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voir « mal parlé de M. Calvin ; » quant au second, condamné comme hérétique par les magistrats du Dauphiné sur des pièces livrées par Calvjn lui-même,
11 venait chercher un asile en Suisse quand il y fut arrêté. C'est par de tels actes que l'apôtre de Genève affermissait sa doctrine contre le principe même du libre examen auquel elle devait son existence. . . .! Le dernier acte important de la vie publique de Calvin fut la mission qu'il remplit, en 1556 , à la diète de Francfort, où il contribua à apaiser les différends qui s'étaient élevés dans le sein de l'Église réformée. Les soins incessants qu'il s'était donnés, dès ses premières années, pour assurer le triomphe de la cause qu'il avait embrassée, avaient détruit de bonne heure une santé naturellement peu robuste. Les migraines, la goutte et la gravelle lui causaient depuis longtemps d'affreuses souffrances, quand il mourut, le 27 mai 1564.
Calvin avait le visage pâle et sec ; son caractère était un mélange de timidité et de roideur; son esprit était aussi fin qu'actif, son style aussi vif que correct. A ceux de ses ouvrages dont nous avons eu occasion de parler, il faut ajouterdes commentaires sur presque tous les livres de la Bible , de nombreux écrits de controverse , et une foule de serinons dont beaucoup n'ont jamais été imprimés. L'édition la plus complète de ses œuvres est celle de Genève , en
12 volumes in-folio. Le dogme le plus saillant de sa doctrine est celui d une prédestination antérieure même à la prescience divine. Il le développa au chapitre xxi du 3" livre de son Institution chrétienne, et l'on ne conçoit pas que la plume ne soit pas tombée des mains du théologien quand il osa écrire ce blasphème que son Dieu, sans autre motif que son bon plaisir, avait destiné la majorité du genre humain à une réprobation éternelle!
Quant au libre arbitre, Calvin le croit anéanti par l'effet du péché originel : l'absence du mérite des œuvres de l'homme en est le corollaire naturel.
C'est, comme on voit, la doctrine du fatalisme passée dans l'Évangile. U
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or a donc pas lieu de s'étonner nue, ;our en prévenir les épouvantâmes conséquences , et assurer à la morale la protection qu'elle cherchait en vain daos son dogme , il ait si souvent recouru à des mesures de violente répression !
Calvin, général de brigade, déplora la plus rare valeur, et concourut j la prise de Naples, en 1799. Le 5 décembre 1800, pendant la campagne d'Italie, ce général, à la téte de trois bataillons de la 24e légère et d'un escadron de hussards, battit l'ennemi qui avait voulu le surprendre, et fit prisonnier un escadron autrichien ; ùlrin se fit remarquer de nouveau à l'affaire de Monsembano, sur les bords h Mincio ; mais il fut tué à la lin de l'action.
Calvinisme. Voy. Christianisme
et SlCTES RELIGIEUSES.
Calvinistes. — Avant de retracer dans une rapide esquisse le rôle que jouèrent les disciples de Calvin dans «lté lutte impie où s'entre-choquèrent Pendant deux siècles les intérêts de la terre et du ciel , il convient de jeter un coup d'œil sur les circonstances à la faveur desquelles se développa l'hérésie qui fut la cause ou le prétexte de ce drame douloureux. Les scandales de Romeavaient comblé la mesure. Ce n'était point assez que la cour pontificale étalât aux regards du monde chrétien «t ignoble tarif des indulgences, qui fiait le prix auquel on pouvait obtenir l'absolution de toutes les fautes, depuis la simple rupture du jeune jusqu'à l'inceste et au meurtre ; un pape lui-même, •impudique Borgia, Alexandre VI, ^ait souillé la soutane blanche dans ■ fange des vices les plus déhontés ; et «n'était pas en faisant un casque de la tore de saint Pierre que le fier Jules II pouvait lui rendre la force morale que Jjj avait enlevée son prédécesseur, n'oublions pas d'ailleurs que l'ambition temporelle du vicaire du Christ avait plus d une fois excité le ressentiment princes de l'Occident avant que sa dictature spirituelle rencontrât l'oppo- Jtion des peuples. Soit que les désordre fussent descendus du chef aux in-
férieurs, ou qu'ils fussent remontés d'eux à lui , l'autel , dans toutes les parties de la domination romaine, voilait d'autres mystères que ceux du tabernacle; et encore le clergé n'avait-il pas toujours la pudeur d'en garder le secret. Depuis longtemps, les populations étaient accoutumées à se moquer, dans de mordantes épigrammes, des désordres des serviteurs de Dieu. L'indifférence religieuse était devenue générale.
