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se voient encore les restes du couvent et du collège des jésuites. Sur la grande place est un bâtiment de construction espagnole qui servait autrefois de maison de ville. Des six portes fortifiées qui servaient d'entrée à Cassel, il en subsiste encore trois dont la maçonnerie est très-bien conservée : ce sont celtes d'Ypres, d'Aire et de Bergues; les deux dernières passent pour être l'ouvrage des Romains.
Cassel était autrefois le chef-lieu d'une châtellenie et d'une subdélégation; on y comptait deux paroisses et trois cent vingt-deux feux. Sa population actuelle est de quatre mille deux cent trente-quatre habitants.
Cassel (batailles de). Robert le Frison avant usurpe, en 1070, le comté de Flandre sur son neveu, Philippe Ier essaya de prendre la défense de l'orphelin. Suivi d'une foule déjeunes seigneurs parés comme pour un tournoi , il se laissa imprudemment attirer dans un pays inconnu, coupé de canaux et de fossés. Tout à coup il fut attaqué par Robert , près de Cassel , le 20 février 1071. la déroute fut complète.
Le jeune comte de Flandre, Arnolphe, et Fitz-Osberne, gouverneur anglais de la Normandie, restèrent sur le champ de bataille , Philippe lui-même fut forcé de prendre honteusement la fuite.
— Le comte de Flandre étant venu invoquer contre ses sujets rebelles l'assistance de Philippe de Valois, ce prince, heureux d'inaugurer son règne par une bonne guerre contre d'orgueilleux bourgeois , convoqua une armée magnifique, avec laquelle il marcha vers Cassel. Les Flamands s'étaient campés et retranchés sur une hauteur hors de la ville. Ils avaient insolemment arboré un drapeau , où était peint un coq avec ces mots :
Quand ce coq chant* aura , Le roi Caaacl conquercra.
Cependant les Français restaient dans leurs lignes , ou se contentaient de ravager les campagnes et d'incendier les villages. L'impatience prit alors aux Flamands : le 23 août 1328, à l'heure où les seigneurs français dînaient ou
dormaient sans songer a l'ennemi , ils fondirent sur le camp, firent main basse sur tout ce qu'ils rencontrèrent , et percèrent jusqu'à la tente de Philippe. La, comme à Mons-en-Puelle , le roi faillit être surpris. Cependant la bataille se rétablit bientôt; et, enveloppés de toutes parts, ces bourgeois, dont la plupart avaient endossé de lourdes aYmurês, furent jetés à terre et taillés en pièces, au nombre de treize mille. Cassel fut prise , rasée et réduite en cendres.
— 1677. Le prince d'Orange, venant au secours de Saint-Omer invesli par Monsieur et par le maréchal d'IIumières, était à Cassel quand Monsieur quitta ses lignes poui aller au-devant de lui. Le duc de Luxembourg, que Louis XIV avait envoyé à son frère , attaqua si brusquement les ennemis qu'ils se débandèrent dans le plus grand désordre, laissant quatre mille morts et trois mille prisonniers (Il avril 1677). On prétend que le roi fut jaloux de la valeur que Monsieur, échappant à ses lisières, avait montrée dans cette action , et que ce fut la cause pour laquelle il ne lui donna plus, depuis, aucun commandement.
Cassel (monnaie de). — M. Combrouse, dans son catalogue des monnaies nationales de France, attribue à Cassel un denier de Charles H , sur lequel on lit , d'un côté, entre grenetis, et autour d'une croix à branches égales la légende : cassklloav ; et au revers, avec la légende ordinaire châtia di bex, lemonogramme de Charles. Cette attribution nous paraît for»
douteuse, quoique l'auteur l'ait empruntée au savant Lelewel.
Cassel en Hesse (siège de).—* Dans la guerre de sept ans , les Français avaient pris Cassel en Hesse. Le (lue Ferdinand de Brunswick résolut, en 1762, de la leur reprendre. Profi»
tant de l'inaction du maréchal de Soubise, qui, avec son armée de cent mille hommes, le regardait faire tranquillement, il ouvrit la tranchée le 15 octobre, et, le 7 novembre, la ville capitula. Soubise allait être chasse de la liesse, quand on apprit la cou*
J. iv. 10" Livraison. ;Dict, e.ncyclop.. etc.)
clusion des préliminaires de la paix. Palestine. Ils s'avancèrent de solitude Cassbl (Guillaume) , professeur de en solitude, la besace sur le dos, le chant au conservatoire de musique de bourdon à la main , cherchant dans Bruxelles, naquit à Lyon le 1*2 octobre l'Êjivpte chrétienne les enseignements 1792. Entraîné par un penchant irré- de là sagesse nouvelle. Accueillis avec sistible vers l'étude de la musique, il cordialité par les anachorètes, initiés entra au conservatoire de Paris, et y par eux aux saintes obscurités du chrissuivit les cours de Garât et de Talma, tianisme, ils s'oubliaient au milieu pour le chant et la déclamation. De des sévères séductions de la vie céno- 1814 à 1827, il fut attaché à divers bitique, quand le serment qu'ils avaient théâtres de France, et, en dernier lieu , fait leur revint à la mémoire. Ils s'arà TOpéra-Comique de Paris. En 1827, radièrent donc au désert, et repartiil se retira en Belgique, chanta au rent pour Bethléem. Bientôt après, Casgrand théâtre de Bruxelles , et fut sien se fit autoriser par les Pères de nommé , en 1833, professeur de chant cette ville à retourner en Egypte. Il y au conservatoire de cette ville. Sa mé- demeura dix ans ; mais la supériorité de thode est celle de Garât ; madame Do- son intelligence ne permit pas qu'on l'y rus-Gras doit être citée parmi les élèves oubliât, comme il le désirait. Vers 404, qu'il a formés en France. On lui doit il fut envoyé à Rome, et chargé, parles plusieurs morceaux de musique reli- orthodoxes de Constantinopïe, d'une gieuse. mission au sujet de la lutte contre les Cassenei m. , Cassinogilinn , petite ariens. Peu de temps après, il alla se ville de Guyenne (département de Lot- fixer à Marseille , et se mit à travailler et -Garonne), où naquit, suivant la à deux ouvrages; l'un , intitulé: Institradition, Louis le Débonnaire. La po- tution des monastères ; l'autre : Colpulation de cette ville est aujourd'hui lotions ou Dialogues. Ces deux oude 1964 habitants. vrages forment ce qu'on peut appeler Cassien (Jean) naquit vers l'an le code des institutions monastiques. 350. Quelques-uns lui donnent pour Ils furent d'abord Tunique base de la patrie une ville grecque des bords de législation des cloîtres. Ils contiennent la mer Noire; d'autres pensent qu'il tout un système de morale, et les récits reçut le jour à Marseille, où il écrivit légendaires qui s'y trouvent mêlés en tous ses ouvrages, et où il mourut grand nombre, en font un tableau animé après avoir fonde la célèbre abbaye de et curieux de la vie religieuse de l'épo- Saint-Victor. Les voyages aux "lieux que. Cassien ne donna point dans les saints étaient, à cette époque de fer- excès de zèle qui égarèrent quelquesveur religieuse , un épisode nécessaire uns de ses contemporains. Ses écrits , dans la vie de tout homme prenant gui ont fourni quelques traits à Dante, part au mouvement intellectuel. Cas- turent la lecture préférée de saint Thosien , jeune encore , fut saisi du désir mas d'Aquin. Les solitaires de Portde visiter les solitudes de l'Orient. Il se Royal professaient pour lui un culte rendit d'abord a Bethléem , où il resta spécial , et c'est dans ses livres qu'ils
8 eu de temps; puis il partit pour les allaient chercher les règles de la vie
éserts de la Thébaîde , berceau du cé- monastique. Arnaud d'Andilly lui a
nobitismechretien.Ilétaitaccompagné, emprunté presque tous les matériaux
dans son pèlerinage, par son ami Ger- de son ouvrage intitulé, la Vie des
main , qu'on présume avoir été un Pères du désert.
jeune Gaulois. Tous deux, à la prière Cassini , nom d'une famille origi-
des solitaires de Bethléem, qui crai- naire du comté de Nice, naturalisée
gnaientque ces âmes ardentes, séduites en France sous le règne de Louis XIV,
par la vie du désert , ne la préféras- et dont chaque génération a fourni de-
sent aux combats de la foi active et puis , à l'Académie des sciences , l'un
militante, s'engagèrent par serinent, des membres les plus distingués de
dans la grotte du Christ , à revenir en cette société.
