‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 58 sur 88 · CH A · texte numérisé non relu

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f»ar la chute de son cheval, il fut ait prisonnier par un capitaine italien, nommé Castaldo. Un capitaine espagnol , qui survint , prétendit avoir sa part de la rançon , et, sur le refus de l'Italien, il' tua le malheureux prisonnier d'un coup d'arquebuse à bout portant. Ainsi finit la Palice , dont les talents militaires auraient encore pu être si utiles à la France , dans les terribles combats que l'ambition de Charles- Quint lui préparait. Ainsi mourut ce guerrier, dont on a dit dans une sotte chanson , devenue populaire, à la honte de la nation française : Monsieur de la Palice est mort , il est mort de maladie, etc. . (Voy. Chants populaires). . Heureusement Brantôme a écrit sur lui une phrase qui peut faire oublier cette platitude:

«Une pouvoit mourir autrement, car qui a bon commencement a bonne fin. » Les Espagnols l'appelaient el grand capitan de mue ha s guerras y victorias. Ce jugement d'un peuple ennemi , et peu frivole , pourrait à bon droit servir d'épi taphe à Jacques de la Palice.

Jean de Chabannes, seigneur de Vendenesse, compagnon d'armes de Bavard et digne frère du précédent, mérita, par sa bravoure, d'être surnommé le Petit-Lion. «Vandenesse, dit Brantôme, étoit fort petit de corsage, mais très -grand de courage ; de sorte que , dans les vieux romans, on l'appeloit le Petit-Lion. »

A la journée d'Agnadel, il fit prisonnier le fameux général l'Alviane, et le présenta à Louis XII sur le champ de bataille. Il prit une grande part à la victoire de Marignan. Il fut forcé , en 1521 , de rendre la ville de Como au général Pescaire, qui lui accorda une capitulation honorable. Mais la ville ayant été livrée au pillage, par une violation manifeste des conditions signées , Jean de Chabannes en fit demander raison au général ennemi , qui , après bien des tergiversations , prit l'engagement de se battre à la première suspension d'armes. La rencontre n'eut pas lieu, Vendenesse ayant

été tué peu de temps après , à la retraite de Rebec, en 1524. L'amiral Bonuivet, qui commandait l'armée d'Italie, lui avait confié la garde de l'artillerie, en lui recommandant de bien la défendre. « Oui , dit-il , je vous « la garderai, je vous l'assure, tant que « je vivrai , ou j'y mourrai. » Il soutenait, avec Bayard, tout l'effort des ennemis, lorsqu'ils tombèrent l'un et l'autre, mortellement blessés. Deux années auparavant, à la malheureuse affaire de la Bicoque, Vendenesse s'était signalé par des prodiges de valeur.

Branche des seigneurs et marquis de Curton.

Cette branche descend , comme nous l'avons dit, de Gilbert de Ch a ban nés, qui fut grand sénéchal de Guyenne, gouverneur du Limousin, et mourut en 1493. Un de ses petits-fils , François, périt à la bataille de Pavie; l'autre, Joachim, fut chevalier d'honneur de Catherine de Médicis, et mourut en 1569. Parmi ses fils, on trouve : Jean, tué à la bataille de Renti en 1553; François , souche des comtes de Saignes; Gabriel, souche des comtes de Pionzacî François, comte de Rochefort, qui défit le comte de Randan à la bataille d'Issoire, en 1590. Un des petits-fils de ce dernier, Gabriel, seigneur de Chaumont, fut tué au siège de Bapaume; un autre, Christophe, fut père de Henri, oui se distingua à la bataille de Senei, et mourut en 1714. Jacques, fils de ce dernier, commanda, en 1719, la cavalerie de l'armée du roi en Roussillon, servit en qualité de maréchal de camp en Allemagne, dans les campagnes de 1734 et 1735, passa comme lieutenant général en Bohême, et mourut à Prague en

Branche des comtes de Dammartin.

Antoine de Chabannes, comte de Dammartin , grand maître de France, jou.i un rôle important sous les règnes de Charles VII et de Louis XI. D'abord page du comte de Ventadour, puis du brave Lahire, il fit ses premières armes contre les Anglais, au siège de Verneuil, et se signala au siège d'Or-

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Ion n s, en 1428. Il accompagna Jeanne d'Arc dans presque toutes ses expéditions, et sauva les deux places de Lagny et de Compiègne; mais il souilla ses exploits en se mettant à la téte des écorcheurs qui désolaient la France, et portaient partout le pillage et Tincendie. Après avoir ravagé, de concert avec eux, la Bourgogne, la Champagne et la Lorraine, Chabannes les quitta en 1439, et se maria avec Marguerite de ISanteuil, qui lui apporta en dot le duché de Dammartin. Dès lors, il s'attacha complètement au parti de Charles VII. Un jour que ce prince, dans un moment de gaieté, l'avait salué du titre de capitaine des écorcheurs, Chabannes lui répondit : « Je n'ai ja- « mais écorché que vos ennemis, et il • me semble aue leur peau vous a fait « plus de profit qu'à moi.» Son amourpropre froissé le porta à engager le dauphin (depuis Louis XI) à se joindre aux mécontents dans la guerre de la praguerie; mais, à la paix, il rentra en faveur, et par un de ces retours qui furent communs dans sa vie, il se tourna contre le dauphin et révéla sa conspiration au roi. Charles VII ayant fait appeler son fils, celui-ci traita Chabannes d'imposteur. « Je sais, ré- ■ pondit Chabannes, le respect que je a dois au fils de mon maître; mais je « suis prêt à soutenir par les armes la « vérité de ma déposition contre tous « ceux de la maison du dauphin qui se m présenteront. » Personne ne releva le défi. Lorsque le dauphin leva l'étendard de la révolte dans les environs de Valence , Chabannes , chargé de soumettre le Dauphiné et de s'emparer de la personne du prince rebelle, se rendit maître de la province, mais ne put empêcher Louis de s'évader, sous le prétexte de faire un pèlerinage à Saint- Claude.

