France-Canada
Kous avions annonce à nos lecteurs que nous publierions périodiquement des lettres du Canada sur les principales questions économiques et commerciales, inletlecttieltcs et artiftiqucs à l'ordre du jour dans ce pays. Une. pléiade de collaborateurs compétents, groupes autour du sénateur l)andurand, président, et de M. Montfjetit, secrétaire du Comité France-Amérique de Montréal, ont répondu à notre appel. Xous publions aujourd'hui la première de ces lettres. Dans notre prochain numéro, nos lecteurs trouveront une correspondance de .U. E. Dulieux, ingénieur des mines, profc>scur à l'Ecole polytechnique de Montréal, consacrée au congres international de géologie, qui se tiendra à Toronto en aoiit 1913. Ainsi se développe peu à peu notre œuvre de rapprochement et de connaissance mutuelle.
MontD^al. uiais 1912.
Aiuune industrie ne contribue autant au eléveloppement d'an pays nouveau que celle des mines et cette règle est pleinement applicable au Canada.
Devenir riche vite, quelles que soient les fatigues à supporter, voilà ce qui inspire laventurier, le spéculateur, le prospecteur, tandis que le cultivateur.
l'ouvrier, l'industriel, n'attendent que la rémunération naturelle de leur travail ou de leur capital.
Dans ces 23 dernières années le Canada a pris un développement considérable ; on a construit des chemins de fer de l'Atlantique au Pacifique, on a créé des industries variées et on a attiré de nombreux immigrants par l'appât des riches terres de lOuest. Mais pendant cette période nous voyons se produire d'une façon spasmodique des poussées d'hommes, d'énergie et de capitaux dues à des découvertes de mines en un point ou un autre de cet immense territoire et le résultat de ces efforts se constate par l'ouverture de vastes régions et l'établissement de voies de transport et de nouvelles industries. Que serait la Colombie anglaise sans les mines? Le Canadian Pacific aurait bien traversé les montagnes Rocheuses, mais il est peu probable qu'il aurait construit le réseau qui a ouvert les districts du Kootenay au Sud ; il se serait aussi passé beaucoup de temps avant qu'une seconde et même une troisième ligne au Nord soit jugée nécessaire. Sans parler des découvertes que j'appellerai locales, dont l'effet ne s'est fait sentir que dans un rayon restreint, les grandes découvertes, faites en Colombie anglaise de 188o à 1890, vers l'époque oîi le Canadian Pacific atteignit cette région, provoquèrent une émigration considérable de l'Est vers l'Ouest des meilleures énergies de l'Est canadien, sans compter les hommes et les capitaux venus d'Europe et des Etats-Unis. Cette forte émigration d'hommes courageux et entreprenants a certainement contribué à faire l'Ouest canadien ce que nous le voyons aujourd'hui, car il faut bien considérer que l'individu cherchant la fortune dans les mines ne se limite pas à cette seule industrie; il se fait marchand, bûcheron, marin, fondateur de villes, tandis que le capital construit des chemins et chemins de fer, installe des steamers sur les lacs, utilise les pouvoirs d'eau et organise la réclame dont le gouvernement profite pour amener des colons qui vont peupler les terrains nouveaux. En règle générale dans ce qu'on appelle un « boom », il y a trois périodes bien distinctes, d'abord celle de la découverte où les prospecteurs se précipitent sur le terrain nouveau, en prennent possession par blocs bons ou mauvais et en demandent des prix fabuleux souvent amplifiés par les spéculateurs qui ne tardent pas à les suivre. La plupart du temps, sauf pour quelques propriétés bien reconnues, les prix demandés sont à peine justifiés par les ouvertures à la surface. Néanmoins des compagnies avec des capitalisations de millions de dollars s'organisent; la spéculation bat alors son plein. Si le camp minier offre quelqu'avenir, un village d'abord, puis une ville s'édifient avec hôtels, magasins, banques, etc. On spécule sur les mines, sur les terrains, sur tout; l'argent n'a plus de valeur.
Mais bientôt, la période de désappointement commence; beaucoup de
PHANCE-CANADA 5,
prospects n'ont pas donné ce qu'on en attendait ; la sui-capitalisntion a avili les parts des compagnies, les prétentions diminuent, mais en m.-me temps une autre (•iilé-orio dindividus arrive : ce sont des ingénieurs et gens techniques jugoanl plus iVoidemonl, des hommes d'aflaires plus prudents et avist^s. Il se fait un classement dans les propriiUés et la période industrielle finale se prépare. Alors les quelques propriétés vraiment bonnes sont outillées, la capitalisation des compagnies se fait d'une façon rationnelle, rélément spéculatif de la i)opula(ion disparaît; quelques prospecteurs ont réalisé de bons gains qu'ils vont faire fruclilier dans des entreprises plus sûres quand ils ne les ont pas follement gaspillés. Les moins favorisés sont partis pour d'autres aventurer ou découragés, ils se font cultivateurs si la région est bonne, ou deviennent ouvriers mineurs.
