CE. £STO
clergé; du Perron, son prolecteur, lui
fit en outre accorder une pension de cinq cents livres. Mais cette souuue cessa de lui être payée après la mort du cardinal. Malgré 'son activité et ses magnifiques travaux, Antoine éprouva des revers semblables à ceux qui accablèrent son illustre aïeul. Devenu infirme et aveugle , il fut , à la fin , réduit à solliciter une pince à l'IIôtel-Dieu , où il mourut en 1671, à l'ilpe de quatrevingts ans, sans avoir eu d'enl'ants. Son frèro cadet, Joseph, était mort en 1629, imprimeur du roi à la Rochelle.
On estime qu'il est sorti des presses de cette illustre dynastie près de dou^ce mille ouvrages, qui ont exercé une influence prodigieuse sur les progrès de la littérature, de Térudition et des sciences.
ESTIENNOT DE LA SeRUE ( DOU»
Claude) , savant bénédictin , naquît à
Varenne en 1649. Porte par un goût très-vif ;i l'étude de rhisloirr, il s'essaya par des recherches qui lurent si goiltees de ses supérieurs, qu*on renvoya dans plusieurs provinces du royaume pour recueillir les pièces inédites propres à composer une histoire de son ordre.
De 1673 à 1684 , il rédigea quarantfrdnq volumes in folio, presque tous écrits de sa main. Ces recueils contenaient une immense quantité de titres de fondation ^ de chroiuques entières ou extraites , d'ouvrages non imprimés , de bulles , de diplômes , etc. ; et un grand nombre de ces pièces étaient accompagnées de notes aussi érudites que judicieuses. Ce fut sur ce trésor que travaillèrent ensuite tous les historiens de l'ordre de Saint- Renoît. -Mabillon y trouva les ressources les plus précieuses pour sa Diplomatique et ses Annales ; Sainte-Marthe pour son Gallia ChriS' tiana, etc. I)om Estiennot, (\u\ jouit de l'estime particulière de trois papes, Innocent XI, Alexandre Vlll et Innocent Xn , vécut longtemps à Rome, et y mourut en 1699.
EsTissAC , ancienne seigneurie du Périgord, aujourd'hui du département de la Dordogne, érigée en duché en
Estoc ou FsrorADF. de l'alleinand Stok, qui signilie Làton; nom il iuie.
arme ouensive et d'escrime, fort usitée
BSTOURHEL
LUMV£RS«
ESTOUEMBL
au mo^en ^e. C'était une épée longue,
destinée à pointer, comme les armes d'hast. Sa lame était longue , sans tranchant , fort étroite , plate , ronde ou carrée. C'était Tarme de la gendarmerie : elle se portait à l'arcon de la selle. L'épée de Henri IV, conservée au musée d'artillerie à Paris, est une estocade.
Au dix -septième eièclê, on donnait aussi le nom d'estoc à un bâton armé par un bout d'une pointe aiguë ou tranchante , et, par l'autre bout, d'un petit boulet de fer attaché avec une chatne.
EsTOQES OU Ëvooxs , ancienne vicomté de Champagne (aujourd'hui du département de la Marne) , érigée en comté en 1682.
ESTOmBLON, ancienne seigneurie de Provence (aujourd'hui du département des Basses-Alpes) , érigée en marquisat en 1GG4.
EsTOUBHBi. (maison d'). — Cette ancienne fnmille, originaire du Cambrésis, porta indifféremmentjusqu'au seizième siècle , les noms de Creton et d'Estottrmd on EstrumeL Elle tirait le second d'un château situé près du bourg d'Estourmel (aujourd'hui dans le département du Nord, arrondissement de Cambrai). Quant au premier, il lu! avait été légué comme un souvenir d*honneur et de gloire par Reimbold ri'EsTOURMEL , qui monta le premier sur la crête des murs de Jérusalem, lors du siège de cette ville. Ce brave chevalier garda depuis lors le surnom de Creton , et prit pour devise : raillant sur la crête.
Godefroi de Bouillon, roi de Jérusalem, lui donna en outre, pour le récompenser de sa valeur, un morceau de la vraie croix , enchâssé dans un reliquaire d'argent.
Un sire d'EsTomniBL , qui vivdt an quatorzième siècle, ordonna par son testament qu'il fût distribué à mille pauvres de ses sujets, mille livres, mille pains, mille lots de vin , et mille habits de drap blanc.
Un Robert cTEstourmel est cité dans la rlironique de du Gue8clîn|tarmi les défenseurs de Paris.
Un Jtan ifEsTOUBMBL, mort en 1557, jona aussi un rôle important au service du roi; il assista, en 1531, comme ambassadeur et procureur de François I**, et coinine maitR de la
maison du duc de Vendôme, au ma* riage de 'NTarie de Bourbon -Vendôme
avec Jacques V , roi d'Kcosse. Cinq ans après, lorsque les Flamands entrèrent en Picardie, sons la conduite du comte de Nassau, et assiégèrent Péronne, Jean d'Estourmel se jeta dans la place, avec sa famille et ses vassaux, y fit amener ses grains encore en gerbes, ses bestiaux avec tous les approvisionnements nécessaires, et soudoya la garnison de son argent. Après plusieurs assauts meurtriers, les assiégeants furent forcés de se retirer précipitamment le 11 septembre 1536. Tous les ans, à pareil jour, on faisait à Péronne, avant 1789, une procession solennelle en actions de grâces de la levée du siège ; et le prédicateur était tenu de faire un compliment à MM. d'Estourmel etd'Applaincourt, en mémoire de la belle conlaite de leur aïeul. En 1541, François I** nomma d'Estourmel son maître d hôtel, et lui donna l'offiee de général des finances aux provinces de Picardie , Champagne et Brie. Il fat ambassadeur en Angleterre , avec le cardinal du Bellay » en 1546 ; enfin Henri II le gratifia d'une pension considérable. Par son testament, Jean d'Estonrmél tubsHtna à l'atné de sa maison, de mftie en mâle , le reliquaire donné à son aïeul en 1099.
