X. — Œuvres diverses. — Conclusions
Il faudrait mentionner encore des œuvres comme l'Alliance française qui continua, sous la présidence de M. Gonzalve Desaulniers, de répandre parmi nos populations l'amour de la France, et qui travailla à faire apprécier davantage toute la beauté de la résistance des armées de la République, en invitant des conférenciers de France, entre autres M. Eugène Brieux, de l'Académie française, à venir nous raconter les faits de la grande guerre et le rôle admirable de notre ancienne mère patrie. Ou
encore des institutions comme la Chambre de commerce française de Montréal, qui, sous l'active direction de M. J. R. Génin, se préoccupa avant tout des intérêts économiques, cherchant à réveiller les énergies et à susciter en France un mouvement qui assurât définitivement la suprématie du commerce français au Canada.
Est-ce tout? Non pas. Pour donner un aperçu complet de ce que le Canada a fait pour les nations alliées et pour la France, il faudrait reprendre, une à une, les initiatives si diverses qu'il a su mener à bien. Nous ne saurions faire mieux, pour résumer son action, que de citer ces lignes parues dans Parts-Midi du 6 mai 1916 : « Rappelons brièvement les sommes d'argent recueillies pour des œuvres diverses jusqu'à fin novembre 1915 : Fonds patriotique canadien : $ 9.000.000; Croi.x-Rouge canadienne : $ 3.500.000; Croix-Rouge britannique : S 2.000.000; Fonds de secours pour la Belgique : S 2.000.000; souscription pour fournir des mitrailleuses : $ 1.000.000; dons divers : $ 1.500.000. En outre, le Canada a envoyé : 1.000.000 de sacs de farine, 500.000 boisseaux d'avoine, 400.000 livres de café. La Nouvelle-Ecosse se proposait d'ûlïrir 100.800 tonnes de charbon : au lieu de cela, elle vient de donner $ 100.000. L'Ile du Prince Edouard a offert encore du fromage et du foin; le Saskatchewan a envoyé 15.00 chevaux; le New Brunswick, 100.000 sacs de pommes de terre ; le Manitoba, 50.000 sacs de farine; la Colombie britannique, 25 000 boîtes de saumon.
ce Le Canada n'a pas oublié les blessés. Le Gouvernement a donné £ 20.000 pour organiser et installer l'hôpital connu sous le nom d' « Hospice canadien ». Les femmes du Canada ont envoyé £' 57.192 dont 20.000 furent remises au Ministère de la Guerre pour les hôpitaux de Itaslow. L'Union du contingent militaire canadien entretient un lazaret à Shornclifl'e. Le Gouvernement a fait don d'une somme importante à l'hôpital anglo-russe. La Croix-Rouge entretient des hôpitaux. Le Gouvernement de la Province d'Ontario a créé et installé un grand lazaret à Orpington (Comté de Kent). »
Cet article, probablement d'inspiration anglaise^ passe sous silence le rôle de la province de Québec, ancienne province française. Elle aussi a largement contribué par des dons en nature et versé des centaines de milliers de dollars.
Le rapport qu'on vient de lire indique précisément quelques-unes des œuvres d'assistance et de sympathie françaises qui se sont développées dans le vieux centre français du Dominion, resté fidèle à ses origines, et qui a justifié pleinement sa noble devise : « Je me souviens ! » (1)
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Secrétaire général du Comité France-Amérique de Montréal.
{\) (N. D. L. R.) La population parisienne a pu constater par elle-même rexactitude de cette devise et •visitant, il y a quelques mois, l'exposition de maisons canadiennes, dont l'idée, comme le rappelle M. Edouard Montpetit, a été suggérée par le Comité France-Amérique de Paris.
En effet, le magnifique élan de la générosité canadienne ne paraît pas près d'être épuisé. Par delà les souffrances et les misères de la guerre actuelle, le Canada se prépare dès maintenant à nous aider dans l'œuvre de réparation et de relèvement des ruines accumulées sur notre sol par l'invasion. Des pourparlers sont actuellement eu cours, entre le Gouvernement canadien et des organisations diverses, pour envoyer en France un certain nombre de maisons-abris démontables, destinées aux villages dévastés de nos régions euvabies. Au mois de juin dernier, plvisieurs modèles de ces maisons, construite sur des types différents, ont étf exposés aux Tuileries ot ont vivement intéresBé les nombreux visiteurs.
L'œuvre du Comité d'Ottawa.
Le Comité d'Ottawa s'eut créé sous le haut patronage de S. A. R. le duc de Connauijht et le vice-patronage de sir Robert Dorden et du Très Uon. \\'ilfrid Laurier. Le président d'honneur est S. G. Mgr Gauthier, archevêque d'Ottawa, et les vice-présidents d'honneur : le Très Hon. Sir Charles Fitzpatricli, l'ilon. C.-J. Doherty, Vllon. Louis Coderre, l'Hon. T.-C. Casgrain, l'Hon. P.-E. Blondin, l'iton. Rodolphe Lemieux, l'Hon. N.-A Belœurl, l'Hon. W.-B. Nantel.
Le comité exécutif est ainsi composé : Président, l'Hon. .Juge L.-P. Brodeur 'jvice-présidents, MM. A.-D. De Celles et Emmanuel Tiissc; secrétaire, M. J.-L.-K. Laflamme; trésorier : M. Ernest J. Lemaire.
L'éminent président du Comité exécutif, l'Hon. Juge Brodeur, a bien vonlu nous faire les déclarations suivantes.
Déclarations de l'Hon. Juge Brodeur,
de la Cour suprême, Président du Comité d'Ottawa.
En octobre 1914, à la demande de l'Hon. sénateur Dandurand, président du Comité France-Amérique de Montréal, le Comité d'Ottawa fut fondé sous ma présidence. D'éminentes personnalités canadiennes vinrent aussitôt offrir leur appui et leurs bons offices. Un comité féminin fut également constitué sous la présidence de Mme P.-E. Blondin, et réunit les dames les plus distinguées de la haute société canadienne. On fit des appels à la population d'Ottawa, et des lettres circulaires furent envoyées à tous les centres français de la Province d'Ontario. Les bonnes volontés affluèrent. C'est ainsi qu'un local fut généreusement mis à la disposition du Comité par la maison A. E. Rea et C".
Quarante et une caisses de vêtements et effets divers, au nombre de plusieurs milliers, représentant une valeur approximative de 25.000 francs, furent expédiées en France. Ces objets avaient été confectionnés presque exclusivement par les dames du Comité féminin, qui n'ont cessé de montrer un zèle infatigable. En réponse à la demande du Comité, un certain nombre de caisses furent envoyées directement de divers centres d'Ontario à Montréal, pour être expédiées en France.
Sur l'initiative du peintre Jobson Paradis, d'Ottawa, un grand nombre d'artistes canadiens offrirent au Comité des tableaux dont la vente eut un grand succès. S. A. R. la princesse Patricia voulut bien s'associer à cette manifestation en faisant don d'une