‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 7 sur 88 · CIA M · texte numérisé non relu

CIA M

dans son intérêt personnel , et à toujours se ménager une issue pour l'avenir. Lors du procès de Louis XVI, après s'être prononcé pour l'affirmative dans la question de la culpabilité de ce

E rince, il vota ensuite avec tant d'amiguïté sur l'application de la peine, qùe lui-même ne put jamais prouver à la Convention et à la Restauration, s'il était ou s'il n'était pas régicide. « Ci- « toyens , dit-il , si Louis eût été con- « duit devant le tribunal que je prési- « dais , j'aurais ouvert le Code pénal , « et je l'aurais condamné aux peines « établies par la loi contre les conspi- « rateurs ; mais ici j'ai d'autres devoirs « à remplir. L'intérêt de la France , « l'intérêt des nations ont déterminé « la Convention à ne pas renvoyer « Louis aux ju^es ordinaires, et à ne a point assujettir son procès aux formes «prescrites. Pourquoi cette distinc- « tion? C'est qu'il a paru nécessaire de « décider de son sort par un grand acte « de justice nationale ; c'est que les « considérations politiques ont dû pré- « valoir dans cette cause sur les règles «de l'ordre judiciaire; c'est qu'on a « reconnu qu'il ne fallait pas s'attacher « servilement à l'application de la loi , « mais chercher la mesure qui parais- « sait la plus utile au peuple. La mort « de Louis ne nous présenterait aucun « de ces avantages ; la prolongation « de son existence peut au contraire « nous servir : il y aurait de l'impru- « dence à se dessa'isir d'un otage qui « doit contenir les ennemis intérieurs «et extérieurs. D'après, ces considé- « rations , j'estime que la Convention * nationale doit décréter que Louis a « encouru les peines établies contre les «conspirateurs par le Code pénal'; « qu'elle doit suspendre l'exécution du « décret jusqu'à la cessation des hos- « tilités, époque à laquelle il sera défi- « nitivement prononcé par la Conven- « tion , ou par le Corps législatif, sur « le sort de Louis qui demeurera jus- « qu'alors en état de détention; et, « néanmoins, en cas d'invasion du ter- « ritoire français par les ennemis de « la république, le décret sera mis à « exécution. » Devenu membre du co-

mité de salut public, au mois de mars 1793, il dénonça Dumouriez qu'il avait défendu quelque temps auparavant, afin d'éloigner les soupçons de complicité que cette défense pouvait faire planer sur lui , après ta défection du vainqueur de Jemmapes , et annonça l'arrestation de plusieurs des complices du général. Le 14 mai , il s'opposa à ce que chaque député fût tenu de justifier l'état et l'origine de sa fortune. A la journée du 31 mai, comme à celle du 2 juin , Cambacérès, forcé de sortir de sa circonspection et de sa neutralité, vota avec la majorité en faveur de la proscription de la minorité. Quelques jours après, dans la discussion sur l'état des enfants naturels , il développa des considérations d'un ordre supérieur et s'éleva à une véritable éloquence. Le 16 juin, il demanda l'établissement des jurés en matière civile. Au mois d'octobre suivant , il exposa son premier projet de Code civil , devint président de la Convention , et continua de s'occuper de matières législatives dans les comités jusqu'au 9 thermidor. Le 9 octobre 1794, il rédigea et lit adopter une adresse au peuple français , que l'on peut regarder comme le premier manifeste de ces hommes neutres, devenus puissants après la chute de la Gironde et de la Montagne, et qui inventèrent ce système de bascule qui fut si nuisible au développement de la révolution.

Cambacérès s'opposa au rapport des lois révolutionnaires , notamment de celle du 17 septembre, demandé par la section du Panthéon ; présenta quelque temps après un nouveau projet de Code civil , et fit passer à I ordre du jour, en janvier 1795, sur la mise en liberté des membres de la famille royale, détenus au Temple. Appelé dans le sein de la commission chargée de préparer les lois organiques de la constitution de 1793, il en modifia l'application et les conséquences, selon les nouvelles idées dominantes, et proposa de substituer la peine du bannissement à celle de la déportation , prononcée contre les prêtres perturbateurs. Cependant, il ne put échapper,

FRANCE

après les événements du 13 vendémiaire, à l'accusation de royalisme qu'il repoussa avec une grande véhémence, mais dont il ne se lava jamais complètement. Entré au Conseil des Cinq-Cents avec les deux tiers des con- Yffitionnels , il y développa de nouveau les bases d'un Code civil, fit créer une commission chargée d'examiner les actes du Directoire, lorsqu'ils porteraient atteinte au pouvoir législatif, fut porté à la présidence, le 22 octobre 1796, et sortit de l'assemblée le 20 mai suivant. Réélu, en 1798, par le corps électoral parisien , séant à l'Oratoire, sa nomination fut de celles que le Directoire annula par le coup d'État du 22 floréal. La journée du 30 prairial, dans laquelle la majorité républicaine du Corps législatii recomposa le eouvemement dictatorial, porta Cambacérès au ministère de la justice, ce qui le mit dans une position favorable pour prêter main forte à la conspiration du 18 brumaire , contre ceux dont il avait surpris la confiance. Bonaparte en fît son collègue au consulat, dès qu'il put se débarrasser de Sieyès , et lui conféra ensuite, sous l'empire, le titre d'archi chancelier et de prince.

Cambacérès prit une grande part à la confection du Code civil , présida souvent le sénat, montra, dit-on, en 1813, a l'occasion de la tentative audacieuse du général Mallet, un peu plus de calme et de fermeté que certains autres grands fonctionnaires; détermina, «i 1814, l'impératrice régente à se retirer au delà de la Loire; l'v suivit lui-même, et envoya néanmoins, dès le 9 avril , son adhésion aux actes du sénat qui excluaient Napoléon du trône, et vécut ensuitedans la retraite jusqu'au 20 mars 1815. Ayant repris, à cette époque, le titre et les fonctions d'archiefaancelier, il devint membre de la chambre des pairs, qu'il présida même plusieurs fois; mais le second retour des Bourbons le força de sortir de France, comme régicide, et de se réfugier en Belgique. Il y resta jusqu'en 1818, et fut alors rappelé par le ministre Decazes, qui luj lit obtenir, de la muniûccuce de Louis XVIII, le

titre de duc. Aux élections oe 1820, Cambacérès se montra reconnaissant :

il vota avec les fidèles amis de la monarchie. 11 mourut en 1824. Savant jurisconsulte , politique délié, Cambacérès a mérité plus que personne cette qualification d'équivoque , appliquée par Robespierre à un des membres du comité de salut public. C'est un des acteurs de la révolution française qu'il est le plus difficile de juger, et cependant il en est peu qui se soient aussi constamment soutenus aux affaires et qui aient occupé, auprès de Napoléon, une plus haute place. S'appuyant tour à tour sur tous les partis, ne s'avancant jamais que lorsqu'il ne pouvait pas faire autrement, mêlé à toutes les entreprises qui ont changé les formes du gouvernement , mais n'y coopérant que d'une manière indirecte, il dut sa plus grande élévation à l'assistance qu'il prêta à Napoléon, sinon pour devenir consul, du moins pour prendre la couronne impériale. Comprenant qu'il ne pouvait rien par lui-même, et qu'il y aurait de la folie à vouloir lutter contre la puissance, il consentit facilement à se démettre de la dignité consulaire pour devenir le premier conseiller du nouveau monarque. Il donna à Napoléon plus d'un bon conseil , que ce prince eut le tort de ne pas suivre; mais, par ses goûts aristocratiques et rétrogrades , il contribua beaucoup à égarer la politique impériale dans la route où elle s'est perdue. Napoléon lui-même, dans ses Mémoires, le représente comme le partisan des vieilles institutions. Qui aurait cru cela de l'homme qui joignit sa voix à celle de Danton pour demander l'établissement du tribunal révolutionnaire? Il a publié : Projet du Code civil et discours préiim inaire, 1 7 94 , nouvelle édition, 1796, in-8°. Ersch lui attribue encore : Constitution de ta république française , avec les lois y relatives, précédées et suivies de tables chronologiques et alphabétiques, 1798,5 vol. in-12 (ouvragecomposé en société avec Oudot, conventionnel ).