Un Michel f/'EsTOUHMEL, qui tenait en 1594, pour les ligueurs, les trois places de Péronne , Roye et Montdidier, y arbora l'étendard de Henri IV, et fut confirmé par le roi dans ces gouvernements. Ses descendants se sont perpétués jusqu'à nos jours, et jiossédent ei^ core de grands biens en Picardie.
Louis-Marie <^'Estourmel, lieutenant général , né en 1740, était membre de la diansbre des aotaUes en 1787, et présida, en qualité de grand bailli du Cambrésis , l'assemblée électorale de cette province, dont la noblesse le choisit pour député aux états généraux, en 1789. S*il désirait l'aboKtion des abus , il ne vota cependant que pour les réformes qu'il crut compatibles avec le maintien du trône. Le 18 mai 1790 , il demanda que Robespierre fttt rappelé à Tordre , comme ayant parlé du roi avec irrévérence, et quelquefois il s'écarta entièrement des opinions du côté gauche dans les discussions relatives. au
nvMnraruxE FIU
L'Ier^TR ; on le vit encore combattre avec chaleur le projet relatil à la résidence du roi, et tMÉdant è établir que, s'il aof»^ lait du royaume, il aurait abdiqué par ee seul fait. I-orsque la première assemblée eut terminé ses travaux , le marquis d'EBtoarmel fot eoiployé par le roi en qualité d'inspecteur général de cava* lerie; puis il servit à l'armée du A'ord, sous les ordres de Custiiie. D^ iioiiee, en 1793, par ce général, oui l'accusait abaodow XAiseMUMiteni et le ptjfil de Deux-Ponts , dans le moment où il aurait du se porter en avant, il fut décrète d'accusation le 7 avril ; mais ii parflot à faire éeoutsr b# jastifioation, édiappa, sans sortir de France, auK orac;ps rie la trrreur, et- fut deux fois choisi pour représentant par le départemen< de la Somme , à la fin de 1805, et en janvier 1811. Dans la chambre de 1814, le général d'Estourmel adhéra à la déché.ttirr de Napoléon, et a la proposition de restituer aux émigrés leurs MMit MMI vendus. H est mort à Paris en 1823, Ini^sniit deux fils: le comte Àlexandrc (/ Kskh km i.i, , nommé chef d'escadrou par l'empereur, chargé de plù^étti^ tnisMëiis diplomatiques, et envoyé, en 1815, par le département du Nord^ à la chambre des députés ; et le comte Joseph ef Ebxoubmel, chevalier de Malte , mattre des requêtes , gentilhomme honoraire de la chambre dé> Louis XMII , el^p^éiét avant la révolution de juillet.
KsiOLiEMLLE, bourg de la haute HiMmuMiie^^auj. du dép. de la SeinHk^ Inférieure, érigé en duché en 1534, par François T""^, et qui a donné son nom à une des plus anciennes et des plus considéraMéWffllÉrilb^^]^^^ ^
Le premier seigneur de ce nom, dont la mémoire se soit conservée, est Robert y**, sire d'Lstouteville et de ValleiHÎnt , que cite Orderic Vital , et qui suivit Guillaume le Conquérant en Angleterre (lOCfi). ffrnrJ , un de ses descendants , figura parmi les chevaliers bannerets qui prêtèrent serment de fldilllé à^htlipiM- Auguste.
Jean fl , fils de Robert VI et de Marguerite de Montmorency, et frère d*un évéque d'Evreux, fut grand boutaiUer irpranœ ^n 141S. S09 fila aîné
béiKta d« mm Aè^vAAm^if^
fCE. mwmimMM itft
gnit celle de grand sénécrhal et gouverneur de Normandie; il aida Charles Vil à réduireeetia pravinoe, et monrat mat 146S.
Son frère puîné , Guillaume , devint célèbre comme cardinal • camerlingue, légat en France, aorclièvéqiif deRooen, Mque d'Ostie , d'Angers , *de Tbérouenne, de Béziers , etc., et titulaire de quatre abbayes et de trois grands prieurés, parmi lesquels il faut compter celui de Saint - Martin des Champs* Charles VII et Louis XI l'employèrent à des négociations importantes ; c'était lui que Nicolas V avait envoyé vers Chanel VU après la prise de Conitantinople, pour engager le roi à faire la paix avec les Anglais, afin qu'ils pussent tourner leurs armes contre les Turcs.
D'Estoute ville avait été chargé, quelques années auparavant, de fiiire connaître îa sollicitude du pape pour Jacques Cœur, dont on faisait le procès. En 1338, il avait présidé aussi, comme légat, rassemblée des évéoues français à Bourges, où Ton traita de l'affaire de la pragmatique sanction. Aidé de commissaires tirés du parlement et du.
der^é, il s*oocupa, avant son retour en Italie, de réformer l'université de Paria, dont il avait été élève. Enfin, F'rançois Philadeiphe , dans sa correspondance , rappelle le soutien de TÉglise. Guil* lanme d'Estouteville mourut à Rome , en 1483, âgé de 80 ans (*).
Son neveu, Michel, sire d'Estouteville, de Vallemont, etc., servit aux sièges de Falaise, de Caen et de Cher» bourg , en 1450. Il avait épousé Marie, dame de la Rochegiiyon , fille et héritière de Gui de la Kocheguyon.
