ACTE III
BENVENUTO , h part.
La rencontre d’hier.
FRANCE, à Benvenuto.
Oh ! c’est un grand secret.
(a Raimbaut.)
Mais vous avez été, Raimbaut, assez discret, • •
Et vous ne m'avez point depuis hier tourmentée,
A vous faire un aveu je suis donc plus portée;
Car c’est toujours ainsi, rappclez-vous-le bien :
On accorde beaucoup à qui n’exige rien !
(Dame Andrée, conduite par une «uivaole, parait ati seuil de la porte
latérale.)
DAME ANDRÉE
Je crois entendre ici plusieurs voix...
BENVENUTO, à part.
Humph!
FRANCE
Grand’mère
A terminé sa sieste... Approchez-vous, mon père... Vous ne l’embrassez pas?
(il l’embrasse.)
DAME ANDRÉE, tressaillant.
Cher Guillaume !
BENVENUTO, à part.
Très-bien.
(France embrasse damo Andrée à son tour.)
Et cet autre baiser, grand’mère ?
DAME ANDRÉE
C’est le tien,
Diablesse.
FRANCE, A Raimbaut.
Prenez-lui la main...
DAME ANDRÉE
J’ai tout mon monde!
Voici monsieur Raimbaut, un censeur qui me gronde Et de mon bavardage est parfois mécontent...
Cette vilaine main, on la serre pourtant!...
Je ne sais pas comment tu ne m'as point tuée, Guillaume* mais déjà je suis habituée A mon bonheur : les vieux, vois-tu, n'ont plug d’élans Comme France et Raimbaut, cœurs et cerveaux brûlants! Enfin, Dieu soit loué, tu nous reviens, je t’aime...
Au moins pour m’assister à mon heure suprême.
J’aurai la main d’un fils; mais, vu mon sort fatal,
A me fermer les yeux tu n’auras pas grand mal.
FRANCE, à ltenvenuto.
Parlez-lui donc...
BENVENUTO
Moi?... non... France, parle toi-même.
Car de toutes les voix c’est la tienne qu’elle aime Le plus...
FRANCE
Mais elle attend...
BENVENUTO
Ma mère... enfin...
DAME ANDRÉE
O jour
Prospère, qui te rend, mon fils, à notre amour!,..
— J’ai l’oreille un peu dure et je n’y vois plus goutte. Mais le monde toujours est le même, sans doute. Fourmilière échauffée, a dit un sage ancien;
Beaucoup d’émotion, beaucoup de bruit... pour rien! Pauvre monde! mais, bah! point de sermon sévère!
Je veux en souriant vider le fond du verre!...