France Dictionnaire encyclopédique
EàU (1*) 1 P^t't P3ys Eenuvaisis , dont le chef-lieu était Saint-liemij en l'Eau (caoton de Saint-Just en Chaussée, dans le dépaitemeiit de TOise).
Eacsb oa KAUZB, Elusa, ville de Tancien Armagnac , aujourd'hui cheflieu de cautOQ du département du Gers.
Elusa, chef-lien des fftiMilef j était, du temps de César, une dté fort importante; elle devint ensuite la capitale de la Novempopulanie , puis donna son nom au pays d'Eauzan, qui formait une partie du cas Armagnac. Prise et détruite par les Goths au cinquième siècle, elle tomba ensuite au pouvoir de Clovis. Les Sarrasins la saccagèrent en 732.
Dans le siècle suivant, les Normands la ruinèrent de fond en comble, et en massacrèrent presque tous les habitants.
Ceux qui échappèrent se réfugièrent à Aneh, où révéché d^Cause fut transféré.
La ville fut cependant reconstruite plus tard , mais à quelque distance de son
était aujour-
ancien emplacement. La place où i Taneienne ville s'appelle encore auj d'bui/aClt<to^(la Cité).
Eause, patrie de Rufin, ministre des
em pereu rs Théodose et Arcadiii8,oomptt aujourd'hui 3,202 habitants,
£àux et Foaèxs. I^ police ;des rivières navigables et flottables, ainsi que celle de la pèche dans les eaux courantes et stagnantes, appartenait en France , avant 1789, aux ofiiciers chargés de^la conservation des bois ; et, sous le nom à' eaux et forêts , on comprenait tout ce gui se rattachait soit aux eaux, soit aux lorêts, comme les moulins, la pêche, le curage des rivières, etc. ; enfin ce titre servait encore à désigner l'ensemble des officiers préposés à la surveillance de cette partie importante du domaine public , et aux tribunaux établis pour connaître spécialement de toutes les affaires concernant les eaux et forêts.
Dans les actes des rois de la première et de la seconde race, il est souvent lait mention de dispositions relatives aux forêts ; niais la [)liis aneienne ordonnance des rois de la troisième race qui regarde les eaux et forêts , est datée de 1116; elle a été rendue par Louis VI, et a rapport aux mesureurs et arpenteurs de^ terres et des bois. Dans le
T. TH. i'* IMrakcn* (Digt. bhctgi.. , vsL)
ÉAUX ET PORATS L'UMVERS. EAUX BT FORÊTS
siècle suivant, deux ordonnances furent données spécialement sur le fait des ettux et forêts ; Tune par Philippe* Auguste a Glsors, en novembre 1319, Fautre par Louis VIII à Montargis , en 1323. Depuis cett^ époque, les ordou* nanres se succédèrent rapidement; les plus célèbres sont due9 k Charles V, à François I*', à Henri IV, «t enÉR à Louis
L'prdonnaiiee reodo^ par ce deroier, au moisd*août 1009, fut rédigée par les
soins de Colbert. Elle est connue sous le titre à ordonnance des eaux et fo' réts, £lle embrasse toute la matière, et on f trouve r^sum^ toot« les lofs ontérieurps. tlle est divisée en 32 titrel, dont les 14 premiers traitent delà cjompétenee des otliciers des eaux et forets, cf est-à-dire, de lajurîdiction des eiiux forêts en général, des ofUders des mat* trises, des grands maîtres, des maîtres particuliers, du lieutenant, du procureur du roi , du garde-marteau , des grelYiers, p:ruyers, huissiers audienciers, gardes généraux, sergents et gardes des forêts et l>ois tenus en grueries , etc. ; des arpenteurs , des assises, de ia table de marbre, dt s juges en derpîer ressort, et des Bp(>eliAtiORs.
Les titres suivants traitent de l'assiette, du balivage, du martelage et de la vente des bots, des ventes et adjudlestions , des droits de pfttura^e et de chauffage , et autres usages des bois tant a bâtir qu'à réparer; des bois à bâtir pour les maiîions royales et bâtiments do mer ; des bois appartenant aux ecclésiastiques et gens de mainmorte, aux communautés, aux particuliers; de la police et conservation des forêts, eaui et ri? ières ; des routes et chemins wywoi èsilpréts ; des marchepieds des rivières, des droits de péage, travers et autres; des chassts ; de la pécbe; enfin des peines, amendes, restitutions, dommages-intérêts et confiscatioris. Les cas qui n'avaient point été prévus par cette ordonnance furent résolus sue tu ssi sèment par des édits, déclarations etarj éts de règlement, etietout, réuni et imprimé, forma deux volumes in-4'', que l'on put regarder comme le code des eaux et £o> réts.
L'administration des eaux dt forêts svaH longtemps été dirij^ée par un seul
ofiîcier , qui portait le titre de grand maître des eaux et forêts. Ce fut Henri III qui , par un édit de 1575, supprima cette charge, alors exercée par Henri Clausse^ sriîrnpur de Fleury.
'Il y substitua six conseillers, qui , sous le titre de grands maîtres enquêteurs €t généranup réformateurs des eaux et forêts , et revêtus n la fois de fonctions administratives et judiciaires, se partagèrent le territoire du royaume , pour surveiller radministration, chacun dans leur arrondissement, et juger les contestations qui pouvaient s'élever sur le fait de$ eaux et forêts. Pour l'administration, ils oorrsspondaiCDt dircttsoisnt avec le contrôleur général des 6nances ; et sous le rapport jiidiciaire , leurs décisions étaient portées en dernier ressort devant les tables de marbre des parlements* Les ressorts des parlements où il n'y avait pas de table de marbre (Grenoble, Bordeaux, Dijon. Ai\, Pau et Metz) avaient été, pour le tait des eaux et forêts , réunis à celui du parlement de Paris.
Le nombre de ces nouveaux grands maîtres s'accrut successivement ; il était de dix-huit è l'époque de la révolution, et le territoire du royaume éta|^ ainsi réparti en|rs Is^ 4i|Iereo(es grau*
des maîtrises.
1" Paris.
3« Soissons.
3* Picardie, Amiens, Artois et Fia»*
dre.
4<* Hainaut.
5* Châlons.
6' Metz.
Duché et comté de Bourgogne , Dijon, Franche-Comté, et Alsace.
8* Lyonnais, Dauphiné, Provenoe et Auvergne.
9* Toulouse et Montpellier.
10" Bordeaux, Aud), Pau et Moutauban.
ir Poitou . Aunis, Saintonge, An-
pouniois, haut et bas IJinousin, haute-' et hasse Marpbe, Bourbuimais et JNivernais.
IS* Tonraine, Aiyou et Maine.
Bretagne.
14" Rouen.
15" Caen.
je** Aleneon.
ir Berry, Blois et Yenddme.
BAUX £T FOBÊTS FKÀTiCË. BAUX £T FORINTS i
18** Orléans, Beang^y ^ Ifontar-
gis.
Les grandes maîtrises étaient divisées en maîtrises particulières , lesquelles se subdivisaient quelquefois elles-m^mes en districts particuliers, que Ton désignait sous Ihs noms de gmeries , triages , etc. On comptait dans tout le royaume 145 maîtres particuliers , et environ 36 gruyers. Ces ofliciél*s réunissaient aussi des attributions judiciaires à leurs attributions administratives, el leurs décisions étaient, comme celles des grands maîtres , portées en appel aux tables de fuarbre des parlements.
Toutes ces juridictions spéciales fu« rent supprimées par la loi du 29 septembre 1791, et les matières dont elles connaissaient tombèrent naturellement dans le domaine des juridictions noo- ▼elles , .suivant les règles de compétence qui régissent chacune d'elles. L'administration des eaux et forêts futen même temps réorganisée complètement , et mise en harmonie avec la nouvelle or* gMnisation administrative de la France.