Un des exemples les plus remarquables au Canada de ce que nous venons de dire est donné par l'histoire de Cobalt. Le gouvernement d'Ontario avait commencé la construction d'un chemin de fer partant do Norlli Bay pour rejoindre les régions fertiles au Nord du lac Teraiscamingue. A l'automne de 190:5 on découvrait de riches minerais d'argent auprès du lac Cobalt au cours de la construction, mais il se passa quelque temps avant qu'on sût l'importance de la découverte. Cependant dans l'été de 190i on prospectait avec succès la nouvelle se répandait et à l'automne de 1904 le chemin de fer était en partie construit. A l'endroit où quelques mois avant il n'y avait que la forêt vier-e la v.llc de Cobalt se développait, ayant déjà une population de quelques mUlê âmes, avec une douzaine de magasins, plusieurs hôtels, deux banques • des agences de mines, etc. Les compagnies organisées au Canada ou ailleurs souvent sur de simples prospects ou des options de propriétés, mettaient leurs parts en vente; une véritable bourse de mine fonctionnait avec des fluctuations extraordinaires sur les actions.
Pour donner une idée de l'activité alors déployée, nous dirons qu'il y eut alors environ mille compagnies organisées représentant un capital nominal supérieur à un milliard de dollars. Sur ce nombre une quarantaine seulement ont produit du minerai en quantité commerciale, une vingtaine ont donné quelque dividende et actuellement il n'y en a qu'une dizaine qui e.xtraient des minerais, la plupart payant des dividendes. 11 est vrai que pour l'année 191 1 seulement ces dividendes se sont élevés à 8 raillions et demi de dollars sur une capitalisation d'environ 30 millions, avec une production de lt> millions de dollars, soit plus de 50 »/„ de la valeur de l'argent produit. Jusqu'à présent depuis l'origine de ce district il a été produit pour 6i millions de dollars d argent et il a été distribué 30 millions de dollars en dividende outre la création d'un matériel considérable et l'établissement de fonds de réserve
Voilà donc la dernière période industrielle atteinte. Cobalt et ses environs ont une population de 8.000 âmes représentant 2.000 à 3.000 ouvriers. Des compagnies secondaires distribuent aux mines la force sous forme d'électricité et d'air comprimé, obtenue de chutes d'eau voisines; les débris dos mines sont travaillés par concentration mécanique el les compagnies minières ont installé unequinzaine de ces ateliers. De plus, dans le voisinage immédiat, deux villes importantes, Haylybury et New Liskeard se sont créées ; on y voit de nombreuses constructions permanentes telles que hôtels, banque?, écoles, et Haylybury est même devenu le siège d'un évèché. En même temps les terrains fertiles plus au Nord se sont peuplés et toute cette région, inhabitée et presque considérée comme inhabitable il y a moins de dix ans, s'appelle maintenant le nouvel Ontario et constitue un des plus importants districts de cette province. Voilà donc ce que l'industrie des mines a fait de ce pays dans une période si courte et nous ne voyons pas quel facteur autre que les mines aurait pu produire un pareil résultat.
Nous ne ferons pas l'historique de tous ces camps miniers. Qu'il nous suffise de mentionner l'industrie du nickel créée à Sudbury (Ontario), celle de l'amiante à Thetford (Québec), du quartz aurifère à Porcupine (Ontario), le développement des mines de charbon de la Colombie anglaise et de l'Alberta, la grande aventure du Yukon qui a jeté dans la circulation près de 150 millions de dollars d'or.
A côté de l'industrie des mines proprement dite nous voyons des industries annexes : des ateliers de traitement ou de fusion des minerais, d'utilisation des terres et roches comme briques, chaux, ciment, matériaux de construction; des compagnies organisées pour fabriquer le matériel de mines; des chemins de fer construits pour transporter les minerais ou rejoindre les districts miniers ; des pouvoirs d'eau.
La production minérale du Canada qui pouvait être d'environ 6 millions de dollars en 1880 a été de 102 millions en 1911 se décomposant comme suit : produits métalliques 4G millions, non métalliques 3i millions, matériaux de construction 22 millions. Ce n'est qu'un début : si nous jetons un coup d'œil sur la carte du Canadanous voyons cet immense territoire occupé seulement par 8 raillions d'habitants répartis le long des lignes de chemins de fer, et une grande proportion encore inexplorée et qui sans doute nous réserve bien des surprises, car malgré l'éloignement et la rigueur du climat, le prospecteur canadien n'a pas dégénéré et est toujours prêt aussitôt qu'un nouveau territoire est ouvert à son énergie à prendre son sac et son pic pour aller le conquérir
J. Obalski.
Jngémeur des mines, Profeiseur à l'Ecole Vohjtechnique de Montre'al.
