japon ; 110 baleines.

La production globale des mines, en 191:;, a atteint une valeur de 32.606.000 dollars, en progression notable sur les années précédentes. Elle se décompose ainsi en dollars :

Or 5.460.800

Argent 1.676.200

Plomb 1.520.000

Cuivre 8 . 338 . 500

Zinc 501 .500

Charbon 9.2T5.000

Coke 1.584.000

Divers 4.250.000

Total s 32.600.000

Des capitaux importants seraient nécessaires pour la création d'une industrie sidérurgique. Là où se trouvent des gisements de charbon inépuisables et de vastes dépôts de fer, on n'a pas importé, l'an dernier, moins de 100 millions de produits manufacturés en fer et en acier.

La valeur des produits agricoles cultivés, en 1912, est estimée à 22.453.000 dollars, tandis que les produits importés ont atteint une valeur de 15.25i.000 dollars. Le gouvernement prend grand soin du développement des richesses agricoles de la province. Aujourd'hui les deux tiers des habitants sont concentrés dans les villes, mais on espère, avec de nouveaux avantages, amener plus de colons à la culture de la terre.

Les nombreuses fabriques établies dans la Colombie britannique paraissent prospères. L'importation des produits anglais et américains est considérable. Le port de Vancouver a été visité, en 1012. par 8.237 bateaux de cabotage jaugeant 3.205.067 tonnes et 2.420 bateaux de fort tonnage jaugeant 2.031.043 tonnes, soit une augmentation de 25 % sur 1910 et de 12 % sur 1911.

L'ouverture prochaine du canal de Panama et l'achèvement, presque simultané, des trois grands chemins de fer transcontinentaux, laissent entrevoir, pour laColorabie britannique un brillant avenir.

Loiis Gilbert.

Les faits du mois au Canada.

1er juillet. — La chaleur est presque aussi forte à Montréal qu'à New-York. Deux personnes sont mortes d'insolation dans la journée

2 juillet. — De grands feux de forêt et de brousse ont éclaté dans toute la région du Témiscamingue sans qu'on puisse arrêter l'incendie. Le village de Earlton a été complètement détruit et six autres villages sont menacés.

5 juillet. — A Saint Denis de Richelieu a eu lieu la cérémonie du dévoilement du monument élevé à la mémoire des patriotes de 1837.

8 juillet. — La ville de Winnipeg a inauguré son exposition industrielle. De plus, une convention forestière s'est réunie dans la ville et a voté d'importantes mesures pour préserver les forêts. Autour des écoles on fera faire aux enfants des plantations d'arbres pour leur enseigner les bonnes méthodes de reboisement.

10 juillet. — La Commission des Eaux Limitrophes a adopté une résolution ayant pour but de créer un barrage sur le Niagara afin de relever de 0,39 pied le niveau du lac Erié.

14 juillet. — La Fête Nationale française a été célébrée à Montréal, à Québec, à Winnipeg, à Edmonton. A Montréal, une statue à la France, élevée sous les auspices de l'L'nion Nationale et du Comité France-Amérique, a été inaugurée. Elle est due au sculpteur français Chevré.

18 juillet. — La ville de Toronto a conclu un arrangement avec la Compagnie des tramways de la ville. Les tramways seront municipalisés.

19 juillet. — Le gouverneur du Massachussetts E. Ross a déclaré que les Américains avaient cette année-ci engagé 500 millions de dollars environ au Canada.

21 juillet. — On pense qu'une décision de Rome va diviser le diocèse d'Ottawa en deux diocèses distincts.

23 juillet. — If. Fernand Labori, l'avocat parisien bien connu, et Mme Labori. ont été les hôtes du premier ministre de Québec, sir Lomer Gouin.

24 juillet. — D'après un rapport d'Ottawa la province de Québec avait en 1911 15.576.809 acres de terre en culture contre 14.444.175, dix ans auparavant.

26 juillet. — Les fêtes du Congrès du Parler français à Winnipeg ont eu un succès considérable. Sa Gr. Mgr (..angevin, M. Henri Bourassa, l'Hon. A. Turgeon ont été très applaudis.

Ebratum. — Dans le numéro d'août de France-Canada s'est glissée une erreur de chiffres que nos lecteurs auront peut-être d'eux-mêmes corrigée. Dans la lettre que M. E. Gérardin nous a adressée du Chili, p. 130, dixième ligne, il faut lire au lieu de : 5 % en juin 1911, 75 % en juin 1911.

L' Administrateur-gérant : A. de Foucauld. paru. IMP. levé, bue cassette, 17.

Ouvrages déposés aux Bureaux du Comité,

(Il sera rendu compte dans France A rique de tout ouvrage d nt deux i mplait

été dépotés aux Bureaux du Comité

ions de législatio ivrières retiennent chaque joui de plus en plus, el h bon

ntion générale, car elles sonl le terrain de rencontre du problème d< la producaiqueetde celui de l'améliorai les conditions de vie de la classe la plus

Maurice Dewavhin n Georges Lei irpi — !.•/ Protection téijale des Travailleur» nui

Etats-Unis avec exposé comparatij de la Législation Librairie Marcel Rivière, ln-8*

de 930 pages.

Les questions il'' législation ouvrières relie ni chaque joui de plus en plus, >-i à bon

droit, r.iiicni tion économi nombreuse.

L'étude de ces questions '-si particulièremenl intéressante • ■! utile chez les peuples où

l'activitr rcun ique est la plus grande, en même temps que la législatii uvrière est la

plus diverse, ce qui esl le cas des Etats Unis. En '.'ffet, dans ce pays, il \ a une législation

ouvrière relevani du Gouvernemenl Fédéral el une législati l'Étal | Iiaqui

particulier.

Les auteurs onl étudié à ces deux points de vue : I'- contrai de travail, la .lui'.' .lu travailla législation des salaires, l'hygiène el la sécurité 'lu travail, la réglementation 'lu

travail à domicile, l'inspecti lu travail, la protection 'lu travail des femmes i i des enl ints,

la législation sur la main-d'œuvre étrangère, I organisation el la régli men talion des bureaux déplacement, les institutions diverses en faveui des travailleurs, les questions d'apprentissage, les sj ndicats on\ i iei -.

Un index alphabétique très complel permet au lecteui de trouvei im liate ni le

renseignement particuliei donl il a besoin et, par conséquent, d'utiliser pratiquement, m

point de vue de la question spéciale qui l'intéresse, la législation si c plexe des Etats I lis

au point il.' vu.' il.' la protection ouvrière.

Incidente Piza Rio Bhanco. Grave Situdco Politica »" />'"<-</. M. de Pi? i, ancien ministre du Brésil à Paris, publie, luxueusement éditée, une brochures de '.'. pages, consacrée aux difficultés politiques entre le baron il'' lli.> Branco el lui-même. \v- |ui convient

à des étrangers, nous nous bon - ô -1^:11.1 ! . • 1 l'apparition de ■ 1 tte brochure aux personnes

qu'intéresse cet incident.

Jacques Le Monnibr. /.*> politique des hmj^ préférentiels ''•'"* l'Empire Britannique.

1 Pedone, 1913. !>'■ ce portant ouvrage, is n'avons a retenir ici que la partie

relative au Canada. KM'' fait l'objet d'un chapitre étendu aux pages 1;; .1 204. La question es1 présentée par l'auteur objectivemenl <■! il expose les points de mi.' théoriques opposés.

Les conclusions 'lu livre sont défavorabb i à la réalisation proi haine di la Politique

étudiée dans l'ouï 1 ■|^1

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