Elle dépend aujourd'hui du ministère des finances, où elle forme une division spéciale , et est représentée dans les déparlements par 32 directeurs , qui se partagent ainsi le territoire du royaume:
i<> Paris. Eure-et-Loir, Loiret, Oise, Seine , Seine-et-Marne, Seine-et-Oise.
2° Bouen. Eure, Seine-Iaférieurs.
3" Dijon. Côte-d'Or.
4° Nancy. Meurt he.
5* Strasbourg. Bas-Rhin.
6" Colmar. Haut-Rhin.
7° Douai. Aisne, Mord, Pas^e-ilalais, Somme.
8" Troyes. Aube, Yonne*
9" Épinal, Vosges.
10" Châlons. Ardennei, "HfSW^
IV Metz. msçWe.
IT Besancon. Doubs.
13* Lûtu-te-Saulfdef, Jura.
1 4** Grenobie. Hautisfr-Alpes, ])fâme, Isère.
Alençon, Calvados ^ I^I^ncbe, Mayenne, Orne, Sarthe.
Ifi" Bar^Duc. Meuse.
17° Chaumont. Haiite-Marw»
18° f esoul. Haute-Saône.
t9* iifâco». Ain, Cdte-d'Or, Rhéne, Saône^Loiie.
20o ToiUoiiie. Ariége, Ande, Haats»
Garonne.
21'* Tours. Indre, Indre-et-Loire , Loir-et-Cher, Malne-et-Loive. -
M» Bourges. Cher, Nièvre.
2S** Moulins. Ailier, Çrpuse, Loire,
Puy-de-Dôme.
24° Pau, Gers , Basses - Pyrénées , Bautes-Pjrrénées.
2.5«> Bennes. Côtes-du-Nord , Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbibnn.
Niort. Charente, Charente-Inférieure, Lotre^Iofériea^, Deux-ISèvres, Vendée, Vienne.
27' Carcassonne. Aveyron , I^ot , Pyrénées - Orientales , Tarn, Tarn-et- CTaronne.
2S° Aîx. Basses-Alpes, ^uches-ifu- Rhône, Var, V au cl use.
29" mmes. Ardècl).e, G^rd, Qérauit, Lozère.
30** Âurillae. Cantal, Haute-Loire,
Haute-Vienne.
ZI" Bordeaux. Corrèze, Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne.
89*;. jéjaccio* Corse.
Aux conservateurs sont subordonnés des inspecteurs , des sous-inspecteurs, des garder généraux , des gardes à cheval, et ûe simples gardes*
Le gouvernement a fondé à Nancy , en 1829, sous le titre iV école des eavx et/oréts^ un établissement d'instruction publique destiné à ^rmer des cah* didate pour ces diverses fonctions ; 24 élèves y sont entretenus aux frais de l'État. Les examens pour Tadmission sont faits de la même manière et par les mêmes examinateurs que ceux de l'école polytechnique. Cet établissement pourra rendre des services réels, quand il ne sera plus envahi par le favoritisnie, et quand les ministres se croiront obligés de rbnisir les élèves parmi les premiers sujets des listes fournies par les examinateurs.
La l^slation établie ^r l'ondonnanee de 1669 n'a pas été moins modifiée que l'administration. Nous avons vu qu'une grande partie de.s articles de cette ordonnance avaient rapport à l'administration et aux juridictions spéciales établies pour le fait des eaux et forêts ; ces articles durent tomber avec cette administration et ces Juridictions. Des règlements partiontien fistoent ilV
é EA17X HiirteiiKi L*ffNI¥ERS. baux miiéftAUBi
bord différents points relatifs aux eaux ; une loi, connue sous le nom de codefo^ reitier, remplaça toutes les dispositions de l'ordonnance qui avaient rapport aux forêts ; enfin un code de la pèche fluviale acheva, en 1829, de régler tout ce qui reste à Tadministration actuelle des attributions des anciens grands maîtres, eti^endit complètement mutile Tordonnance de Colbert , dont quelles dispositions n'avaient pas cessé jusque-là d*6lTe en vigueur.
Eaux minérales. — Liste des établissements et sources (Feauxminérales en France.
Abberille (Somme).
Abzac (Charente).
Âi% (Boacfae»><lu-^h6M}.
Alaigne (Aude).
Alais (Gard).
Alet (Aude).
AIi«4>-Sainte-Reine (GAff^'Or).
Amiens (Somme).
Appoigny (Tonae).
Afcbingeay (Cfaarento>iaféri«uc).
Andioac (Ariége).
Aumale (Seine- Inférienic)* Aurillac ^Cantal).
Availles (Vienne).
Afèa» (Héraolt).
> AT«ili«im rB«s-Rhin).
Aynac (I^t)- Ax (Ariége).
Bagnèrrs de Bigorrc l'tî m'es-PyréotaJ.
Bagnèrcs de Luch (Ilaute-Garsniw).
Bainolles (Orne).
BBKiloU.les-Baiiia (LOÊèté).
Bnm (les) (PyrénMMMfntalw).
Bains (Vosges).
Balaroc (Hérault).
Barbolan (Gers).
Barbet (Haotes-Pyrenfat).
BM-en-Baaset (Haat«.Lotre).
Bastide-sur-l'Hers (Ari^).
Beaavais (Oise).
Beliesnie (Orne).
Boulogne (Pas-de-Calais).
Bourbon-Lancy (Saône-et-Loîre).
BenrlMHi4'ArGbamb«olt (àUmt).
Bimrhoiiiw-kt>B«im (HMto-lfanN)w
BrillazMU (Deux-Sèvrea)«
Bruyères (Vosges).
Bussang (Vosges).
Cadéac (HautM-Pjrénéet).
Canwrès (Avejron).
Cambo (Basses-Pyrénées).
Caprem (Hautes-Pyrénées).
Caraubon (Gers).
Castéra-Verduian (Gers).
Caoterets (Haaies-PypénéM).
Cayavrtai (Ain).
Ouildctte [la] (t«rére).
Charbonnière (Rhône).
Chàteaaneuf (Puy-de.D6me).
Chàteldon (Puy.de-Odœe).
Cliâtelf ayon (Foynle.jDàait}.
dModca-Aiga» (Cantal).
Choranche (Isdre).
CUrmoot (Pay-dé-Dâme). . ^ . , ,
ConlreieTille (Vouas).
Cranssac (.\veyroii]*
Dax (Landes).
Desaipnrs (Ardèche), Dipne (Basses- A Ipos).
Dijon (Cote-d'Or).
Oinan (Côtes-du-Nord).
Eans-BiNiBa* (Basaaa-IHrréoéaa).
Baux dumdea (Baiiaa»Pyttoéai) Enc.nissç f Hitite-G.Tronii*).
i:ii)ghieu (Sciiif-i'l Oise), Escoiiloabre (Auda)* Ispérasa (Aude).
Évauc (Creuse).
Farté*Vldame (la) (Enre-et-Loir).
Flonreiui (Banle-Garonoe).
Fontenelles (Vciidi-r).
Forges-les-Eaux (St^ine-lnférietira).
Gabian (Hérault).
Oavamia (Baatat-Pyréoéaa).
Oif oadaa (Vaad naa).
Gournay (Seine InNricon)!
Gramat (Lot).
GraiiTille (Manche).
Grcoux (Basses-Alpes).
6aagiM> (Corse).
Guichen (Ille et-VUaiM).
Goillou (Doubs).
Giiitcra (Corse).
Ileucheloap (Vosges).
Joie (Puy-dc Dôme).
Laxenil (Haote-Sadne).
KaloQ (la) (Hérault).
Marsrillc (Bouchr?-dii-RhAne;,
Martigné-Briand (Maine-et-Loifle)*
Metz (Moselle).
Miers (Lot).
Moligt (Pyrénées-Oriaalalai)* Moolbrisoa (Loire).
Mont*I>er«4es-Bains (Puy-de-Dôme).
Montirat (Tarn).
Motte d'Aveillant (l>) (I*ère).
Motte-Chalençon (la) (Dldna). lloamtrol (Hérault).
HaraMe-Quairé (Pny-4«*Mn*).