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FRANCE
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Jean - Dominique Cassini , né à Perioaldo , dans le comté de Nice , en 162 > , était professeur d'astronomie à Bologne , et s'était déjà rendu célèbre par des ouvrages du plus haut mérite, lorsqu'il fut appelé en France par Colbert, en 1668. On eut beaucoup de peine à l'enlever à l'Italie ; ce fut l'objet il 'u ne négociation. Enfin on l'obtint, mais seulement pour quelques années.
Il vint à Paris , et fut reçu à l'Académie des sciences en 1669. Le terme de son séjour expiré, l'Italie le réclama, et lui-même ne songeait point à rester en France; mais Colbert parvint, non sans peine , à lui faire accepter , en 1673, des lettres de naturalisation.
Cassini Gt, dans sa nouvelle patrie, en 1684, la découverte des quatre satellites de Saturne; ce qui en donna cinq à cette planète , au heu d'un seul
Îue Ou) gens avait d'abord aperçu, /année précédente, il avait découvert la lumière zodiacale; il en fit connaître la forme avec exactitude; et, d'après la position de cette lumière relativement à l'écliptique, il détermina les circonstances où elle devait s'observer le plus exactement. Après plusieurs autres belles découvertes , Cassini alla , en 1695, revoir une méridienne qu'il avait tracée à Bologne; à son retour, il continua celle qui avait été commencée en 1669 par Picard , continuée en 1683. au nord de Paris, par Lahire, et qui fut enfin poussée nar lui, en 1700, jusqu'à l'extrémité au Roussillon : c'est cette même ligne qui fut mesurée de nouveau, quarante ans après, par François Cassini et la Caille, et, cent ans après, par Méchain et Delambre , avec une précision gui ne laisse plus rien à désirer. Cassini mourut en 1712 ; il avait perdu la vue dans ses dernières années. Sa vie, écrite par lui-même, a été publiée par Cassini deThury, son arrière-petit-BIs , dans ses Mémoires pour servir à V histoire des sciences, 1810, in-4°. On peut voir dans Lalande ( Bibliothèque astronomique) le détail des nombreux ouvrages de J.-D. Cassini; nous ne citerons que les suivants : Observationescometœ, anno 1652 et 53, Mo-
dène, 1653 , in-folio de 29 pages : c'est son premier ouvrage; Opéra astronomtca, Rome, 1666, in-folio. On y trouve tous les Opuscules qu'il avait publiés jusqu'alors. Il a laissé en manuscrit une Cosmographie en vers italiens.
Jacques Cassini, son fils, né à Paris en 1677, fut reçu membre de l'Académie des sciences en 1694, et de la Société royale de Londres en 1696.
Le recueil dé l'Académie des sciences renferme de lui plusieurs mémoires importants ; mais il est principalement connu par ses travaux relatifs à la détermination de la figure de la terre.
Après avoir prolongé avec son père , en 1701, jusqu'au Canigou, la mesure du méridien de Paris , et en avoir exécuté, en 1718, la partie septentrionale jusqu'à Dunkerque, il publia, en 1720, son livre De la grandeur et de la Jigure de la terre, Paris, in-4\ Jacaues Cassini mourut dans sa terre oe Thury en 1756. Outre les ouvrages que nous avons cités, on a de lui des Eléments d'astronomie, Paris, 1740, in-4°, entrepris sur la demande du duc de Bourgogne, et traduits en latin par le P. Hell, professeur à Vienne , et des Tables astronomiques du soleil, de la lune, des planètes, des étoiles et des satellites, Paris, 1740, in-4°.
César-François Cassini dbThury, son fils, né en 1714, n'avait pas vingtdeux ans quand il fut reçu à l'Académie des sciences comme adjoint surnuméraire. Les recueils de cette société contiennent beaucoup de mémoires de lui ; mais un grand ouvrage qui porte le nom de sa famille fut surtout I ohjet de ses soins. On avait formé le projet de faire une description géométrique de la France : le jeune Cassini conçut le plan plus étendu de lever le plan topographique du pays entier , et de déterminer par ce moyen la distance de tous les lieux à la méridienne de Paris et à la perpendiculaire de cette méridienne. Jamais on n'avait formé en géographie une entreprise plus vaste et d une utilité plus générale. Cassini eut la consolation de la voir presque entièrement achevée , et
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la çloire d'en avoir lui-même assuré le succès. Il mourut en 1784. Parmi les ouvrages de Cassini de Thury, nous citerons : Relations de deux voyages faits en 1761 et 1762 en Allemagne , 'pour déterminer la grandeur des degrès de longitude , par rapport à la géographie et à l'astronomie , 1762, in-4°; Opuscules divers, 1771, in-8", contenant un almanach perpétuel, une table pour les étoiles, et deux lettres ; Description d'un instrument pour prendre hauteur et pour trouver C heure vraie sans aucun calcul, 1 770, in -4°; Description géométrique de la terre, 1775, in-4°; Description géométrique de la France, 1784, in-4°.
Jacques- Dominique , comte de Cassini, son lils, né à Paris le 30 juin 1748, lui succéda dans la place de directeur de l'Observatoire. Ce fut lui qui termina la belle carte de France , commencée par son père. Cette carte , connue sous le nom de Carte de l'Académie et de Carte de Cassini , a trentetrois pieds de hauteur sur trente-quatre de largeur ; c'est l'ouvrage le plus beau et le plus complet qui existe dans ce genre. L'Assemblée nationale avant ordonné, en 1790, la division de la France en départements, cette carte servit de type a ce travail , auquel Cassini lui-même eut une part importante.
Membre de l'ancienne Académie des sciences, il fit partie de l'Institut dès la formation de ce corps. Il a publié plusieurs ouvrages estimés , entre autres : Voyage fait par ordre du roi en J768 et en 1769, pour éprouver les montres marines inventées par M. Leroy ; Voyage en Californie, par M. Chappe d'Auteroche; de l'Influence de Véquinoxe du printemps et du solstice (f été sur les déclinaisons et les variations de Vaiguille aimantée ; Exposé des opérations faites en France en 1787, pour la joiiction des observations de Paris et de Greentvich.
Alexandre-Henri-Gabriel, vicomte de Cassini , son fils , né à Paris en J781, entra dans la carrière judiciaire fin 1811, comme membre du tribunal (je première instance de Ju Seine. Il fui
successivement vice - président de ce tribunal , conseiller et président à la cour royale de Paris , député de l'arrondissement de Clermont (Oise) , et pair de France. Il mourut du choléra en 1832. Il était, depuis 1827, membre de l'Institut (Académie des sciences). Henri Cassini ne suivit pas la carrière où sa famille s'était illustrée ; il ne se sentit jamais aucun gotlt pour l'étude de l'astronomie-, mais il se livra avec un grand succès à celle des sciences naturelles et de la botanique. Cette dernière science surtout lui doit de précieuses découvertes.