La seigneurie d'Estoutsville faX érigée en dudié au seizième siècle, en ûh veur du mariage (VJdrinnne , l'unique héritière de cette maison, avec Framxjis de Bourbon, comte de Saint-Paul , gouverneur de PIle-de-Fninoe et du DacH pliiiié, fils puîné du comte de Vendôme et de Marie de Luxembourg (1.531). La mère et la iille avaient longl^^mps résisté à cette alliance, la mère par des motife d*anibition et de Isrtone, la fille
(*) Voy. Sainte -Marihe, GalL Christ.; Mathieu, Histoire de Louis XI; Auî)eri , Histoire des cardinaits Monsirelet^ Caffutn, ete.
S96 ■mum
L*UIVIVERS.
ESTEADMTS
parce gae M. de Saint-Paul avait eu une intrigue avec une demoiselle delà eour.
Ce fut IMarguerite d'Angouléme, sœur du roi, qui vainquit les rq^ugnances des
deux dames.
De cette union conclue en 1535, naquirent : Françoii de Bourbon , duc (l'EstouteviUe, gouverneur du Dauphiné, mort en 154G, etlMarie, femme de Jp;in de Bourbon , duc d'Ënghien , puis de liéonor d*0rléan8, duc de Longoeville, morte en 1601.
Les branches collatérales de la maison d'Ëstouteville étaient celles des seigneurs d^Aussdmse, de Rames et du Boscachard, du Bouchety de Tord et d'Esfoustemo7it, de Beyne , de nilebon , etc. On remarque , parmi leurs membres, de vaillants capitaines qui se signalèrent dans ks armées royales au quatorzième siècle et à la défense de Jtiarfleur, en 1419-, à la défense du mont Sa^nt- Michel , en 1427; pendant la conquête de la Normandie, en 1449 et 1450; aux journées de Forniignies et de Guinegate; au siège de Dieppe, en 1443 ; au combat de Montlhéri , en 1465, etc.; un évéque et comte de Beau- ^is , mort en 1894 ; un évéque de Lisîeux, mort en 1414, après avoir fondé à Paris , avec ses frères , le collège de Usieux, dit de Tord ; trois prévôts de Purte, qui se succéd èrent de 1 446 à 1 479; lin autre en 1534 : des grands maîtres des eaux et forêts; des capitaines du Pont de l'Arche , du château de Gaen , de Caudebee, de Rouen et de Thérouenne aux quinzième et seizième siècles ; des conseillers et chambellans du roi , etc. On sait que le titre de duc d*£8toutefUte a été porté par plusieurs membres de la faimille du ministre Golbert.
£STRÀJD£S (Godefroi , comte d*)« né en 1607, fut l'un des plus habiles négociateurs du dix-septiènie siècle. Il commenra, en 1C37, sa carrière diplomati-
2ue, et partit pour l'Angleterre, où il evait faire tous ses efforts pour persuader au cabinet de Saint - James de
Î;arder la neutralité dans la guerre que a France avait entreprise contre TKspagne. INomuie conseiller d'État en 1689, il fut chargé, en 1642, de plusieurs missions importantes en Hollande 9 en AUemagne et en Piémont.
Nommé, en 1646, ambassadeur extraordinaire en Hollande, il fut élevé, l'année suivante, au grade de maréchal decamp, et devint lieutenant général en 1650. Il soutint dans Dunkerque , en 1652 , un siège contre l'archiduc , auquel il ne se rendit qu'après 39 jours de tranchée ouverte. Il fit avec distinction la iiuerre de Catalogne, en 1055 , fut nommé , en 1661 , ambassadeur extraordinaire en Angleterre, et y reçut, le 18 octobre de la même année, de la part de l'ambassadeur d'Espagne , une insulte dont Louis XIV sut tirer une satisfaction éclatante.
Ce fut à soit habileté que Ton dut , en 1002 , la cession de Dunkerque à la France par l'Angleterre. Il fut nommé, en 1003 , vice-roi des possessions fran-
S aises en Amérique ; en 1666, ambassaeur extraordinaire en Hollande; puis, lors de la conquête de ce pays, gouverneur de Wesel et de Maestricht. Il prit la ville et la citadelle de Liège en 1675, ce qui lui valut le bAton de maréchal de France , termina sa carrière politique, si glorieuse . et si bien remplie , par la signature de la paix de lïimègue , <]uMI avait négociée en qualité de ministre plénipotentiaire, fut nommé. en 1085, gouverueur du duc de Chartres, et mourut l*année suivante. Il a laissé desX«^ trcs et Mémoires , où Ton trouve des détails curieux pour l'histoire du temps. Ils ont ete imprimés à la Haye, en 1743, et forment 9 vol. in-12.
EsTRADiOTs ( -TpatiûTO», en italien sfradioffi'',. C'était le nom qu'on donnait généralement à la cavalerie albanaise (voy. Albanaise [cavalerie]) qui servit en France au seis&ième siècle . Les e.stradiots étaient armés comme leschevau-lécers (voy. ce mot) , si ce n'est qu'au lieu des avant -bras et gantelets, ils avaient des manches et des gants de mailles, Tépée large au côté, la masse à l'arron , et la zagaie ou arzegaie au poing. Cette espèce de dard était longue de 10 à 12 pieds , et ferrée par les deux bouts. La cotte ou soubrevested*armes des estradiots était courte et sans manches. Au lieu decornette, ils portaient, comme enseigne, une longue banderole au bout d'une lance. On pouvait leur faire mettre pied à terre, et, avec leurs zagaies, ils faisaient la foaction de pi-
KSTRAPADE 1*1UNGE. ESTAMES 637.
qaiers contre la cavalerie. Un de leurs Estri^es (fnmille d'). Cette maison'a lirincipaux exercices était de se servir pris son nom de la terre d'Kstrt-es en adroitement de cette arme et à toutes Gauchie, située à douze kii. d'Arras et mail», en doonant tantAt d'âne pointe, de Saint-Pol. On ne peut en suim la tantôt de Tautre. Armés à la légère , filiation avec certitude qu'à pnrtir de rompus aux fatigues, et montés sur des Pierre d'Estrces, seigneur de Boulant, chevaux turcs , ils étaient ce que sont Hamel , Istres, etc. , qui vivait au miaujourd'hui nos hussards. lieu dp quinzième siècle.