Mure (la) (Isère).
Nnncy (Meoribc).
Néris-les-Bains (Allier).
Kiederbronn (Bas-Ahin).
Omza (Corse)..
Faaay (Seine).
PîlbiTiers-le- Vieil (Loiret).
Plaine (la) (Loire-inféiiaMil).
Plombières (Vosges).
Pons (Charente-Inférieure)* Poiuic (Loire-Infériean)« Fonguea (Nièrre).
Pniirrnin (Yonne).
J'rfstr (la) (Pjrcnées OrieAtales).
Propidc (Drôme).
ProTins (Seine-et-Mane).
Qoetae (Loxire).
Réauntir (Vendée).
Beignae (Cbar«tte).
Ren lies -lei- Bains (Aude).
Riaillé (Loire-lnTérieure).
Roche-Pesay (la) (Vienne).
Satt-l«s-Bains (Loire).
8al1>toiu-Ceiisans (Loire).
Saint-Affriqtip (Avcjron).
Sainl-Alban (Loirf).
Saint-Amaiid (Xnrd).
Saint'Chiisiiao (Basaes-Pjréaéea).
SdnMIataiar (Uive).
Buoir
FEANCB. ÉÊàmvïïWÊME
Saint-Honorn (NîèfTe).
Saint-Laurt-nt (fîjutes AIix'Sj.
Saint-Laurent-tii's-Bains (Arilèche).
Saint-Martin-d'Uriagc 'lsAr«).
fiaiat^MjoB (Puy-de-Dôme).
SalaMfcctaIre (Puy-dcDdoM).
Saint-Pol (Pas-de-CalaU).
Saint-Sauveur f llautes-Pyrinée»).
Sainte-Marie (Il;iii!<s-Pyr«lé«l)»
S«Kei (Uaule-Garoonej.
Santeoay (Cdle>d'(te).
Suné (Gard).
SermaÎM (Marne).
Soultz (Bai-Rhin).
Soulubach (Haut-Bliua).
Soullzmatt (Haut*KUll). .
Toiicj (Tonm).
Tr«lM(Tarii). *
Vasat (Anége).
\acqneyras (Vancluse).
Vais (Àrdècbe).
VelleroD (Vaucluse).
Velotte (Voige«).
Vwnei (Pyréiiées-Oricalaiw}.
V«»tay (Yonne).
Viaibs (Loi^re).
Vic-le-Cuinte f F'uy-de-Ddate).
Vic-sur-C^re (Caillai).
Vichy (Allier).
Vico (Corae).
WalwiUcr (Haot-Rhin).
Eauzàn , Elusensis pagus, contrée 4e Tancien Armagnac, dont Eause était la capitale. (Vo?. Eavsb.)
Ebbou , trente et unième évéque de Reims , dut son élévation au liasard , qui fit choisir sa mère pour nourrice de Louis le Débonnaire. Compagnon d'étades de ce prince, Il embrassa Tétat ee» clésiastique , fut pourvu de riches bénéfices , parut avec éclat nu concile de Movon, en 814 , et fut pourvu de révéebe de Reims « lors de ravéoement de Louis le Débonnaire à Tempire. Le pape Pascal II l'envoya, vers 822, prêcher le christianisme en Danemarck. Ebbon ûl trois voyages dans ces contrées, où il Joua aussi on rdle politique. Il montra,en 833 , nu concile de Compiègne , où fut déposé Louis le Débonnaire, la plus grande ingratitude envers son bienfaiteur ; il tut on des auteurs de la déchéance prononcée contre ce prince.
Mais l'empereur fut, bientôt après , re- )lacé sur le trône ; Ebbon subit alors a peine de son ingratitude, et fut en* èrmé dans le monastère de Fulde. On e conduisit, en 835, au concile de Thiooville, ou il fit Taveade ses fautes, et se reconnut, à hante Toif , indigne de répiscopat Lothaire , après la mort de son père, voulut lui rendre l'évêché de Reims; mais le clergé refusa de lui
obéir , et le pape ne voulut jamais liil accorder une nouvelle institution cano* nique. Ebbon mourut en 851, à Hildesheim, laissant quelques écrits peu importants, entre autres une Apologie, que dom Bouqnet a insérée dans le recueil des historiens de France.
Ébénistebie. Cette industrie est une de celles qui sont le plus habilement oiàNSées en France, et surtout à Paris ; noi meubles sont recherchés dans toute l'Europe, et cette supériorité de l'ébénisterie française remonte à une éi>oque déjà ancienne, au dix-septième siècle.
Ce serait une chose fort curieuse et Ibrt intéressante qu'une histoire complète des progrès ae cet art ; mais les éléments nous manquent potr l'écrire , et l*e8sal que nous présentons à nos lecteurs est, nous le croyons, ce qui a encore été écrit de moins incomplet sur cette question.
Étymologiquement , Tébénisterie est Tart de travailler l'ébène ; c'est qu'à l'époque où ce mot s'est formé , ce bois était celui que l'on recherchait le plus
Jour la fabrication des meubles; aujour- 'hui l'on entend, en général, par ce mot, l'art de travailler les bois précieux et de les convertir en meubles.
L'ébénisterie fut très-Qori&sante en Francè pendant le moyen flge ; le nombre considérable de cabinets, de bahuts, de dressoirs ou buffets, de chaires, de meubles de toute espèce, ornés de seulnturet souvent remarquables, et que Ton conserve encore de cette époque , suffit pour attester le développement qu'avait alors atteint Tart des tabieHert et des huchen. Nous n'entreprendrons point de donner iei une description des différentes espèces de meubles fabriqués par ces artisans. Cette description nous entraînerait au delà des bornes fixéw à cet article, nous renverrons nos lecteurs aux ouvrages de îNI. Villemin et de M. Dusommerard, en nous bornant à dire queloues mots des hommes auxquels nous devons cet objete de notre admiration.
Dans le livre des métiers d'Etienne Boileau (titre LXYIII), les ébénistes sont désignés Sous le nom de tabkUert, c'est-à-dire, continue le prévôt des maiw chands, « cens qui font tables à escrire. » £t,oa leur donne, dans les or-
^onances supplémentaires (n«< XIII),
le nom qu'ils ont porté jusque vers le dix-septieine siècle, celui de huchera.
Le chêne, le buis, le cyprès, le brésii (*), étaient alors surtout employés; 1^'voire et la corne étairnt einplovés comineornenienls. L'ebenislerie, loiiiiue tous les arts du dessin, lit, au seizièqie siècle < de notaUes progrès. Le^ grandes découvertes géographiques qui marquèrent cette époque lui donnèreat , d'ailleurs, une tuule de bois aup/airavant inconnus : on put alors varier les couleurs; et la marqueterie, ce puissant auxiliaire de Tébéiiisterie, fit aussi d'immenses progrès. On a dit, sans preuve aucune , que cet art , ne en Italie , était ^enu en France avec les lifédicit. G*ept ià , sans doute, ud préjugé qui , tôt ou tard , sera renversé , Gomine tant d'autres du même genre,
âu'une étude plus attentive de l'histoire, e Tart en France a d^à fait disparaître.
I C'est au dix-septième sièrie qtie rél)énisterie fram^aise alttignit son apogée, les ébénistes français acquirent alors , sur tous les ébénistes de 1 Europe , une supériorité qtfils ont su conserver jusqu'à nos jours , malgré ia concurrence que rAllemague leur a faite. Ceux de ces artistes qui se sont acquis la plus grande renotnmée sont : Jean-Marie de Bloîs, Andri'-Charles Boule et son fils; ils étaient a la tête des ébénistes de la manufacture des Gobelins, ouvriers cé* lèbres qui ont exécuté une foule de meubles map;nifique>^, ornés de marqueterie d'ivoire, d'ecaiUe , de cuivre, et de bois précieux.
L'ebénisterie céda au goût dominant de l'époaue , à la fin du règne de Louis XV, et I on put remarquer, jusque dans
Selte industrie si capricieuse, les traces u faux goût qui avait alors envahi tout le domaine des beaux-arts. Une réaction eut lieu à la fin du dix-huitième siècle et au commencement du dix-neuvieme.