La voix de saint Bernard s'était perdue dans le désert quand il avait voulu prêcher la nécessité d'une réformation générale. Nous n'examinerons pas si, comme le dit Bossuet dans son Histoire des variations des églises protestantes, cette mesure devait regarder la discipline ecclésiastique, et non la foi ; nous nous bornons à constater quelle était la disposition des esprits relativement aux questions religieuses , lorsque la France vit se manifester les premiers symptômes delà réforme. En reparaissant chez nous avec tout l'éclat de la nouveauté, la philosophie et la littérature des anciens ouvrirent aux esprits un vaste champ d'étude , et leur imprimèrent en même temps une énergique activité. Ce qu'au douzième siècle le marchand de Lyon , Valdo , avait osé seul entreprendre, un appel à l'autorité du raisonnement , une foule d'esprits se trouvèrent disposés à le faire au seizième. Aussi , la querelle théologique, brusquement entamée i>ar Luther, avait-elle déjà excité en aeçà du Rhin une ardente sympathie lorsque, Calvin parut. Nous lisons, dans Y Histoire du calvinisme par le P. Ma imbourg, que, dès 1520, les savants qu'avaient appelés d'Allemagne les universités françaises, y semaient les doctrines de l'ex-augustin de Wittemberg, et qu'un évéque de Meaux , Guillaume Brissonnet (voyez ce nom) , contribua lui-même à l'établissement de l'hérésie, en fixant auprès de lui , pour l'aider à rétablir la police de son diocèse, plusieurs maîtres ès arts de l'université de Paris, au nombre desquels était ce Guillaume Farel, qui précéda Calvin à Genève. Ces hommes furent bientôt forcés de fuir , il est vrai , devant les
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menaces du parlement, qui s'empressa force des armes dut suppléer à celle de de prendre en main la défense de la foi ; la logique. De là, les premiers conflits, mais le germe qu'ils avaient jeté dans Mais les questions théologiques les consciences devait porter ses fruits, n'occupaient pas tellement les esprits et l'œuvre de la réforme allait être qu'elles étouffassent dans les cœurs tout continuée par une main plus puissante intérêt pour les objets étrangers au que la leur. salut. Les rivaux, dans les affaires du Luther n'avait guère fait que dé- monde, exploitèrent donc au profit de truire, Calvin entreprit d'édifier. Théo- leur politique le zèle aveugle des anlogien jurisconsulte , il sut imprimer ciens religionnalres et celui des nouà son Eglise cette forte organisation veaux. De là , cette part si active prise qui, dès l'origine, en fit une puis- dans la guerre des deux sectes par tout sance capable de porter l'alarme aussi ce que la nation avait de puissant ou bien sous l'hermine royale que sous la d'ambitieux. Et enfin , comme le peuple pourpre sacrée. François Ier flotta avait été accoutumé à voir ses princes quelque temps indécis. Si , d'un côté, employer des troupes étrangères à la les conciles de Lyon , de Bourges, de garde de leurs personnes que ne pro- Paris , lui demandaient, en 1628, l'ex- téçeait plus assez la vieille majesté du termination de l'hérésie, de l'autre, trône, les calvinistes crurent qu'ils Henri VIII le sollicitait, en 1532, de pouvaient, à leur