Cambacérès (le baron), neveu des

98 CAM

précédents, né le 13 novembre 1778, embrassa en 1793 la carrière militaire, et fit les campagnes d'Espagne et du Rhin. Il se battit aussi dans la Vendée, assista aux batailles d'Austerlitz et d'Iena , fut fait général de brigade le 10 juillet 180G, prit part à la guerre d'Espagne , reçut le commandement du département du Mont -Tonnerre, reparut à la grande armée en 1813 , combattit vaillamment aux brillantes journées de Lutzen, Bautzen et Dresde, et commanda le département d'Indre-et-Loire en 1814. La restauration le mit successivement en disponibilité et en retraite. La flerté de caractère du général Cambacérès l'empêcha , malgré son nom, d'avancer très-rapidement. Il est mort en 1826.

Cambacébbs (l'abbé de), oncle des précédents, archidiacre de l'église de Montpellier, naquit dans cette ville en 1721, d'un conseiller à la cour des comptes du Languedoc. Il montra de bonne heure un goût décidé pour l'étude des auteurs sacrés, et après s'être bien pénétré de la lecture de Bossuet, et surtout de Bourdaloue, il se destina à la chaire. Ses succès furent brillants, et, quoiqu'on fut dans une église, des applaudissements universels se firent entendre lorsqu'il prononça son panégyrique de saint Louis, en 1768. Lié avec les littérateurs les plus distingués de son temps, il vécut toujours d une manière modeste , et mourut le 6 novembre 1802. On a de lui : 1° Panégyrique de saint Ijouis, 1768, in-4°; 2° Sermons, 1781, 3 volumes in 12; deuxième édition, 1788, 3 volumes in-12, avec un discoure préliminaire.

CambàulbsO, chef gaulois à la solde des rois de Macédoine, entra pour son propre compte dans la Thrace, en ravagea les frontières, comme le firent ensuite Cérétrius, Léonor, Luthar.Comontor; il rapporta de cette expédition au milieu des Galls du Danube un butin considérable, dont la vue décida ses compatriotes à tenter contre la Grèce cette invasion qui vint, en

O c<anh> fwce, destruction.

CAM

279 , échouer à Delphes et aux Ther-

mopyles.

CÂmbefobt ( Louis- Jean ) , lieutenant au 122e régiment d'infanterie de ligne, chevalier de la Légion d'honneur. Cet officier, à la bataille du pont de Lodi, manœuvrant un obusier avec deux de ses camarades, traversa plusieurs fois le pont pour aller chercher les obus sous le feu de l'artillerie ennemie , et tomba à coups de baïonnettes sur les canonniers autrichiens, qu'il tua sur leurs pièces. Au déblocus de la forteresse de Peschière , il saute le premier dans une redoute , s'empare , avec deux de ses camarades , de deux pièces de canon, les tourne contre l'ennemi , qui fut mis en pleine déroute.

A la bataille des Pyramides, il arracha un étendard des mains d'un Mameluk ; àJaffa, il monta le premier à l'assaut.

Cambebg (combat de). Lorsque l'armée de Sambre-et-Meuse, commandée par le général Jourdan, reprit l'offensive (1796), les Autrichiens, sous les ordres de Wartenlebens , avant éprouvé un premier échec à Wiflendorf , et voyant la ville et le pont de Runckel au pouvoir des Français, s'étaient retirés surFriedberg, en arrière de la Lahn. Jourdan s'était mis aussitôt en devoir de porter ses divisions sur l'autre rive de cette rivière. Dès que le général Championnet l'eut passée à Runckel, il lui ordonna de marcher sur Camberg. En opérant Ce mouvement, Championnet rencontra l'arrière-garde du général Werneck, et crut devoir l'attaquer. Les escadrons autrichiens se déployèrent dans la plaine en avant de Camberg ; la cavalerie française, commandée par le général Klein , les chargea avec impétuosité, les culbuta, et les força de se retirer en arrière de Camberg. Klein s'élança aussitôt a leur poursuite; mais il vint se heurter contre l'infanterie du général Werneck. Cette infanterie était rangée en bataille derrière les bois qui s'étendent à droite et à gauche de la chaussée qui conduit au village d'Esb. Des feux très-nourris de mousqueterie et d'artillerie arrête-

L'UNIVERS

mit un moment notre cavalerie \ mais ie général Cbampionnet étant arrivé pour la soutenir, avec de l'art illerie, I ennemi ne tint pas plus longtemps, et continua sa retraite. Champiounet prit t option en avant do Camberg, et fit poursuivre l'ennemi son avant -garde, qui s'établit à Esdi. Les Autrichiens, dans ce mouvement rétrograde, essuyèrent des pertes assez considérables. L'honneur du combat de Camberg revient tout entier à la cavalerie française , et particulièrement au douzième de dragons et au treizième de chasseurs, qui avaient chargé 1rs Autrichiens en avant de Camberg avec une vigueur remarquable.

u m bert (Robert), créateur de l'opéra français, naquit à Paris vers 1628. Après avoir été l'élevé de Chamboonières, il devint organiste de IVcollégiale de Saint Honoré, et, 1666, il était surintendant delà musique d'Anne d'Autriche. Le cardinal Mazarin ayant, en 1647, introduit l'opéra italien en France, et ayant fait jouer Or/eo ed Kuredice, Perrin tvoy. ce nom) résolut, en 1659, de fonder un théâtre ou l'on jouerait des P<eces en musique. 11 composa dans « but la Pastorale, première comédie française en musique, et chargea Catnbert d'en faire la partition. L'oufrage lut représenté, en 16ô9, a Issy, et réussit au delà de toute espérance.

Louis XIV et Mazarin , ravis , engagèrent les auteurs à continuer. En conséquence, ils composèrent Ariane ou le Mariage de Bacchus ; mais la mort du cardinal (1661) arrêta la représentation de cet opéra. Le 28 juin 1669, 1 Académie de musique fut créée, «t Pomone, le premier opéra français régulier, fut joué en 1671. En 1672, Cambert composa une pastorale, dout fetitre était : Us peines et les plai- «n de r amour (conservée en manuscrit à la bibliothèque royale). Mais cette an née méme,1e privilège de l'opéra want été doniié à Lulli , alors toutpuissant à la cour, Cambert, irrité de «tte injustice, se retira en Angleterre, « devint maître des musiciens de

Charles II. Il y mourut en 1677. Quelques fragments de Pomone ont été publiés in-fol.

Cambiovicenses, peuple gaulois, inscrit sur la table de Peutinger, entre Aquœ Nisenii (Bourbon Lancy) et Aquœ Bourbonix (Bourbon l'Archambault). On s'accorde maintenant à placer le territoire des Cambiovicenses dans l'ancien archidiaconé de Chambon, diocèse de Limoges.

Cambis (maison de). Cette ancienne famille, originaire du comtat Venaissin, a produit quelques personnages dignes d'être cités.

J os. -L.- Dominique , marquis de Cambis-Vellebon, colonel général de l'infanterie du comtat Venaissin, né à Avignon en 1 706 , mort dans la même ville en 1772, avait formé une nombreuse bibliothèque qu'il allait rendre publique lorsque la mort le surprit. Il a publié le Catalogue raisonné des manuscrits de son cabinet. Avignon, 1770, 1 vol. in-4°, rare et recherché.