L*art grec redevint alors à la mode , et I on céda peut-être un peu trop à cette modci dans l'ebénisterie du moins | cet
(*) Bois rouge tiré do l'Orieat : •« Li barii- «lier pueent nir« baril de fvx de tamarle m el de bre'sil à vendre et aebatar* . •» lÂVfe des métiei's, p. 104.
^£RS. iftwéJIISTEEIB
excès amena une nouvelle réaction en
sens controire, et l'on vit, vers 1825, toutes les expositions encombrées de meubles gothiques. Celle de 1834 parut offrir quelques améliorations, et Ton put espérer, pour un avenir prorhain, des progrès plus grands encore. En effet, l'exposition de 1839 a constaté un progrès notable.. Voici ùn extrait de la partie du rapport de IVl. Blanqui qui est consacrée à cette industrie : « Un remarquait un commencement de retour au bon goût, une recherche plus sévère de Tart dans des meubles exposés s le faubourg Saint-Antoinr , à P?iris , nvec ses 40,000 habitants habitués depuis vingt-cinq ans a cette industrie, Ta concentrée dans ses ateliers ; maftret intelligents , ouvriers habiles et instruits , artistes de L'oOt , cours de dessin de toute espèce, tout est réuni là. Tout aussi Y est soumis au principe fécond de la division du travail ; les scieries mécaniques débitent le bois de placage en feuilles Iciières (jusqu'à 64 par pouce) et en baguettes sveltes et déliées. La. bardiesse des découpeurs ne connaît plus de bornes; elle s'est emparée des métaux, de l'ivoire, de l'écaillé naturelle et artificielle, pour en faire des fleurs, des bordures, des ornements de toute espèce. »
Malheureusement, nos artistes en sont restés à Ijmitation, soit de la re* naissance, soit des meubles de Boule ^ lorsque, ayant une industrie et des res-. sources si puissantes , ils pourraient être si fae lement créateurs. L'acajou, le triste acajou , se trouve attaqué partout ; on le remplace parForanger, le palissandre, le frêne, le bois de rose, plus légers et d 'un as[)ect plus gai, susceptibles de mieux s ail ler avec les étoffes employées aujourd'hui par les tapissiers. Cepen* dant, il serait à désirer que l'on cm» ployât de préférence les bois indigènes; ftl.'Werner a fait de grands efforts dans ce but tout patriotique : depuis plusieurs ann^, ce fabricant a exposé des meubles en érable, en frêne et en olivier; en 1839, on a pu admirer un beau meuble en buis de chêne sorti de ses ateliers. Malgré tout, l'acajou et surtout le nalissandre, Tangica, le cour» baril et l'ébène , ont toujours la vogue. iHous espéroui cependant que cette mode
ibbIm» FRANCE. éHié t
, surtout si une industrie nais- long ; ii était, en outre, prot^^ge par de
libte, celle de la teinture des boiSf m nombreuses batteries. Les Français s'?
développe, comme tout semble le présa* engagèrent sans hésiter ; mais la bn»
ger : les bois de la Corse seraient, dans pade Coehorn , qui s'avançait en tête ,
ce cas, une sourcp nouvelle de richesses fut, à diverses reprises, arrêtée dans son
Sûur la France. Déjà Tébénisterie pro- élan par la violence du feu. Lorsque le
Dît annuellement pour une somme de général Glaparèrie arriva avec le reste dé
40 millions , dofit la moitié provient de sa division , cette masse, poussant avec
la vente à l'étranger. Les perfectionne- trop d'impalience In brigade Coehorn,
nients apportés par M. £mile Grimpé à qui continuait à faire des prodiges,
li scelptmre meeanique sont de natoré eaiions , eaissona, chariots « hommes et
à donner une impulsion immense à Té- chevaux, tout fut culbuté dans iaTrauo*
bénisterie , outre que ces procédés per- Claparède et les siens passèrent cepen-
mettent de reproduire des statues et dant; mais^ sur ces entrefaites, le feu
des bas-relt^ avec une promptitude prit aux maisons du village , qui avoisi«
et une exactitude également étonnantes, naît le pont, et de là aux premières
L'application de la marqueterie aux arches, de sorte qu'ils se trouvaient sé-
Îtarquc'ts est également toute moderne; parés des autres ror()s français, et qu'ils es beaux parquets-mosaïques en bois eurent, pendant quel((ue temps, au étrangers, représentant des dessins • nombre è peine de 7, 000, à lutter contre d'entrelacs ou d'arai)psques, exposés en 30,000 Autrichiens formés m bataille 1839, ont été admirés comme ils le mé- sur des hauteurs. Ils le firent avec auritaient. Pour cette industrie, la méca- tant d intre-pidité que de succès; mais ils nique a atisst fburoi des résultats utiles) eussent fini par succomber, si les autres la coupe du bois a été améliorée, et le divisions d'Oudinot, arrêtant rinSendle jury a dû décerner 11 récompenses aux et rétabli sant les communications, ne mdustriels qui avaient présenté leurs fussent accourues à leur secours. Les produits, n faut espérer que cette ln<* Autrichiens, craignant dès lors d'être .Qustrie naissante, lu mosaïque en boiê^ débordés , battirent en retraite, et laisse développera comme elle le mérite. sèrent quatre canons , deux dra[ienux , A cet aperçu rapide, nous croyons et un monceau de morts dans ce nialdevOir ajouter les noms des industriels heureux village d'Ebersberg, dont les qui savent conserver , par leur goût et ruines fumaient encore au Itout de huit leur activité, une aussi précieuse indus- jours. Les maisons, les rues , les rives trie à la France; ce sont : MM. Jacob de la rraun, étaient encotnbrees de ca- Desmalter , de Billv, Beilangé, fiellan- davres a demi brûles. Cette afifaire gre, Meynard, Fisener, Werner^ Orohé, coûta aux Autrichiens 4,S0O hommss Durand , Jolly, Berg, Barbier, Hoeffer, tués ou blessés, et 6 ou 7,000 prison- Royer, Osmond , à Paris, et M. Kugel, niers. La division Claparède, qui s'était à I^lancy , tous récompensés par le jury tant distinguée, n'eut cependant que 300 de Texposition. morts et 700 blessés.