Il a fourni au recueil de l'Académie des sciences et à plusieurs journaux scientifiques un grand nombre de mémoires; les plus importants ont été réunis et publiés par lui, sous le titre d'Opuscules phytologiques , Paris , 1826, 2 vol. in-8*.
Cassis, petite ville de l'ancienne Provence ( aujourd'hui du département des Boucnes-du-Rhone), à deux myriamètres et demi de Marseille, est mentionnée dans l'itinéraire d'Antonin , sous le nom de Carsicis portus. Cette ville était alors située au fond du golfe de l'Arène; elle fut détruite , en 573 , par les Lombards , et rebfltie, quelque temps après, par les anciens habitants, sur une éminence voisine; position qui fut encore abandonnée, au commencement du treizième siècle, j>our l'emplacement où se trouve la ville actuelle. Cassis possède aujourd'hui une population de deux mille cinquante habitants. C'est la patrie de l'auteur iVAnacharsis.
Castagne (Raymond) , capitaine au 32e régiment dè ligne, né à Albi, se signala, le 17 octobre 1806 , à la prise de Halle , où il arriva l'un des
Sremiers sur le pont , malgré le feu e l'ennemi. Son exemple entraîna ses camarades, qui firent des prodiges de valeur. Cet officier ayant pénétré dans la ville, s'empara, avec quinze hommes, de deux pièces de canon , après un combat des plus opiniâtres , et fit un grand nombre de prisonniers.
Castaig.nb ou Castagne (Gabriel $*) » r^'g"'1** Vie l'ordre de Saint-
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François , né dans le seizième siècle , s'adonna à l'étude de l'alchimie , détint aumônier de Louis XIII, et mourut vers 1630. On a de lui : L'Or potable qui guarit tous les maux.
Le grand miracle de nature métallique. Le Paradis terrestre. Ses œuvres ont été recueillies en 1 seul volume et publiées à Paris, en 1661 , in-8w.
Castaing , célèbre empoisonneur, né à Alençon en 1796, exécuté à Paris en 1823 , et dont le procès excita une grande curiosité , à cause de la publicité qui fut alors donnée pour la première ibis aux propriétés des poisons végétaux.
Castalion ( Sébastien théologien calviniste, né en 1515 dans le Dauphiné, s'appelait Châteillon, nom qu'il crut devoir latiniser, suivant l'usage des érudits du temps. Il fut lié avec Calvin , <Jui le fit nommer professeur à Genève. Mais s'étant ensuite brouillé avec œ chef de secte, qui le fit destituer et bannir en 1544 , Castalion tomba dans la misère , et se vit réduit à cultiver de ses mains un modeste champ, qui ne lui laissait de libres pour I étude que quelques heures du jour. Il mourut de la peste à Bâle, en 1563. Son principal ouvrage est une traduction latine de la Bible, dont la première édition est de 1551 , et la plus estimée de 1573 (Râle). On doit citer parmi ses autres écrits r Moses latinus , Râle, 1516, in- 4°, où il se déclare contre la peine de mort ; quelques poèmes grecs et latins ; et une traduction latine d'Homère.
Castalla (bataille de). — Dans la nuit du 20 juillet 1812, le général espagnol Joseph O'Donnel , à la tête d'un corps d'armée de douze mille hommes, se mit en marche pour surprendre Pavant-garde de l'armée française d'Aragon, commandée par le général Delort. Cette avant-garde était cantonnéedans la petite villedcCastalla et dans les villages voisins d'Ibi et de Biar. Au point du jour, l'aile gauche, le centre et l'infanterie de la reserve des Espagnols attaquèrent avec vivacité les postes français en avant de la Tille, tandis que l'aile droite commen-
çait une forte fusillade sur Ibi, et que huit escadrons de cavalerie se dirigeaient sur Biar. A la vue des troupes nombreuses qui venaient l'attaquer , le général Delort avait évacué la ville, bien qu'elle eût été mise à l'abri d'un coup de main , et , disputant le terrain pied à pied , il était allé prendre position un peu en arrière , sur des hauteurs. De la, son artillerie cherchait, mais en vain, à arrêter les colonnes ennemies , qui s'avançaient résolument , et déjà il était enveloppé par une multitude de tirailleurs. Sa situation devenait de plus en plus périlleuse, lorsque tout à coup le 24r de dragons arriva de Biar. Ce mouvement, que les Espagnols n'avaient pas même songé à prévenir, les surprit et les déconcerta, tandis qu'il augmenta l'énergie des Français. Delort, mettant à profit, et l'ardeur des siens, et l'hésitation de l'ennemi, se décide sur lechamp à un grand effort offensif : il envoie aux dragons l'ordre de ehar-
5er au galop, et d'enlever deux pièces e canon établies par O'Donnell pour protéger le passage d'un ruisseau. Lrs dragons , défilant un à un sur le pont étroit qui communique d'un bord a l'autre, exécutèrent cet ordre avec valeur. Non-seulement ils s'emparèrent des deux canons , mais , en un clin d'œil, les bataillons ennemis, nui se formaient en carrés pour les défendre, fureut enfoncés, sabrés et anéantis. Toute l'infanterie espagnole fut ou taillée en pièces ou faite prisonnière. La réserve seule se sauva en désordre au milieu de Castalla ; elle y fut poursuivie dans les rues et exterminée. D>*jà la déroute était complète au centre et à la gauche de l'ennemi ; bientôt le général Delort se porta sur l'aile droite ,. et força les troupes qui la composaient à mettre bas les armes. Les manœuvres de l'avant-garde française avaient été si ra-
(>ides , qu'avant huit heures du matin e feu avait entièrement cessé. Deux pièces de canon attelées, et leurs caissons , seule artillerie des Espagnols , trois drapeaux , six mille fusils anglais , qu'on ramassa sur le champ
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de bataille , deux mille huit cent trente-deux prisonniers, dontcentcinquante ofGciers de tout grade , cinq cents morts et autant de blessés, telles furent les pertes de l'ennemi dans la mémorable journée de Castalla. Les Français, qui, avec mille fantassins et cinq cents chevaux , avaient défait un corps de plus de neuf mille hommes, n'eurent que quatorze morts, dont un seul officier, et cinquante-six blessés.
Casteggio. (Voyez Montebello [bataille de] ).
Casteill -Roussillon ou ClIAteau-Roussillon , hameau situé sur une élévation dans la partie orientale de la plaine de Roussillon, sur la rive droite du Tet, à une lieue ouest de la mer, et à une lieue est de Perpignan (département des Pyrénées - Orientales).
Ce hameau occupe l'emplacement de l'ancienne Ruscino de Strabon , de Mêla, de Pline, de Ptolemée, et de l'itinéraire d'Antonin. Tite-Live nous apprend que ce fut à Ruscino que s'assemblèrent les tribus gauloises voisines des Pyrénées, pour disputer le passage à Annibal. On sait qu'à la suite d'une conférence avec les Carthaginois , tenue à lUiberri ( Elne ) , les chefs, séduits par des présents, conclurent un traité d'alliance. Ces deux villes appartenaient alorsauxSordones,
K'uplade tectosage. Suivant Pline, uscinodevintensuite une ville latine; suivant Mêla, elle aurait reçu une colonie romaine. Quoi qu'il en soit , on trouve encore à Casteill -Roussillon , en fouillant la terre, des médailles romaines et des fondations d'édifices considérables. En 17C8, on y a découvert des débris de colonnes, de chapiteaux , de socles de marbre , etc.