Cambis-Velleron avait réuni beaucoup de matériaux pour l'histoire de sa patrie.

Richard- Joseph de Cambis, seigneur de Fargues, est auteur d'un Recueil des saints qui sont honorés dans Avignon, in-12; et de Mémoires sur les troubles et séditions arrivés dans Avignon jusques et inclus Vannée 1666, manuscrits.

Marguerite de Cambis , baronne d'Aigremont en Languedoc, morte à la fin du seizième siècle, a traduit une Lettre de Boccace sur la consolation, et un ouvrage de George Trissino, intitulé : Devoirs du veuvage. Lyon, t$$4 et 1556.

Joseph de Cambis, né en 1760, a été capitaine de vaisseau avant 1793, et inspecteur de marine sous le consulat.

Cambistes. Cet ancien mot sert à désigner les courtiers qui se livrent exclusivement à la négociation des traites et lettres de change. Il vient de cambium, qui, en basse latinité, signilie change, échange.

Cambolas (J. de), président du parlement de Toulouse. On a Jui : Dé-

FRANCE

40 CAM L'UNIVKRS. CAM

citions notables du parlement de Toulouse, recueillies par de Cambolas. 1671 et 1681. Ce recueil était trèscstimé dans l'ancien barreau.

Ca mbolfxtbi. On connaissait, dans l'antiquité, deux peuples gaulois de ce nom; le premier, désigné parl'épithète û'Atlanticiy habitait les environs de Gap; l'autre faisait partie de l'Aquitaine; M. Walckenaer place son territoire à Cambo, arrondissement de Baronne.

Cambon (Charles-Antoine), peintre de décorations, né à Paris en 1802, élève de M. Cicéri. Il a exécuté un grand nombre de décorations pour les théâtres de Paris , de Lyon et de Brest , en société avec M. Filastre, et a acquis en ce genre une réputation justement méritée.

Cambon (F.-T.) , né à Toulouse en 1716, embrassa l'état ecclésiastique, et fut élevé, en 1768, à l'évéché de TUirepoix, où il se lit remarquer par la pratique de toutes les vertus chrétiennes. Malheureusement, M. de Cambon ne se renferma pas toujours dans le cercle de ses fonctions pastorales, et voulut se mêler aux débats politiques de la révolution. Il écrivit contre les décrets de l'Assemblée constituante, et fut dénoncé, à cette occasion, par les administrateurs du département de la Haute-Garonne, le 20 novembre 1790. Il mourut quatre ans après, à Toulouse.

Cambon (Jean-Louis-Auguste-Emmanuel de), premier président du parlement de Toulouse, naquit dans cette ville en 1737, et y mourut en 1807.

11 remplissait les "fonctions d'avocat général près de ce parlement , lorsqu'il y fit déclarer la validité des mariages protestants. Il acheta en 1779 une charge de président à mortier , et devint, en 1786, procureur général.

Membre de la première assemblée des notables, en 1787, il fut nommé premier président du parlement de Toulouse , et appelé peu après, en 1788, à la seconde chambre des notables. Il émigra ensuite, et ne rentra en France que. sous le gouvernement consulaire.

Cambon (Joseph), député à l'As-

semblée législative et à la Convention nationale, né à Montpellier, en 1754, d'une famille de négociants, gérait, avec ses frères, la maison de commerce de son père, lorsque la révolution pénétra dans son pays. Cambon en accueillit les principes avec enthousiasme. Aussitôt après la fuite du roi, au mois de février 1791, il lit proclamer la république au milieu de ses compatriotes. Nommé par eux à l'Assemblée législative en septembre de la même année , il y professa avec chaleur les doctrines démocratiques. Cependant, il s'occupa d'une manière spéciale de l'administration des finances, et il est peu d'actes dans sa carrière législative qui n'aient eu pour objet, au moins indirect, cette partie importante des intérêts publics. Il demanda, contre l'opinion des girondins, que les prêtres fussent assimilés au reste des fonctionnaires publics, et que leurs traitements pussent être suspendus en cas d'infidélité .ou de désobéissance aux lois de l'État; il étendît cette mesure aux généraux d'armée et aux ministres, et lorsqu'en 1792, Bazire eut proposé la confiscation des biens des émigrés, il fit rendre la loi qui déclarait ces biens en état de séquestre, « afin, disait-il, de priver « les ennemis de la patrie des moyens « de lui faire la guerre, et d'avoir, « dans la jouissance de leurs biens, « l'indemnité des dommages qu'ils « pourraient causer à l'État. ■ Cependant, il parut se rapprocher un moment du parti constitutionnel , et lorsqu'en août 1792, la section Mauconseil vint déclarer à la barre qu'elle ne reconnaissait plus Louis XVI pour roi, il s'éleva avec force contre celte déclaration. Cependant, après le 18 août, ce fut lui qui fit à la Convention un rapport sur les pièces qui établissaient la culpabilité de Louis XVI; et, peu de jours après, il fit décréter d'accusation les ex-ministres Narbonne, Lajard et de Grave. A peine descendu du fauteuil de président de l'Assemblée législative, Cambon vint siéger sur les bancs de la Convention. 11 s'empressa d'y dénoncer la feuille de Ma-

FRANCE

cAm

rat et la commune de Paris; il provoqua même la mise en accusation de rex-ministre Lacoste et des ordonnateurs Malus, Servan, Dcspagnac et Marichal , pour les marchés qu'ils 3faient consentis ou contractés; fit décréter le remplacement du commissaire liquidateur Dufréne-Saint-Léon, et nommer des commissaires spéciaux charges de vérifier le service de la comptabilité de Dumouriez ; il accusa même ce général au sujet de sa lettre à la Convention , et obtint l'établissement d'une administration provisoire pour les pays conquis. Dans le procès de Louis XVI, il vota la mort sans jppel et sans sursis ; combattit avec énergie, le 10 mars 1793, l'établissement du tribunal révolutionnaire, soutint que le mode d'organisation proposé par Robert Lindet était attentatoire à la liberté des citoyens, et demanda que les jugements tussent rendus par jurés. Déjà membre du comité des finances, il fut, le 7 avril, appelé à celui de salut public, où il se montra plus que jamais opposé à la commune de Paris. Au 2 juin, lorsque la Convention, voulant faire preuve de liberté, sortit en corps dans le jardin des Tuileries, il alla se placer au milieu des membres du parti girondin dont les jacobins demandaient la téte, et n'ayant pu empêcher le décret d'arrestation qui fut porté le jour même contre ces députés, il déchira de dépit sa carte de député. Cependant, peu de temps après, Cambon se rapprocha du wirti de la Montagne et de la Commune. En juillet 1793, il fut chargé d'un rapport sur la situation de l'État, les opérations du comité de salut public et la correspondance qu'on avait cru voir eutre ta conduite des puissances étrangères et les projets des ennemis de riotérieur ; trois mois après, il fit ordonner la clôture des barrières de Paris , et décréter Parrestation de ceux qui chercheraient à se soustraire au fcrfire militaire; il fut élu président de l' Assemblée en août 1793, et prit, en mars 1 794 , la parole pour attester h culpabilité de Fabre d'Églantine, secusé d'avoir falsifié le décret relatif

à la Compagnie des îndes. Ce fut la même année qu'il fit à l'Assemblée son célèbre rapport sur l'administration des finances, et donna à la France le premier modèle de grand-livre de la dette publique. (Voyez Dette publique.) Dans la lutte qui amena le 9 thermidor, Cambon prit parti contre les chefs de la Montagne. Ce fut même lui qui , le premier, porta contre eux la parole, et se présenta comme l'un des accusateurs de Robespierre. Mais à peine les thermidoriens eurent-ils triomphé qu'ils se tournèrent contre lui. Accusé comme complice des tyrans par Bourdon (de l'Oise), Rovère, André Du mont et f al lien , il n'échappa au décret d'arrestation lancé contre lui que par la fuite. Caché dans un grenier de la rue Saint-Honoré, il sut se soustraire à toutes les recherches

Îfu* André Dumont et Tallien firent aire pour se saisir de sa personne; cependant, après l'amnistie du 4 brumaire an iv, il sortit de sa retraite, et se rendit dans une campagne près de Montpellier, où il se consacra tout entier à l'agriculture et aux jouissances paisibles de la vie privée. Nommé en 1815 membre de la chambre des représentants, il montra beaucoup de modération dans cette assemblée, et ne prit part qu'aux discussions relatives aux réquisitions de guerre et au budget. Sa carrière politique se termina avec la session de cette assemblée.