Charles VII étant mort en 1461 , le dauphin, devenu Louis XI, ne tarda pas à faire repentir Chabannes de sa conduite à son égard. La charge de grand maître de France lui fut enlevée et donnée à Antoine de Croix, et bien lui prit d'avoir cherché son salut dans la fuite. Cependant une foule de grands personnages ayant élevé la voix en sa

faveur, il vint tomber aux pieds du roi, le suppliant de le faire juger selon toute la rigueur des lois. Louis XI, toujours inflexible, lui ordonna de sortir du royaume, fit saisir ses biens, et voulut qu'on instruisît son procès.

Sommé de comparaître, il quitta l'Allemagne, où il s'était réfugié, et vint se constituer prisonnier à la Conciergerie, d'où on le transféra à la tour du Louvre. Mais après l'avoir fait déclarer criminel de lèse-majesté, Louis XI, préférant miséricorde à justice, commua la peine capitale en un bannissement perpétuel ; puis il changea encore d'idée, et, au lieu de l'envoyer à Rhodes, île qui avait été désignée pour son exil, il jugea plus prudent ae le tenir renfermé à la Bastille. Les favoris du roi reçurent l'autorisation de se partager les biens du prisonnier.

Cependant, en 1465, Chabannes trouva le moven de s'échapper de sa prison pour aller se joindre aux princes révoltés contre le roi. La même année, le traité de Conflans , qui um un terme à la ligue du bien pufjlic, permit à Chabannes de se faire restituer ses biens. Ce premier pas fait, il eut peu de peine à se réconcilier avec Louis XI, qui connaissait par expérience son audace et ses talents militaires. L'arrêt de sa condamnation fut cassé, et, en 1468, pendant la tenue des états généraux à Tours, le roi proclama son innocence par lettres patentes. Peu de temps après, Chabannes devint l'intime confident de Louis XI, qui lui accorda une faveur bien plus grande encore que celle dont il avait joui auprès de Charles VII. Ce fut à lui qu'il remit le commandement de 1 armée lorsqu'il déclara la guerre au duc de Bourgogne , et Chabannes se montra digne de cette marque de confiance. Charles le Téméraire s'étant rendu maître de la personne de Louis XI, le força d'envoyer à Chabannes l'ordre de licencier les troupes qu'il commandait; mais celui-ci , comprenant à merveille l'arrière-pensée du roi, refusa d'exécuter cet ordre , et sauva le roi en restant sous les armes. Il reçut bientôt de Louis XI une lettre ainsi conçue :

cha L'UNIVERS.

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« Monsieur le grand maître, mon ami, « vous m'avez bien montré que vous « m'aimez, et m'avez fait le plus grand « service que pouviez faire. » Lors de l'institution de l'ordre de Saint-Michel , en 1469, Cha bannes fut un des premiers nommés. A l'époque de l'expédition contre le duc de Nemours, le sire d'Albret, les comtes de Foix et d'Armagnac, il eut les pouvoirs les plus étendus, et n'en fit usage que pour soumettre les rebelles et leur pardonner. En 1 471 ,Chabanues déploya autant d'audace que d'habileté contre Charles le Téméraire, qui avait repris les armes, et le contraignit à solliciter une trêve. Mais soit jalousie, soit déûance, Louis XI se lassa de le voir toujours investi du commandement des troupes; il cessa de l'employer, tout en lui conservant sa charge de grand maître, et il lui écrivit à cette occasion : « Je « n'oublierai jamais les grands services « que vous m'avez faits, pour quelque « homme qui en veuille parler. »

A partir de ce moment, la carrière publique de Chabannes fut terminée.

Cependant, après la mort de Louis XI, Charles VIII le rappela de la retraite où il vivait, pour lui donner le gouvernement de l'Ile de France et de Paris. II mourut à la (in de l'année 1488.

La maison de Chabannes a encore donné naissance à la branche des comtes de Saignes, dont l'auteur fut, comme on l a vu plus haut , François^ fils de Joachim, seigneur de Curton.

Un de ses lils, Jacques, commença la branche des seigneurs du berger; un autre, nommé Joachim, la branche des seigneurs de Trussy l'Orgueilleux.

La branche des seigneurs et comtes de Vionzac descend , comme nous l'avons dit, de Gabriel, vicomte de Savignv, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi , et dernier (ils de Joachim, seigneur de Curton. Son pelit- (ils, Gilbert r\ devint maréchal de camp en 1650, et fut tué au siéee de Mouron. Gilbert II, fils de celui-ci , fut fait prisonnier à la bataille d'Hœchstaedt, en 1704, où son fils /^rancow-^ntoine fut blessé. Il mourut maréchal de camp, en 1720.