BB£BSBEB6 (combat de). Au prin- Éblé (Jean>Baptiste), général d'nr-
teinps de Tannée 1809, Napoléon mar- tillerie, né en 1759, à Saint-Jean de
chait sur Vienne à grandes journées, et Rorbacb (Moselle), entra au service
les Autrichiens se repliaient au plus vite somme simple canonnier, et devint olii-
vers leur capitale. Le S mai, la divi- cier en 1785. Capitaine en second dan.«
eion Claparède, du corps d'Oudinot, la- le 6" régiment d'artillerie en mai 1792,
Oueile formait l'avant-garde de l'armée il servit dans l'armée de Dumouriez
française, atteignit daris la matinée i'ar- jusqu'au mois de juillet i7U3. 11 fut
tièreirarde autrichienne, qui se hâtait à alors chargé, en qualité de chef de ba-
pnsspf de la rive gauche sur la rive taillon , du commandement de l'artillerie
droite de la Traunn , au moyen d'un d'une des divisions de l'armée du JNord,
pont situé en face d'Ebersbergl! Ce pont et se trouva à la bataille d'Hondscoote et
8*étend sur plusieurs lies et plusieurs au déblocus de Dunkerque* Nommé gé*
btas qui divisent la rivière en cet en- néral de brigade le 27 septembre 1798»
droit , et offre ainsi un parcours assez il coiilmanda rartillerie de la même
s lÉBBonr L'UNIVERS. isRonr
armée, pendaut la t^nquéte des Pays- au trône, de sa seule autorité, un troi-
Eas de la hollande. H fut ensuite appelé sième fils de Clofis n, Théodorie III
au commandement en chef de rartillerie (670). A cette nouvelle, les leudes de
de l'nrmée de Rhin-et-Moselle , et ouvrit Neustrie et de Bourgogne se réunirent,
avec le générai Moreau la campagne de firent alliance avec ceux d' Australie ,
Tan lY. Il passa en l'an vn à l'armée de reconnurent pour roi Childérfc II , et se
Rome sous Gbampionnet, puis à celle niirent en marche pour aller attaquer
des Alpes; retourna ensuite à l'armée Kbroïn et son roi. Ceuxici, abandonnés
du Rhin, où il fit les campagnes des de tous, tombèrent aux mains des
années viii et ix ; il y dirigea le passase leudes ; on les tondit, et on les relégua
du Rhin, celui de l'Ion et celui de la dans des roouastères. Cbildéric II fut
Salza , et déploya dans toutes ces cir- alors reconnu roi des trois royaumes,
constances une activité infatigable; fit Wuifoad et Léger étant maires du pa<
avec une égale distinction les campagnes lais. » Mais bientôt la conduite du oou-
d'Allemagne de 180S à 1805, celle d^Es- veau roi, qui relégua Léger dans le
pagne en 1809, celles de Portugal en eidtreinéme où Ébroin était enfermé,
1810 et 1811; il se signala sous les souleva contre lui les grands, qui le
murs de Ciudad-Rodrigo et au siège massacrèrent. A cette nouvelle, Ébroïn
^d'Alméida, et fit ensuite partie de la et Lé^er sortirent de leur prison; les
malheureuse expédition de Russie. Il proscrits de tous les partis reparurent;
mourut à Magdebourg, le 80 décembre leudes et ahrinians , Neustriens et Aus-
J812. trasiens se firent une guerre très-con-
ÈBR^iîih^ Eboralium , Eborolœcum, fuse; « et, dit le même biographe, il y
et plus anciennement , Prsedium ApdC' eut une telle anarchie dans les royaumes
tinaris 5îrfonfi, petite ville de l'Auver- francs, que l'on crut que la venue de
§ ne. aujourd'hui chef-lieu de canton du l'Antéchrist était proche. Les Neus-
épartement de l'Allier. C'est dans les triens élurent pour roi ce même Théo«
murs de cette cité qne la tradition place doric III qu'ils avaient chassé ; les ducs ,
Tun des quatre palais que Charlemagne leurs familles, leurs compagnons, se
avait choisis pour résidences à son fils précipitèrent au-devant de Léger, offrant
Louis, roi d'Aquitaine, Ce bâtiment fut de se dévouer pour lui. » De son côté,
donné, a ce qu il paraît, en 974, par Ébroîn réunit une foule d'aventuriers,
Lothaire, au monastère de l'ordre de alla en Austrasie, oà il grossit son
Saint-Benoit, (]ne Loilis le Débonnaire armée, se donna un faux roi et marcha
y avait fondé en 80G. contre la Neustrie. Les leudes furent
Charles Vil s'empara d'Ebreuil en vaincus (074), et quiconque ne se soumit
1440, lors de la révolte de la Praguerie. pas à Ébroîn fut dépouillé de ses dî-
On compte aujourd'hui dans cette ville gnités ou frappé par le glaive. Léger se
environ 3,000 habitants. retira dans sa ville d'Autun, et s'y dis-
grands de cette p.irtie de la monarchie portes, et se livra à ses ennemis, qui lui
des Frnncs, après la mort d'Erkinoald. crevèrent les yeux. Alors Kbroïn aban-
Çlutaire iil avait alors le titre de roi; donna son tau.\ roi, reconnut Théodo-
Ébroîn voulut lui rendre l'autorité de rie III, et govvema avec une autorité
ce titre et rétablir la [xiissance royale, absolue sur les Neustriens et les Bour-
11 exila, dépouilla 1rs grands, et en fit guignons. I\egardatit eonnne eimemi
i}érir un grand nombre; mais ils se sou- tout ce qui était riche et puissant, il fit evèrent; leudes et évéques se révolté* tuer, dépouiller, exiler les grands; il aèrent contre sa tyrannie, et prirent pour câbla Léger de tourments, le réduisit chef Léodegaire ou Léger, evéque d'Au- en esclavage et le fit dégrader par un tun. Clotaire 111 vint alors à mourir, concile (*). Mais toutes ces persécutions « Ëbroïn , dit l'historien de saint Léger,
au lieu de convoquer solennellement les n Toy. ruisumv tfes FhmfM, par la*
grands pour élire uii nouveau roi , éleva vallée , 1. 1 , p. 140.
icAvr YBÀ
tournèrent à la gloire de l'évéque, auquel il lit enfin trancher la tête en 676, et quel'opioion publique vénéra comme un martyr.
Les Austrasîens ayant alors tué leur roi Dagobert U, prirent pour chefs Martin et Pépin, qui résolurent aussitôt d'attaquer Ébroîn, de?eno odieux à l'Austrasie comme restaurateur de la royauté, et d'ailleurs menncait de
|)0ursuivre jusque dans cette partie de *enipire les leudes de la Neustrie. Ils furent encore vaincus ; Ëbroïn attira Martin à une conférence , l'y lit assassiner, puis s'avança pour conquérir TAustrasie; mais, peu de temps après (681} , il fut tué par un noble franc qu'il avait menacé de la mort. Ainsi périt cet homme remarquable, qui, dit un chroniqueur, c exerça sur la Gaule un pouvoir plus brillant que n*en avait jamais possédé aucun Franc,» et qui avait, comme Frédégonde , défendu avec succès la France de Pouest et retardé le triom* phe des grands de l'Austrasie. Sa mort lut le signal de la décadence de la ÎSeustrie. (Voyez Annales, t. I, p. 28, et LÉGER [saint].)
Ebdbones, peuple germain qni, suivant M. Walckenaer, s'étendait a l'otiest et au nord jnsqn'à la Dyle, qui le séparait des Menapïi. Ils avaient à l'est le Ubin et les Cambres; au midi, les Muatîci et les Condrusi, c'est-à-dire, le comté de Nam tir et le Condroz. Au dire de César, ils formaient une nation peu nombreuse et peu puissante; cependant il nous reste de ce peuple des médailles autonomes portant le nom d'un de leurs chefs. Ils se défendirent vaillamment contre César, qui, irrité de leur résistance, les extermina de telle sorte , que leur nom ne se retrouve plus ensuite dans Thistoire, et que peu de temps après ou vit les Tungri, peuple germain également, s'établir dans une partie de leur territoire, qui était devenu presque désert.
Ebubovices , ancien peuple du territoire d'Ëvreux. Voyes Etbbux.
KcAGE, petit pays de INormandie, dont les principales localités étaient les AuthieuX'Papillon ou Àuthieux en Eeage et Ecajeul (Calvados).
£cABT, ÉCAS ou issue (droit d*).-- Ou appelait ainsi, dans les pays de cou-
rCE. écHANSON •
tume , et principalement en Flandre , dans les villes ayant droit de bourgeoisie, une redevance prélevée , par la cité ou par le seigneur, sur les biens qui passaient des mains d'un bourgeois en celles d'un non-bourgeois, et réciproquement, et même parfois sur ceux qui passaient d*un non-bourgeois à un autre non-bourgeois.
Le droit d'écart était réglé trèsdiversement, suivant les coutumes diverses. Merlin en a ftit Tobjet d*une dissertation savante dans son Répet* toire universel de jurisprudence.
ÉCABT , terme de blason sous lequel on dési^ene les quartiers de Técu quand l'ccu rst divisé en quartiers. Les armes principales de la maison se mettent au premier et au quatrième écart, c'esta-dire à ceux de la partie supérieure de récu; les armes des alliauces oa de la ligne maternelle au deuxième et au troisième.
ÉCABTÈLBHENT. — Ccst le uom de Pun des plus horribles supplices qui aient jamais été inventés. Fort usité jadis en France, il consistait à attacher un cheval vigoureux à chaque pied et à chaque bras du patient; on faisait ensuite tirer ces animaux jusqu'à ce que les membres fussent séparés ilu tronc.