Cette ville commença à dépérir à l'époque de l'invasion des Sarrasins, et fut entièrement détruite par les Normands vers 8"->8 ou 838. Elle passait encore, en 816, pour une des villes les plus importantes de la Marche d'Espagne , puisque Louis le Débonnaire , concédant un privilège aux peuples d'Espagne, et ordonnant le dépôt d'une copie de l'acte dans les sept villes prin- .
cipales, nomme Ruscino la troisième.
Il ne reste plus de cette antique cité qu'une tour ronde, des vestiges de bains publics, deux citernes, et des fragments de moulins à bras de forme cylindrique.
Castel (combat de). — En avril 1794 , les troupes destinées par Pichegru à faire une diversion en Flandre, avaient commencé leur mouvement, lorsque le général autrichien Clairfait , à qui des démonstrations , faites le 23 , sur Denain , avaient donné le change, et qui s'était porté vers cette place avec la plus grande partie de ses forces, reconnut son erreur. Il revint en toute hâte sur Tournai , pour barrer le passage à l'armée d'invasion.
Le 28, il se retrancha sur les hauteurs de Castel , d'où il menaçait les communications des troupes françaises avec Lille; mais il n'avait. que dixhuit mille hommes pour en arrêter cinquante mille. Sounam , le général français , attaqua le 29. Après avoir balayé tous les avant-postes des Autrichiens , il fit marcher ses troupes contre leurs retranchements de Castel. La nombreuse artillerie qui les défendait n'arrêta point l'ardeur des soldats fran-
!:ais. Le combat dura plus de quatre ieures ; mais enfin les hauteurs furent emportées à la baïonnette, et les Autrichiens mis en déroute. Clairfait, blessé dans l'action , laissa aux mains du vainqueur douze cents prisonniers, trente canons et quatre drapeaux.
Castel (Jehan de), bénédictin, vivait dans le quinzième siècle. Il ne nous reste de lui que le Miroiter des pécheurs et pécheresses, en vers.
Dans cet ouvrage, composé en 1 468 , et imprimé in-4°, sans date, ni indication du lieu de l'impression, l'auteur emploie indifféremment les langues latine et française et tous les rhvthmes possibles. Comme il y prend le titre de chroniqueur de France, il est probable que c'est le Castel dont parie Molinet, et qui, au dire de cet auteur, avait composé des chroniques perdues aujourd'hui. Il est aussi à présumer
3ue Jehan de Castel est le même que ehan de Chastel, moine franciscain
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de Vire , auteur d'une épitre en vers imprimée vers l'an 1500.
Castel (Louis-Bertrand), jésuite, géomètre et physicien, né à Montpellier en 1668, exposa dans plusieurs ouvrages les systèmes qu'il s'était créés sur plusieurs parties de ces deux sciences , travailla pendant plus de trente ans au Journal de Trévoux et au Mercure , et mourut en 1757. On peut voir dans le Journal de Trévoux, deuxième volume d'avril , année 1757 , la liste assez longue de ses écrits. Le travail qui a le plus contribué à sa célébrité , est son Clavecin oculaire , dont il annonça le projet dans le Mercure de novembre 1725 , et dont il développa toute la théorie dans le Journal de Trévoux de 1 735.
Castel (René-Richard) , né à Vire en 1758, fut élu maire de sa ville natale, au commencement de la révolution. Nommé, en 1790, membre de l'Assemb.ée législative , il s'associa aux Dumas, Ramond , et autres orateurs du côte droit, pour défendre la cause de la monarchie. Il se retira en Normandie, après la clôture de la session ; et , quelques années plus tard , il devint professeur de belles-lettres au collège Louis le Grand, puis successivement inspecteur général de l'Université, et inspecteur des écoles militaires. Il a publie : l°un Poème des Plantes, in- 18 , 1797: 2° la Forêt de Fontainebleau, in-12, 1805; 3° f 'oyage de Paris à Crévi , en Chablais , et un Discours sur la uloire littéraire; 4° l Histoire naturelle de Buffon , classée d'après le système de Linné; 5° le Prince de Catane, opéra, 1813, in -8'. Castel est mort à Reims en
Castel (N.), grenadier au 40e régiment d'infanterie de ligne, fut dangereusement blessé d'un biscaïen à la prise de Landau . et tomba noyé dans son sang. Un de ses camarades lui fit avaler quelques gouttes d'eau-de-vie ; Castel sent aussitôt renaître ses forces , et avec elles toute son énergie : H se relevé , et court de nouveau au combat. .Mais son sang continue de couler , et il retombe eu s 'écriant :
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« Je meurs content , nous sommes maîtres de la redoute. » Ce héros fut rappelé à la vie.
Castel-Alfiebi. — Asti avait été prise en 1745, par le lieutenant général Chabert. Mais I année suivante, après la malheureuse affaire de Plaisance . elle retomba au pouvoir des Impériaux.
Tous les postes français de la gauche du Pô furent évacués ; mais on oublia un hôpital de deux cents malades, établi à Castel- A Ifieri. Au nombre des convalescents se trouvait un sergent de grenadiers du régiment de Tournaisis, surnommé fa-de-bon-Cœur.
Ce sergent proposa aux autres malades de quitter le lit , de se mettre en défense, et de ne se rendre qu'après avoir soutenu un siège. La proposition est acceptée, on prend les armes, ou ferme les portes, on attend les Piémdntais de pied ferme. Quelques jours après , on vit paraître un officier piémontais qui venait, à la tête d'un faible détachement , prendre l'hôpital à discrétion. Il fut salué d'une décharge générale d'artillerie et de mousqueterie; car on avait trouvé, dans un coin du château, une vieille pièce de fer, que l'on avait mise en Batterie.
L'officier, qui ne s'attendait pas à une telle réception, alla en rendre compte à son général, M. de Leutrun. Celuici, pour la singularité du fait, voulut aller reconnaître la place, et demanda à parlementer. Va-de-bon-Cœur, établi gouverneur d'une voix unanime, déclara que la garnison de l'hôpital était disposée à se défendre, et qu'il ne capitulerait qu'après avoir essuyé quelques volées de canon et vu ouvrir la tranchée, n'en ouvrît-on que de la longueur de sa pipe. M. de Leutrun répondit qu'il admirait sa bravoure, et qu'on le servirait suivant ses désirs.
On ouvrit donc la tranchée, et deux canons furent portés à dos de mulet devant l'hôpital. Après deux jours de tranchée ouverte, et quelaues volées de canon, auxquelles on répondit par un feu soutenu , le gouverneur demanda à capituler. Tous les honneurs de la guerre lui furent accordés. La capitulation signée, l'officier piémontais , qui
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avait commandé le siège, envoya des rafraîchissements à la garnison," et lui lit offrir ce dont elle pouvait avoir besoin pour son transport. Le lendemain, elle sortit, précédée d'un tambour qui s'appuyait sur une béquille et portait un bras en écharpe; marchait ensuite II. Va-de-bon-Cœur , qui saluait de la hallebarde; puis venaient vingt charrettes chargées de malades, criant : l'ive le roi! autant que leurs forces le leur permettaient, et portant le fusil le plus haut qu'ils pouvaient.