A cette famille appartiennent en-

core /. B. M. F. marquis de Chabannes, pair de France et aide de camp de Louis XVIII , et le marquis 4e Chabannes db la Palice , mort à Paris en 1833, et devenu célèbre pour les bizarreries sans nombre qui signalèrent les u>rnières années de son existence.

Chabaud (Antoine), colonel directeur du génie, né à Nîmes en 1737, de parents protestants, (it les campagnes du Nord et de Hanovre, publia, vers 1776, l'Histoire des villes de Montmédy, Péronne, Saint-Quentin et Sedan. L'année suivante, il fut nommé major , et la croix de Saint-Louis lui fut décernée; mais il la refusa, parce qu'il fallait prêter un serment de catholicité. Il fut envoyé , en 1783, à Constantinople pour fortifier cette ville et le détroit des Dardanelles , et pour donner des conseils aux Turcs sur toutes les parties de l'art de la guerre. A son retour en France, il embrassa avec ardeur la cause de la révolution, et fut élu, en 1790, président du comité militaire établi a Ntmes. Il mourut à Cette, en 1791, au moment où il venait d'être nommé colonel directeur du génie.

Chabaud-Latour (Ant. G. Franc., baron de), membre du Conseil des Cinq-Cents, du tribunat, du Corps législatif et de la chambre des députés, né à Paris en 1769, appartient, comme le précédent, à une famille protestante. Il prit du service en 1788, comme lieutenant en second dans l'arme du génie, et passa, en 1789, dans le réciment de Rohnn-infanterie. Partisan de la révolution, il devint, en 1791, commandant d'une légion de la garde nationale de Nîmes. Plus tard , il fut arrêté comme fédéraliste et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire; mais sa femme, par un dévouement que madame de la Vallette a renouvelé depuis, le fit évader au moment même où l'on dressait Péchafaud. Il rentra en France après le 9 thermidor, et vécut très-retiré jusqu'en 1797, où le département du Gard le nomma membre du Conseil des Cinq-Cents. Après le coup d'Etat du 18 brumaire, auquel il prit part, il fit partie de la commission chargée de rédiger la constitution de

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l'an vin. Membre du tribunat, il se prononça pour rétablissement de l'em-

t>ire, comme il s'était prononcé pour e consulat. Cependant il ne tarda pas à tomber dans la disgrâce de l'empereur, sans qu'on sache précisément pourquoi. En 1813, le département du Gard le nomma au Corps législatif.

A la première restauration, il fut de la commission chargée de préparer plusieurs parties de la charte, et s'opposa à l'établissement de la censure.

Au retour de Napoléon, en 1815, il se retira à Nîmes, et pendant les réactions qui suivirent la dernière chute du gouvernement impérial, il défendit avec courage la cause de ses coreli-

Sionnaires. Il ne reparut à la chambre es députés qu'en 1817, époque où il fut réélu par le département du Gard.

Il vota contre les lois d'exception et contre le nouveau système électoral. Depuis, il ne cessa de siéger dans les r.ius de l'opposition.

CiivBEBT (Théodore), né à Villefran ;ne en 1758, fut employé en qualité de général de brigade dans les armées des Pyrénées - Orientales et dr$ Alpes, et nommé député au Conseil des Cinq -Cents par le département des Bouches-du-Rhône. Il servit ensuite dans l'armée du Danube, commanda l'avant-garde de la division du Saint-Gothard , et passa dans le royaume de Naples. Rentré en France, il vota contre le consulat à vie, et ce ne fut pas la seule cause qui lui fit encourir la disgrâce de Napoléon. Employé à l'armée d'observation de la Gironde, sous les ordres du général Dupont, il commandait l'avant-garde à la malheureuse affaire de Baylen, où il eut deux chevaux tués sous lui, et fut choisi avec le général Marescot , par le conseil de guerre, pour traiter de cette capitulation si honteusement célèbre. A son retour en France, il fut enfermé à l'Abbaye, destitué, ainsi que Dupont et Marescot, et envoyé en surveillance dans son département. Mais le noble désir d'effacer un fâcheux souvenir lui fit reprendre les armes quand de nouveaux dangers menacèrent la patrie en 1814. Opposé aux généraux

royalistes Gardanne et Loverdo, dans le 'département des Hautes-Alpes, il arrêta leurs progrès, et fut nommé lieutenant général par Napoléon. Il servit en cette qualité, sous les ordres du maréchal Suchet, pendant le reste de la campagne, et quitta l'armée des Alpes après son licenciement, pour se retirer dans les environs de Grenoble, où, depuis, il vécut dans la retraite.

Chah ki il, petite ville du département de la Drome, à 12 kil.de Valence, construite, suivant Danville, sur l'emplacement de l'ancienne Cerebettiaca , mentionnée dans les itinéraires romains , comme point intermédiaire entre Aoste et Valence.

C'est dans les environs de Chabeuil que l'empereur Constance prépara vers l'an 355, contre les barbares, la fameuse expédition dont Julien eut le commandement , et pendant laquelle il fut élevé à l'empire. Cette ville avait autrefois le titre de principauté. Sa population est aujourd'hui de 4,500 hab., et elle possède un collège communal. C'est la patrie de M. de Montalivet, ministre de l'intérieur sous l'empire.