Cet atroce supphce posait durer plusieurs heures, et la plupart du temps le bourreau était obligé de couper les muscles du patient à coups de hache.
Bien qu'il fdt réservé spécialement aux crimes de lèse-majesté, cependant il fiit quelouefois employé contre d'autres criminels; ainsi, il fut infligé à Poltrot, assassin du duc de Guise, en lôG3. Damien est le dernier criminel .qui ait subi ce supplice.
ÉcABTÈLEMENT, en tcmies de blason, signifie le partage de l'écn en quatre quartiers. Onécartèlede deux manières, en erotoet en smtiolr, L'écartèiement en croix se fait au moyen de deux li* gnes qui se coupent à angles droits; l'écartèlement en sautoir par deux diagonales.
ÈcHANSON (jHncema). — Un magiS' ter pincernarum est mentionné parmi les officiers du palais de Charlemague; mais Ton ne peut affirmer que cette dignité ait été en usage sous les Mérovingiens. Sous les GariOTiogiiiis, le mot
10 i^ÉMiw vtmmsBiBé Icbabw
pineema se rencontre <iuelquefois corn" me 8ynoii3rme de . butieulmius; et du
Cnn2;è, qui traduit res deux mots par bouteilleî', cite néanmoins un texte duquel il résulte qu'il y avait au sacre de Philippe V deax officiers revêtus. Tua du titre de pincema, l'autre de celui buticularius . Il pense que dans le principe ces deux mots étaient synonymes, et dans sa liste (voyez Bootxillbb) il n*a établi aucune distinction entre les personnes qui ont porté l'un ou l'autre.
Le bouteiller qui avait l'intendance des vins était aussi chargé de présenter la coupe au roi. Les écbansons et les bouteillers sont nommés dans les actes, depuis Hugues Capetjusq'i'à saint Lotiis.
Ils étaient quelquefois assez nombreux; on en trouve iusqn'à sept à certaines époques. Le principal d'entre eux prenait ordinairement le titre de premier ou de grarul échanson. Il était obligé d'assister au sacre du roi, aux entras solennelles des princes et des reines, aux repas de cérémonie, à la cène, le jeudi saint. Abolie à l'époque de la révolution, la charge de grand échanson fut rétablie par Louis XVIII; mais elle n'a pas survécu à la révolution de juillet.
Ménage fait dériver le mot erhanson de l'allemand schenken, verser à l)oire.
ÉcHABi'iis. — Aux premiers temps de la chevalerie, les écharpes, lambrequins ou bandes que portaient les liomnu's d'aunes , n'étaient point des signes de nationalité; c'était un simple morceau d'étoffe qui servait au besoin à essuyer la sueur du front, à panser une blessure. Cependant la mode, la vanité, la galanterie, s'emparèrent de oe signe extérieur. L'écharpe fut alors un tissu octroyé au chevalier par la dame de ses pensées. ^£lle servit aussi à un usage moins frivole, lorsqu'on lui donna une couletir convenue, pour qu'elle devînt entre gens du même parti un signe de ralliement. Depuis les croisades, les Français la portèrent généralement blanche, jusqu'au règne de Charles Vt, où la gendarmerie reni[)l.)ça la chevalerie. Les Armagnacs seuls conservèrent alors cette couleur. Cliarles VII ût porter l*écharpe à ses oom|)agnie8 d'ordonnance. Sous Louis XI," elle était encore en usage et se portait blanche.
Mais sous Louis XII et François r% ou
Jr renonça , parce qu'on reconnut qu'avec esaitnêsà feu elle était fort embarrassante pour le soldat. Henri II néanmoins la lit re(ireiidre aux compagnies d*ordonnanc.e, qui en eurent deux à la fois, récharpe royale <jr6isant de dtx>ite à gauche sur l'écharpe aux couleurs du capitaine. D'Aubi^né nous apprend que Charles IX et Henri UI choisirent le rouge pour la couleur distinctive dé leur écharpe, tai dis que les huguenots en avaient de blanches. En 1691, les ligueurs la portaient noire. Sous Henri IV, récharpe blanche tat de nouveau livrée royale, et on la mit en bandoulière. Il en fut de même du temjMi de son successeur.
Mais pendant les troubles de la Fronde, les différents comparses du drame affichèrent des couleurs assez variées Tes ofliciers de l'armée du maréchal d'Uocquincourt, par laquelle Mazàrin se fit escorter à sa rentrée eit France, en tr).S2, portaient une écharpe verte. Celle de la maison de Condé et de ses partisans était isabelle SouS Louis XIV, l'écharpe mise en ceinturé se portait surtout en soie blanche; eetta couleur était alors en vopue, comme rappelant celle des colonels généraux et des généraux d'armée. Les officiers aux gardes avaient l'écharpe d'argent. Les étendards, étant de couleurs différentes^ portaient au^si , depuis assez longtemps, au-dessous de la lance une écharpe blanche, appelée plus tard eravaUL Après la paix de Ryswick, quand l'uniformité s'établit dans les habits militaires, l'écharpe ne fut plus qu'une décoration inutile, embarrassante, dangereuse dans le combat. On n'en fît plus usaL^e pendant la guerre de 1701 4 et l'adoption générale du fusil, en 1703, la fit abolir entièrement dans l'infanterie. On conserva cependant l'aiguillette qui servait jadis à la maintenir sur l'épaule.
Les commandants de place, les maréchaux, les officiers généraux, ont porté longtemps l'écharpe en ceinture (voyez ce mot), et les ofliciers municipaux se reconnaissent encore, dans (*) Chaque nation avait sa couleur. Les Anglais et les Piémontais portaient l'écharpe bleue; les Espagnols rou'^f; les Hollandais orange; les Aulrichiem noire et Jaune, etc. '
àcHmaiÊ FRANCE. émmnKMÉt u
fexèrcice de leurs fonctions, à une écbarpe ou ceinture trioolorej Lorsque les Bourbons et leurs parti*
sans nous revinrent avec leur amour de toutes les vieilles choses, certains chevaliers de la légitimité s'affublèrent de réeharpe blanche, et peu s*en faUut que tous les officiers ne fussent tenus de s'en revêtir aussi. L'ordonnance etnit déjà sienée, en 1816 : heureusement la force «rinertie, Tamour-propre, lacraintt du Hdicule , paralysèrent les efliets dé cette restauration s^n^ulière.
ÉcHAUDEURS, espèce de pâtissiers fort appréciés par nos pères. Il «st AU mention, dans une charte de Téglise Cathédrale de Paris, en 1202, des panes qui dirnntur enchatidaii. Ces ét liaudés étaient plus gros que les nôtres, puisque l'on f«Ht, en fSSl, les religieux de Saint-Denis accorder à une veuve le droit de venir prendre dans leur boulangerie, tous les Jours de féte, une ifli^ de pain et un édiaudé. Saint Louis avait permis aux échaudeurs de vendre leurs produits tous les jours de la seumine. A Paris, ils étalaient aux halles, le samedi, près de la rue de la Tonnellerie, ou bien ils parcouraient leÉ rues en criant: Ga^ètei ehaudÉê, etcUaudezC)!
ÉCHELLE. — Ce terme, souvent confondu arec celui dej9tibH^ désignait une espèce de carcan, marque de haute ou moyenne justice, dres^ce dans un carrefour ou dans un autre lieu public.
Il y avait Jadis plusieurs aeces échelles dans la ville de Paris; l'évêque avait la sienne au Parvis. C'était la que le condamné faisait amende honorable, était prêché et niitré. Elle fut détruite au commencement du dix-septième siècle. On y substitua, en 1767, un cardan fixé à un poteau. C'est de ce poteau que
Sartaient toutes les distances itinéraires e la France On Pabattft en 1790.