La marche était fermée par les convalescents, qui s'avançaient sur trois de front. Enfin une charrette, couverte de branches de pin et de romarin, portait les ustensiles de l'hôpital. Ces braves, après avoir traversé les postes piémontais , arrivèrent ainsi en triomphe à Novi , quartier général de l'armée française. Le roi décora de la croix de Saint-Louis le sergent Va-de-bon-Cœur, et le nomma aide- major de la place de Brisach.
Castel-Bajac (Marie-Barthélémy, vicomte de), né en 1776, près Rabasteins en Bigorre, servit d'abord, contre la révolution, dans l'armée de Condé, rentra en France à la seconde restauration, et fut un des membres les plus ardents de la chambre dite introuvable.
Réélu après l'ordonnance du 5 septembre 1816, il siégea à côté de MAI. de Villèle et Corbière, parmi les chefs de cette opposition violente subitement convertie à la charte, depuis que le gouvernement avait cessé d'écouter ses inspirations réactionnaires. Plus tard, les électeurs du Gard n'ayant plus voulu d'un pareil représentant, il exhala son mécontentement aristocratique dans le Conservateur. Cependant les électeurs de la Haute-Garonne lui rouvrirent le chemin de la tribune, et en 1819, il appuya fortement l'ordre du jour contre les pétitions qui réclamaient le maintien de la loi des élections, jugée , selon lui, par la nomination de M. Grégoire. A mesure que la marche rétrograde des ministres Decaze et Pasquier rapprocha de plus en plus ses amis du pouvoir, M. de Castel-Bajac devint moins
fougueux , et quand M. de Villèle eut pris les rênes de l'État, il n'hésita pas de se séparer de ces ultra-royalistes, qu'il avait proclamés ultra-malheureux pour la cause royale. Il fut récompensé de son dévouement ministériel, d'abord par la direction générale des haras et des manufactures, ensuite par celle des douanes.
Castelbab (combat de). Le 22 août 1 799, le général Humbert, envové par le Directoire sur les côtes d'Irlande, avait débarqué avec onze cent fin-
Îiuante hommes dans la baie de Kilala, au fond du golfede Sligo. Sur-lechamp il s'était porté vers l'intérieur, et le 26, sans presque avoir rencontré d'obstacles, il prenait position à Balayna. Ayant appris que les généraux anglais Lake et Hutchinson avaient rassemblé leurs forces à Castelbar, et se disposaient à venir l'attaquer, il résolut de les prévenir, et même de les surprendre s'il le pouvait. Il quitta donc Balavna à trois heures du soir, et le lendemain 27, à six heures du matin, après quinze heures de marche à travers un pays de montagne, il atteignit les hauteurs voisines de Castelbar. Immédiatement il fit reconnaître la position des Anglais, et, quoiqu'elle fut très-forte, il l'attaqua. Les tirailleurs ennemis furent d'abord repoussés; puis le reste des troupes républicaines s'avança au pas de charge, sans que le feu vif et meurtrier de douze pièces de canon pût modérer leur ardeur. Tandis que cette audacieuse attaque est tentée contre le centre de l'ennemi, l'adjudant général Sarrazin,s'avançant à la tête d'un bataillon de ligne et d'une compagnie de grenadiers, essaye de forcer sa gauche.
Le bataillon, qui se présente le premier, est contraint de se replier sous le feu de plus de deux mille hommes; mais Sarrazin vole à son secours avec les grenadiers, et rejette les Anglais sur leurs lignes. Renonçant toutefois à enfoncer l'aile gauche , il laisse le bataillon pour la tenir en échec, et se porte lui-même avec ses grenadiers sur l'aile droite, qu'ilculbute.Lemouvement rétrograde
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de la droite est bientôt imité par le centre, et alors le bataillon chargé de contenir la gauche l'oblige à se réfugier dans la ville. Les républicains cherclient a l'en déloger, et des deux parts on se bat avec acharnement; enfin, une charge de chasseurs à cheval force le gros de l'armée anglaise à repasser le pont de Castelbar. Elle abandonne artillerie et bagage, et on la poursuit deux lieues l'épee dans les reins. Six cents morts ou blessés , douze cents prisonniers , douze pièces de canon et cinq drapeaux, telles furent les pertes des Anglais. Le général Humbert, qui avait battu un ennemi au moins trois fois supérieur en nombre, ne perdit que deux cents hommes.
Castelbon (monnaie de). Castelbon ou Castelloubon est un petit village situé en Gascogne , dans la vallée de Laudon, au comté de Bigorre, à treize kilom. de Tarbes. Ce village possédait autrefois le titre de vicomté, et jouissait du droit de battre monnaie, ainsi que le prouve un acte passé en 1374 entre le duc d'Anjou et le vicomte Roger-Bernard de Foix. Par cet acte, le duc permettait au vicomte de Castelbon de faire battre dans ses domaines des monnoies blanches et noires en la forme et manière que le duc de Lescan (seigneur du voisinage) avoit et faisoit faire au temps quHl vivoit. Ces monnaies , qui devaient être du même poids et au même titre que celles du roi de France , n'ont pas encore été retrouvées. La moitié du profit qu'on devait retirer de ce monnayage appartenait au roi , et l'autre moitié au vicomte.
Castel-Forte (prise de). Le 10 janvier 1799, le général Champion m t, commandant l'armée française dans le royaume de Kaples, avait conclu, sous les murs de Capoue, un armistice avec le général en chef des troupes autrichiennes et napolitaines. Se trouvant ainsi débarrassé, pour le moment du moins , de son principal ennemi , Championnet put s'occuper de châtier sérieusement les paysans napolitains qui s'étaient insurgés sur plusieurs points du territoire même
que l'armistice avait attribué aux Français. Le général Rey, d'après ses ordres , occupa successivement Itri, Foudi et la petite ville de Traëta, sur la rive droite du (iarigliano, principaux refuges des rebelles.
De là , Rey se porta sur Castel-Forte, où s'était réunie une autre bande non moins considérable de révoltés ; ceuxci se défendirent en désespérés. La position de la place ne permettant pas au général français de se servir de son artillerie, il fît donner l'assaut par l'infanterie française et polonaise. Ces bataillons enfoncèrent à coups de hache une des portes de la ville, et y pénétrèrent. Le général Rey était tellement exaspéré du massacre du capitaine Tremeau, son aide de camp, qui avait été entouré et égorgé avec un détachement de quarante hommes aux environs de Traëta, qu'il fit fusiller tous les habitants saisis les armes à la main, et mettre le feu à leurs maisons. La prise de Castel-Forte eut pour les Français le double avantage de supprimer un des principaux centres de l'insurrection, et de taire tomber en leur pouvoir un petit parc d'artillerie de montagne et des magasins de vivres considérables.
Castel-Franco (combat de). En 1805, la marche rapide de la grande armée, commandée par Napoléon, avait séparé de l'armée autrichienne une colonne de sept mille hommes, commandée par le prince de Rohan; ce général , dont tous les mouvements étaient observés, descendit résolument la vallée de la Brenta pour se joindre au prince Charles dans le Tyrol, surprit Bassano, et marcha sur Castel- Franco. Là, une division du général Saint - Cyr l'atteignit , et lui fit essuyer une déroute complète. Tout ce qui n'avait pas été tué ou fait prisonnier sur le champ de bataille demanda à capituler. Le prince de Rohan fut pris avec beaucoup d'officiers. On enleva aux Autrichiens douze canons, douze drapeaux et un étendard , et l'on retrouva les Français faits prisonniers deux jours avant à Bassano.