Une gloi^iîication
de la
Cu\tupe fî^ançaise au Canada.
.4 l'occasion du dixième anniversaire de la fondation du/groupe de l'Alliance française tic Montrent, une réunion remarquable par le nombre et la qualité des assistants a glorijié la lanijucetla culture françaises.
C'est aoec une satisfaction particulière que nous notons la présence à cette réunion de plusieurs Canadiens-.Anglais et d'. Américains des h'tats-Unis. J/. Peter.son. principal de l'Université Mac Gill, montra même en un liiscours d'une inspiration très élevée la portée de cet accord des divers éléments ettiniques. Il rappela qu'avant la création du groupe de l'Alliance Française à Montréal, il s'était associé au.r institutions canadiennes- françaises. Depuis, il a suivi le travail de l'Alliance Française, il a admiré les distingués conférenciers qui viennent de l'autre côté de l'Atlantique poursuivre le travail d'éducation qu'a entrepris l'. Alliance. Il compare ensuite son pays natal, l'Fcosse, et la France, faisant remarquer que V Ecosse était liée à la France bien avant qu'elle fût liée à V. Angleterre. Il fait ensuite un généreux compliment à l'adresse de la race française qui apporte A la race anglaise ses dons artistiques, héritage sacré qu elle a reçu de sa patrie, m Ce n'est pas la France seule, dit en terininant M. Peterson, (pii a une (telle envers la France, mais aussi l'humanité tout entière. »
Tour à tour prennent la parole sir François Laiigelier, lieutenant-gouverneur de la p)ovince de tjuébec ; M. Uonin, consul général de France; l'hon. J.-L. Ùécaric, représcntantsir Lomer Gouin, premier ministre de la province de Québec ; MM. Leroy-While, .1. Le Braz, etc. M. Gonzalve Desaulniers, le président du groupe, prononça ensuite un discours d'une belle tenue littéraire que nous reproduisons intégralement:
Je me lève pour répondre à la saule du groupe de rAlliaiiec Française de Montréal. Tout m'y convie, çt je m'y sens poussé par autre chose, eroyez-le bien, que par le (Icsir légitime d'être votre interprète. 11 y a des charges que l'on sait pesantes, mais ((ue nous voulons porter quand même. En cela nous sommes comme ces branches qui rompent presque sous le fruit trop raùret qui, par ailleurs, sont fières du poids qui les alourdit. Un chimiste aformnié. sijeneme trompe, cctaphorisme : rien nese perd, rien ne se crée. Que rieu ne se perde, le fait est possible, quoique peu désirable; mais il me semble bien que nous avons créé quelque chose ce soir, et ce quelque chose, c'est une atmosphère française.
Il ne faudrait pas, — autant l'avouer tout de suite, — croire qu'elle soit due uniquement à l'intervention arbitraire denos volontés. Elle n'est pas le résultat d'un enthousiasme irréfléchi car, dansles éléments qui la composent, je démêle des faits et des lois. Les faits, nous les avons semés, et avec abondance sur tous les chemins que notre race a parcourus en Amérique. Il yen a d'humbles, il y en a des superbes. Les lois, nous les saisissons mieux quand des hommes qui ne sont pas de potre sang y obéissent et viennent rendre hommage à une langue qui, même hors de ses frontières, reste pour eux l'expression de la plus haute culture intellectuelle qui soit.
Qu'est-ce donc qui nous réunit actuellement autour de ces tables'? Interrogeons-nous et nous verrons que ce n'est pas seulement une date. S'imagiue-t-on que c'est pour le plaisir de puiser dans nos verres une volupté éphémère et subtile que nous avons quitté nos foyers et reculé d'une heure l'oubli dont nous battons tous les soirs le rappel? Non, le manteau sévère du devoir couvre en ce moment nos actions.
Il y a des âmes simples qui ignorent tout de ce qui n'est pas leur vie propre. C'est à peine si elles ont la notion d'un lien qui les rattache à des vies extérieures.
Comme la Oeur du poète qui voit tourner sans cesse son ombre à ses pieds, elles se ramassent, uniquement préoccupées du peu d'air dont elles ont besoin pour croître. Dans la grande chaîne des existences qui forme et reforme ses anneaux, anneaux ellesmêmes, c'est à peine si elles perçoivent les résistances de la soudure. Elles peuvent mourir, celles-là, elles n'auront apporté à l'édifice social que des étais vermoulus.
Nous, au contraire, vivant au milieu d'hommes qui nejf ont pas à la réflexion la même part que nous, nous n'avons pas laissé l'égoïsme étroit denos satisfactionsmatérielles étouffer dans nos âmes tout idéal, C'est cet idéal commun qui depuis dix ans fait jouer tous les ressorts de notre activité.
