CET
Rome, et fut chargé, après l'occupation de cette ville, d'annoncer au pape que la métropole de la chrétienté n etait plus qu'une ville de l'empire français. Apres avoir institué le gouvernement provisoire, il fut nommé au commandementdedifferentesdivisions militaires; mais il renonça bientôt aux fonctions administratives, et rejoignit l'armée en qualité de chef d'étatmajor du maréchal Lannes. Toutefois , il n'exerça pas longtemps ces importantes fonctions, et fut tué à la bataille d'Eckmùhl, le 23 avril 1809.
Césaire (saint) naquit à Châlonsur-Saône en 470, d'une famille noble et célèbre pour sa piété. Il montra dès l'enfance de grandes dispositions pour la vie ecclésiastique, et attira sur lui l'attention de 1 évêque de Cbâlon, saint Silvestre, qui le tonsura en 488. Cesaire alla ensuite achever son éducation dans le monastère de Lérins , et il s'y rendit célèbre par ses austérités et par son aptitude pour la prédication et pour l'enseignement. Mais bientôt accablé de fatigues, et sentant sa santé dépérir de jour en jour, il fut forcé de se retirer à Arles pour se reposer et reprendre des forces. Il fut élu évêque de cette ville en 501 , au milieu des acclamations du peuple, et malgré ses répugnances. Pendant quarante et un ans qu'il occupa ce siège, il fut le plus distingue et le plus influent des évêrjues de la Gaule méridionale. Il bâtit un hospice, fonda un monastère de filles, fit fleurir les études dans le clergé, rétablit la discipline ecclésiastique, et poursuivit avec vigueur l'arianisme des Goths et le semi-pélagianisme. Il présida et dirigea les principaux conciles de cette époque, les conciles d'Agde en 506 , d'Arles en 524 , de Carpentras en 527, d'Orançe en 529. Comme ennemi de l'arianisme, saint Césaire fut calomnié auprès des rois goths. Il fut exilé deux fois, en 505, par Alaric, roi des Wisigoths, et en 513, par Théodoric, roi des Ostrogoths. On 1 accusait d'être partisan des Francs et des Bourguignons. Cependant il ne tarda pas à être rendu à son diocèse,
où il était adoré et qu'il gouverna jusqu'en 542, époque de sa mort. Il nous reste de lui cent trente sermons traitant presque tous de morale religieuse.
Son éloquence est simple , douce, pleine d'images tirées de la vie commune, et faites pour l'intelligence du peuple auquel il s'adressait. M. Ampère, dans son Histoire littéraire de la France , et M. Guizot , dans son cours d'histoire moderne , en ont cité plusieurs fragments remarquables.
Cessart (L.-A. de), ingénieur, né à Paris en 1719. Il embrassa d'abord la carrière militaire, et se distingua aux batailles de Fontenoi et de Rocoux ; mais le délabrement de sa santé le força bientôt à changer d'état, et il entra à l'école de» ponts et chaussées. Il fut, en 1751, nommé ingénieur de la généralité de Tours; et, de concert avec l'ingénieur en chef, de Voglie, il construisit le beau pont de Saumur, dont les piles furent fondées par caissons,- sans épuisement ni balardeaux; invention hardie que Cessart employa le premier en France, après l'avoir perfectionnée. Nommé, en 1775, ingénieur en chef de la généralité de Rouen, il fut chargé, en 1781 , de la direction des travaux de Cherbourg, où Ton voulait construire un môle d'une lieue de largeur à une lieue au large (voy. Cherbourg). Mais une économie mesquine empêcha les beaux plans de l'ingénieur d'avoir tout le succès qu'on devait en attendre. Cessart est mort en 1806; M. Dubois d'Arnenville a publié ses manuscrits sous ce titre : Description des travaux hydrauliques de L.- A. de Cessart , ouvrage imprimé sur les manuscrits de l'auteur, Paris, 1806 et 1809, 2 vol. in -4°.
Cette , ou plutôt Sbtb. — L'ancienne localité appelée Sitius mons, Setium promontorium , i&tov 6po; par Strabon et Ptolémée, Sitay dans un diplôme de Louis le Débonnaire, de l'an 837, s'élevait à une petite distance de la ville moderne de Cette, sur un promontoire formant, à l'orient, la limite du territoire de Narbonne. Au sixième siècle , les Francs et les Visigotbs s'en disputèrent plusieurs fois la possession.