Castel-Gineste (combat de). Tan-
dis que le général Dugommier attaquait Toulon , Masséna défendait les Alpes contre les entreprises des Austro-Sardes, qui de Castel-G ineste, où ils s'étaient retirés, menaçaient encore le quartier général d'Utelle. Le 24 novembre 1793, il part, à la téte de cinq cents hommes d'élite. Continuellement suspendue sur d'affreux précipices, et l'accrochant aux degrés naturellement taillés dans le roc, la petite colonne parvient aux postes avancés, qui, surpris d'une telle audace, s'enfuient devant elle. Ayant surmonté de nouvelles difficultés, elle atteint les hauteurs de Castel-Gineste, où l'ennemi était retranché, et prêt à la recevoir vigoureusement. Après deux heures d'un combat opiniâtre, les retranchements sont forcés, et l'ennemi se retire, dans le plus grand désordre, sur la monta-
Êne du Brec, la plus escarpée et la plus aute de cette chaîne des Alpes. Masséna osa entreprendre de la débusquer dece poste, où il paraissait impossible de conduire du canon. Néanmoins, il y fait passer une pièce de quatre, qu'on porte à bras pendant deux milles; général, officiers , so dats , y mettent la main. Enfin, après sept heures de travaux, cette pièce e*t mise en batterie, et elle tonne sur les Sardes. Épouvantés des effets et du bruit de cette artillerie, répété et grossi par les échos , et stupéfaits de la hardiesse des Français, ils n'opposent qu'une faible résistance.
La petite colonne de Masséna gravit le plateau et les poursuit de rocher en rocher. Pendant ce temps, une colonne, commandée par le général Despindy, s'empare de Figaretto; enfin après une courte fusillade , les Piémontais fuient de toutes parts, abandonnant trois camps , des armes et des bagages.
C\stkl-Jaloux, ville de I ancienne Gascogne ( département de Lot-et- Garonne), à deux myriamètres de Nérac. Castel-Jaloux doit son origine et son nom a un château construit par les seigneurs d'Albret sur la rive gauche de l'Avance, et ainsi appelé peutêtre à cause de la jalousie reprochée à l'un de ses propriétaires. Cette ville était autrefois entourée de fortifica-
tions. Elle était, en 1622, occupée par les protestants. Mais à l'approche de Louis XIII, I vas, député général des Eglises, en ouvrit les portes. Le roi fit raser les fortifications.
Castellamarb (affaires de). Les Napolitains ayant secoué le joug des Espagnols , et choisi pour roi le pécheur Masaniello (1647), avaient demandé des secours à la France. Le duc de Guise, qui se trouvait à Rome, alla se mettre à leur téte. Il charge Cérisantes d'attaquer Castellamare avec un petit corps de troupes. Ses soldats se mutinent , et demandent de l'argent.
Le duc, averti, accourt. A son abord, les révoltés soufflaient leurs mèches et se préparaient à tirer sur lui leurs mousquets. Il s'avance, met l'épée à la main , perce de sa main un des plus mutins et en fait pendre un second à un arbre. Les autres , étonnés de celte audace, mettent bas les armes et lui demandent pardon. On sait que Mazarin ne profita pas de cette révolte de Naples, que bientôt le duc de Guise fut fait prisonnier, et que les Napolitains retombèrent sous la domination espagnole.
— Lors de la première occupation du royaume de Naples par les Français (voyez l'article Naples), le fort de Castellamare fut attaqué par des bandes nombreuses de l'armée du cardinal Ruffo. Les canonniers napolitains refusèrent de tirer, et assassinèrent leur officier, dont ils déchirèrent et brûlèrent le cadavre. Cependant les Anglais avaient débarqué des troupes, et garnissaient de canons la grande route de Castellamare; mais les Français, accourus de Naples, tournèrent leurs batteries, les prirent en flanc, et firent un grand carnage de ceux qui les défendaient.
Castellan (Antoine-Laurent), né à Montpellier en 1772, se voua d'abord à la peinture, entra, en 1788, dans l'atelier de Valenciennes , et acquit bientôt pour le paysage une réputation méritée. Habile aussi en architecture, il se faisait remarquer par le bon gorit de ses fabriques. Pendant la révolution, il fut quelque temps employé
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dans les charrois militaires: mais quand il fut rendu à ses études, il partit pour le Levant, visita Constnntinople, la Grèce, les îles, l'Italie et la Suisse, recueillant partout un grand nombre de documents, de dessins , et puisant, dans ces riches contrées, un goût d'autant plus sûr, qu'il ne se laissait pas aller à un sot entnousiasme, et que la vue des chefs-d'œuvre étrangers ne le rendait pas injuste envers ceux de sa patrie.
Fixé à Paris dès 1804, il s'occupa de publier divers ouvrages où se trou- Tent consignés les résultats de ses voyages et de ses observations. Ce sont : 1 ° Lettres sur ta Moréeet les iles de Cerigo, Hydra et Zante, 1 vol.
in-8°, fig., Paris, 1808; 2° Lettres sur Constantinople , in-8°, Paris, 1811 :
ces deux ouvrages ont été réimprimés sous le titre de Lettres sur la Morée, l'Hellespont et Constantinople, 3 vol.
in-8°, ug , Paris, 1820; 3° Lettres sur l'Italie* faisant suite aux Lettres sur la Morée, etc., 3 vol. in-8°, fig., Paris, 1819; 4° Mœurs, usages, coutumes des Ottomans, 6 vol. in-18, Paris, 1812. Byron disait de cet excellent livre: « N'allez pas en Turquie sans « avoir Castellan dans votre poche.*
Peintre et graveur distingué, Castellan s'occupa beaucoup de la partie technique de son art, et inventa un nouveau procédé de peinture à la cire.
Retiré à Fontainebleau, Castellan consacra ses dernières années à l'étude de la théorie des beaux-arts et à l'histoire de notre art national. La mort, qui le frappa en 1838, l'empêcha de publier un livre auquel il avait travaillé longtemps avec amour; nous voulons parler de ses Éludes sur le château de Fontainebleau, considéré comme l'un des types de la renaissance des arts en France au seizième siècle. Cet excellent livre n'a paru qu'en 1840, 1 vol. in-8°. Castellan, en étudiant de bonne foi le magnifique palais deFontainebleau,y reconnut, dit l'éditeur de l'ouvrage en question, « le type d'une école brilîanteet toute française, digne d'être opposée à plusieursdes écoles d'Italie, et les titres glorieux d'un
grand nombre d'artistes français qui ne méritaient pas l'injuste oubli dans lequel ils sont tombés. » En effet , ce livre est le premier qui rende hommage à la vérité, et restitue à nos artistes ce que l'ignorance a trop longtemps attribue à l'étranger; et à ce titre surtout il mérite les plus grands éloges.
Castellan (l'abbé), antiquaire et littérateur, né à Tourves en Provence, ▼ers l'an 1760, fit ses études ecclésiastiques au séminaire d'Aix , et fut ordonné prêtre peu de temps avant la révolution. En 1799, il fut nommé curé de Lambesc, département des Bouches-du-Rhône , puis, en 1810, chanoine de l'église d'Aix, et enfin
{irofesseur d'histoire ecclésiastique à a faculté de théologie de cette ville.
Ad mis. vers la même époque, à la société académique d'Aix, il y lut plusieurs mémoires, dont quelques-uns sont imprimés dans le recueil de cette société: 1° Dissertation sur la religion des anciens Provençaux ; 2° Notice sur une inscription d'un genre singulier gu'on voit dans la chapelle de la Madeleine, dite de la Chèvre, près du lac de Mirabeau , suivie d'un aperçu historique sur les frères pontifes ; 3° Notice sur Tourves (l'ancien Tun is des Romains); on attend em ore la publication de son Histoire littéraire de Provence, jusqu'à la réunion de cette province à la France.
