‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 36 sur 88 · FERS. CAT · texte numérisé non relu

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Mais ce qui peut-être est plus infâme encore , c'est qu'elle traita de nouveau avec les princes calvinistes, lorsqu'elle s'aperçut que son crime avait servi la cause des Guises et augmenté l'audace du parti protestant.

Ainsi, en rentrant dans son ancien système de bascule, elle préparait les élément> d'un uouveau massacre. S'il est permis de sonder les profondeurs de I âme d'une pareille femme, il est probable que la Saint-Barthélemy n'était que le début d'un horrible drame qui devait se diviser en trois actes. La réconciliation de la reine avec les calvinistes lui aurait fourni le moyen de se débarrasser des Guises, comme son alliance avec ces derniers lui avait permis de faire tomber la téte de Coligni et des principaux chefs du parti protestant. Les Guises abattus, rien de plus facile que d'achever les protestants en se mettant à la tête de I immense majorité de la nation.

Alors Catherine de Médicis aurait solidement assis sa domination sur la ruine de tous les chefs de fartions.

Mais pour que ce plan infernal pût réussir, il aurait fallu que Henri III se laissât gouverner lui-même. Moins docile que Charles IX, il voulut se soustraire au joug maternel, et réaliser, pour son propre compte , les projets que Catherine avait eu l'imprudence de lui communiquer ou qu'il avait devinés lui-même. La manière dont il fit assassiner le duc de Guise montre qu'il était bien digne de sa mère. Lorsque Catherine de Médicis se vit supplantée par son propre fils qui la redoutait encore plus qu'il ne redoutait la ligue, un cruel désespoir s'empara de son âme ; elle lui prédit ce qui allait arriver, et elle mourut le 5 janvier 1589, emportée par une fièvre violente. Henri III ne manifesta aucun regret et ne prit nul souci de ses funérailles. Son cadavre fut jeté dans un bateau et inhumé dans un tombeau plus que modeste. D gne fin d'une pareille vie!

La seule chose qu'on puisse louer en Catherine, c'est son amour pour les beaux-arts ; mais cela ne suffît pas pour faire oublier un demi-siècle de crimes,

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dont le premier remonte à l'empoisonnement du dauphin , sous le règne de François Ier, lorsque Catherine n'avait encore mie dix-sept ans, et dont le dernier n est même pas la Saint- Barthélemy.

Cathebinot (Nie), avocat , né à Luçon, près de Bourges, en 1628, mort en 1680, rassembla de nombreux matériaux pour l'histoire de sa patrie. On raconte que pour répandre ses écrits, il avait la singulière habitude, toutes les fois qu'il venait à Paris , de les glisser dans les étalages des bouquinistes, sur les quais, en ayant l'air de regarder les livres. La Bibliothèque historique porte à plus de cent trente le nombre de ses ouvrages. Le plus curieux est sa l ie de mademoiselle Cujas.

Catholicisme. — Nous ne parlerons pas ici de l'introduction de la religion chrétienne dans lesGaules, ce si'jet sera traité a l'article Chbistiamsmb.

Nous ne parlerons pas non plus des relations de la France avec le chef de l'Église catholique, l'article Papauté devant contenir une histoire générale de ers relations. Cependant , comme la puissance des papes ne s'est pas établie d'une manière solide avant la fin du huitième siècle , et que le catholicisme naissant a puissamment influé sur la formation même de l'empire dès Francs dans les Gaules, on ne saurait passer sous silence cette période de temps qui s'est écoulée du cinquième au huitième siècle, et qui est si importante dans l'histoire de la nationalité française et dans celle du catholicisme.

Tous nos historiens, soit anciens, soit modernes, quels que soient d'ailleurs leurs dissentiments sur une foule d'autres points, sont d'accord sur ce fait , que la conversion des Francs au catholicisme a été la principale cause de ia rapidité et de la durée de leurs conquêtes dans les Gaules. Les uns voient un bien dans le choix que fit ce peuple barbare; les autres, en plus petit nombre, regrettent qu'il n'ait pas adopté l'hérésie arienne ; mais tous conviennent que sa

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fortune politique fut la conséquence de son alliance avec le clergé gaulois, qui était catholique. Cela est en effet de la dernière évidence, et aujourd'hui encore le souvenir de la conversion de Clovis est pour la France une tradition populaire.

Vers la (in du cinquième siècle, lorsque les invasions des Francs prirent un caractère plus marqué, le midi de la Gaule était déjà occupé par les Bourguignons et les Visigotlis, les uns et les autres partisans de l'arianisme.

Toujours sous l'influence romaine , mais incapable de résister longtemps aux barbares qui le menaçaient de tout côté, le nord de la Gaule redoutait moins le joug des Francs que tout autre joug. On peut en dire autant du clergé de tout le reste de la Gaule, qui était resté attaché à l'église de Rome alors que le reste du monde faisait scission avec elle. Barbares pour barbares, il préférait les Francs encore idolâtres aux Bourguignons et aux Visigoths déjà convertis, mais convertis au culte de l'Orient. Il avait au moins l'espoir de leur faire embrasser ses croyances et de trouver en eux des instruments énergiques et en état d'assurer le triomphe du catholicisme dont le berceau était entouré d'ennemis. Le succès répondit d'autant plus vite à son attente, o,ue les Francs comprenaient déjà instinctivement la supériorité du christianisme, et qu'en outre ils avaient besoin de devenir chrétiens pour effectuer plus facilement la conquête des Gaules, objet de leur ambition.

« La victoire de Tolbiac, dit M. de Sismondi , avait mis Clovis à la tête d'une puissante confédération germanique; mais sa conversion seule pouvait lui assurer la bienveillance et l'obéissance des Gaulois , au milieu desquels il voulait établir son empire.

Clovis se hâta donc d'accomplir le vœu qu'il avait fait à Clotilde et à son

Dieu Par un sort singulier, Clovis

se trouva être, à cette époque, le seul roi civilisé ou barbare qui fit profession de la foi orthodoxe. L'empereur Anastase, en Orient, était tombé dans

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