tour, appeler l'étransecouer, à son exemple , le joug ponti- ger au secours de leur foi qu'attafical. Mais le roi chevalier était lté par quatent les forces réunies du Louvre un concordat; et puis, les membres et du Vatican. Les alliés que compdu clergé ne lui payaient-ils pas bien taient l'un et l'autre camps ne norpar leurs subsides le droit de pour- taient pas tous , du reste, l'arquebuse suivre leurs nouveaux ennemis? Ce- et la cuirasse : car l'Italie avait lancé pendant le petit troupeau , nom par dans cette arène ses femmes et ses lequel les calvinistes aimaient à se dé- prêtres, et l'Allemagne, ses docteurs, signer, grossissait rapidement. Il se Notre intention n'est pas de revenir ici recrutait de gens de toutes les condi- sur ledétail de ces guerres; mais tout en tions; d'hommes d'église que la ré- signalant quelques faits particuliersque forme affranchissait de vœux toujours le point de vue sous lequel nous consigénants, quoique souvent enfreints, dérons la question ne nous permettait et d'hommes d'épée dont l'exercice pas de négliger, nous nous attached'un culte persécuté piquait l'orgueil- rons aux résultats moraux bien plus leux courage; d'artisans qui voyaient qu'aux faits eux-mêmes qui ont été sufdans la simplicité des formes de la usamment exposés dans les Annales. nouvelle religion une sorte de sympa- Dès le règne de François I"r, et penthie pour leur pauvreté , et de nobles dant les premières persécutions, les caldames qui préferaient le naïf français vinistes trouvèrent un refuge dans la Nades psaumes de Marot au mystérieux varreetle midi de la France, d'où, sorlatin de la Vul^ate et de leurs Heures, tant aux premiers moments de calme, . Mais il était évident que troo d'intérêts ils se répandirent dans tout l'ouest et se rattachaient à l'ancienne fcglise pour jusqu'au cœurdu royaume.Les rigueurs qu'il fût permis à la nouvelle de s%éta- exercées contre eux ne les empêchèrent blir sans opposition ; et, d'ailleurs, les pasdedominerbientôtdansunefoulede avantages qu'avait déjà obtenus celle-ci villes. François Ier meurt ; mais, touteo enflaient trop l'orgueil de ses chefs pour armant contre le pape, Henri II reque leur ambition secontentâtd'un par- nouvelle, en 1551, les édits de son tage. Les deux croyances durent , en père contre les hérétiques, et croit deconséquence, se disputer Tune à l'autre voir y ajouter l'obligation d'un certifisinon les consciences, du moins les cat Je catholicisme pour l'admission personnes ; et , comme les arguments aux charges publiques. Sous lui , queîu étaient sans réplique d'aucun coté, la ques réformés veulent mettre l'espace
«s mers entre eux et leurs persécuteurs ; et , en 1655, un fort parti d'entre eux. sous la conduite de Durand de Yil.egagnon , va fonder sur la côte du Brésil, aux environs de Rio-Janeiro, une colonie que ne tarde pas à ruiner b mésintelligence qui se met parmi ses membres, fcn France, cependant, le parti prenait chaque jour de nouvelles forces. L'université était remplie de ses adeptes ; et le Pré aux Clercs , où ils se reunissaient le soir pour chanter leurs psaumes, fut maintes fois le théâtre de rixes violentes avec les moines qui revendiquaient la possession du lieu.