Chablis, petite ville de l'ancienne Champagne, auj. du dép. de l'Yonne, à 16 kil. d'Auxerre. C'est dans les environs de cette ville que se donna, en 841, la bataille de Fontanet (aujourd'hui Fontenaille, suivant l'abbé Leoeuf), entre l'empereur Lothaire et ses frères , Louis le Germanique et Charles le Chauve. La population de Chablis est maintenant ue 2,555 hab.

Chabot (famille de). — Cette célèbre maison du Poitou est connue depuis l'an 1040. Elle se divisait en plusieurs branches, savoir : 1° la branche des barons de Retz ; 2° celle des seigneurs de la Grève ; 8° celle des seigneurs de Jamac ; 4° celle des seigneurs de Saint- Aulaye , ducs de Hohan; 5° celle des seigneurs de Brion, comtes de Charni; 6° enfin celle des marquis de Mirebeau.Ltk famille de Chabot a joué un rôle assez important dans notre histoire; mais le plus célèbre de ses membres est Philippe de Chabot, connu aussi sous

LUNIVERS.

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le nom d'amiral de Brion , comte de Charni et de Busançois. Il fut élevé au château d'Amboise , avec François Ier, Anne de Montmorency et d'autres grands seigneurs de la cour. En 1524, il se jeta , avec deux cents lances et trois mille fantassins italiens, dans la ville de Marseille, assiégée par les Impériaux , qu'il obligea bientôt à lever le siège. L année suivante , ce fut en partie par ses conseils que se livra la malheureuse bataille de Pavie, et « il fit si bien, dit Brantôme , que le roi lui donna la charge d'amiral. » En 1529, il se rendit en Italie , chargé par Fran-

Îois Ier de faire ratifier par Charles- |>uint le traité de Cambrai. En 1535, on lui confia le commandement en chef de la guerre contre le duc de Savoie, et il s empara en peu de temps de Chambéry, de Montmélian, de Turin , et de presque tout le Piémont.

Malheureusement il se laissa influencer par le cardinal de Lorraine, et commit la faute de ne pas poursuivre ses succès. A son retour en France, il se mêla aux intrigues de la cour , et, lorsqu'en 1541 François Ier résolut de faire rechercher juridiquement ceux qui s'étaient enrichis aux dépens de l'État, le faste de Chabot fournit à son ennemi , le connétable de Montmorency, un prétexte pour lui nuire.

Il fut arrêté et enfermé au château de Melun. Une commission établie pour le juger fut présidée par le chancelier Poyet, vendu au connétable, et le 8 février 1540, Chabot, comme convaincu de concussions , d'exactions, de malversations et autres entreprises sur l'autorité royale, fut condamné à quinze mille livres d'amende, au bannissement, et à la confiscation de ses biens. Le jugement fut présente à François 1er, qui l'approuva, mais qui, touché par les pleurs de la duchesse d'Étampes , pardonna ensuite à Chabot, le déchargea de l'amende, et le rétablit dans tous ses emplois. Peu de temps après, le connétable fut disgracié , et par ordre du roi, Chabot et le cardinal de Bourbon se partagèrent les fonctions qu'il rem- 1

plissait dans le ministère. Mais ce triomphe ne put faire oublier à Chabot la condamnation dont il avait été frappé; il mourut le 1er juin 1543.

On conserve à la bibliothèque royale un manuscrit des Lettres écrites en 1525 par l'amiral de Brion, 2 vol.

in-fol. C'est à Chabot que l'on doit l'idée de la colonie du Canada. Son tombeau , célèbre morceau de sculpture, transféré, pendant la révolution , au musée des Monuments français , est maintenant l'un des plus précieux monuments des galeries du Louvre.

Louis - Antoine • Auguste , duc de Chabot-Rohan , lieutenant général, né en 1733, entra au service en 1747, assista au siège de Maëstricht , en 1748, et fut fait colonel l'année suivante. Il combattit à la bataille d'Hastembeck, à la prise de Menden , à la retraite de Hanovre , à l'affaire de Crevelt, à celles de Corback , de "Warbourg, et à la journée de Clostercamps. Il fut nommé lieutenant général ea 1781, se prononça, en 1789, pour le parti de la révolution, et accepta le grade d'aide de camp national auprès du général la Fayette. Mais, lorsqu'il vit la démocratie prendre le dessus, il accourut au secours de Louis XVI, ne le quitta pas dans la journée du 10 août et le suivit à l'Assemblée. Ce retour subit le fit ranger au nombre des suspects , il fut incarcéré , et devint une des victimes de septembre.

Chabot (François ), né en 1759, à Saint - Gêniez , dans le Rouergue , d'un cuisinier du collège de Rbodez, profita de la facilité que lui offrait la position de son père pour faire ses études, entra dans un couvent de capucins et reçut la prêtrise. Mais la lecture des livres philosophiques lui fit bientôt dédaigner les pratiques religieuses auxquelles il s'était soumis aans la ferveur d'une piété exaltée.