CÉv FRANCE.
La ville moderne ne fut bâtie qu'en 1666; et le port, sur la Méditerranée, fut seulement achevé en 1678. Une médaille frappée lors de sa fondation , en l'honneur de Louis XIV, portait cette légende : Tutum in importuoso littore portum struxit. Ces paroles eussent été bien plus convenablement appliquées à la province du Languedoc , qui supporta une partie de la dépense , et paya annuellement une somme de quarante-cinq mille livres pour le creusage du port. Le roi , pour favoriser l'accroissement de la population de Cette, accorda des privilèges à ceux lui vinrent s'y établir. La juridiction e cette ville appartenait autrefois à l'évêque d'Aide, qui en était prieur et seigneur. Elle est aujourd'hui chef-lieu le canton du département de l'Hérault.
Sa population est de 10,638 habitants.
Ceva (combat et prise de). — Trois jours après la bataille de Montenote , Augereau partit, le 26 avril 1796, de Montezemo pour attaquer les redoutes qui défendaient l'approche du camp de Céva , où se trouvaient huit mille Piémontais commandés par Colli. Les colonnes des généraux Bayrand et Joubert s'y battirent tout le jour, et se rendirent maîtresses du plus grand nombre des redoutes. Enfin, les Piémontais , voyant leur camp tourné vers Castellino, évacuèrent pendant la nuit cette position. Le général Serrurier entra le lendemain matin dans Céva , et fit sur-le-champ l'investissement de la citadelle, qui conservait une garnison de sept à huit cents hommes , et qui, dix jours après, lui fut livrée en vertu d'un armistice signé à Chérasco.
Cévennes , en latin Cebennœ,en
5 rte Ké(i|ievov fyoç , chaîne de montagnes u Languedoc, qui donnent leur nom à la contrée environnante, et plus spécialement à l'ancien diocèse d A lais, et à une partie des diocèses d'Uzès et de Menue. Leur longueur est d'environ vingt-trois myriamètres; elles s'etendeut depuis le commencement des montagnes noires jusqu'à la source de l'Allier. Lors des guerres des Albigeois, les Cévennes , comme les vallées du Piémont , furent l'asile d'un grand
nombre d'hérétiques, auxquels , pendant trois siècles, l'inquisition ne laissa pas un instant de repos. Ces malheureux ne furent pas non plus épargnés lors des massacres de la Saint- Barthélémy ; sous Louis X III , de nombreuses scènes sanglantes se passèrent dans les villes cévenoles, entre les calvinistes et les catholiques; enfin sous Louis XIV, eut lieu, en 1652,1a prise d'armes, appelée guerre de tfalls, suscitée par le comte de Rieux , qui , de son autorité privée, avait résolu d'extirper entièrement l'hérésie dans le Vivarais : à partir de ce moment , et avant la révocation de l'édit de Nantes, des persécutions commencèrent contre les protestants de ces contrées.
Ainsi , en 1681, on eut recours à ce que Ton nommait alors les missions bottées de Louvois; ces missions consistaient en différents corps de troupes qu'on envoyait dans les provinces où il y avait le plus de réformes, etqu'on logeait à discrétion chez les religionnaires, jusqu'à ce que ceux-ci se fussent convertis. Puis vinrent les Dragonnades ,qui provoquèrent cette terrible guerre des Camisards que nous avons racontée ailleurs (voyez Camisards). Malgré le rétablissement de la paix en 1711, les persécutions continuèrent; et unédit de 1724 multiplia les cas de galères pour les actes de protestantisme. L'intervalle de 1745 à 1750 fut encore marqué par de nouvelles dragonnades et de nombreuses arrestations dans le territoire d'Uzes; mais ce furent les dernières: des routes
Îiue Basville, Villars etBerwick avaient ait percer dans lesCévennes facilitèrent les abords de ces montagnes ; tout en rendant impossibles les soulèvements des protestants, elles furent un bienfait pour le pays, et réparèrent un peu les souffrances qu'il avait éprouvées pendant un demi-siècle. On peut consulter sur les guerres des ( évennes :
1° le Fanatisme renouvelé , 4 volumes in-12, 1704- 1706, par Louvreleuil; 2° Histoire des troubles des Cévennes, Paris, 3 volumes in-12. 1760, par Court; 3° Le vieux Cévenol, par Rabaud-Saint-Etienne , Paris , 1780.
Obzelli (Constance de) est une de