Atteint par la loi d'amnistie de 1816, il s'éloigna de la France, et se rendit à Bruxelles, où il mourut en 1820.

Cambrai, Cameracum, ancienne capitale du Cambrésis, est nommée pour la première fois dans l'Itinéraire d'Antonin ; cependant quelques auteurs pensent qu'elle existait déjà à l'époque de la conquête romaine. Quoi qu'il en soit, elle devint, après la destruction de Bavay , l'une des places les plus importantes de la Gaule-Belgique. Clodion, roi des Francs établis à Tongres, s'en empara en 415 ; mais sa domination n'y fut pas de longue durée : vaincu deux ans après par Aëtius, au bourg Helena, sur le bord de la Canche, il fut obligé de se retirer

L'UNIVERS

dans ses anciennes possessions des prières de leur évêque, les assiégés rébords du Rhin. Mais les Francs ne sistèrent vaillamment. Les Hongrois, tardèrent pas à revenir, et, dès 481, rebutés , demandèrent alors la paix , nous les trouvons établis à Cambrai, et promirent de rendre tout le butin, sous le commandement d'un roi nom- si on leur rendait la tête du neveu de mé Rognacaire. Ou sait comment leur roi. Les assiégés, craignant quel- Clovis se défît de ce chef, et fit re- que fourberie, rejetèrent ces proposiconnaître sa royauté aux guerriers tions , et les Hongrois recommencèqui lui obéissaient. Clovis avait soli- reut leurs attaques avec une nouvelle dément établi la domination des Francs fureur. Mais les habitants firent des dans la Gaule; la ville de Cambrai prodiges de valeur, et l'ennemi vaincu resta soumise aux princes de sa fa- se retira honteusement, en détruisant, mille , tant que dura leur règne dans pour assouvir sa rage , tout ce qu'il Jes Gaules. Chilpéric s'y retira en avait d'abord épargné dans les envi- 584, avec ses trésors et ses effets les rons de la ville (*). »

f»lus précieux. Sous la seconde race, Nous avons raconté dans les An-

ors au partage des États de Lothaire, nales (tome Ier, page 158) Pétablis-

elle échut à Charles le Chauve. Les sèment de la commune de Cambrai ;

Normands la prirent en 870 , massa- nous ne reviendrons point jci sur ce

crèrent la plus grande partie des habi- sujet.

tants decette ville, et y firent un butin Pendant les guerres de Philippe de immense. Dans la suite, Cambrai passa Valois contre le roi d'Angleterre , la à Charles le Simple, qui la céda, eu ville de Cambrai, qu'un traité récent 922 , à l'empereur Henri Ier. venait de céder à la France, fut assié- • Les Hongrois, commandés par un gée inutilement par une armée de quachef nommé Bulgius, pénétrèrent, en tre-vingt mille Anglais. Philippe de 963, dans le diocèse de Cambrai. Pen- Valois, pour récompenser les habidant qu'ils pillaient la contrée, emme- tants de leur courageuse défense, leur* nant les habitants avec eux et brûlant accorda de grands privilèges. Après les églises, l'évéque Fulbert, pour sau- avoir longtemps fait partie des dover la ville et ceux qui s'y étaient ré- mai nés de la maison royale de Bourfugiés, l'entoura de remparts. L'évé- gogne, Cambrai fut livré, à la mort nement justifia ses précautions : quel- du dernier prince de cette maison, ques jours après l'achèvement des ou- aux troupes de Louis XI , qui , d'àvrages , les Hongrois tombèrent sur près une convention , la rendit à l'emla ville, et pendant trois jours acca- pereur, en 1478. Charles-Quint y fit blèrent de toutes sortes de maux le bâtir une des plus fortes citadelles de pays d'alentour. Après un assaut qui l'Europe. Plus de huit cents maisons, ne leur réussit pas, ils allèrent camper une partie de la ville de Crèvecœur , dans une plaine voisine de l'Escaut, ainsi que les châteaux de Cavillers, pour s'y reposer et se repaître de Escaudœuvres , Kumilly , Fontaine, viandes, après quoi ils se proposaient Saint-Aubert et Cauroy, furent démode revenir contre la ville. Pendant ce lis pour fournir les matériaux nécestemps, quelques-uns d'entre eux, le saires à cette construction, neveu du chef a leur téte, tentèrent La ville de Cambrai, assiégée inutîune nouvelle attaque; mais ils furent lement par Henri II en 1553, fut prise battus par un brave citoyen nommé en 1681 par le duc d'Alençou, qui ea Eudes, qui tua, après une défense dé- donna le commandement à Jean de sesperée, le personnage qui comman- Montluc, seigneur de Balagny. Le dait la troupe. On plaça sa téte sur le duc de Parme l'assiégea vainement mur, au bout d'une lance, fiulgius, à

cette nouvelle , entra en fureur , et («) l. Dussieui, Essai* historiques sur les

^assaut recommença. Soutenus par invasions des Hongrois eu Europe, et tpé-

" de la patrie et les ferventes cialemeut eu France. Paris, i83q, îii 3°.

CAM

l'année suivante; maig, en 1595, les habitants ouvrirent leurs portes aux Espagnols. Turenne tenta inutilement dp s'en emparer en 1657 ; mais Louis XIV la prit en 1677, après neuf jours de tranchée ouverte. L'article 1 1 du traité de Nimègue en assura ensuite la possession à la France. Elle fut encore assiégée inutilement par les Autrichiens en 1793.

L'evéché de Cambrai date du cinquième siècle. Il fut, en 1559, à la prière de Philippe II, roi d'Espagne, érigé en archevêché par Paul IV, qui lui donna pour suffragants les évéques d'Arras, Tournai, Saint-Omer et Namur ; cet archevêché fut supprimé pendant la révolution. Le siège de Cambrai fut rétabli par le concordat, mais avec son ancien titre d'évêché, qu'il conserve encore aujourd'hui. Il test tenu dans cette ville deux conciles pendant le quatorzième siècle; le premier en 1303, le second en 1383.

Cambrai était, avant la révolution, le chef-lieu d'un gouvernement particulier, et le siège de plusieurs juridictions , savoir : le bailliage de la Feuillée, le magistrat, l'offlcialité, le bailliage du Cambresis, ceux des chapitres de réglise métropolitaine , de Sainte-Croix , de Saint-Aubert et du Saint-Sépulcre. Aujourd'hui, c'est l'un des chefs- lieux de sous-préfecture du département du Nord , une place de guerre de deuxième classe , le siège de tribunaux de première instance et de commerce. Cette ville possède d'ailleurs un collège communal , un séminaire diocésain , et une bibliothèque publique de trente mille volumes. La population de Cambrai est aujourd'hui de dix-sept mille six cent quarante-six habitants. Enguerrand de Monstrelet et Dumouriez sont nés à Cambrai.