Devenu partisan et enthousiaste de la révolution, il fut un des premiers à abandonner son monastère, à la suite des décrets de l'Assemblée constituante sur les ordres religieux , et de-

Digitizecj^jy C

viut, peu de temps après, grand vicaire du savant et pieux a&bé Grégoire, évêque constitutionnel de Blois. En septembre 1791, le département de Loiret-Cher l'envoya à l'Assemblée législative, où il siégea à l'extrême gauche. Il dénonça , avec Basire, le fameux comité autrichien : il attaqua d'abord Brissot, puis la Fayette, Dillon, Hochambeau, et les ministres Du portail , Montmorin et Bertrand de Molleville. Accusé par ces derniers de les avoir calomniés , il essuya, de la part du juge de paix I i rivière, des poursuites que l'Assemblée arrêta, en prenant Cnabot et Basire sous sa protection , et en décrétant d'accusation l'agent du pouvoir exécutif qui avait osé porter atteinte à leur inviolabilité. Aux approches du 10 août, Chabot aborda, l'un des premiers , la question de la déchéance du roi , et s écria qu'il ne croyait pas que l'Assemblée , en blanchissant et en savonnant le pouvoir exécutif, pût enchaîner la volonté du peuple, parce qu'il pouvait toujours changer les institutions à son gré.

Le 15, il proposa et obtint que Chalier ( voyez ce mot) fut rétabli dans ses fonctions d'officier municipal à Lyon ; fit destituer les administrateurs du département , nommer une commission populaire pour juger les conspirateurs des Tuileries , et abolir les droits féodaux sans indemnité. Deux jours après, il reprocha aux royalistes constitutionnels, qui formaient le côté droit de l'assemblée, d'avoir provoqué Y insurrection du 10 août, en supposant au décret d'accusation contre la Fayette, et demanda que Ton mtt à prix la tète de ce général , comme traître à la patrie. Le lendemain , il fit la motion d'armer tous les citoyens, afin de rendre plus prompte , plus facile et

f)lus sûre la vengeance publique contre es ennemis de la liberté , et se présenta avec empressement pour faire partie de la légion de tyrannicides , dont l'organisation avait été proposée par Jean Debry. Chargé, le 2 septembre, de protéger les prisonniers de l'Abbaye contre les exécuteurs des vengeances populaires, il revint dire à l'Assemblée qu'il était impos-

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subie d'empêcher la justice du peuple; et que l'agitation était due au bruit répandu par quelques journalistes , de Cavénement projeté d'un prince étranger sur le trône de France.

Il resta néanmoins fidèle au souvenir d'une ancienne liaison , et sauva la vie à l'abbé Sicard, qui se trouvait au nombre des détenus. Réélu à la Convention par le département de Loir-et-Cher, après la session de l'Assemblée législative, il s'y lit remarquer, dès la seconde séance ( 21 septembre 1792), en combattant la proposition de Manuel , qui semblait réclamer , pour le président de la nouvelle assemblée , un cérémonial

Ïeu conforme aux idées démocratiques.

I fut pourtant accusé, sur une dénonciation du ministre Narbonne, d'avoir reçu de l'argent de la cour, et il fallut toute sa réputation de civisme pour étouffer cette affaire. A quelque temps de là, il demanda l'abolition de la loi martiale^ défendit la princesse de Rohan- Rochefort, menacée d'un décret d'accusation, en la représentant comme aliénée. Il s'opposa , en décembre, au bannissement de tous les Bourbons, demande par Buzot, et manifesta , en cette circonstance, une vive sollicitude pour Philippe d'Orléans. Il se prononça aussi contre la proposition de donner des conseils au roi, et dénonça Marat, comme ayant réclamé dans un des derniers numéros de Y Ami du peuple, l'établissement d'unedictature.

Dans le procès de Louis XVI , il vota pour la mort, sans appel et sans sursis. Intimement lié avec Merlin de Thionville, il le défendit, ainsi que Rewbell, lorsque ces deux députés furent accusés , après la prise de Mayence. Il appuya fortement la pétition qui fut présentée, le 8 février 1793, à la Convention , par la société des jacobins, et qui tendait à faire annuler les poursuites dirigées contre les auteurs des massacres de septembre. Chabot avait applaudi à la chute des girondins ; il proposa ensuite d'expulser du territoire de la république tous les aristocrates; demanda une loi générale du maximum, et la taxe du pain à un sou la livre dans

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L'UISIVERS.