Celle du chapitre de ISotre-Dame était près du {)ort Saint-l.andri ; celle du prieuré do Snint-Martin des Champs entre la uorte de l'église et la rue Âu-
Au dix-huitième siècle, on en voyait
(*) Voyez le poëme des Cris Je Paris , le LUfré de» métun, d'Étienne Boilcau, et du
encore une dans la rue de VÉchelie d»
Temple. Les petUs^nutitres Tavaient brdiee pendant la minorité de Louis XlVt mais elle avait été aussitôt rétablie.
Échelles du Levant. On désigne par ce nom les ports de la Méditerranée soumis à l'empire ottonsan, et firéque»tés par le commerce européen , commerce dont Marseille devnit le centre lors de la décadence des républiques itâlionnes. Les principales échelras sont Constantinople , Salonique , Smyrm , Alep, Seyde, Chvpre, Alexandrie, etc.
Les Marseillais désignent aussi sous le nom d'échelles de la Barbarie les ports de la côte septentrionale d'Afrique.
On n'est pas d'accord sur IVtymologie de ce nom. Les uns prétenderit qu'il doit son oriiiine aux degrés appuyés sur les mdles des ports de ces places ; sui* vant d'autres , il vient du provençal et* cale f dérivé lui-même de seaia. Faire escale se dit, en terme de marine, d'un navire marchand oui , en route pour sa destination , touclie successivement à différents points où il peut commercer.
Cette expression s'applique, même hors de la Méditerranée , à tout navire qui interrompt son voyage pour relâchef dans un port étranger.
ÉCHEVINAGE, KCHKVINS. Le mot
échevins, en latin scabini, scabtnei , vient du théotisque skapene^ skafene, skepene y skefene , qui signifie crt'rs f constitués , du verbe skapen, ska/en* Le moi juges était sous entendu.
Dans Ses tentatives pour créer dans son empire une administration régulière , Charlema^ne voulut donner à toutes les provinces une organisation judiciaire uniforme. Il ordonna donc u« dans les villes et hors des villes, ou lirait, du commun accord de rofficier impérial qu'on appelait comte, et de lai population , des juges qui prendraient place comme assesseurs dans les tribunaux urbains ou ruraux. Ce ftirentees juges, d'inslitiition nouvelle, qui reçu* rent le nom de srabini, scah'nei. Ils devaient être choisi^ parmi les honnnes dont la probité, les bonnes moeurs. Té* quité étaient avérées, et moment de l'élertion , comme le prouvent les capitula ires, ou ne devait pas tenir compte de Is race à laquelle appartenaient ceoi qui avaieurmérité les saffrages des ef'
ts ÉùÊommMfR L*umVERS« ÉcnviHASK
ficiers impériaux et des localités (*). Dès lors, tes échevins de radministration carlovingienne remplacèrent les bons hommes, prud'hommes ^ rachimbaurgs des temps mérovingiens.
C'est une qaestioa fort gra?e t soi* vant nous, de savoir comment t*opéra la transforniation qui enleva aux échevins une partie au moins de leurs attributions judiciaires, pour leur conférer, dans de certaines limites , des attribations administratives, si Ton peut s^exprimer ainsi. Il nous semble que M. A. Thierry l'a résolue, dans le passage suivant , avee beaucoup de elarté et de vérité :
« A partir du règne de Charlemagne, et tant que dure son empire, on trouve l'administration de la justice organisée d'une manière uniforme dans les villes
et hors des villes ; une. nouvelle magistrature apparaît dans toutes les causes, soit des Francs, soit des Romains, soit des barbares vivant soos une loi originelle. Ces ju!;es , que les capitulaires nomment scabini, scabinei, sont choisis par le comte , Tenvoyé de Tempereor, et le peuple. Us joignent à leur titre le nom de la loi suivant laquelle ils ont mission déjuger; il y en a de Saliques, de Romains et de Goths. Les anciens tribunaux germaniques et la justice municipale sont également soumis à cette innovation judiciaire , et c'est pour la première fois qu une même règle s'applique à deux ordres de juridiction entre lesquels , jusque-là , i1 n*y avait eu rien de commun. Sous le nom de scabins, depuis Charlemagne, l'histo/ien doit voir dans les villes, sinon la eurle tout entière, au moins une portion de la ourle ; car ce fut sans nul doute parmi ses membres les plus notables que le comte et les habitants désignèrent les ju^es dont la loi remettait la nomination a leur choix. Les scabins francs, ceux du comté ou du canton , étaient de simples juges ; mais les scabins romains, ceux de la cité, réunissaient le double caractère de juges et d'admiuistrateun ; d'est de la que
(•) Voy. Capitul.'d6 Tsn 809; ap. scrîpt. rer. Gallic. et Pranàc, t. V, p. 680; Capitul. de l'an 829; ibid., t. VI, p. 441 i Charte de rannée 933 ; Uût, du JUmguMtoç, t II| preu-
provient l'institution de TécheviniM, mstitution qui, elle-même, n*est quMin
nom nouveau donné à quelque chose d ancien , à la municipalité gallo-romaine. Sous la féodalité, le scabinat cantonal disparut, le scabinat urbain subsista seul. Alors ce que Charlema* ne avait établi pour tous les tribunaux e son empire se resserra dans le régime municipal et fit corps avec lui.
Dès le dixième siècle, ceux auxquels les actes publics ou privés donnent le titre de scabijiij sont de vrais échevins dans le sens moderne de ce mot ; ils ne tiennent plus rien de la réforme judiciaire à laquelle leur nom se rattache; ils administrent en même temps qu'ils jugent, et leur droit de justice, en concurrence avec la justioe seigneuriale, reste comme une dernière ^rantie de la vieille liberté civile, comme une tradition qui , de siècle en siècle, remoute juscju'au sixième (*). »
Nous le répétons , la transformation que nous signalions plus haut nous paraît parfaitement indiquée dans les lignes qut nous venons de citer. Il nous reste a savoir si le mot é^eoln subsista , avec sa signification nouvdie»
dans toutes les parties du territoire qui avait composé autrefois le vaste empire de Charlemagne. Ici encore , M. Aug.
Thierry a résolu la question en deux mots : R Dans les villes du Midi , le titre d'escavins ou escafins , que laissent voir, sous leurs formules, plusieurs actes du dixième siècle , fut d'abord eÎTfacé cà et là par les titres , plus anciens que lui, de syndics, jurais^ prud'hommes i il fut complètement balayé au douzième siècle par la grande réforme qui propagea et nt prévaloir le nom de consuls. Pour les villes du Nord et du Centre, le titre d'échevins, que la plupart d'entre elles eonservèrent , est le signe de la durée non interrompue de leur juridiction mun!cii):j|p (**). »
IVous admettons ce qui précède, sauf restriction pour la dernière assertion.
Il y eut en effet, au douzième siècle, un grand nombre de villes du Centre
(•) Considérations sur l'hist. de France, en tète de* récits néroviDgiens , 1. 1, p. aSa.
(**) Cmuidérotàtmt sur thbt, 4I0 Frmct , 1 1, p.a5a.
ioÊUffSum, FRANGE. licHiQUin is
qui coaservèreiu à leurs officiers municipaux lelitnâ^éehevint; maîsilyeneut beaucoup aussi qui adoptèrent la qualifi*
cation de consuls. Queiqiies-iinps (nous parions toujours ici des villes du Centre, et notamment des villes de la Bourgogne, méridionale et du comté de Bourgogne) employèrent les deux mots indistinctement ; et d^ms plusieurs chartes on écrivit scabini seu consules, pour désigner les membres de la magistrature urbaine.
Après la révolution communale, quelles furent les attributions de« écbevins? Us restèrent tout à la fols administrateurs et juges. Mais Ils n'avalent plus que la connaissance des causes inférieures , les cas de haute justice étant réservés aux officiers seigneuriaux , et plus tard, d'une manière plus générale, aux prévôts et baillis délégués par le pouvoir royal. Le pouvoir judiciaire leur fut quelquefois contesté , mais jamais le droit d'administrer la cité.