Cambbai (attaque de). — Après la prise de Valenciennes par les Autrichiens, en 1793, l'ennemi joignant ses troupes de siège à celles oui se trouvaient déjà Jans le camp de Famars , essaya un coup de main sur Cambrai et sur le camp de César, qui renfermait vingt mille* hommes et le quartier général de Kilmaine , successeur

de Custine, destitué. Mais les manœuvres furent mal conçues , et laissèrent à Kilmaine le temps de se reconnaître. Ayant assuré la défense de Cambrai, il sortit de cette place; et, après un léger engagement d'arrière-garde à Marquion , il se reporta , par une retraite habile, sur les derrières de l'ennemi , dont le séparaient la Sensée et la Scarpe, et plaça son camp à Gaverelie, entre Arraset Douai. La retraite de Kilmaine avait laissé à découvert la place de Cambrai ; elle fut investie dès le même jour, 6 août 1793. Le général autrichien Boré , commandant les avant-postes, envoya au général de Claye , gouverneur d*e la ville, une sommation , à laquelle celui-ci répondit : « J'ai reçu , général , votre som- « mation de ce jour, et je n'ai qu'une « réponse à vous faire : je ne sais pas « me rendre, mais je sais bien me bat- « tre. f Dès le lendemain, le général autrichien commença les travaux du siège; mais quelques coups de canon l'eurent bientôt forcé à s'éloigner.

Cambrai ( liuue de ). — Au commencement du seizième Siècle, Venise était arrivée à l'apogée de sa grandeur. Elle affectait les allures de l'ancienne république romaine , et on ne l'accusait de rien moins que d'aspirer à la domination universelle. Aussi était-elle devenue un objet d'envie pour tous les monarques de l'Europe.

En 1508 , il se forma contre Venise une ligue générale qui fut signée à Cambrai. Les monarques ligués étaient le pape Jules II, le rot de France, Louis XII; l'empereur d'Allemagne, Maximilien Ier ; le roi d'Espagne et de flapies, Ferdinand le Catholique. Il n'y eut pas jusqu'au petit roi de Hongrie, jusqu'au petit duc de Ferrare , qui ne voulussent concourir à la destruction de l'orgueilleuse république. Les prétentions des princes ligues étaient diverses. Le j.ape réclamait les villes de la Romagne dont les Vénitiens s'étaient emparés à la mort de César Borgia. Le roi de France revendiquait la partie du Milanais comprise entre l'Adda, le Pô et la mer Adriatique , qu'il avait lui-même cédée aux Vénitiens pour

CAM

L'UNIVERS

CAM

prix de leur alliance contre Louis ie Maure. L'empereur d'Allemagne redemandait Padoue et quelques autres villes qui avaient fait partie autrefois de l'empire germanique. Ferdinand le Catholique voulait qu'on lui rendit les villes maritimes du royaume de Naples, dont les Vénitiens s'étaient rendus maîtres après la retraite de Charles VIII.

Chose singulière ! les Vénitiens auraient pu détourner l'orage, en s'accommodant avec le pape Jules II, qui n'appelait qu'avec répugnance les barbares en Italie ; mais, aveuglés par une présomption étrange, ils ne firent rien pour l'éviter.

Le roi de France, Louis XII, entra le premier en ligne , et défit les Vénitiens à la sanglante journée d'Aignadel (1509). Les boulets des batteries françaises volèrent jusque dans les lagunes, et Venise se crut perdue. Mois dans cette situation désespérée, le sénat de Venise ne démentit pas sa lui u te réputation de sagesse et d'habileté. Il permit à ses sujets de terre ferme de traiter avec l'ennemi , promettant de les indemniser à la paix. Ainsi Venise abandonna ce qu'elle ne pouvait défendre , et se renferma dans ses lagunes, comme autrefois au temps d'Attila. En même temps , le sénat traita avec celui de ses ennemis qui lui avait témoigné le plus de haine, et qui, en réalité , en avait le moins : c'était le pape Jules II. Venise lui restitua les villes de la Romagne, et Jules II se sépara de ses confédérés. En même temps, Venise détachaitde la liguede ses ennemis le roi Ferdinand le Catholique, en lui cédant sans combat les ports qu'il réclamait. Elle lassa Maximilien par son héroïque opiniâtreté. L'empereur échoua, avec ses cent mille Allemands, devant Padoue ; les paysans des environs de cette ville se laissaient pendre, plutôt que de renier saint Marc et de crier : Vive l'empereur, tant cette république avait su se faire aimer de ses sujets. Restait le roi de France , qui se vit bientôt réduit , non-seulement à combattre les Vénitiens, mais à combattre avec eux set anciens alliés,

devenus ses ennemis. Ainsi Venise résista à la confédération formidable oui s'était formée contre elle, et qui 1 avait menacée d'une ruine complète.

Cambbai (paix de), signée le 5 août 1529, par Louise de Savoie, mère de François Ier, et par Marguerite d'Autriche , gouvernante des Pays-Bas , tante de Charles-Quint, circonstance qui la fit appeler aussi la paix des dames.

Pour abréger le cours de sa longue captivité , François Ier avait promis , à l époque du traité de Madrid, beaucoup plus qu'il ne voulait et ne pouvait tenir. A peine en liberté, il déclara qu'il était prêt à exécuter toutes les conditions du traité , excepté une seule y la cession de la Bourgogne , province qui ne pouvait être démembrée du royaume sans son propre consentement. Une assemblée des députés de la noblesse, du tiers état et du clergé de Bourgogne , ayant été convoquée par lui a cette occasion, la réponse fut unanime : les Bourguignons voulurent rester Français. Fort de ce suffrage , le roi lit proposer deux millions d'écus d'or pour la rançon de ses fils à Charles-Quint, qui refusa, et lui enjoignit sur l'honneur de venir reprendre ses fers. François Ier, tout chevaleresque qu'il était, prêtera tenter la voie des armes, et profiter de la réaction qui s'était opérée en Europe contre son rival. Des traités d'alliance furent conclus avec les Vénitiens et les petits princes de l'Italie; le pape Clément VII entra également dans la ligue , ce qui lui lit donner le nom de ligue sainte ; enfin Henri VIII luimême s'en déclara le prolecteur.

Malheureusement , soit négligence , soit qu'il fût hors d'état de faire autrement, François 1er ne prêta qu'une médiocre assistance aux Italiens ; et le Milanais , ainsi que les États de l'Église, furent envahis parles mercenaires du connétable de Bourbon , qui s'habituait à son métier de traître.

Le roi se décida alors à envoyer en Italie, sous les ordres de Lautre'c, une armée qui s'avança* jusque sous les murs de IN a pies. Mais bientôt la défec-

CAM

FRANCE

CAM

tîon de Doria , célèbre amiral génois , qu'une brouille fit passer au service Je Charles-Quint, et la mort de Lautrec, qui succomba aux atteintes de la peste , ayant changé en revers nos premiers succès, François Pr se montra désireux de la paix. Charles-Quint, inquiet du côté de l'Allemagne, et menacé par l'armée de Soliman, n'en avait pas moins besoin ; et les deux princesses qui devaient leur servir d'intermédiaires se rendirent à Cambrai, accompagnées de huit cardinaux, dix archevêques, trente-trois évéques, quatre princes, soixante et douze comtes et quatre cents seigneurs.

Le traité de Cambrai eut pour base le traité de Madrid, mais avec des modifications importantes aux articles 3, 4. 11 et 14. Ainsi François Tr fut relevé de l'obligation d'abandonner la Bourgogne, et on accepta la rançon de deux millions d'écus d'or, qu'il avait proposée pour la délivrance de ses fils. Du reste , ce double succès fut acheté au prix de grands sacrilices.

Le Charolais fut donné à Marguerite, des mains de laquelle il devait passer sous la domination de Charles-Quint, 3 la condition qu'à la mort de ce prince, il ferait retour à la France. François Ier renonçait au duché de Milan , au comté d'Asti, au royaume de Naples, et a toutes ses possessions en Italie.