L'année suivante, les prétentions des calvinistes étaient devenues telles que leurs députés, assemblés à Nantes, déclaraient constituer les états do royaume. En Provence, ils guerroyaient sous Paulon de Mouvans; en Dâuphiné, ils avaient mis à leur tête du Puy de M ont brun ; en lin, SOUS la
Kotection de Coligny, on faisait puiquement le prêche à Dieppe , au Havre et à Caen. Lors de l'assemblée des notables tenue à Fontainebleau, oo rit l'amiral réclamer la liberté du culte au nom de cinquante mille calvinistes de la seule prorineede Normandie. En 1561, les religionnaires avaient en France plus de deux mille temples, et, dans leur fanatique aveuglement, ils &e crurent si forts qu'ils osèrent sommer le jeune roi Charles IX , ou , pour mieux dire , sa mère, de faire disparaître ce qu'ils appelaient les monuments de Y idolâtrie catholique, c'està-dire | les images et les reliques des églises . Sur le refus qu'ils éprouvèrent, quelques-uns d'entre eux se chargèrent de commencer l'oeuvre de destruction , et portèrent leurs outrages jusque sur les hosties consacrées. Si ces imprudentes et sacrilèges démonstrations n'empêchèrent pas la régente d'admettre leurs docteurs à la discussion solennelle de leur profession de foi aPoissv, elles contribuèrent sans doute à neutraliser les efforts tentés par les srns modérés des deux partis pour opérer une réconciliation, et la sanglante se*ne de Vassy finit par rendre impossible cet heureux résultat
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Comme toutes les luttes religieuses, celles-ci furent cruelles dans leurs hostilités , perfides dans leurs trêves.
Les calvinistes firent expier aux catholiques leurs échafauds et leurs bûchers. Dans leur retraite, après la bataille de Saint-Denis, ils passèrent au fil de l'épée la population de Pont-sur- Yonne, et quand ils eurent pénétré dans Nîmes, après la déroute de Moncontour, ils massacrèrent lâchement le clergé de la cathédrale. Les suspensions d'armes ne servaient qu'à faire prendre aux deux partis de nouvelles forées non r de nouvel les attaques
A peine le traité d'Amboise, du 12 mars 1563, était-il signé, que tous les conseillers de la cour, à la tête desquels étaient les envoyés du pape et de l'empereur, en attaquaient la validité. Il n'avait d'ailleurs été enregistré aue « par provision, et à cause de la nécessité des temps, » et cette horrible maxime s'était établie, qu'on n'était point engagé par un serment fait à un hérétique. En prenant, dans leur synode général de Lyon, l'initiative cf'une nouvelle levéede'boucliers, les calvinistes pouvaient donc se croire encore dans les homes d'une légitime défense.
Les traités qui servirent de denoûments aux divers actes de cette grande tragédie, eurent cependant cela de remarquable, que le parti calviniste, qui, surtout dans les derniers temps de la lutte» n'arrivait à des trêves que par des défaites, semblait pourtant avoir la plus grande part au règlement des articles, gagnant de plus en plus dans les transactions diplomatiques à mesure qu'il essuyait plus de pertes sur le champ de bâtai llejusqu 'au jour où, par la sanglante exécution de la Saint-Barthélemy, les catholiques reprirent, le poignard à la main, les concessions successives que leur avaient arrachées leurs adversaires. Longtemps encore la lutte se prolongea. Les deux partis eurent leurs alternatives de succès et de revers , et usèrent avec une égale cruauté de la victoire.
Enfin, le bras des bourreaux se lassa, les haines s'assoupirent, et de nouveaux événements rapprochèrent les intérêts.
Les calvinistes virent monter sur le trône un des leurs, et, s'ils lui gardèrent quelquerancuned'avoir penséque Paris valait bien une messe, ils n'en éprouvèrent pas moins les effets desa sympathie.