KsTBAPADB , « supplice militaire, /«an , seigneur de Valien et de Cœudit Furetière , par lequel on lie les vres , servit dans les armées de Fronmains derrière le dos à un soldat, et on cois r% Henri II, François II et Chnrlps l*élève avec une corde au haut d'une ÏX, avec le titre de niàitre et capitaine longue pièM» de bois, et pais on lelaisse général de rartillerie, et II avait épousé tomber jusque près de la terre, en Catherine de Bourbon, fille aînée de Jacsorte que le poids de son corps lui fait qnes de Bourbon , bâtard de Vendôme , disloquer les bras. On donne quelque- qui avait consenti à devenir son beaufois jusqu'à trois estrapades et même père, parce que d*E8trée8 lui avait sauvé davantage. Ce. root vient du vieux mot la vie dans une bataille, français estreper ou estraper, briser. » Ântoir^e, son fils, gouverneur et pre- Suivant Ménage , l'étymologie de estra- mier baron du Boulonnais, vicomte de pade serait le mot allemand StraJJe^ Soissons , fut chargé du gouvernement qui signifie châtiment. de la Fère, de Paris et de l'Ile de France,
Au seizième siècle, la torture de Tes- après sa belle défense de Noyon contre
trapade fut employée pour prolonger Mayenne, en t. ^'.Ki , et devint, en 1597,
\tsÙQ\i\tuts desmàlversans eninatière par le crédit de sa filie, grand maître
âe retigUm, que les tribunaux d'inqui* de ]*artillerie.
sition condamnèrent en foule entre les Marié à une demoiselle de la Bour-
années 1523 et 1.500; la victime était daisière, « issue, dit Tallemant des
attachée à l'extrémité d'une espèce de Kéaux, de la race la plus fertile en fem-
balançoire , qu*on abaissait sur le bû- ' mes galantes qui ait jamais été en
cher, et qu'on relevait alternativement France , » il en eut six filles et un fils,
avec «n choc violent , de manière que que les méchantes langues de l'époque
ses membres étaient à la fois disloqués appelèrent les septpéehés mortels. Les
et brâlés à petit feu , jusqu'à ce qu'elle six filles étaient madame de Beaufort ,
tombât sur le bâcher lorsque les flam- qui devint si célèbre sous le nom de
mes rivaient gagné les cordes qui la gar- Gabrietle d'Esfrées; madame de Vil-
rottaient. François T"" et Henri II, avec lars; madame Namps ; la comtesse de
toute leur cour, assistèrent plusieurs Sauzai ; Angélique, abbesse de Mau-
fois à cet horrible spectacle. . buisson ; enfin madame de Balagny, la
« Le 21 janvier 1 535 , le roi ayant ré- Délie du roman de Vyfstrée. Le septième solu d'expier, par une procession so- péché mortel était le maréchal d'Eslennelle, les ofienses commises par les trées, dont nous parlerons plus tard, hérétiques contre le saint sacrement, GabrieUe, dont la brillante prostîtuordonna qu'on fit jouer des estrapadn tion a rendu populaire le nom de sa fasur son passage, et dans les six princi- mille, enflamma le cœur de Henri l\. pales places de la capitale. A chaque pendant une visite que ce prince fit par station, en effet, on attendit, pour corn- nasard , sur la fin de 1590 , au château mencer le supplice, l'arrivée de Fran- de Cceuvres, où elle résidait avec sataçois I*"" et de la procession , et le roi , mille. Le bon roi n'était rien moins que. numblemetit prosterné, implorait la mi- séduisant, lui à qui madame de Versérîcorde divine sur son peuple, jusqu'à neuil disait : « Si vous u'eticz. roi, perce que les malheureux martyrs eussent sonne ne vous pourrait souffrir » ; ce péri dans d'atroces douleurs, au milieu furent ses libéralités qui lui assurèrent des huées du peuple (*). » la victoire. Gabrielle devint sa maîtresse
OGaroier, t. XII, p. 55a j Sleidan, liv. sans renoncer à son ancienne liaison
uLf 1 144. am M. de Beilegaide ; al Pou trouve
S38 ESTR^ES LUNIVERS. ESTRÉftfl
même dans les Mémoires de Sidly certaines anecdotes piquantes , qui prouvent que Henri était bien instruit de oesinffdâités. « Ce fîit aussi pour cela, dit Tallemant des Réaux» quM ne Ot pas appeler M. de Vendôme Àiexandre^ de peur qu'on ne dtt Jlexandre te Grand; car on appeloit M. de Bellegarde M. le Grand (grand écuy^er). Il eommnnda dix fois qu*on tuât celui-ci, puis ii s en repentoit, quand il venoità considérer qrîl la lui avoit ôtée. >
Pour donner une position sociale à sa maîtresse , Henri la maria à un gen- ' tilbomme picard, Liancourt-Damerval, qui dut se résoudre à n'être époux que pour la forme ; puis , au bout de quelque temps , cette union fut dissoute pour cause d'impuissance du mari, bien qu'il eût quatone enAntt d'un autre lit.