Abandonnant tous ses alliés , il consentait à ce que la république de Florence fit , avant quatre mois , sa soumission à Charles-Quint, et à ce que la république de Venise restituât tout ce qu'elle avait conquis dans le royaume de Naples, s'engageant à les y contraindre au besoin par les armes. Nul secours ne devait être prêté à Robert de la Mark ou à ses enfants , dans le cas où ils essayeraient de reprendre à l'empereur le duché de Bouillon, réuni par ce dernier à l'évéché de Liège.

Charles d'Egmont, duc de Gueldre, gui, depuis 1402, était attaché à notre fortune , dut quitter notre alliance pour celle de l'empereur. Le pape, considéré comme l'allié des deux ri- Taux , avait prévenu l'abandon de la France, en signant, le 20 juin , à Bar-

celone, un traifcé particulier avec Charles-Quint. François Ier confirma sa renonciation aux' droits de souveraineté de la France sur les comtés de Flandre et d'Artois. L'empereur, qui ne délaissait pas ses alliés aussi facilement que le roi de France , obtint que le connétable de Bourbon serait amnistié , et que tous leurs biens seraient rendus aux Français qui l'avaient suivi dans sa révolte. Enfin la paix devait être scellée par le mariage de François 1er avec la princesse Éléonore, sœur de Charles-Quint, et reine douairière de Portugal.

Si la guerre avait été dirigée avec plus de suite, la paix aurait dit être moins avantageuse pour l'Espagne, et plus honorable pour la France. Elle lut suivie de cinq années de calme, que Charles-Quint, maître de l'Italie, employa à consolider sa puissance en Europe , mais pendant lesquelles François Ier chercha à consoler la France de ses derniers revers, par une foule de sages institutions, et par la protection éclairée qu'il accorda aux sciences, aux lettres et aux arts. Lorsque les hostilités recommencèrent . la France eut à défendre son propre territoire contre les invasions de l'ambitieux quj espérait la démembrer, et réaliser sur ses ruines son projet de monarchie universelle. Cette fois , François 1er se montra mieux à la hauteur de son rôle.

Cambrai (monnaie de) . — Les triens mérovingiens frappés à Cambrai et retrouvés de nos jours sont peu intéressants et fort rares; on n'en connaît que deux , dont les types sont fort ordinaires. Les monnaies frappées dans cette ville cous la seconde race sont plus nombreuses; on connaît des deniers frappés au nom de Louis le Débonnaire, de Lothaire, avec le type du temple, de Charles, et enfin "de Zuendebold, avec deux croix dans le champ, l'une au droit, l'autre au revers.

Dès l'année 862 , Charles le Chauve avait accordé à l'évéque de Cambrai Hilduin le droit de battre monnaie. Ce prélat fit, en effet, frapper des espèces

CAM

L'UNIVERS

CAM

marquées à son nom,* et à celui du patron de la ville, saint Gaucher (ka- MARAcvsciv,lemonogrammedeCharles, scigavcherii mon). Ce priviléue fut renouvelé par Othon I#r, Othon III et Conrad III. Mais nous ne connaissons aucune monnaie cambrésiennc de cette Dériode; il faut, pour en retrouver, descendre jusqu'au treizième siècle. Alors la monnaie de Cambrai prend , comme celle de tous les prélats et barons du nord de la France, une très-grande importance. Pendant les onzième et douzième siècles, cette monnaie suivit le système flamand, où toutes les pièces étaient alors anonymes. On peut donc espérer que ces monnaies seront un jour reconnues.

En attendant, IW.Lelewel donne aux évêques de Cambrai ces petites pièces flamandes qui portent d'un côté un évéque crosse, et de l'autre une croix tantôt cantonnée de quatre annelets, tantôt de deux petites couronnes de

Berles et de deux t. L'attribution de I.Lelewel est confirmée par ces lettres; car une remarque qui lui a échappé et qui nous paraît sans réplique, c'est que ces figures sont disposées de telle manière uu il est impossible d'y méconnaître le monogramme dégénéré d'Othon Ier et d'Othon III, qui avaient concédé le privilège. Nicolas de Fontaine, qui fut évéque de Cambrai entre les années 1243, 1273, est le premier qui semble avoir abandonné la fabrication des petites espèces; nous avons de lui des demi-gros sterling qui le représentent de face, mitré, avec la légende NichoLAVs EPischopvs, et au revers une croix à longues branches, coupant en quatre parties la première légende ca-me-ra-cv. La deuxième légende porte ave maria gratia plena. Les successeurs de ce prélat, Engurand, Guillaume et Pierre, l'imitèrent, et ne frappèrent que des gros, des demi-gros, et des deniers calqués sur les sterling. Les monnaies d'Angleterre étaient alors tellement en vogue dans le nord de la France , que les seigneurs de ces contrées se croyaient obligés de les imiter pour donner cours aux leurs. Plus que personne, les évé-

ques de Cambrai suivirent ce système; ils contrefirent toutes les espèces jouissant de quelque crédit, telles que les florins de Florence, les lyons de Flandre, etc., etc. Il serait trop long de décrire ici les innombrables espèces qu'ils fabriquèrent ainsi jusqu à la réunion de Cambrai à la France. Mais la plus curieuse de toutes ces imitations est celle du Franc à cheval de France. Cette monnaie représente un roi armé de pied en can monté sur un cheval au galop, les renés d'une main et l'épée de l'autre, avec la légende

HOBERTVS DEI GBA ■ EPS- (episCOpUS)

et comes caméra [cencis]. Au revers, le type ordinaire des Francs à cheval.

Cette imitation est de Robert de Genève, élu en 1S68. Les évéques de Cambrai frappaient encore monnaie à Lambres et a Cateau-Cambrésis. (Voy.

ces mots.)

Cambrai (A. A. P.), général de brigade, né dans l'Artois, prit le parti des armes dès que la révolution eut éclaté, fut presque constamment employé dans l'Ouest, et arriva de grade en grade à celui de général. Il se distingua à l'attaque du camp des Naudières, au pont de Cheminé, à Saint- Fiacre. La mésintelligence avant éclaté entre le général en chef Thureau et Cambrai , celui-ci reçut peu de temps après des lettres de service pour l'armée des Pyrénées. Il fut envoyé, en 1797, dans le département de la'Manche, fut dénoncé au Conseil des Cinq-Cents par la municipalité de Saint-Hilaire, el»révoqué. Il tut ensuite employé à l'armée de Mayence, où il se comporta bravement; puis passa en Italie, et fut tué en 1799, à la sanglante bataille de la Trebia.

Cambrelage. Voyez Chambellage.

Cambbésis, CameracenMum , Oitneracensis tractust ancienne province qui avait pour capitale, selon les uns, Cambrai , selon d autres , Cateau-Cambrésis. Elle était bornée au nord et à l'est par le comté du Uainaut ; au sud, par le Vermandois et la Thierradie; à l'ouest, par l'Artois. C'était un pays d'états.

Dn temps de César, le Cambrésis était habité par les Nerviens; sous Honorius , il taisait partie de la deuxième Belgique. De la domination des Roma'iis, il passa sous celle des Francs, dont il fut une des premières conquêtes dans les Gaules. Sous la troisième race, les empereurs s'en emparèrent et y établirent des comtes. Ce pays était gouverné depuis près de quatre siècles par des comtes laïques, lorsqu'il tut donné aux évéques de Cambrai. Le comté de Cambrai fut érigé en 1510, par Maximitien rr, en duché et principauté de l'Empire, en faveur de Jacques de Crouy et de ses successeurs à Pevêché de Cambrai. Le Cambrésis fut conquis en 1581 , par le duc d'Alençon , qui en donna le gouvernement à Jean de Montluc, seigneur de Balaeny. Henri IV confirma cet oflicier (tans sa charge, et le Ct même maréchal de France en 1594. Mais l'administration de Balagny fut si tyran nioue, que les habitants, pour s'en délivrer, ouvrirent, en 1595, leurs portes aux Espagnols. Ceux-ci restèrent en possession de Cambrai et du Cambrésis jusqu'en 1677, époque où Louis XIV en fit la conquête. Le traité de JNimègue, en 1678, en assura déflsitivement la possession à la France.