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toute la France. Le 7 septembre , il prononça un discours qui renfermait cette étrange phrase : « Que le ci* « toyen Jésus-Christ était le premier « sans-culotte du monde,» et réclama, le 13, une nouvelle loi sur les émigrés, tellement simple , qu'un enfant pût envoyer un émigré à la guillotine. Jusqu'alors les passions fougueuses de Chabot avaient trouvé, dans son ardeur révolutionnaire, un aliment suffisant; et trop souvent elles l'avaient poussé beaucoup plus loin que n'auraient voulu les vrais et sages patriotes avec lesquels il siégeait à la Convention. Affectant de mépriser toutes les recherches du luxe, et de les regarder comme incompatibles avec la sévérité des mœurs républicaines , il avait conservé et même exagéré l'excessive malpropreté qu'on reprochait aux capucins. 11 avait la tète crasseuse, le cou et la poitrine découverts, portait une jaquette au lieu d'habit , un pantalon d'étoffe grossière, et des sabots pour toute chaussure. C'est sous ce costume qu'il allait siéger à la Convention. Ce fut lui qui imagina de donner aux jeunes gens proprement vêtus la dénomination de muscadins; ce fut encore lui qui proposa de chasser du territoire de la république tous ceux qui n'avaient pas les mains calleuses , et de donner leurs propriétés aux sans- culottes. Mais cette arueur insensée devait bientôt faire place à une modération non moins coupable. Une vaste conspiration, soutenue et dirigée par les émigrés et par la coalition , s'était formée dans le but de fomenter la discorde parmi les révolutionnaires les plus ardents, de les gagner à force d'or, et d'étouffer la révolution par les mains des hommes les plus populaires. Le caractère passionné de Chabot offrait une prise facile à toutes les séductions; ce fut lui qu'on attaqua d'abord. Junius Frey, banquier autrichien , et l'un des principaux agents de l'émigration et de l'étranger, s'empara de lui , le circonvint de toutes les manières , et pour se rattacher d'une manière indissoluble, lui offrit la main de sa sœur avec une dot de deux cent mille francs.

Chabot accepta , et dès lors ce montagnard , autrefois si énergique et si ardent, devint l'instrument passif des desseins de son beaufrère. Enivré des douceurs d'un luxe nouveau pour lui, il ne songea plus qu'à ses plaisirs. Le premier acte par lequel il signala sa trahison fut son opposition à la loi contre les étrangers. Mais les efforts qu'il fit pour en empêcher l'adoption, de concert avec les députés gagnés comme lui , ne furent pas heureux ; il en conçut un mécontentement qui devint en peu de temps une haine violente, et il se jeta plus avant encore dans la contre-révolution.

Bientôt l'or de l'étranger ne suffit plus pour assouvir sa cupidité ; il s'associa avec Julien de Toulouse, Delaunay et Fabre d'Églantine, pour fabriquer un faux décret relatif à la Compagnie des Indes , au moyen duquel ils réalisèrent une somme considérable. On vrt alors ces faussaires insultera la misère du peuple par leur insolente fortune. Ils recevaient de l'argent du fournisseur d'Espagne pour faire accepter ses marches par la Convention nationale ; ils en recevaient également de tous les agioteurs pour protéger leurs honteuses manœuvres.

Mais enfin ces scandales éveillèrent l'attention du gouvernement, et Chabot, dans la crainte que la conspiration dans laquelle il trempait ne fut découverte , et qu'elle ne le conduisît à l'échafaud , révéla tout ce qu'il en savait au comité de salut public. Il prétendit n'être entré dans le complot que pour mieux en suivre les trames ; mais le comité ne se paya point de cette raison ; car, si telle eut été l'intention de Chabot , il aurait pu faire des révélations dès le commencement de ses relations avec les conjures. Il dénonça également la falsification du décret relatif à la Compagnie des Indes; mais il ne nomma que deux de ses complices , Julien de Toulouse et Delaunay d'Angers. Il se tut à l'égard de Fabre d'Eglantine. 11 espérait , par ses aveux , mériter l'indulgence du comité et

sauver sa tête. Son espoir fut trompé; un mandat d'arrêt fut lancé contre lui et contre ses complices. Tous furent traduits devant le tribunal révolutionnaire, condamnés à mort, et exécutés le 5 avril 1794.

Chabot (L. Fr. J.), lieutenant général, baron, etc., né à Niort en 1757, était sous-lieutenant en 1782, et capitaine en 1792. Employé la même année à l'armée du Nord, il se distingua contre les Autrichiens aux environs de Lille, puis au siège d'Anvers, à la bataille de Nerwinde et au passage de la Meuse, sous Ruremonde. Envoyé, peu de temps après , dans la Vendée , il devint général de brigade , se signala à la prise de Chollet, au combat de Châtillon, et fut élevé au grade de général de division le 29 avril 1794; il prit alors le commandement de la division du général Kléber, appelé à l'armée du Nord , passa ensuite à l'armée d'Italie , commanda la première division des troupes employées au blocus de Mantoue , et reçut la capitulation que souscrivit YVurmser.

L'année suivante, il commanda dans les îles Ioniennes, et dirigea la belle défense de Corfou, place qu'il ne rendit qu'à la dernière extrémité [ voyez Cobfou (siège de)]. Envoyé ensuite à l'armée de l'Ouest , le général Chabot battit Bourmont, et le força à faire sa soumission. Il retourna , en 1802, à l'armée d'Italie, passa, en 1808, à l'armée de Catalogne, commanda la 9* division militaire , et rentra , en 1815, dans la classe des officiers généraux en retraite. Le général Chabot est mort en 1837.

Chabot db l'Allibb (G. Ant.), né à Montluçon, dans le Bourbonnais, en 1758, exerçait la profession d'avocat à l'époque de la révolution.