Nous avons médité sur les problèmes dont la solution s'oll're à l'investigation dos hommes; nous avons assumé les responsabilités héréditaires que les âges se transmettent, et sans répudier aucune des périodes de l'histoire, nous avons cru que l'unique épanouissement de l'esprit humain qui dans l'antiquité s'appelle la civilisation hellénique avait survécu à l'effondrement des grands empires qui l'ont portée et que de la décomposition des langues grecques et latines sous l'influence d'idiomes barbares surgit une langue qui devait recevoir le dépôt de cette civilisation pour les temps futurs. Certes l'élaboration a été lente, on a peine à reconnaître aujourd'hui dans les chansons de geste les formes initiales de cette splendide création, mais peu à peu, comme le soleil se dégage des brouillards du matin, ce qui n'était qu'un pâle fantôme devient par la suite une réalité palpable et vivante.
Dix siècles l'ont façonnée, l'ont polie, l'ont assouplie, cette langue. Langue merveilleuse qui élève l'intelligence, se plie à tous les caprices de l'imagination, se prête aussi docilement aux hautes spéculations du philosophe qu'aux na'ives expansions du paysan et noie dans des rayons d'aurore les prodromes de sa sénilité.
Que nous l'aimions, la chose est naturelle; que d'autres, dont les origines ances- Irales ne plongent pas dans le vieux sol gaulois, l'aiment autant que nous, la chose est logique, car elle a été et sera longtemps encore le véhicule des idées universelles.
Le rôle de l'Alliance Française, Mesdames et Mes sieurs, notre rôle est de faire pénétrer cette langue chez tous les peuples et en cela nous refaisons le geste des jongleurs du moyen-âge.
Dans ces temps éloignés, alors, comme je viens de vous le dire, que s'écrivait
FRANCK-CANAOA 5i;
son promior chnpiiro, alors que la Franco so d^'pnrtngeant i;n autant iv. dialectu» que de groiipi.'s (>llini(iiu's, s'essayait ù In cunstruclioii de son unilc sur «les ruinoii, il Best trouvt'i dosC'tros, épris de musique divine, nomades comme les oiseaux, sans métier, sans gito, voyageant, ainsi que le Zanetto de Coppée, a comme In feuille morte cl comme lo nuage », pour courir des mers brumeuses nux mers d'n/ur. et de chûlenux en eliàleaux. sous les voùles des salles féodales, devant les belles chAteluines et les rudes barons, faire nimei- le verbe séduisant qui naissait.
Ce sont eux sans doute qui ont déterminrt ce lent travail d'où est sortie la forme délinilive du fram/ais.
(iO qu'ils ont l'ail, voilà des ans, pour la langue seule, nous, groupes américains et canadiens de l'Allianco, nous le voulons refaire pour les germes d'intense civilisation qui sont en elle. On me comprend bien, j'en suis sûr. Ce n'est pas le monde que nous voulons courber sous une race, ce sont los peuples que nous voulons imprégner de sa culture.
Despotisme acceptable, comme vous le voyez, asservissement qui fait de l'asservi un obligé.
Dieu merci ! Les forces brutales vont sans cesse se dissolvant, l'épée de la France n'est plus une menace pour personne. Dans toute son histoire, elle n'a pesé que rarement sur la conscience des nations et si le soldat français monte encore la garde, il ne la monte que devant une brèche faite à ses frontières.
.Au reste les races qui nous entourent ne se sont pas méprises sur le but que nous poursuivons, but purement moral, intellectuel et artistique puisque leurs représentants sont avec nous ce soir, puisque leur collaboration, à laquelle nous attachons un très grand prix, nous est magnifiquement acquise. M. le principal Pelerson ne saurait croire, je doute même qu'il le soupçonne dans sa modestie, quelle grande leçon de morale sociale se dégage do sa présence à ce banquet.
Lui, mieux que personne, à la suite d'esprits supérieurs, saisit très bien les rénotions heureuses que peuvent provoquer dans l'àme anglo-saxonne, faite d'un sens pratique si profond, les apports d'une autre où se rétiète encore lo ciel de l'Attiquc.
L'autagouisine de nos races serait une calamité, celui de nos langues un crime.
Si, comme on l'a dit, une langue est une âme, gardons nos langues pour garder nos âmes. Qu'elles collaborent librement et sans heurt à la formation d'une humanité nouvelle.
Dans la construction de notre pairie canadienne, que chaque groupe apporte ce qu'il a de meilleur. Qae tous les intérêts, tous les désirs, toutes les aspirations se relient par un lien commun, l'amour. Sans lui les combinaisons les plus ingénieuses de nos hommes d'Etat échoueraient fatalement. La conscience nationale peut avoir des sources diverses. Laissons au temps le soin de les épuiser toutes. [Vifs applaudissements.)
A une telle fête, le Comité France- Amérique ne pouvait être absent.