CAMBRiELS(Pierre-Dominique\maréchal de camp, né en 1767, dans le département de l'Aude, parcourut rapidement les grades subalternes, et servit comme chef de bataillon en Espagne et en Italie; puis sous le général Brune, dans l'armée gallo-batave, et, sous Moreau, dans la campagne du PJiin. Le général Richepanse, envoyé à la Guadeloupe, l'attacha ensuite à son état-major, et se l'associa dans plusieurs engagements avec les noirs, où Cambriels se distingua par son courage et son habileté. En récompense de ces glorieux services, il reçut le commandement supérieurde la G rande- Terre, et fut nommé colonel du G6* régiment. Après avoir été assez longtemps prisonnier des Anglais, il passa en Espagne en 1812, fut nommé général de brigade en 1815, et chargé de la défense de la Villette, sous les or-

dres du général Ambert. H se retira ensuite avec l'armée derrière la Loire, où il resta jusqu'au licenciement des troupes.

Cambbonne (Pierre-Jacques-Étienne), né en 1770, à Saint-Sebastien,

Krès de Nantes. — Le nom de Camronne est attaché à la glorieuse défaite de Waterloo; il est resté populaire comme l'intrépidité de la vieille garde. Destiné d'abord au commerce, il s'enrôla dans un bataillon de volontaires nantnis oui allait se battre contre les rebelles de la Vendée. D'une bravoure remarquable, il parvint rapidement au grade de capitaine. La Vendée paciliée , il s'embarqua pour l'expédition d'Irlande, passa ensuite à l'armée des Alpes, puis à celle d'Helvetie, où il enleva une batterie russe avec une poignée d'hommes. Il vit périr à ses cotés le brave Latour-d' Auvergne, et refusa le titre de premier grenadier de France

?ue ses soldats voulaient lui donner.

I fut fait successivement chef de bataillon, colonel des tirailleurs de la garde Il se battit pendant deux ans en Espagne, puis en Russie, et ramena son régiment après avoir assisté à toutes les batailles de la guerre de 1813. Nommé au commandementd'une brigade, il prit part à toutes les opérations de la campagne de 1814, fut blessé plusieurs fois, et suivit Napoléon à l'île d'Elbe. Rentré en France, il fut fait comte, grand-cordon de la Légion d'honneur et lieutenant général; mais il refusa ce dernier grade, et courut en Belgique se mettre à la téte d'un régiment de la vieille garde. A la bataille de Waterloo, il commandait une brigade qui soutint pendant tout le jour le choc des masses prussiennes. Sommé de se rendre , il répondit ce mot fameux qui frappa les ennemis dp stupeur et crétonnement Ç*}. On le trouva couvert de blessures au milieu de ses soldats. Conduit en Angleterre, il écrivit à Louis XVIII pour obtenir la permission de rentrer en France. Il revint sans avoir reçu de réponse, fut arrêté, conduit à Paris, traduit devant

(*) Voyez les AwirAi.*5,t.n,p. ao3,note.

48 CAM

un conseil de guerre et acquitté. Depuis, il a commandé la place de Lille et obtenu sa retraite. Le général Cambronne vit encore, et est entouré de l'estime de ses concitoyens.

Cambby (Jacques), né à Lorient en 1749, remplit successivement différentes fonctions administratives jusqu'en 1803, époque où il se retira des affaires pour se vouer tout entier à l'étude. Il fut l'un des fondateurs de l'Académie celtique , qui le choisit pour son premier président. Il mourut le 31 décembre 1807. On a de lui : Essai sur la vie et les tableaux du Poussin, 1783, in-8w; Notice sur les troubadours, Leipzig, 1791, in-8°; Catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère, Quimper, 1795, in-4°; t'oyage dans le Finistère, ou État de ce département en 1794 et 1795, Paris, 1799, 3 vol. in-8° avec figures; Description du département de l'Oise, 1803, 2 vol. in-8% et un atlas de planches in-fol. : Cambry avait été préfet de,ce département; Monuments celtiques, ou Recherches sur le culte des pierres, précédées d'une notice sur les Celles et sur les druides, et suivies d étymologies celtiques, 1805, in-8° avec ligures; Notice sur f agriculture des Celtes et des Gaulois, Paris, 1806, in-8°.

Camel (Paul), tambour à la 107" de ligne, né à Fital (Lot-et-Garonne), battait la charge le l'r messidor an vu, lorsqu'un soldat tomba près de lui grièvement blessé. « Donne-moi ton fusil, lui dit-il, que je te venge. » En même temps , il couche en ioue le colonel ennemi et le renverse de cheval. Camel périt dans la même journée.

Camêrier. Voyez Chambrier.

Camisade de Boulogne. — François 1er venait de conclure à Crépy la paix avec Charles-Quint. Henri VIII, allié de ce prince, forcé d'abandonner la Picardie et de lever le siège de Montreuil , s'était embarqué pour l'Angleterre, après avoir concentré son armée à Calais et à Boulogne , seules places qu'il conservât encore sur le continent (30 septembre 1544).

• Plus de sept mille hommes avaient

CA3I

été laissés à Boulogne, partie dans la ville haute, partie dans la ville basse, qui est à près d'un mille au-dessous.

La ville haute est très-forte par sa position; mais ses murailles avaient été ébranlées par un long siège; plusieurs brèches étaient encore ouvertes, et les Anglais n'avaient point eu le temps d'y introduire des munitions. La ville basse était hors d'état de faire aucune résistance. Le dauphin s'était avancé jusqu'à la Marquise, à moitié chemin de Boulogne et de Calais, et ayant fait reconnaître Boulogne par de* Tais et Montluc, il résolut, dans les premiers iours d'octobre, de surprendre la ville basse. De Tais, qui commandait vingttrois enseignes, moitié de Gascons, moitié d'Italiens, fit revêtir à ses gens leurs chemises par-dessus leurs armes ,

Four qu'ils pussent se reconnaître dans obscurité, et partit de la Marquise au milieu de la nuit : le reste de l'armée devait se mettre en mouvement le matin pour le seconder. Les troupes qui donnaient la camisade, car c'est ainsi qu'on nommait ces expéditions en chemise, n'eurent aucune peine à entrer dans la ville basse, où de grandes brèches étaient ouvertes. Montluc vit dans une prairie, au-dessous de la tourd'Ordre, toute l'artillerie de Henri, qu'il y avait laissée, trente barriques pleines de corselets qu'il avait fait venir d'Allemagne pour armer ses soldats, et un grand convoi de vivres.

Mais les partis français qui entrèrent dans la ville en plusfeurs divisions s'y égarèrent, et ne surent pas se reunir; une pluie effroyable qui tomba au point du jour les déconcerta, et empêcha l'année du dauphin de s'avancer a leur secours. Les Italiens et les Gascons entrèrent dans les maisons et se mirent à piller. De Tais, blessé au commencement de l'attaque, ne donna aucun ordre, ni pour placer un corps de troupes entre la ville haute et la ville basse, ni même pour retenir quelques compagnies de piquet sur la place.

