ACTE II
ASC A N 1 0.
Comment! vous oserez...
BENVENUTO
Certes!...
ASCANIO
Quelle chimère
Vous traverse l'esprit?
BENVENUTO
Rien n’est plus sérieux.
ASCANIO
Vous oserez ce soir vous offrir à ses yeux Sous le nom... de son père ?
BENVENUTO
Y vois-tu tant d'obstacles ?
ASCANIO
Mille!
BENVENUTO
J'ai, tu le sais, souvent fait des miracles.
ASCANIO
Dans votre art, mais ici vous échouerez.
BENVENUTO
Pourquoi?
Peux-tu me le prouver ?
ASCANIO
Facilement, je croi.
D'abord que voulez- vous?
BENVENUTO
Ramener l’abondance Dans la pauvre maison, doter richement France, Sans rien garder pour moi qui suis seul ici-bas; Lui donner un appui qui ne lui manque pas.
Un époux digne d'elle, une chaîne sacrée;
Puis, quand je la verrai riche, heureuse, honorée,
Et que la mort d’un père, aujourd’hui dans le ciel. Pourra plus tard pour elle être un coup moins cruel ; Lorsqu’cnfin il faudra que je la désabuse,
Je lui demanderai le pardon de ma ruse,
Je m’en irai joyeux et peut-être béni,
Et mon trop court roman alors sera fini !
A SCAN 1 0.
Cet époux ?...
BENVENUTO
Est trouvé!... plein de cœur, de mérite.
Et comme France, enfant d’une race proscrite;
Avec Bourbon, son père en Italie est mort.
Dieu les a réunis, ils avaient même sort,
Même malheur... Tous deux, sans appui, sans famille... Guillaume m’a donné les lettres de sa tille,
Qu’il avait sur son cœur et que j'ai sur le mien ! Confidence ingénue! adorable entretien!
De doux aveux! jamais de trouble et de mystère!
Une tète un peu vive, un fougueux caractère,
Mais des trésors de grâce et de bonté... Parfois On se plaint, ce n’est plus le Raimbaul d’autrefois.
On renonce à l’aimer, on ne veut pas d’un maître...
Puis on l’aime en esclave à la fin de la lettre !
C’est charmant !
ASCANIO
Pourquoi prendre un semblable détour?
Cher maître, ouvertement protégez leur amour.
BENVENUTO
Mes bienfaits deviendraient suspects pour cette femme. Chacun me prêterait quelque projet infâme.
On connaît mon passé,., lu vois que je fais bien,,,