Nombreux étaient ses membres qui avaient tenu à affirmer par leur présence leur sympathie pour l'œnorede l'Alliance. Mais il tenait à exprimer pu/iliijuem»nt ses félicitations poui le travail poursuivi avec tant de bonne colontc et de dévouement. M. le sénateur Dandurand, prcuidenl du Comité France-Amérique de Montréal, étant absent, ic fil repré-
scnler par le secrétaire du Comité, M. Edouard Montpetit, qui prononça l'éloquent discours suivant :
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Une récente caricature américaine représente la famille républicaine assemblée. Le père, le vieux Sam; la maman, la république suisse; la grande fille de la maison, la France; un bambin maussade, dans un coin, le Portugal; et, sur le seuil de la porte, la démarche hésitante, un tout petit Chinois, à l'œil amusé, clignotant, qui semble dire : « Tout de même »... La France et le vieux Sam lui tendent les bras et lui souhaitent la bienvenue.
.le vous remercie. Monsieur le Président, d'accueillir ainsi le comité France-Amérique, dernier venu parmi les enfants canadiens de la République Française et de lui permettre de vous balbutier, du seuil de la porte où il paraît seulement, .son hommage et son admiration.
Vous nous avez conviés à une fête française qui fut ouverte par un discours anglais. Je voudrais dire d'abord à M. Peterson, au nom de ceux qui viennent, combien sincèrement nous espérons nous rencontrer un jour, par delà les querelles, dans les grandes et larges idées qu'il vient d'exprimer. C'est une fête française, et qui nous rappelle d'où nous venons, qui nous indique où nous devons aller.
Nous venons de France. Celte terre d'Amérique était jadis couverte d'orgueilleuses forêts. Chateaubriand y retrouvait, comme agrandie, sa mélancolie de Combourg, pour la projeter ensuite sur le siècle où elle devait germer en d'innombrables beautés. Un siècle intense a passé sur cette terre, et la voilà soumise aux forces humaines. Elle s'anime chaque jour davantage. De la vieille Europe, des hommes viennent vers elle nombreux. Un se demande s'il y aura place pour eux et si tant d'énergies ne vont pas s'épuiser vainement.
Au sein de ces peuples dont le premier souci est de mettre un peu d'unité dans les éléments souvent opposés qui les composent, au milieu des hommes nouveaux qui se succèdent, nous sommes demeurés fidèles au souvenir. Qu'importe, sinousn'avons pas conservé toutes les qualités du génie français? Qu'importe, si nous avons du, pour mieux servir la France, consentir à en ignorer les beautés? Qu'importe, si nous avons dû nous pencher sur le sol pour y creuser profond, le sillon où d'autres vieiidront jeter une semence tardive ? Qu'importe tout cela, puisque nous sommes restés. Le père d'Edmond Rostand demandait naguère à l'un des nôtres le secret de cette longue résistance. 11 lui fut répondu par l'unique et suprême orgueil de Cyrano : « Tout cela, monsieur, c'est du Panache ! » Il n'y a rien là qui doive nous étonner. Bon sang de France ne sait pas mentir. Nous devions notre vie à la France, nous la lui avons donnée ; c'est donc bien que nous sommes Français.
Où devons-nous aller ? — Vers la France, toujours. Nous irons à Paris, comme dans l'opéra. Non pas le Paris de Manon et de Louise, mais celui de Mon ami Teddij ; celui de l'Institutet del'Université, celui du Panthéon où dorment les poètes à côté des guerriers ; celui-là enfin, qui, devant;consti tuer un ministère national, n'hôsila pas à le confier à un académicien ; Paris, qui sait mettre tout son cœurdans une chanson, toute son âme dans un geste, tout son esprit dans un mot, toute son énergie dans un rêve et
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qui Irouvcsouvenl, aiiseiiulp la ^nii'lif<|iii parailTiibsorbcr, l'exprcssinnln [)liis haiiltjusqu'il laiiiiello la pcnst'f !iiiiiiaine uil pravi. Nous irons a Paris a(iii de, mieux voir en nous-in(''mf's; alin de nous t'onnnîlri'. de nous analyser, de nous délinir. Puis, nous deninnd('ri)ns à la Krance di" nous rcfjardor d'un peu plus prés.
Elle est à la fois la cigale et la fourmi du monde. Elle chaule, elle danse aussi; mais elle est écononuM-t elle est prêliMise : elle n'a pas le moindre di'-faut.
En ces Icmps d'impérialisme, où l'on invente, — sans vouloir faire un mauvais calembour — tous ces mots en « pan •> dont celui-ci, particulièrement horrible, Il panaméricanisme «, en ces temps de colonisation inlense, de rayonnement el de pénéiralion, il faut que la France se souvienne qu'elle possède ici une eoloniequi ne lui coûte rien ; qu'elle nous prCte des moyens nouveaux de lutter pour elle en aidant à notre organisation économique. Ceux que ces problèmes préoccupent me comprendront. Assez longtemps nous avons gémi sur les ar()cnts déneige, pensons un peu aux arpents de blé qui lèveront en idées et en vertus françaises.