Bientôt Henri érigea pour sa maîtresse le comté de Beaufort en duchépairie. Ce n'était pas assez : le faible monarque méditait de faire k la plus grande folie qu'on pouvoit faire. » Il voulait faire dissoudre son mariage, et destinait le trône à Gabriel le. « Il jr estoit tout résolu. » Les plus grands seigneurs du royaume, devenus les créatures de la ducliesse, prêtaient les mains à ces projets. Sully fut à oeupres seul à se poser en adTersaira oe Gabrielle, lorsqu'il la vit si près d'être reine. Ses réprimandes étaient en pure perte cependant. Ueiiri aflichaitsans nulle bonté sa liaison : « 11 baisoit, dit l'Estoile , sa maîtresse devant tout Je monde, et die lui en plein conseil.
Ce fut au milieu du prestige des plus hautes espérances que la mort vint la frapper, le 10 avril 1509. Pendant que le roi taisait ses pâques , elle s'était logée chez Zamet , riche financier lucqnois , chez lequel Ueuri donnait ses rendezvous de galanterie, et qu'il avait récompensé de sa complaisance par le titre de baron de Murât. Peu de temps après son dîner, qu'elle avait terminé en mangeant une orange , elle fut prise subitement d'affreuses eonvulsionSf et mourut après vingt^tro heures de souffrances.
Cette mort extraordinaire était-elle l'effet du poison ? Dès l'année IfiOaL'to n^gooiatioiis afiaient été wlanéei avoo
le graad-duc de Toscane, pour en obtenir la maio de sa nièce, Marie de Méd^ ds. Gabrielle âait le plus grand obstacle à cette union ; elle périt dans uoe maison italienne , et Ferdinand n'en était pas à son premier ejnpoisonnement. Gabrielle était si frappée ellemême de ridée d'un crime, que, mourante , elle exigea qu'on l'emmenfit hors du logis de Zamet , et se fit transporter chez sa tante, au cloître Saiut-Germaio, où elle expira.
Mézerai , l'historien le plus à portéo d'être bien renseigné sur cette é{K)que| ne fait aucun doute de l'empoisonnement de Gabrielle ; « le ne sais qiietti matOt dit»il(maiscertestrès*nMsebaBte« quoique les suites de ce coup fussent salutaires à l'Ëstat) , trancha le nœud de cesdifOcultés.» La réputation plus au 'é> quivnqae de Zamet tait admettre ncilement son action directe dans cette odieuse machination. De plus , en lisant les OEconomies royales de iîyxWy (chap. xc, p. 438), on est tenté de laisser arriver une autre part du même soupçon jusqu'à des personnages d'une plus austère renommée. On conçoit jusqu'où pouvaient aller les esprits rigides, qui croyaient voir le trône de France menacé d'une indigne souillure. Quoi qu'il en soit, aucunes recherches ne furent faites sur le complot ; la «grande douleur de Henri IV trouTa sa fin dans son excès même; et, pir un dernier trait de calomnie, les ennemis de Gabrielle prirent occasion de la décomposition rapide de son corps, la fViUe d plein de jeunesse et de santé , « pour faire croire an peuple, dit Mézerai, que c'estoit le diable qui l'avoit mise en cet estet ; ils disoient qu'elle s'estoit donnée à Iny, aûn de posséder seule les bonnes er-fees du roy, et qu'il lui avott rompu le col. »
Trois semaines après , le roi s'attaeho à une nouvelle mattresse, Henriette d'Entrniiîues, devenue marquise de Verneuil. Les enfants de Gabrielle et de Henri IV, ou du moins ceux que ce prince nommait ses enfants, foMok Cér sar et Alexandre de Vendôme, et Catherine-Ueuriette, mariée au duc d'£ibeuf.
L'insentaire mannseril desbimmnih bles de Gabrielle est conservé «wc ar>
■STftiES FRAJSGB. ESHUÉm tm
diffei do royaume (*). CSotte pièce intéressante est l'objet d'une notice liistorique insérée par K. Fréville dans la . Bibliothèque de Tecole deschartes (tome m, deuxième livraison). Le riche mobi* lier de la favorite se trouve évalué en total à 156,322 écus au soleil. Quanta sa fortune immobilière , des domaines iBonsidéraUes lui fonnaieet, lorsqu'elle mourut , un véritable apanage. Elle avait acheté en 1594 la seigneurie de Vendueil . en 1595 celte de Crécy, en 1596 celle de Monceaux , puis la terre de Jaî* enes; en lfi®7, le comté de Beaufort en Champagne, et les seigneuries de Jau* court et (le Loizicourt, appartenant à la duchesse de Guise ; quelques mois avant sa mort, enfin, les terres de Montretool et Saint-Jean -les -deux-Jumeaux , etc. Enfin Marguerite de Valois elle-même lui avait fait don de son duché d'Étampes; donation qui paya peiit4tre Plnh punité de quelque scandale, ou Ûen que Henri IV ordonna dans un accès d'humeur despotique et railleuse. On voit que la foraine de Gabrielle était arrivée au faîte, au moment oà il lui ftUut tout abandonner.