Malheureusement Henri IV passa les bornes d'une généreuse protection , et l'édit même par lequel il croyait assurer la concorde renfermait le germe de nouvelles divisions. Les calvinistes constituèrent dans l'État un corps légalement reconnu. Une partie du territoire continua même à être, en leur faveur, soustraità la juridiction royale; enfin, on sembla avoir opéré « le rapprochement de deux peuples plutôt que la fusion de deux partis (*). » Les anciens adversaires des réformés ne leur pardonnèrent pas d'avoir obtenu des privilégesqui,suivanteux, n'avaient été accordés qu'aux dépens des leurs ; et quand Louis XIII eut succédé à l'auteur de l'édit de Nantes , on entendit, aux états généraux de 1614, le cardinal Duperron assimiler les protestants à des condamnésdont le supplice a seulement éprouvé un sursis. Il est juste d'ailleurs d ajouter que la longue période de résistancearmeed'où les calvinistes sortaient à peine les avait mal préparés à la jouissance paisible des avantages qu'ils venaient d'obtenir, et que, remuants et inquiets, ils menaçaient encore, du fond de leurs forteresses, la tranquillité de l'État. En 1621, époque à laquelle l'intérêt de leurs consciences ne pouvait plus servir d'excuse à leurs ambitieuses entreprises, ils voulurent, dans une assemblée tenue à la Rochelle, dresser pour la France le plan d'une république fédérative divisée en huit cercles, ou plutôt de huit principautés réunies par le seul lien de la communauté de culte, et qu'ils destinaient aux plus influents d'entre eux.
On ne sait pas quelles places ils réservaient aux catholiques dans cette organisation. Quoi qu'il en soit, Richelieu, en renversant leur rempart, rendit vain ce dernier effort du fanatisme enté sur les débris de la féodalité.
C'était une haute politique , et non f) De 1 état du protestantisme en France depuis le seizième siècle, par M. Aignan.
un zèle inconsidéré, qui avait dicté la conduite du cardinal ; aussi, après avoir abattu les forces du parti, respectat-il les libertés de la secte. Mazarin suivit son exemple. Les calvinistes redevinrent citoyens, toute distinction entre les Français des deux croyances disparut un moment. La carrière des honneurs fut même ouverte aux réformés, et Rulhières, dans ses Éclaircissements sur les causes de la révocation de l'édit de Nantes, leur rend cet honorable témoignage , que les satires dirigées contre les financiers furent suspendues lorsque les principaux emplois de la finance se trouvèrent occupés par des protestants, et plus tard, quand , par un retour d'intolérance , la carrière des fonctions publiques leur fut interdite, l'industrie, florissante entre leurs mains, paya généreusement à la patrie le reste de protection que le souverain continuait à leur accorder.
Mais, tandis que les calvinistes perdaient graduellement la faveur momentanée dont ils avaient joui, un corps puissant , par une gradation contraire , s'était élevé dans l'Église et dans l'État. Satellites avancés du chef romain , les enfants de Loyola épiaient en France le moment de frapper l'hydre de l'hérésie. Ils avaient obtenu l'oreille d'un vieux monarque, qui avait vu s'évanouir ses gloires terrestres, et s'étaient assurés de l'active coopération de la calviniste convertie qui partageait la couche royale.
Leurs prédicateurs tonnaient contre les réformés , qu'ils n'appelaient que les portes de l'enfer et les prostituées de Satan. En 1682, la France venait d'humilier Rome par la déclaration de son clergé. Peut-être fut-ce aux yeux du roi une obligation de plus de donner à la chrétienté une éclatante preuve de sa foi. La conversion des hérétiques fut la pieuse victoire que l'on offrit à son zèle. La Chaise , Letellier et Louvois en répondaient. Il n'y eut pas de séductions mondaines qu'on n'offrît aux calvinistes pour qu'ils consentissent à se laisser engager dans le chemin du salut. Mais on trouva bien-
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tôt que .a voie de la persuasion ne menait pas assez vite au but. Hâtonsnous d'ajouter pourtant que le zèle religieux n'animait pas seul Louis XIV.