Alors, peut-être que le doute, rançon de toutes les nobles causes, disparaîtra de notre pensée. Je garde du moins cette espérance. C'était en juillet 1!109. Je revenais de France, le cœur rempli de souvenir. Nous entrions chez nous par le golfe Saint- Laurent, une roule royale. Le navire était en fête : c'était le concert accoutumé. J'étais seul sur le pont et j'écoutais les premiers accords de la Marseillaise monter dans le silence. Au même moment, le soleil disparaissant à l'horizon projeta sur l'immensité bleue deux larges banderolles superposées, dont l'une blanche, et l'autre rouge. Et je garderai toujours dans les yeux cette impression magnilique d'avoir vu, le soir d'un beau jour, mon pays se reposer dans la majesté des trois couleurs {Vives ncclamalioiis).
Les travaux du port de Montréal en 1912.
La commission du port de Montréal vient de terminer la préparation de son programme d'agrandissement pour l'année 1912. Les Commissaires ont l'intention de construire un nouvel élévateur et plusieurs nouveaux quais. Les projets de la Commission comportent l'extension des quais Alexandra. King Edward el Jacques Cartier, qui auront, les deux premiers, une longucurde 1.100 pieds et le pont Jacques- Cartier 1.100 pieds. Les Commissaires du port projettent laconstruction d'un nouveau quai qui sera construit k l'entrée du canal Lachine.
D'ici deux ans, cette partie du port de Montréal sera complètement modifiée. Deux ponts seront construits àcel endroit avec une voie ferrée et toutes les améliorations modernes, et on y établira 1.000 pieds de nouveaux quais. Le port de .Montréal pourra recevoir .'î. 500. 000 minots de blé de plus : car il a été décidé d'ériger un élévateur nouveau en plus de celui dont on achève la construction. On a encore décidé de prolonger la voie ferrée du quai Victoria jusqu'au quai Racine et de compléter les travaux au quai Victoria, de façon à avoir un qu;ii de 2.700 pieds de longueur pour les paquebots océaniques avec .'ià pieds d'eau à marée basse.
D'autre part, on fera construire des hangars permanents sur le quai Victoria el près de l'élévateur du Grand-Tronc. Les projets d'améliorations comportent aussi l'élargissement du chenal devant l'ile Saiuto-Ilélèue el devant l'ile Ronde el le creusement du chenal en face de l'Ile Saint-Hélène. Enlin, sur tous les nouveaux quais, de nouvelles voies ferrées seront établies.
Revue des Périodiques.
Vie polîtîque.
La Patrie (7 mars) publie en éditorial un éloquent appel à la coneorde entre les éléments français et les àlémcnts anglais dn Canada. D'assez vives polémiques, Polémiques particulièrement dans la
enti'e Franco- province d'Ontario où l'é-
Canadiens et lément français se trouve Anglais. en minorité, ont mis aux
prises les deux nationalités. Certains journaux anglais de Toronto se sont notamment appliqués à attiser ces différends, qu'un peu de bonne volonté eût apaisés. A ce propos, La Patrie signale l'attitude toute différente du Slar. Dans un remarquable article, le grand journal de langue anglaise de Montréal rappelle à ses lecteurs que la constitution du Dominion repose sur le respect dû aux droits des minorités.
« Le Canada fera une grave erreur, écrit-il, s'il donne à la minorité la sensation ineffaçable qu'elle a été lésée. Il fera aussi une autre grave erreur s'il lente de présenter comme quelque chose d'étranger le beau parler de France, qui pourrait si aisément devenir un des apanages chéris de tout citoj'en canadien. Et il fera encore une plus grande erreur, s'il pousse nue des grandes églises chrétiennes à adopter une attitude hostile à l'Etat. Les tendances vers le progrès dans notre mère-patrie ont toujours été dans un sens inverse à celui-là. Il n'y a rien dont les dirigeants britanniques aient plus honte que les accès de « no popery! » et les persécutions des minorités de quelque race ou de quelque religion que ce soit, à cause des croyances de leur conscience. Que le Canada évite do faire revivre de pareils souvenirs. Honorons l'homme assez loyal pour aimer la langue de sa mère et qui a dans sa conscience quelque chose qui n'est pas à vendre. »
Vie
économique.
Les deux Conventions commerciales francocanadiennes.