François ' Annibal d^EstréeSf premier du nom , duc, pair et maràîhal de France, né en 1578, mort en lero, se montra , par ses mœurs dissolues, le digne frère des six filles d'Antoine. Il embrassa la carrière des armes , sous le nom de marquis de Cimms: Marie de Médieis le cmurgea de diverses négociations , et le nomma ambassadeur à Rome et en Suisse, lui donna le commandement de l'armée dans la ValteHne(1624)»
et le récompensa par le biton de maréchal, en 1620 , quoique ce ne fût pas, suivant quelques écrivains contemporains , un habile guerrier. Depuis 1636 jusqu'en 1649 , if remplit les fonctions d'ambassadeur extraordinaire à Rome, oîj il avait déjà rendu d'importants services, en décidant par ses intrigues, et même par ses vioienoes , P^ection du pape Grégoire XV. Il se maintint à son poste en dépit d'Urbain VIII, se brouilla avec les Barberini, et linit par exciter le duc de Parme à marcher contre le pape. A son retour, on le nomma duc et pair, •t on lui confia, à l*avénement de Louis
(*) Section hist., cartou décrois io6, u*" 57.
XIV, le gouvmement de 1 llede-Francc,
qu'on lui reproche d'avoir fait valoir autant qu'un gouverneur pouvait faire.
On a de lui : 1° des Mémoires intéres^ sants sur la régence de Marie de Médieis , imprimés à Paris en 1GG6, in-12 ; une Relation du siège de Mantoue, en 16S0 \ une Relation du condctm où fiit élu Girégoiie XY, en ieai.
FratifùU'jirmibalcrEstrées, deuxième du nom, doCj pair et maréchal de France, hérita du gouvernement de son père, fut envoyé en ambassade à Rome, et y mourut en 1687.
Son frère cadet, Jean, comte d'Estrées j servit d'abord aven distinction dans les armées de terre , fut créé viceamiral en 1670 , commanda la flotte française au combat de Southwood-Ray, contre Ruyter, en 1672 ; battit l'amiral Byngs devant Tabago en 1676, et reprit cette fie aux Hollandais. Le roi le nomma maréchal de France en 1681, tt vice-roi de l'Amérique en 1686. Il mou* rut en 1 707, âgé de 83 ans.
César, cardmcUd^Estréesy troisième frère de François-Annibal II, naquit à Paris en 1628.' Louis XIV le ch irnf a de plusieurs négociations, dans lesquelles' il montra une profonde connaissance des affisiies de l'Église et de oeiles de l*État« Évéque-due de Laon , pair de France, il fut nommé cardinal par Clément X, en 1674, et contribua beaucoup à réieotion d'Innocent XI. Il ne revint en France , en 1677 , que pour se rendre en Bavière , chargé d'une mission importante. De retour de Munich après b ratification de la paix avec l'empereur (1680) , il «e démit de son évéché de I.aon en faveur de son neveu , et passa a Rome pour y tr;iiter l'épineuse affaire de la régaie. 11 soutint avec vigueur les intérêts de son pays, exclusi* vement ronfiés à ses soins après la mort de son frère, et conclut en 1693 la réconciliation du pape avec le clergé fran*
Site. Après avoir négocié avec Venise ei ivers princes d'Italie « il suivit Philippe V en Espagne; mais la princesse des Ursins lui lit repasser les Pyrénées en 1704 (voyez dbs Ubsins [madame]), et le remplaça par l'al>bé d'Estrees, son neveu. Il fut ninrs pourvu de l'abbaye de Saint-Geruiain de Prés, et mourut en 1714 , doyen de l'Académie française.
140 MSnÈES L'UIVIVËRS. ETABLISSEHENTS
,11 a écrit rhistoire de ses Négociations avec Rome , de 1671 à 1687, conservée en manuscrit à la bibliothèque du rd.
Jean (TEstrées, fils cadet du viceamiral, né à Paris en 1666, abbé de Villeneuve, ambassadeur de France en Portuj^al en 1692 , et en Espagne en 1703 , saivit la carrière de TÉglise, succéda à Boileau à l'Académie française, et fut désjf^ne par le roi pour succéder à Fénelon dans rarcbevéché de Cambrai; mais il mooraten 1718, avant d*aTmr été sacré.
Le frère aîné de Jean d'Estrées, deuxième du nom, fut f^ictor-Marie , dont la Tie ne semble qu'une contreépreuve de celle du vice-amiral son père. Né à Paris en 1660 , il fit ses premières campagnes dans Tacmée de terre, fut ensuite capitaine de vaisseau , et obtint la survivanee de sa charge de vice-amiral. En 1702, il conduisit Philippe V à Naples, et luf rendit des services importants, qui furent récompensés en Espagne par de nombreuses dignités , et en France par le bâton de maréchal.
Soldat et marin , il fut toujours brave, mais plutôt brave qu'habile. En 171ô, TAcadémle française Tadmit parmi ses membres , sans considérer d^autres tH très que ses hautes dignités et sa naissance. Il entra la même année au conseil de régence , et devint en 1733 ministre d'État. Il mourut sans enfiints à râ^çe de 77 ans.
François - Annibal d'Estrées III , mort en 1698, pair de France, marquis de Cœuvres, de Thémines, deGaroail- )ac, comte de Nanteuil, gouverneur^ néral de rile-de-France«et du Soissonnais, était lils de François-Annibal II. Il fut le père de Louis- Jrmand , qui mourut sans postérité en 1723.
I.a famille d'Estrées s'éteignit complètement dans la personne de Louis- César le TelUer, duc d'Estrées, maréchal de France et ministre d^État, né à Paris en 1695. Celui-ci était fils de le Teliier de Courtanvaux , capitaine-colonel des Cent- Suisses , et d'une sœur de Victor-Marie d'Estrées. H se signala dans la guerre de 1741 , au blocus d'Égra , au passage du Mein , à Fontenoi , aux sièges de Mons, de Charleroi , etc., eut la plus grande part à la victoire de
Laufeld', et fut chargé du commandement de l'armée d'Allemagne en 1757.