Castellan (L. de), petit-fils d'un notaire du diocèse d'Arles , avait eu J>our père Olivier de Castellan, qui occupait un haut grade militaire lorsqu'il fut tué devant Tarragone, en 1644. Ayant obtenu , à quinze ans , une compagnie dans les gardes françaises, il devint bientôt brfgadier d'infanterie. Il fut, en 1664, envoyé à Gigery, sur les côtes d'Afrique, rendit compte au roi lui-même de cette expédition dans un mémoire intéressant; et enfin fit partie de l'expédition du duc de Beaufbrt à Candie. Il fut tué en 1669, à l'âge de trente-sept ans. Le sculpteur Girard a élevé à son père et à lui un tombeau dans l'église Saint- Germain des Prés.
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Castellanb , petite et ancienne ville de Provence, était, à l'époque romaine, la capitale des Suetri, et portait le nom de Salinx. Cette cité ayant été détruite par les Sarrasins vers Tan 812, les habitants montèrent en haut de leur roc, et s'y fortiGèrent; mais l'augmentation progressive de la population les força ensuite de descendre dans la plaine audessous- de l'ancienne ville. Capitale , pendant le moyen âge , d'une petite souveraineté dont parlent des chartes des dixième, onzième et douzième siècles, puis chef-lieu d'une sénéchaussée, d'une viguerie et d'une recette , dépendant du parlement et de l'intendance d'Aix, Cj s tel la ne était encore, avant la révolution , la résidence de l'évéque de Sénez. C'est aujourd'hui l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département des Basses-Alpes, et l'on y compte deux mille cent six habitants.
Castellane (famille de). Cette maison était , sinon l'une des plus riches, du moins l'une des plus anciennes de Provence. Une charte de 1089 parie d'un Boniface de Castellane. Un autre Bonlface de Castellane, troisième ou quatrième du nom , troubadour du treizième siècle, est mentionné par Nostradamus dans Yllistoirc de Provence , comme ayant eu la téte tranchée en 1257, pour s être mis à la tête des Marseillais révoltés contre Charles Ie' , roi de Naples et comte de Provence. Boni/ace- Louis- André , comte de Castellane, né en 1758, fut, en 1789, député de la noblesse à l'Assemblée constituante, et figura dans cette minorité de sa caste qui se réunit au tiers état. Ainsi il vota la liberté des cultes, appuya la déclaration des droits , et demanda l'abolition des prisons d'État. Après la session, il disparut de la scène politique jusqu'en 1802, époque où il fut appelé à la préfecture des Basses-Pyrénées. Il devint ensuite pair de France et lieutenant général , et mourut en 1837. E. B., vicomte de Castellane, son frère, présida la section le Pelletier en 1795, à l'époque où les sections
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s'insurgèrent contre la Convention. Il fut, pour ce fait, condamné à mort par contumace la même année, et acquitté par le jury l'année suivante.
Castellabo ( combats de ). — Wurmser, cherchant à se jeter dans Mantoue, et poursuivi par la division de Masséna, se porta, le 12 septembre 1796, vers le Tartaro. Apprenant là que le Dont de Castellaro avait été rompu, il gagna celui de Villimpenta, au moment où le général Charton y arrivait avec quelques centaines de chasseurs pour s'en emparer et le couper. Malgré des forces aussi disproportionnées, le général Charton attaqua les Autrichiens; mais il perdit la vie, et ses troupe-", maltraitées , se replièrent sur Castellaro. Dès lors Wurmstr put continuer sans obstacle sa marche sur Mantoue.
— A l'ouverture de la campagne de 1801, le prince de Hohenzollern occupait Castellaro. Les généraux Delmas et Moncey l'attaquèrent de front et en queue dans cette position redoutable, gravirent, sous un feu meurtrier, des pentes très-rapides, et le forcèrent à se retirer avec une perte de douze cents hommes tués, blessés ou prisonniers.
Castellb ( Adrien ) , dragon au 1er régiment, né à Valenciennes , fit mettre bas les armes à quarante grenadiers hongrois , qu'il conduisit au quartier général à Ta bataille de Marengo. Il fut tué peu de temps après.
Castellet (le), seigneurie avec titre de comté, dans le Comtat Venaissin ( département des Basses-Alpes ), à douze kilomètres de Cavaillon.
Castello de los Guabdios (combat de). — Dans les premiers jours de septembre 1813, le général espagnol la Romana , dont le corps était cantonné sur les frontières de l'Andalousie, envoya attaquer le poste de Castello de los Guardios, occupé par des Français. L'attaque dura quatre jours de suite ; constamment repoussés, les assaillants se retirèrent enfin avec une perte de deux cents hommes.
Le 6, l'ennemi ne fut pas plus heureux dans une tentative du même genre :
deux mille Espagnols se portèrent un
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peu loin sur Fuentc-Orejuna , où se trouvaient quatre -vingt- seize Français du 51e de ligne. Ce faible détachement combattit avec intrépidité pendant treize heures , à rentrée du village d'abord, ensuite dans son quartier, puis dans l'église, et enfin dans le clocher. Environnés de toutes parts, ces braves continuaient à se détendre avec tant de courage et de sang-froid, que l'ennemi compta bientôt deux cents morts. Renonçant alors à vaincre avec honneur cette poignée de héros, il mit le feu au clocher. Quarante-cinq Français avaient déjà été tués : les autres allaient tous devenir la proie des flammes , lorsqu'ils furent sauvés par l'approche de quelques troupes dont la vue mit les Espagnols en fuite. Suivant une autre version , ces braves, se voyant sur le point d'être étouffés par la fumée des matelas et des ballots de laine qu'on avait entassés autour du clocher, et auxquels on avait mis le feu à cet effet , se rendirent et furent conduits prisonniers en Portugal , où toutefois ils ne tardèrent pas a être délivrés.
Castello-Nuovo (prise de). — Le général Championnet, maître des faubourgs de Naples (janvier 1799), fit sommer les habitants de se rendre.
Cette sommation n'ayant produit aucun effet, il força sur plusieurs points l'entrée de la ville, et porta simultanément des corps de troupes sur toutes les positions fortifiées que renferme cette capitale. L'une des plus importantes était le fort de Castello- IS'uovo, situé au centre d'un quartier populeux, et dominant d'un côté le
rialais du roi et de l'autre le port mii taire. Ce fut le général Kellermann
?ui eut ordre de s'en emparer; il enleva à la baïonnette , après un combat acharné dans lequel les lazzaroni rivalisèrent avec les Français de courage et d'opiniâtreté.
Castelnau, village de Pancien Languedoc , aujourd'hui département de I Hérault, à trois kilomètres de Montpellier. En sortant de Castelnau, vers le nord , on aperçoit la colline pur laquelle étflit We I ancienne ville
de Subsiantion, où fut établi, de 757 à 1037 , le siège épiscopal de Maguclonne. Il y existe encore des ruines de murs , <f aqueducs , etc., qui ont été dernièrement l'objet des explorations de la société archéologique de Montpellier. Castelnau compte six cent soixante et treize habitants. Le nom de Castelnau, qui ne signifie que château neuf, est commun à un grand nombre de bourgs et de petites villes du Midi. La plupart y joignent un surnom qui les distingue.