La Revue Economique Canadienne, organe de l'Ecole des Hautes Etudes de Montréal, a publié, diuio son numéro de février dernier, une importante étude de M. Montpetit sur les deux conventions commerciales franco-canadiennes. Après avoir fait l'historique des premières négociations engagées en 1880 en vue d'une entente commerciale entre la France et le Canada, négociations qui aboutiront malheureusement à un échec, M. Montpetit analyse les dispositions du traité de 1893 et met en lumière les conséquences heureuses que cette convention a eues sur les échanges commerciaux entre les deux pays. La convention comportait un petit nombre de clauses. D'une partie droit de 30 % ad valorem sur les vins non mousseux, titrant \'i degrés au moins et sur tous les vins mousseux d'origine française était supprimé : les droits applicables aux savons communs étaient diminués de moitié, ceux applicables aux noix amandes, prunaux, etc. réduits d'un tiers. D'autre part, la France accordait son tarif micirauni à vingt-deux produits alimentaires ou de consommation éuumérés expressément, pourvu qu'ils fussent importés directement du Canada et accompagnés de certificats d'origine. Le traité de 1893 devint bientôt insuffisant et céda la place au traité de 1<,)08. M. Montpetit en fait connaître les principales stipulations et considère que malgré les critiques dont il a été quelquefois l'objet en France, cet accord commercial est au bénéfice des deux contractants.
M. Poindron ayant été relevé de ses fonctions d'agent commercial du Canada à Paris, les journaux du Dominion ont commenté cette dé-
PRANCrC-CANADA
'Ml
cisioi. .lu KouTernenieiit f.-déral iIiuih ,les sens divers.
Le Canada a sembl.i croiro i|iie le rni.]..! ,1,.
M. Poindron loiislllii.ill l,i preiiv.' i|iril .■•lull
diiMs li's iMl.Mili.iiisil,' M. I)„n|,.n ,1,. |,rov.i,|iier
1111 riilciilisscniunt dans
La suppression l'inl.nsiié d.-s relations
du poste franco-i'anailioiines.
d'attaché com- l'ar coulro, La Pairie mercial (5 mars) fait remarquer
canadien à que le parli conservateur Paris. canadien a toujours été dé-
sireux de voir augmei.ter le chiffre d'affaires entre le Dominion et la France. Ce n'est pas maiiilenaiil (ju'ij est au pouvoir qu'il sonicera à aliandonner des idées partagées par liinanimité du pays. Il ne fait pas (le doute pour La l'atrir que les bureaux canadiens en France seront mis sur un meilleur pied qu'actuellement el que des elTorts plus
-sérieux seront l.n tés pour développer .lavantage les relations commerciales entre les deux natians.
Déjà, les transports niaritinies s'améliorent: Au prinlciups, la Compagnie générale transatlantique fera circuler deux steamers entre le Havre el Québec et la compagnie Allan accenluera l'intensité de son service le Havre-Montréal. « On avouera, écrit La Patrie, que le moment serait mal choisi pour cesser toute relation commerciale avec notre ancienne mère-patrie ».
Vie intellectuelle et sociale.
L'article publié ici-même, au mois de novembre dernier (p. -19 57). par M. Kleczkowski. a retenu latteution de la Hevuc Canadienne. Dans sa consciencieuse i< chro- M. Kleczkowski niquedes revues ., M. Kllc- 6^ ^es J.Aiidair s'est pliiàsigna-
questions lercette étude comme «une
canadiennes. page qui n'est pas indigne de la grande histoire. .M.
Kleczkowski (a-t-il ajoute) connaît bien uotr.) pays et nos hommes d'Ktat; il n'est attaché à aucun parti ; son jugement n'en est que plus désintéressé et, par conséquent, que plus intéressant .. C'est pourquoi la Hevue Canadienne (janvier 1912) a reproduit presque intégralement l'article de l'ancien consul de France au Canada et s'est plu à invoquer aussi le témoignage de notre érainent collaborateur quand elle a parlé à propos dune étude du Toronto Stnr, de l'avenir de la race française au Canada. « M. Kleczkowski, a-t-elle déclaré, dans l'article que nous
citons pluH haut, louche a»,„^ directrmeni celle question A l'entendre parler de Sir Wilfrid Laurier, on sent sourdre je n« hrU quelle pensée plus profonde. La race franeaine n'a pas dit son dernier mot au Canada ; il coulera de l'eau dans le Saint-Laurent avant que les assimilateurs aient réussi A ..touffer la voix du sang, d'un sang qui sait rester généreux et fécond. I.