Il venait de gagner la bataille d'Hastenbêek contre le duc de Cu'mberland, lorsque les courtisans de Versailles , oui le trouvaient trop méthodiste , le rirent remplacer par le duc de Richelieu. Après la défâite de Minden , en 1759 , il fut renvoyé à l'armée; mais il n'y entreprit plus rien d'important. Il remplaçait Broglie dans le commandement de l'armée du Weser , en 1762 , lorsqu il fut totalement défoit à Grébenstein, en Hesse , avec son ooUègue Soabise. Il mourut en 1771.
EsTBEPAGNY, ancienne seigneurie,
3ui avait le titre de première baronnie u Vexin normand. C'est aujourd'hui l'un des cliefs-lieux de canton du département de l'Eure.
Ésus, génie de la guerre, dieu suprême des Kimris. Il est refHrésenté, dans un bas-relief antique, couronné de feuillages, se frayant avec la cognée une route à travers les forêts. Les Gaulois l'invoquaient avant les batailles, et lui vouaient le butin qui devait tomber en leur pouvoir. On lui avait élevé plusieurs temples, notamment à Xhérouenne et à Boulogne. Le nom d'OI* semont (yEHmons)^ dans lePonthieu, indique assez clairement qu'on y adorait ce dieu. Dans la langue celtique, hiesus signifie horreur; hxusus, iiorrible, effroyable.
Établissement, stahilimentum. On appelait ainsi , dans l'ancien style judiciaire , ce qui était établi par quelque ordonnance ou règlement. Ainsi Ton désigne sous le nom établissement deê Jiefs, une ordonnance latine de Philippe- Auguste, datée de Villeneuve-le-Roi , près de Sens , le 1*' mai 1909, et ooncernant la division des fiefs. Deux ordonnances latines touchant les Juifs, I une de Philippe-Auguste, l'autre de Louis VIII, en 1223, sont intitulées de même. Enfin on donnait spécialement le nom A'établissement-Ieroi au code de Louis IX. (Voy. l'art, suiv.)
Etablissements de saint Louis.
Un des plus beaux titres de Louis IX à la reconnaissance de ses peuples, fut la publication du livre des Établissements, premier recueil promulgué des lois de la troisième race. Toutes les lois con-
iràMuaÊMtaam FRANGE. ArABuanEiiÉiri*
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(eoM dans oe oode, quî parut en 1969, n'étaient pas nouvelles sans doute;
mais, réunies en corps, elles comblèrent le vide immense qui séparait les capitulaires des Carlovingiens de la législa* tien suivie sous les successeurs de Hugues Capet; elles formèrent la concordance du droit romnin renaissaiit avec le droit français eu décadence; enfin il exista une jurisprudence écrite à peu près complète, et dont la connaissance était accessible à tous.
Ce recueil est l'œuvre des légistes
au! y au treisiéme siède, surent si bien ominer les garons , et favoriser les rapides progrès de l'autorité royale devenue supérieure à Tautorité féodale. La volonté peraonneUe de LouiS'IX a eu proliablenient fort peu d'influence sur les sanctions contenues dans cette cora-
f)ilation ; aussi ne serait-il pas juste de e rendre responsable de l'esprit dont elle est empreinte et des fautes qui la déparent.
Les Établissements sedivisent en deux livres, dont le premier se compose de 168 chapitres, et le second de 42; mais il serait difficile de découvrir quel enchaînement d'idées rattache ces chapitres les uns aux autres. On y trouve pêle-mêle des sanctions sur les lois'dviles, la procédure civile , les lois pénales et la procédure criminelle.
Ce qu'il y a de remarquable dans la partie relame aux UHs civiles, c'est la différence de la législation, selon qu'elle s'applique à la noblesse ou à la roture. Pour le gentilhomme, les lois féodales sont conservées ; la majorité commence à 21 ans ; les pupilles sont mis sous la tutelle du seigneur; le douaire de la veuve ne s'étend qu'au tiers des biens du mari; les propriétés passent à l'aîné de la feunille. La loi romaine, au contraire , la seule qui fût estimée par les légistes, est appliquée à tout le reste de la nation, aux roturiers. Pour eux, la minorité sé prolongejusqu'à25 ans; la tutelle est déférée au plus proche parent; la veuve pt'ut recevoir pour douaire la moitié des biens du mari ; les propriétés sont paiement divisées entre les entants.
liC code de procédure civile est trèsincomplet; il n'otYre que quelques modiiicatiûu^ au système alors usité dans
les tribunaux : la plupart avaient été nécessitées par la suppression du duel
judiciaire. Telles étaient les règles sur les procureurs en justice, sur les défauts et sur les appels, inconnus à la législation féodale. D'autres fixaient la compétence des tribunaux. En général, la procédure décrétée par les Établissements était celle dont les tribunaux de l'Église avaient puisé les principes dans les décrétales. L'abus de la force physique ou de l'adresse, la déplorable coutume des épreuves judiciaires, y étaient énergiquement interdits; mais le ^rjure, les arguties, laruse, y conservaient toujours l'avantage. C'était toujours un dédale inextricable dont le iil était aux mains des seuls initié.