Les Anglais s'en apercevant, descendirent de la ville haute avec cinq ou six enseignes seulement, attaquèrent les Français, dont Je nombre était

L'UNIVERS

CAM

FRANCK

CAM

Ês que double, mais qui s'étaient perses; ils en tuèrent un grand nombre, firent les autres prisonniers, et détruisirent presque en entier le corps d'armée qui était entré dans la rille (•). »

Les Anglais n'étaient point en mesure de profiter de cet avantage. Mais le mauvais succès de l'entreprise de de Tais découragea le dauphin, qui, se contentant de laisser à Montreuil le maréchal de fiiez, avec les bandes qui avaient fait les guerres de Piémont, licencia les Suisses et les Grisons, et partit pour Saint-Germain en Laye, ou le roi l'attendait.

Cam isabds. — L'insurrection des camisards n'est qu'un épisode des guerres des Cévennes (voyez Cévenmt), provoquées par la révocation de Fédit de Nantes, et par les rigueurs qui suivirent cette funeste mesure.

L'un des plus ardents persécuteurs de ces contrées, l'abbé du Chayla, inspecteur des missions, avait transformé en prison son château du Pont-de- Mouvert, et il inventait chaque jour de nouveaux supplices pour les protestants- Informé un jour qu'ils tenaient une assemblée secrète auprès de son château , il en fit enlever soixante par une bande de soldats , et les plus hardis furent aussitôt pendus. La vengeance ne se fit pas longtemps attendre. Une troupe de Cévenols forcèrent le château, et l'abbé du Chayla, saisi par eux, fut pendu à son tour. Les Cévenols, pour se reconnaître dans cette expédition , s'étaient tous revêtus d'une chemise ou blouse en toile blanche (en languedocien , camisa) , d'où leur vint , dit-on, le surnom de camisards. L'insurrection n'en resta pas là; elle fit bientôt des progrès effrayants, malgré les vingt mille hommes de troupes que la cour envoya dans les Cévennes sous les ordres du maréchal de Montre vel.

Les protestants, écrasés d'impôts, avaient pris pour devise : Plus d'impôts et liberté de conscience! Les receveurs qui avaient fait vendre les

H Sismondi , Hist. des Français, X. XVII,

p. 32 1 l t SU 1 V.

T. iv. 4e livraison. (Dict. enc

meubles et les récoltes des malheureux qui n'avaient pu payer, furent enlevés de nuit dans leurs maisons et pendus à des arbres, avec leurs rôles attachés au cou. Les montagnards cévenols choisirent pour chefs les pins braves d'entre eux, entre autres, Cavalier, Roland, Ravenel et Catinat (voyez ces noms). Cavalier, garçon boulanger de vingt ans, s'établit dans la plaine; Roland, qui avait sous ses ordres Catinat, se retira dans les montagnes. Tous ensemble, ils soutinrent pendant plusieurs années une guerre acharnée contre trois maréchaux de France. Trahis une fois par un meunier, les camisards, dans un affreux combat qui dura un iour et une nuit, perdirent sept cents hommes; mais, grâce à l'habileté de leurs chefs, cet échec fut bientôt réparé. Enfin Jean Cavalier se laissa séduire par un brevet de colonel et la promesse d'une pension , et son exemple entraîna la soumission de la plus grande partie des camisards. Les troubles des Cévennes parurent apaisés un instant en 1705, et le maréchal de Villars, qui commandait les troupes royales, fut rappelé. Cependant, comme à cette époque la Fran je était engagée dans la guerre de la succession d'Espagne, une commission fut établie en 1704 à la Haye, par les États-Généraux, pour réveiller l insurrection des Cévennes ; mais ces menées n'aboutirent qu'à faire rentrer en France quatre malheureux chefs, qui furent brûlés à Nîmes en 1705. En 1 709 , le Vivarais tout entier se souleva de nouveau; mais il fut bientôt pacifié, après avoir toutefois opposé une vive résistance. L'année suivante, les alliés tentèrent vainement une descente sur les côtes du Languedoc, qu'ils espéraient voir s'insurger à leur approche.

Leur espérance fut encore trompée; pas un habitant ne tenta de renouveler la guerre civile.

Camisards blancs ou Cadets de la choix. — C'est le nom que l'on donna à des bandes de catholiques qui apparurent dans le bas Languedoc, à peu près à la même époque que les camisards noirs (voyez Par-

CL0P.tETC) 4

CAM

L'UNIVERS

ticle suivant). Ils avaient été organisés en vertu d'une bulle du pape Clément XI, datée du 6 mai 1703, qui accordait des indulgences à tous ceux qui prendraient les armes pour exterminer les protestants insurgés.

On les appelait aussi cadets de la croix y parce qu'ils portaient une croix blanche au retroussis de leurs chapeaux. Ils marchaient avec les troupes royales, et massacraient sans distinction d'âge ni de sexe tous les réformés qui tombaient dans leurs mains. Mais les chefs camisards les poursuivirent à outrance, et les eurent bientôt exterminés eux-mêmes.

Camisards provençaux ou Ca- Misabds noibs. — Ce n'était qu'une bande de voleurs et de pillards sortis de la Provence, et qui infestèrent le bas Languedoc sous le nom de camisards, bien que Cavalier les fît poursuivre à outrance et punir avec une inflexible sévérité.

C vmm a, femme galate dont Plutarqiie et Polyen se sont plu à raconter 1 énergique chasteté et la mort malheureuse. Le jeune tétrarque Sino-rix, égnré par son amour pour la jeune et belle prêtresse de Diane, avait tué par trahison le tétrarque Sinat, son mari, et, fort de ses richesses et de sa puissance, avait renouvelé près d'elle les poursuites qui, du vivant de Sinat, n'avaient obtenu aucun succès. Pressée par sa famille, Camma feint de céder, le conduit avec calme au sanctuaire, et partage avec lui la coupe d'or. Mais

le vin était empoisonné Quelques

heures après, tous deux avaient expiré, Sino-rix dans sa litière, Camma au pied des autels.

Cammas (Lambert -François -Thérèse), peintre et architecte, professeur d'architecture à l'Académie de Toulouse, naquit dans cette ville en 1743.

Son père, architecte estimé, dirigea ses premiers pas dans la carrière des beaux-arts. Cammas alla ensuite à Rome. De retour en France, il fut chargé de l'embellissement de plusieurs églises, entre autres de celle d*s Chartreux de Toulon. C'est lui qui a construit la façade de i'hôtel de ville de

Toulouse. Dans ses restaurations d'églises gothiques, il mélangea l'architecture italienne et l'architecture arabe. Comme peintre, on lui doit, entre autres compositions, C Apparition de la Vierge à saint Bruno, et une allégorie représentant le Rappel des parlements sous Louis XI l. Ce dernier ouvrage fut couronné par l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Toulouse. Il mourut en 1804.

Camo (Pierre), marchand, fut l'un des sept troubadours toulousains qui fondèrent l'académie des jeux floraux.

(Voyez Jeux floraux. )

Camoux (Annibal), fameux centenaire, naquit à ISice, le 20 mai 1638, et mourut à Marseille le 18 août 1759, âgéde cent vingtetun ans et trois mois. Il avait servi sur les galères comme simple soldat ; il dut à la sobriété et à la frugalité de sa vie l'inaltérable sauté dont il jouit jusqu'à l'âge de cent ans. Louis XV lui accorda, vers cette époque , une pension de trois cents francs. Visité, sur son lit de mort, par le cardinal de Relloy, évéque de Marseille, Annibal lui dit : « Monseigneur, « je vous lègue mon grand âge » ; et l'évéque, mort presque centenai redisait en riant, à la fin de sa carrière, qu'il avait accepté le legs d'Annibal.

Le portrait de ce dernier a été peint par Vernet, dans une vue du port de Marseille, puis par Viali et grave par Lucas. On a publié sa vie, in-13.

Camp du dbap d'or. Voyez Champ

Page 1