Castelnau (Jacques , marquis de), maréchal de France , petit-fils de Michel de Castelnau, naquit en 16*20, se distingua dans plusieurs affaires importantes , et commanda l'armée de Flandre en l'absence de Turenne, après la bataille des Dunes (1658). Il fut blessé mortellement au siège de Dunkerque. Le roi lui envoya le b;1ton de maréchal de France"; mais il n'en jouit qu'un mois , et mourut a Calais à l'âge de trente-huit ans.
Castelnau ( Michel de ), né en Touraine, vers 1520 , était petit-fils de Pierre de Castelnau , écuyer de Louis XIT. Militaire et diplomate , il rendit de nombreux services dans sa double carrière. Après avoir vovagé en Italie et visité l'île de Malte , îl fit ses premières armes en Piémont. Son courage lui concilia l'affection du cardinal de Lorraine et du connétable de Montmorenci , qui lui firent confier les missions les plus importantes. Henri II l'envoya en Écosse avec des dépêches pour Marie Stuart, fiancée au dauphin, depuis François II.
D'Écosse, il se rendit en Angleterre, auprès d'Elisabeth qui conservait des prétentions sur Calais. Le résultat des négociations fut que cette ville resterait à la France pendant huit ans, au bout desquels elle retournerait à l'Angleterre, si cette puissance laissait la France en paix. Castelnau fut ensuite successivement envoyé comme ambassadeur en Allemagne, en Savoie et à Rome. Le but de sa mission en Allemagne était de faire abandonner aux princes le parti pro« testant. Après JapiorÇ de François H,
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il accompagna Marie-Stuart, sa veuve, en Ecosse. A son retour , il fit la guerre en Bretagne contre les protestants , qui s'emparèrent de sa personne. Bientôt délivré par échange, il assista au siège de Rouen, à la bataille de Dreux , et concourut à la prise du Havre sur les Anglais.
Envoyé de nouveau en Angleterre pour renouer des liaisons avec cette puissance qui avait secouru les protestants , Castelnau obtint des conditions de paix favorables à la France.
Un peu plus tard , résidant auprès du duc d'Albe dans les Pays-Bas, il découvrit, à Bruxelles , le complot qu'avaient formé le prince de Condé et l'amiral de Oligny, de surprendre et d'enlever la famille royale a Monceaux.
II obtint pour Catlierine de Médicis deux mille cavaliers allemands, que le duc d'Albe n'accorda toutefois qu'à grand'peine. Après la bataille de Saint- Denis, il alla en Allemagne demander d'autres secours. En récompense de tant de services, Catherine de Médicis le nomma gouverneur de Saint-Dizier ; de son côté Castelnau se montra reconnaissant aux batailles de Jarnac et de Moncontour, dans lesquelles il contribua fortement à la victoire. En 1574, après différentes missions en Angleterre, en Allemagne et en Suisse, Castelnau fut encore envoyé par Henri
III en Angleterre, où, cette fois, il séjourna dix ans.
Lorsqu'il revint, il déclara qu'il resterait fidèle à l'autorité royale, et qu'il ne subirait point le joug de la ligue. Les Guises s'en vengèrent en lui ôtant son gouvernement de Saint Dizier; les soldats de la ligue pillèrent ses domaines, et il se trouva
Ïresque dénué de ressources. Henri V, qui connaissait son attachement au catholicisme, mais qui estimait son caractère , lui offrit un refuge dans son armée, et ne craignit pas, après son avènement à la couronne , de lui donner des missions de confiance.
Castelnau mourut a Joinville, en 1592, à l'âge de soixante et douze ans. 11 est à remarquer que dans la terrible époque de guerres civiles qu'il eut à
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traverser, il resta toujours fidèlement attaché au parti royal , qui lui paraissait , à bon droii , représenter la France mieux que tous les autres , mieux que les protestants qui s'appuyaient sur l'Angleterre , mieux que les* ligueurs qui faisaient cause commune avec l'Espagne, et , de leur côté aussi , appelaient une intervention étrangère.
Castelnau a laissé des mémoires qui commencent à la mort de Henri H, en 1559, et finissent en 1570, à la troisième paix avec les protestants. Cet ouvrage renferme une foule de renseignements curieux, et pour cela seul il peut être consulté avec intérêt : mais on y remarque aussi quelques qualités littéraires qui en font un livre estimable. Le style en est clair, débarrassé le plus souvent des vieux termes ; les phrases , bien qu'un peu longues quelquefois , finissent en général d'une manière harmonieuse. L'abondance des détails n'exclut pas la précision. Une rapidité assez grande règne dans la narration :
on voit que l'auteur n'est pas étranger à ce qu'il raconte. Enfin , dans toutes les parties de l'ouvrage, circule je ne sais quel souffle de vérité. Castelnau a en outre un mérite bien rare au seizième siècle, celui d'une impartialité inaltérable. Malgré toutes ces qualités, c'est lui faire trop d'honneur que de le placer auprès de Philippe de Comines , comme on l'a fait quelquefois. Il n'a ni les défauts ni les qualités de cet écrivain célèbre. S'il n'a pas cette indifférence morale qui est un des caractères des œuvres de Comines , il n'a pas non plus cette vigueur de pensée, cette énergie de style qui a rendu immortelles quelques pages de l'historien du règne de Louis IX.
Castelnau (Pierre de) , religieux de Citeaux, au couvent de Fontfroide,
f>rès de Narbonne , fut investi par nnocent III du titre de légat, et chargé, avec deux autres moines de sou ordre, Raoul et Arnaud , Vabbé des abbés, de combattre par le fer et par le feu les progrès envahissants de
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la secte des Albigeois. Castelnau porta, dans cette terrible mission , un esprit roide et austère et un fanatisme fougueux. Néanmoins , les envoyés du pape n'obtinrent pas le succès qu'ils avaient espéré. Castelnau lui-même courut plus d'une fois le danger d'être tué par les habitants. Un jour enfin qu'il avait osé reprocher en face à Raymond VI sa mauvaise foi et son impiété , et lancé contre lui l'excommunication et l'interdit, le comte, frémissant de colère , laissa échapper des paroles de vengeance qui ne restèrent pas sans effet. Deux jeunes gentilshommes crurent bien mériter de leur seigneur en exécutant ces menaces. Déguisés en matelots , ils atteignirent Pierre de Castelnau sur le Rhône et le jetèrent sur la plage, percé d'un coup de poignard. Cet événement arriva au commencement de l'année 1208.
Le cadavre de Castelnau fut enseveli à Saint-Gilles, dans l'église du monastère, auprès du saint patron de la ville, et on lui éleva un tombeau que les religionnaires détruisirent en
Castelnaudary , ville du Languedoc , ancienne capitale du nays de Lauraguais, aujourd'hui chef-lieu de sous-préfecture du département de l'Aude.
On ne sait rien de bien précis sur l'origine de cette ville; on pense seulement qu'elle a été élevée sur l'emplacement d'une ville appelée Sostomagus, détruite par les Vandales, et reconstruite quelque temps après, sous le nom de Castrum novum Jrianorum, dénomination qui rappelait les croyances religieuses des Visigoths. Il en est fait mention pour la première fois dans le testament de Bernard Aton , vicomte de Béziers et de Carcassonne, testament qui porte la date du 7 mai 1118 Castelnaudary joua un grand rôle dans la guerre des Albigeois , et ses environs furent le théâtre de la défaite des comtes de Toulouse et de Foix, par Simon de Montfort. En 1355,
Uince de Galles s'en empara, la et la détruisit presque entiè-