Les loU pénales sont remarquables par leur excessive sévérité; car « le roi vouloit que la justice fût bonne et roide, et n'épargnât pas plus le riche homme que le pauvre. » Ainsi la potence punit 1 assassinat, le meurtre^ l'incendie, le rapt, la trahison, le vol sur les grands chemins ou dans les bois, le vol domestique, le vol d*un cheval, la oomplicrté dans tous ces crimes, la seconde récidive pour petit larcin, le bris de prison, l'accusation à faux d'un crime capital, et enfin la possession d'un animal qui aurait causé un homicide par suite dim vice connu de son maître. La peine du feu est réservée à l'hérésie , à l'infanticide, à -l'association d'une femme avec des voleurs ou des meurtriers. Le petit larcin est puni pour la première fois par la perte d'une oreille; pour la seconde, par la perte d'un pied; pour la troisième, par la mort. Le voleur sacrilège et le faux-monnayeur doivent avoir les yeux crevés. Celui qui frap|)e son seigneur avant d'avoir été frappé |)ar lui , eneourt l'amputation de la main.
L'exposition et le fouet attendent le blasphémateur , le jureur du « vilain serment par aulcun des membres de Dieu , de IMostre-Dame ou des saints. » Saint Louis fit même, pour une semblable faute, couper le nez et la lèvre inférieure à un bourgeois de Paris. Enfin la coutiscation des meubles et l'amende étaient réservées à de moindres délits.
I.a même rigueur présida à la confection du code de procédure crimi' neik, La liberté sous caution n'est ac-
cordée ^eims ks e&mes ii*einportaiÉt
pas peine de sang. S'il s'agit d'un crime capital, l'accusé doit être conduit en prison comme l'accusateur, « si que « riin M 8(rit pas plus mal à Taise qve « Taotre. » L accusé est interrogé iu moyen dp la torture , dès qu'il y a contre lui deux témoins. La procédure est entièrement écrite; néanmoins on doit en oomnraniqoer tM» les actea au prévenu, et, au moment du jugement , le juge doit se lever et demander « hom- « mes suffisants oirjugeurs .» c'est-àdire des assesseoni i mq piès égoivalents à nos jurés ,-et cnargés de reconnaître le fait.
On a plusieurs copies manuscrites des Établissements ; deux se trouvent à la Bibliothèque da roi , trois ao Vatican.
Montfaucon en cite deux autres , dont l'une serait antérieure à la clôture du treizième siècle. Les plus anciennes de eelles qui sont indiquées ailleurs semblent ne dater que du quatorzième , même celle que possédait la ville d'Amiens.
Ménard , !do Can^e et Laurfdre colla-
tionnèrent des copies appartenant aux
états de Languedoc, à Baluze, etc. , et les deux derniers de ces écrivains publièrent le code de saint Louis , Pun en 1668, à la suite de Joinvi lie, l'autre en 1723 , dans le tome I" de la collection des ordotmances. Enfin, en 1822, on fit passer dans le second volume du recueil général des anciennes lois françaîBes, un travail de M. Saint-Martin, qui, en 1786, avait donné une édition particulière des Établissements avec une version en langue moderne.
On a souvent élevé des doutes sur l'autbenticité de ce code. Du Cange et Fleury n'y ont vu qu'un recueil de coutumes de Paris, d'Orléans, d'Anjou et de Tomraine. L'auteur de VEsprii dei lois le rpîzarda , h leur exemple , comme une compilation labriquée après la mort du monarque.'
Une des principales objectfons élevées par ces savants critiques repose sur un passage de Guillaume de Nangis , qui afBi'meque le roi partit d'Aigues-Mortes en jmWêt 1360. Mais cette assertion paraît inexacte; car il subsiste un acte souscrit cà Paris par Louis TX , en juin (2170, et l'on sait que sa mort suivit de
trt»prèi ira arrivée à Tanie. Il irdoiie
pu promulguer ces lois dans le cours des six premiers mois de l'année. Tout au moins , si l'on ne veut reconnaître dans les EtaMissements ime enivre de aaint Louis , c'est indubitablement uAe
Sroduction des trente dernières années u treizième siècle, et l'une de celles qui attestent l'étendue et l'activité qu'acquéraient alors en France les étades des jurisconsultes.
Il faut se garder de confondre avec les Établissements de saint Louis proprement dits les lois qu'il donnai sons ce même titre en décembre 1354, pour étendre à tout le royaume, Langue d'oc et Langue d'oil, la réforme de plusieurs genres d'abus ou de désordres , et surtout pour réprimer les eoncussions et les malversations des gens de loi. Ces Établissements ont trente-neuf articles ;' ils sont rédigés en latin, pour les pays aa> midi de la Loire, et en français poor les autres.
Étain stJR l'Ornb, dans le département de la Meuse, est une petite ville fort ancienne; elle ent des seigneurs particuliers avant le huitième siècle.
Apr^s avoir été possédée pendant plus de quatre cents ans par l'abbaye de Saint-Euchère de Trêves , elle fut échangée, en 1321 , avec le chapitre de Sainte- Marie-]\ïadeleine de Verdun , qui , au bout de deux ans, la céda au comte de Bar. Llle passa au duc de Lorraine par le trâfté de Ryswiek , en 1697. On y Mmpte aujourd'hui 3,050 habitants.
Étampes, ville de l'ancien Gatinais Orléanais, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de Seiae-et- Oise.
Quoique Étampes, où l'on compte aujourd'hui 8,100 habitants, n'ait jamais eu qu'un rôle secondaire dans les affaires du royamne, on trouve cependant m^lés dans son histoire des noms célèbres et des événements importants.
Grégohre de Tours est le premier historien qui mentionne le pagw Stampensif» Comprise longtemps, comme nous le verrons ci-après (Étampes [barons, comtes et ducs de]) dans le domaine royal , Étampes dut à la lîbéraKté des rois Robert, Philippe P% Louis VI, Louis VIT, Philippe-Auguste, saint Loui», qui y s^ouruerent plus ou moins