Entré à la Convention après le 9 thermidor, il en fut expulsé bientôt après comme royaliste. Il fut cependant appelé de nouveau dans les assemblées législatives , et siégea au Conseil des Cinq-Cents et à celui des Anciens. Devenu membre du tribunal , il y proposa de donner au premier consul un gage éclatant de ta reconnaissance nationale . et cette

motion fut adoptée. Lorsque, de consul pour dix ans, Napoléon se fut fait empereur héréditaire , Chabot de l'Allier fut encore de son avis, et l'empereur l'en récompensa en le nommant commandant de la Légion d'honneur, conseiller à la cour de cassation et inspecteur des écoles de droit. Chabot de l'Allier avait plus de mérite comme jurisconsulte que comme homme politique j il prit une part active à la discussion du Code civil, et publia plusieurs ouvrages de droit qui sont encore estimés. Il est mort en 1819, en possession des divers emplois qui lui avaient été conférés sous l'empire.

Chabotièbb (affaire de la). Charette, lâchement abandonné par ceux mêmes dont il défendait la cause, était sur le point de succomber, et avec lui allait finir l'insurrection de la Vendée. Traqué comme une bête fauve depuis plus de vingt jours, blessé de deux coups de feu dans une rencontre récente, il s'était enfoncé dans le taillis de la Chabotière , près de Saint-Sulpice (mars 1796), et fuyait, soutenu par deux soldats déterminés à partager son sort.

Les grenadiers du général Travot l'atteignent, et font feu sur lui. Ses compagnons se dispersent ou tombent à ses côtés. Il ne lui reste plus qu'un déserteur allemand, exécuteur ordinaire de ses ordres cruels. Cet homme se dévoue, se laisse prendre, et affirme

3u'il est Charette. Déjà le chef venéen se glissait le long d'un fossé, et allait échapper encore, auand un déserteur de Cassel , dans l'espoir d'obtenir ainsi sa grâce, le fait reconnaître. Aussitôt plusieurs grenadiers fondent sur lui ; mais Charette ne veut se rendre qu'à Travot. Fait prisonnier par ce général , il lui offre sa ceinture , remplie de pièces d'or. « Gardez votre or, répond Travot, je vous ai arrêté, je suis satisfait. » Charette subit bientôt le sort que Stofflet avait eu à Angers un mois auparavant , et l'Ouest Fut pacifié.

Chabbàw (Jos.), comte, lieutenant général, etc., né à Cavaillon, en 1763, s'engagea comme volontaire en 179Q, passa successivement par tous les

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L'UNIVERS-

grades, et fut nommé généra) de brigade après la bataille de Roveredo; il reçut, avec son brevet, un sabre d'honneur, sur la lame duquel étaient gravés ces mots : « A l'adjudant « générai Chabran , avec le brevet de « général de brigade pour les batailles « de Lodi,Lonato, Roveredo et Trente, « le 10 vendémiaire an x. » Vérone venait de se révolter; Chabran fut envoyé contre les insurgés, les battit et emporta la place. La modération dont il fit preuve dans cette circonstance difticile lui valut ensuite une mission plus délicate encore. Il fut chargé de réprimer les troubles qui agitaient les départements des Bouches-du-Rhône et des Alpes, et y réussit par une conduite où il sut allier la fermeté et la longanimité.Aprés la bataille de Marengo, au gain de laquelle il avait contribué, Cnabran prit le commandement du Piémont, et montra dans ce nouveau poste tous les talents d'un habile administrateur; il rétablit Tordre dans ce pays, veilla à la sûreté des routes, et fit renaître la confiance. Une nouvelle coalition s'étant ensuite formée contre la France , Napoléon le chargea de la défense de nos côtes, de Nantes à la Gironde. Il l'appela ensuite au commandement de la 10e division militaire, et deux ans après à l'armée de Catalogne. La conduite, sage et ferme à la fois du général Chabran, son désintéressement , son courage, lui concilièrent l'affection des habitants de Barcelone , dont il était gouverneur. Rentré en France, il prit sa retraite, et fut créé comte le 23 décembre 1814.

Chabbillant , seigneurie de l'ancien Dauphiné , auj. du dép. de la Drôme, à 5 kil. de Crest , érigée en marquisat en 1676.

Chabbit (Pierre), conseiller au conseil souverain de Bouillon, et avocat au parlement de Paris, composa, vers la lin du siècle, dernier, un traité intitulé De la monarchie française et de ses lois, Bouillon, 1783 -84, 2 vol. in-8°. Ce livre fit beaucoup de bruit à cette époque, et l'Académie française décerna à l'auteur le prix fondé par M. de Valbelle pour l'ouvrage le plus utile.

Chabrit mourut jeune et pauvre , à Paris , en 1785. On assure qu'il s'empoisonna , désespéré de ne pouvoir

{>aycr, à son échéance, une dette dont 'argent lui arriva le soir même de sa mort.

Chabbol (maison de). Le premier membre connu de cette famille est Guillaume-Michel Chabbol, avocat du roi au présidial de Riom , né dans cette ville en 1714. Il reçut de Louis XV, en 1767, des lettres de noblesse, fut nommé conseiller d'État par Louis XVI le 21 mars 1780, et mourut à Riom le 22 février 1792. C'était un savant jurisconsulte. Son Commentaire sur la coutume d'Auvergne jouit d'une réputation méritée.

Son fils était lieutenant criminel à la sénéchaussée de Riom, lorsqu'il fut nommé, en 1 789, députe de la noblesse de cette sénéchaussée aux états généraux. Il y vota constamment avec le côté droit, et signa les protestations des 12 et 15 septembre 1791, contre les décrets de l'Assemblée nationale. Les deux suivants sont ses fils.