Depuis longtemps, le patriotisme des calvinistes s'était effacé devant leurs sy mpathies religieuses ; dans la lutte de la France contre la Hollande, leurs Tœux n'avaient pas été pour la mère patrie; ils entretenaient des intelligences coupables avec l'étranger (voyez Camisabds et Cévennes) , qui comptait sur leur appui, et qui les avait même décidés à se soulever dans plusieurs provinces. A la veille d une guerre contre l'Europe entière, devaiton laisser dans le pays une secte nombreuse et hostile qui pouvait, riche comme elle l'était, faire une diversion dangereuse , et porter de nouvelles atteintes à l'unité et à l'indépendance nationales? On se décida donc à frapper un grand coup, et Louis XIV, en 1685, déchira l'éditdeson aïeul. Mais, on doit le reconnaître, si sous le rapport politique cette mesure était nécessaire , sous plus d'un autre rapport elle eut de graves inconvénients. En emp/orant la force, disons-le, la violence, pour faire rentrer au bercail des brebis égarées, la France livra à l'étranger cinq cent mille de ses plus utiles citoyens. En vain , sous des peines sévères, l'émigration fut-elle défendue: les manufactures se dépeuplèrent; Schomberg loua son épée aux Anglais, et un autre réfugié alla préparer chez eux cette machine , à juste titre nommée infernale, qui faillit, en 1693, détruire Saint-Malo. Nous conviendrons encore que les moyens de conversion employés par Louis XIV furent odieux, et que les dragonnades seront une honte éternelle et pour ceux qui les ordonnèrent, et pour ceux qui ne rougirent pas de les approuver. Qui oserait dire que c'était le seul moyen à employer à l'égard d'une secte qui avait donné à la France Turenne et Duquesne, et oui pouvait présenter à 1 estime de ses compatriotes des hommes tels que Ramus , le restaurateur de la philosophie en France; le sculpteur Jean Goujon ; Ambroise Paré , le premier
chirurgien de son siècle; les Estienne; Olivier de Serre, le père de l'agriculture française; Joseph Scaliger, un des plus savants hommes de son temps; Bernard Palissy, le créateur de la chimie industrielle, et l'énidit Basnage!
Une fois rentré dans la voie des rigueurs, le pouvoir poursuivit par tous les moyens la tache qu'il s'était imposée. Ainsi, une déclaration de 1G93 frappa de bâtardise les enfants des calvinistes qui n'avaient point abjuré. Privés de la jouissance de leurs temples et du ministère de leurs pasteurs, leurs pères avaient été réduits à aller faire consacrer leurs mariages au désert, c'est-à-dire, dans des réunions qui se tenaient dans quelque lieu isolé Où l'on espérait tromper l'œil jaloux des persécuteurs, mais qui, plus d'une fois , furent dispersées par le fer et le feu. Quand, traqué dans les campagnes comme dans les villes , le calvinisme se fut réfugié derrière les pics des Cévennes, l'impitoyable Louvois y donna à la France épouvantée le spectacle d'une Saint-Barthélemy prolongée.
Sous Louis XV, ce prince dont la foi s'émut en découvrant une protestante parmi les filles de son sérail , on vit le parlement de Grenoble condamner, en 1747, trois cents calvinistes, les hommes aux galères , et les femmes à la réclusion; et dans ce même dix-huitième siècle , au sacre de Louis XVI , Turgot ne put faire rayer du formulaire que devait jurer le roi , le serment d'exterminer les hérétiques. Hâtons-nous d'arriver à des actes plus éclairés et plus humains.
Malesherbes , dans un chaleureux mémoire présenté en 1785, réclama Tétât civil pour les protestants. Ce droit leur fut accordé, sur le rapport du baron de Breteuil, et l'édit fut enregistré dans la séance royale de 1787.
La révolution de 1789, en proclamant le principe de la liberté des cultes , rendit enlin aux calvinistes tous les droits qu'ils avaient perdus. Depuis 1802 , le culte calviniste est officiellement reconnu par l'État, qui en salarie les ministres. La confession de foi, qu'on regarde comme sa règle,
T. r?. 3e Livraison. (Dict. encycl., etc.)
fut rédigée dans le synode tenu à la Rorhelle en 1571; mais le temps a apporté des modiOcations à l'œuvre du réformateur. La conduite des disciples de Calvin se distingue aujourd'hui par cette tolérance dont nous avons vu qu'il était si éloigné lui-même, et par ce doux enseignement moral que nous avons signalé comme l'élément qui manquait le plus à sa doctrine. Les ministres reformés de France ne sont
S lus orthodoxes, il est vrai, aux yeux 'un bon nombre de leurs coreligionnaires de l'étranger, qui trouvant trop de morale et pas assez de dogme dans leurs instructions, les accusent de tendre à abandonner la loi évangelique pour les simples préceptes de la raison numaine. C'est une question qu'il ne nous appartient pas de décider. Nous n'irons pas non plus rechercher jusqu'à quel point on peut reconnaîtra les cent erreurs que reproche aux calvinistes le P. Gaultier dans sa chronique , et à plus forte raison les quatorze cents que leur impute le P. François Fenardent dans sa Theomachia calviniste.