Dans une intéressante élude sur les caractéristiques personnelles des grands explorateurs le major LeonanI Darwin, après avoir parlé de Mun,'o-Park et de James L explorateur Hruce, et avoir constaté Al. Mackenzie. que ces deux illustres ^■oyageiirs écossais du -wiir siècle .sont dignes d'autant de respect que • l'admiration, a déploré que la biographie .l'un autre célèbre explorateur de la même nationalité, d'Alexandre Mackenzie. fût encore trop mal connue. « Voici, a-t-il dit, un d,. ceux qui par leurs reconnaissances géographiques, ont le plus contribué à ouvrir le Dominion canadien ù la civilisation ; on sait fort peu de choses sur lui, on ne connaît même pas exactement la date ni le lieu de sa naissance, placée par les uns a Stornoway en i7ti3. par les autres à Inverness en IT.'JS! Du moins peut-on, des relations de ses voyages, dégager différents traits de caractère qui rapprochent davantage iMackenzie de Mungo-Park que de Bruce ; mais cela ne suflit pas. Il y a intérêt à être mieux ren seigné sur ce voyageur dans lequel, lorsque sa biographie sera bien établie, on pourra saluer un Ecossais éminenl, ayant su vaincre les difficultés el les dangers par son esprit déterminé et résolu, et méritant d'être proposé en exemple à la jeunesse. *^
Dans une courte étude de la Revue Canadienne {iuiWel 1911), .M. L.-A. Prud'homme expose quelle est l'origine du nom de .Manitoba. C'est, selon lui. dans la Origine du langue des Assiniboincs nom Manitoba. qu'il convient de l'aller chercher ; ces Indiens habitaient en 1737 et 1738 sur les bords ,1'uu lac <|ue LaVérendryeappelle le ■■ Lacdes Prairies », ce qui. en .\ssiniboine, se dit minite-toba. minnè signifiant eau et loba, prairie. « Après la coni|uéle. le nom français est disparu, et le nom originaire minne-toba. avec une légère variante a n.m seulement survécu, mais s est imposé à la premier.- province cn-i'e à l'Ouest des grands lacs i".
Du tS juin au 29 juillet, puis du !> au 28 août 1910. le François iirojo, de la Société Indus-
FRMGB-CANADA
triclle des Téléphones, a effectué an large dans l'Est de Saint-Jean de Observations Terre-Neuve, dans les météorolo- eaux du Gulf Stream et g'iques. non loin de sa limite nord,
d'intéressantes séries d'observations inétéorologinues de tonte nature. De telles observations, faites au large et pour ainsi dire à poste fixe, de manière très régulière pendant une période de quelque durée sont assez rares; aussi M. H. Baulig at-il eu raison
d'en donner dans les Annales de Géoijruphie (15 juillet lyit) un bref aperçu accompagné de plusieurs graphiques. Fréquence exceptionnelle du mauvais temps et de la brume, telle est l'impression générale, — confirmée par les observations de détail, — que les officiers du François Arago ont rapportée de leur campagne; M. Baulig a montré comment l'ensemble des conditions météorologiques sur l'Atlantique nord, peudaut la même période, explique ces particularités.
Les faits du mois au Canada.
2 mars. — La loi sur la Marine, promulguée par les Communes sous le ministère libéral avait été remise eu discussion par le nouveau gouvernement. Le Sénat vient de refuser l'abrogation de celte loi.
5 mars. — La Chambre a voté le principe de l'abolition des péages. Ceux-ci créaient pour les cultivateurs une gène réelle et pouvaient devenir onéreux pour certains d'entre eux. Depuis longtemps on réclamait la suppression ou le remplacement de ces taxes.
Le chef du cabinet fédéral a fait connaître aux Chambres et au public le bill annexant le
Keewalin au Mauitoba. Cette extension de la province eut été favorablement accueillie par tous si elle n'avait soulevé la grave question des écoles séparées. Le bill du Keewatin provoque une grosse émotion dans le public.
7 mars. — L'Honorable M Foster, interrogé aux Communes sur ses intentions à l'égard de l'agence commerciale du Canada à Paris, déclare que le gouvernement ne désire pas maintenir celle agence séparée du commissariat général et qu'il ne remplacera pas M. A. Poindron.
S mars. — La campagne menée dans la province de Québec et dans tout l'Est eu faveur de l'amélioratioi) des chemins semble devoir aboutir à des résultats praliques. Le gouvernement et le parlement s'y montrent entièrement favorables.
■10 mars. — Une importante convention des Canadiens de langue française a été tenue à Edmonlon (Alberta). Elle a décidé de grouper tous les hommes de même langue dans la province et de participer au Congrès du parler français qui doit se tenir en juin à Québec. Ce nouveau groupement est constitué sous le patronage de S. G. Mgr Légal, avec l'Honorable P. Lessard, comme président, MM. Alex. Michelet et A. Giroux comme secrétaires.
11 mars. — M. Gh. Eudes Bonin. consul de France, vient d'arriver à Montréal pour prendre possession de sou poste. La colonie française lui fait le plus cordial accueil.
21 mars. — Les Communes discutent la question des subsides à accorder aux compagnies de chemin de fer. Le gouvernement accorde la somme considérable de 24 millions de dollars.
25 mars. — Le maire de Montréal, son Honneur M. Lavallée, inaugure à l'Arena une exposition de canots à moteurs.
28 mars. — Les élections eu Colombie britannique out donné une complète victoire au ministre sortant l'Honorable R. Mac Bride. Aucun libéral n'a été élu.
29 mars. — Le Parlement provincial vote l'annexion à ta ville de Québec du faubourg deMontcalmviUe qui prendra le nom de Candiac.
L'adminislrateur-yérant : A. DE FoucAUU).