Le comte André Jean Chabbol de Cbouzol, pair de France et ministre de la marine sous la restauration, fut nommé auditeur au conseil d'État en 1805, et remplit, sous l'empire, différentes fonctions administratives. Il se rendit, en 1811, dans les provinces Illyriennes, comme intendant général des finances, emploi dans lequel il montra une grande activité. Les gouverneurs successifs de ces provinces, les généraux Bertrand et Junot , ainsi que Fouché, duc d'Otrante, rendirent le meilleur témoignage de sa conduite et de son attachement à l'empereur; ce qui ne l'empocha pas de se rallier un des premiers à la cause des Bourbons, qui le nommèrent conseiller d'État et préfet du département du Rhône. Lors du retour de Napoléon en 1815, M. Chabrol de Crouzol essaya vainement de défend re Lyon, il fut obligé de sortir par une porte, tandis que l'empereur entrait par l'autre, et il ne dut la vie et la liberté qu'à la générosité du vainqueur. Après la défaite de Waterloo, Tex-préfet du Rhône alla se joindre à l'armée autri-

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FRANCE

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chienne qui bloquait Lyon, et n'y rentra qu'avec le secours des baïonnettes étrangères. Les excès qui furent commis à cette époque dans le département du Rhône ne rappellent que trop les malheurs de 1793; M. Chabrol aura sans doute gémi plus d'une fois de n'avoir pu comprimer cette sanglante réaction. C'est sous son administration , et sous le commandement militaire du général Canuel , qu'éclata ce qu'on a appelé la conspiration du 22 octobre 1816. Les victimes furent entassées dans les prisons, les têtes roulèrent sur l'échafaud , et l'instrument de mort parcourut les communes , déjà affligées par des dévastations de tous genres. Louis XVIII mit enfin un terme à ces cruelles exécutions.

M. Chabrol de Crouzol cessa d'être préfet, et M. Cnnuel fut révDqué.

M. Chabrol fut cependant maintenu sur la liste des conseillers d'État en service extraordinaire. En 1818, M.

Laîné, ministre de l'intérieur, se le fit adjoindre comme sous-secrétaire d'État ; et M. de Clermont - Tonnerre lui donna, en 1821 , le portefeuille de la marine. On prétend que lorsqu'on lui présenta les chefs de ses bureaux , il demanda à chacun d'eux s'il était au fait de son travail ; la réponse fut unanime et affirmative.

« C'est fort heureux, dit le ministre, « car moi, je n'y entends rien. »

Le comte Gilbert-Josepf^Gaspard Chabrol de Volvic fut, après sa sortie de l'école polytechnique, adjoint à la commission d'Egypte en qualité d'ingénieur, et coopéra au grand et bel ouvrage publié par cette commission.

Après la révolution du 18 brumaire an vm , il fut nommé sous-préfet, et en 1806, préfet du département de Montenote. Il se trouvait en congé à Paris, lorsque éclata, en 1812, la conspiration du général Mallet. L'empereur le nomma préfet du département de la Seine , à la place de Frochot , qui n'avait pas , suivant lui , montré assez de fermeté. Dans ce poste éminent, qu'il conserva sous la première restauration et auquel il fut rappelé après les

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cent jours , M. Chabrol a fait preuve d'un zèle éclairé et d'une haute capacité administrative. Paris lui doit la plus grande partie de ses embellissement. Rendu à la vie privée par la révolution de 1830, M. de Chabrol a été dans ces dernières années appelé à la députation par le département du Puy de Dôme.

Chabroid (Charles), né à Vienne en Dauphiné, en 1750, y exerçait la profession d'avocat , lorsque cette province donna à la France le signal de la révolution. Élu membre des états généraux par les états de Romand , il prit bientôt un rang distingué à l'Assemblée constituante, et défendit souvent à la tribune la cause de la révolution ; mais ce fut surtout dans les discussions sur l'organisation du pouvoir judiciaire qu'il fit remarquer la profondeur et l'étendue de ses vues.

Nommé président le 9 avril 1791 , il occupait le fauteuil lorsque Louis XVI vint se plaindre à l'Assemblée d'avoir été empêché, par la populace parisienne , de se rendre à Saint-Cloud ; il fit au monarque cette réponse :Qu'une pénible inquiétude était inséparable des progrès de ta liberté. L évasion du roi le jeta ensuite parmi les adversaires les plus violents du parti royaliste; il proposa de faire juger, par une haute cour, les complices de la fuite du monarque , s'opposa à ce que l'on reçût la déclaration de Louis XVI et de la reine , se constitua le défenseur de quelques écrits où se trouvait exprimé le vœu d'abolir la royauté ? et réclama les mesures les plus sévères contre les émigrés. Il prit ensuite une grande part à la discussion sur le code militaire , en qualité de rapporteur de la commission qui avait été chargée de ce travail. Bientôt après, voyant augmenter chaque jour la puissance du parti républicain, il s'efforça de mettre des obstacles à son triomphe , ce qui lui fit perdre toute popularité, et finit même par lui être funeste. Décrété d'arrestation , il n'échappa qu'avec peine à l'échafaud.

Rendu à la liberté , il fut appelé au

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