Nous croyons devoir terminer cet article par quelques mots sur les différentes dénominations qui ont servi à designer en France les partisans de la réforme de Calvin. Le terme générique de protestants, le plus en usage aujourd'hui , mais qui s'applique à une foule.de sectes différentes, leur a été donné par suite de la protestation que firent, en 1529, les réformés contre la diète de Spire, qui voulait déférer à un concile le jugement de leur doctrine.
Celui de huguenots, que Ton employa presque exclusivement pendant les guerres de religion du seizième siècle, et que Ton écrivit d'abord égnots, vient de l'allemand Lid-genosseny qui signifie allié par serment.
Il désigna d'abord , selon iVlaimbourg, les Génevois qui s'étaient réunis aux habitants de Fribourç contre le duc de Savoie, et ne s'appliqua exclusivement aux calvinistes que quand ceuxci furent devenus le parti dominant à Genève. On employa encore le nom de sacramentair es pour désigner ceux des protestants qui ♦ comme les iwin-
gliens et les calvinistes , adoptèrent le sens figuré dans l'explication des paroles sacramentelles de l'eurharistie.
Calvisson, petite ville du département du Gard , à douze kilomètres de Nîmes ; population , deux mille six cent quatre-vingt-douze habitants. Cette ville, qui était autrefois une des vingtdeux baronnies des états de Languedoc, fut érigée en marquisat en 1644.
Cam ail. — Vêtement ecclésiastique qui doit son origine à la chape des anciens temps , ou tout au moins au ca-
fmrhon des moines. Ce ne fut que vers a fin du quatorzième siècle ou au commencement du quinzième, que les chanoines et les autres ecclésiastiques commencèrent à s'en revêtir. Un concile tenu à Bâle en 1435, un concile provincial , pour le diocèse de Reims, tenu à Soissons en 1456, et les conciles provinciaux de Sens , en 1460 et en 1485, défendirent aux chanoines de porter le camail pendant les offices divins; mais un autre concile provincial du diocèse de Sens, tenu à Paris, en 1528, ayant révoqué cette défense, tous les gens d'Église ont porté, depuis ce temps, le camail à l'église, sauf quelques clercs réguliers dans le temps où il y en avait. On lit dans nos vieux historiens que les chevaliers avaient , en mailles de fer, une armure de tète que l'on appelait camail, ou mieux, cap de mailles. Il est à présumer que c'est de là que vient , sinon le camail des gens d'Eglise, du moins le nom que porte ce vêtement.
Camaldules, ordre d'ermites, soumis à la règle de Saint-Benoît, fondé vers le dixième siècle par saint Romuald,gentilhommedeRavennes,daiis la solitude de Camaldoli , au milieu des Apennins. Ces religieux portent l'habit blanc, la barbe longue, et sont chaussés de sandales. Ls avaient six maisons en France avant la révolution.
Celle de Grosbois (Voy. ce mot), où résidait le supérieur général, était la plus considérable.
Camargue (la), Camaria, ou insula de Camaricis , grande île formée par les deux branches principales du Rhône à son embouchure. Cette île renferme neuf villages, un grand nom-
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bre de maisons de campagne, et près de trois cent cinquante mas ou fermes.
Sa superficie est évaluée à cinquante mille hectares, dont un cinquième environ est cultivé; le reste est occupé par des étangs, des marais , des pâturages qui nourrissent un grand nombre de bestiaux. La Camargue est protégée contre les inondations du fleuve par de fortes digues; elle n'est séparée de la mer que par des dunes momies.