La réunion, ou, comme on disait encore, le collège des échevins , constituait Véchevinage. Ce dernier mot fut aussi souvent employé , dans un sens figuré et abstrait, pour désigner le pouvoir des magistrats municipaux , et quelquefois même Tétendue de territoire (ville et banlieue) soumise à la juridiction des échevins.
Quel fut le rôle des échevinages dans la série des événements qui romposent notre histoire? C'est une question que nous avons déjà résolue à plusieurs reprises. Nous renvoyons principalement à la partie de nos Annales où nous avons raconté la grande révolution gui éclata dans les villes du noid de la France au commencement du douzième sièele , et aux articles que nous avons consacrés aux Communes , aux ÉLECTIONS et aux ManiciPALiTÉs dans le présent dictionnaire.
Échiquier , saccarium , c*est le nom que l'on donnait en Normandie à certaines assemblées de commissaires délégués pour réformer les sentences des juges inférieurs et juger en dernier ressort. Le nom était venu de ce que le premier échiquier , qui fut celui de lïormandie , se tenait dans une salle dont le pavé était formé de dalles carrées, alternativement noires et blan-
ches, comme le damierd'un jeu d'échecs.
L'échiquier de Normandie , institué • suivant la tradition au commencement du douzième siècle, par le duc Rollon , fut pendant plusieurs siècles ambulatoire, comme le parlement de Paris.
Philippe le Bel ordonna, en 1802, ou'il se tiendrait chaque année à Piouen ceux échiquiers; mais cette ordonnance ne fut pas toujours exécutée à la lettre,
Êuisque la cour de l'échiquier s'tessemla souvent, surtout dans les temps de troubles et de guerres civiles , ci Falaise et à Caen. Les états généraux de Normandie, réunis en reconnurent la nécessité de l'échiquier perpétuel; ils demandèrent instamment à Louis XII de l'ériger en cour sédentaire dans la ville de Rouen. Ce prince lit droit à leur requête , et, par un édit du mois d'avril 1499, il établit dans la ville de Kouen une cour souveraine, sédentaire et perpétuelle, composée de quatre présidents, dont le premier et le troisième devaient être clercs , et le second et le quatrième laïques, de treize conseillers clercs et de quinze laïques, deux greffiers, etc. , etc. François I»', à son avènement au trône , confirma par lettres patentes la conr de Téchiquier dans tous les privilèges que son prédécesseur lui avait concédés ; mais il voulut que le nom d'échiquier fût changé en celui de parlement. (Voyez Parlement.)
Les autres cours souveraines connues sous le nom d'échiquiers étaient :
échiquier de Farehevéque de Rouen. C'était un tribunal particulier que les prélats de cette ville prétendaient avoir le droit de posséder, et qui était, suivant eux, indépendant de réchiquier général de Normandie. Cette prétention donna lieu à de longues discussions, qui ne furent terminées que le 2 juillet 1615, époque où le parlement de Rouen ordonna aux officiers que l'archevêque commettait pour tenir la juridiction temporelle de son archevêché , de qualitier cette juridiction du titre de hmOsjourSy et non de celui d'échiquier.
S*» Les échiquiers des apanages. On appelait ainsi les grands jours des
rmces aniquete avaient été concédées, titre d'apanages, des terres situées en Normandie. Chacun de ces échi-
KCKERBlf L'UNIVERS. EdCMlTHL
fluiers avait son nom particulier; tels étaient les échiquiers des comtés d'É- Tteux, de BeaumonMe-Roger , etc« Ces échiquiers étaient indépendants du grand échiquier dp Normandie.
3** L'échiquier d'Alençon était aussi indépendant de Técliiqurer de Normandie; il a?ait sans doute été établi lorsque le comté d'Aleiiçon avait été donné 5 im prince de la maison de France.
Des lettres patentes de Henri II ordonpèrent, en 1550, malgré l'opposition du parlement de Paris et celle des habitants d'Alençon, que toutes les causes du bailliage cle cette ville seraient renvoyées au parlement de Rouen , pour y être jugées souverainement. I,es choses furent rétablies dans leur état pri- Diitif vers 1525 ; et eniin, après plusieurs tentatives faites par le parlement de Paris uour s'emparer de cette juridiction, 1 échiquier d'Alençon fut supprimé i)ar des lettres patentes du mois de Juin 1584 , et , jusqu'à la révolution , le iKitlIiage d'Âlençon ressortit au parle* Rient de Rouen.
Les juges ou conseillers s!*^2;ea!it dans pes divers échiquiers prenaient le nom de maUrB» de réchiquier.
EcHUTE MAINMOBTABLE. On appelait ainsi un droit en vertu duquel tons les liie^s du suiet mainmortable, décède sans communier , retournaient au seigneur , qui n'était pas même tenu de payer les dettes de cehii dont il héritait ainsi. Les héritages mainmortables de l'homme franc déœdé sans laisser de descendants ou d'autres parents en cominnnion avec lui étaient soumis au même droit. L'article 6 de l'édit du IDois d août 1779 abolit ce reste odieux de la servitude personnelle.
EcKF.RE\ (baf aille d'). Pendant la guerre de la succession d'Kspagne, le maréchal de Boufflers commandant , avec le maréchal de Villeroy , l'armée ^e Flandre, trouva, le 30 juin 1703, une occasion favorable pour attaquer le général hollandais d'Obdam , campé à Eckeren, près d'Anvers, sur un terrain dont une grande quantité de marais, de canaux , de diiiues et de haies faisaient un poste très-avantageux. Il lui livra un combat très-rude et trèsopjniâtre , qui dura de^is trois heures fusqu'à la nuit. Le régunent do Maine
se distingua particulièrement dans cette affaire. Après avoir forcé un défilé, il se trouvait exposé à un feu terrible des alliés, qui tiraient sur lui à couvert d'une digue. Pour les atteindre, le régiment se jeta dans uft canal, qu'il traversa ayant de Teau jusqu'au cou. A peine arrivé sur l'autre rive , Il est chargé par un gros de cavalerie ; aussilôt'^il se séparé en pelotons qui tirent sur l'ennemi sans s ébranler. Le colonel est tué avec un grand nombre d'officiers ; mais les soldats ne perdent pas un pouce de terrain. Les balles leur manquent, ils arrachent les boutons de leurs habits, et se Jettent sur les cadavres pour leur enlever la poudre qui leur reste.
Après ce combat , qui ùl éqhouer les dessms des alliés, et leur fit perdre quatre mille hommes et presque tous leurs bagages, d'Obdam fut pr^védu commandement en chef.
EcKMUHL (bataille d'). Les généraux autrichiens Rosenberg, Lichtenstein et Hohenzollern , étaient tenus en échec vers Eckmiihl par les corps d'armée des maréchaux Lefebvre et Davout.
L'empereur, qui voulait punir les Au* trichiensdu léger avantage qu'ils avaient obtenu en occupant Ratisbonne , partit deLandshut le 22 avril 1809 au matin.
Il arriva dans l'après-midi devant Eck* mùhl , avec les divisions Lannes a| IMasséna , les divisions de cm'rassiers des généraux Nansouty et Saint-Sulpice , et une division wurtembergeoise.
L'armée autrichienne y était en position, sous le commandement du prince Charles , au nombre de cent dix mille hommes. En arrivant sur le terrain , Lannes dirigea immédiatement la division Gudin de manière à ce qu'elle débordât la gauche de l'armée ennemie, et au même instant les troupes des maréchaux Davout et Lefebvre, ainsi que la cavalerie légère du général Montbrun , entrèrent en ligne. L'attaque commen^ sur tous les points a la fois \ l'ennemi fut promptement chassé de toutes ses positions , et mis en pleina déroute La nuit seule arrêta la poursuite de la cavalerie française. Les Autrichiens perdirent dans celte rencontre la plus grande partie de leur artillerie, leurs bagages, leurs munitions, quinze
icLAMÂGE FRANCE. ik^fJUMf&B
drapeaux, six mille morts et TÎiigt mille
prisonniers.
KcKMUBL (prince d ). Voye* Da.-