Une société s'est formée dans ces dernières années pour dessécher et rendre i la eulture les parties de ce vaste territoire occupées par les eaux, et pour défricher celles qui sont encore inculte. Déjà d'importantes résultats ont été obtenus.
Camabilla. — Ce mot appartient à la langue espagnole , et signifie proprement une petite chambre ; c'est un diminut;f du mot camara^ par lequel on désigne en Espagne la chambre (fhooueur, la chambre par excellence du roi, tandis que la camartUa est le cabinet où le prince reçoit ses plus intimes confidents, c'est-à-dire, ses courtisans les plus vils et les plus en fereur, qui le dominent et deviennent quelquefois plus puissants que les miûistres. De la est venu l'usage de désirer par le mot de camarilla cette sorte de conseil privé que se donne le W d'un État, conseil composé le ptos souvent des compagnons ordinaires des plaisirs du prince, des contents de secrets qu'il n'oserait pas douera d'autres, soit qu'ils concer- ■Mt *es affaires personnelles, soit s'agisse des affaires de l'État.
Wques-uns de ces hommes, capables de toute espèce de dévouement plus ou •ar>ins honteux, font quelquefois partie d« sa domesticité , et parviennent ce- Mant au ministère et sont chargés
déjouer le premier rôle dans l'État.
Les
membres de ces réunions ne sont f^s toujours des hommes ; les Mainknon, les Pompadour, les Dubarri ont jfueuo rôle important dans les cama~ de l'ancienne monarchie.
Cam atallici , peuple gaulois cité P4' Pline, comme habitant le voisinage ^ Marseille. On s'accorde maintenant
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à placer le territoire des Camatallici à Ramatuelle, département du Var.
Cambacbbès (Étienne-Hubert de), frère du suivant, né à Montpellier, le 1 1 septembre 1756, embrassa la carrière ecclésiastique. Il ne prit aucune part à la révolution ; mais l'élévation de son frère aux premières charges de l'État, après les événements du 18 brumaire, le fit monter rapidement aux degrés les plus éminents de la hiérarchie religieuse. Nommé archevêque de Rouen le 11 avril 1802, il fut pourvu , l'année suivante, du chapeau de cardinal, et reçut ensuite le cordon de grand officier de la Légion d'honneur. Le collège électoral du département de l'Hérault l'ayant élu candidat au sénat conservateur, il y fut appelé le 1er février 1805 , et neVy montra pas le moins adulateur. La bataille d' Austerlitz lui offrit l'occasion de manifester, dans un mandement qui se fit remarquer, toute sa reconnaissance et toute son admiration pour le prince qui lui avait donné de si grandes marques de sa faveur. Mais les désastres de 1 81 3 et 1 8 1 4 ébranlèrent le dévouement du prélat courtisan, aussi bien que celui de tant d'autres. 11 adhéra le 8 avril aux résolutions du sénat, relativement à la déchéance de l'empereur. En 1815, Napoléon, fermant les yeux sur le passé, comprit l'archevêque de Rouen, le 2 juin , dans la composition de sa chambre des pairs. La rentrée de Louis XVIII força le cardinal Cambacérès à s'éloigner de la scène politique et à retourner à ses fonctions épiscopales.
Il est mort le 25 octobre 1818.
Cambacébès (J.-J. Régis), duc de Parme, naquit à Montpellier, le 15 octobre 1753 , d'une famille distinguée dans la magistrature. Il était conseiller à la cour des aides de cette ville lorsque la révolution éclata. S < tant montré favorable au nouvel ordre de choses, il fut appelé à diverses fonctions publiques, qu'il exerça jusqu'en décembre 1792, époque de sa nomination à la Convention nationale par le département de l'Hérault. Plus ambitieux que dévoué à la république, il chercha dès lors à tirer parti des événements
FRANCE
cam L'UNIVERS.