‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 60 sur 88 · CHA FR · texte numérisé non relu

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comme à l'ordinaire des profils, présentent, au revers , une croix tantôt simple, tantôt ansée ou chrismée, et généralement accostée des lettres ca , initiales d« Cabillonum ou Cavilonum , qu'elles portent pour légende, en toutes lettres au droit : ca-

BLONNO , CAVILOSKO. >*OUS ne pOU-

vons omettre ici une particularité importante que présente la monnaie de Châlon , c'est la présence des noms de deux monétaires sur un même triens; cette ville, à elle seule, nous otfre deux exemples de cette particularité: CABILONNO FIT BVINTIO ET BOMPACIO. — CABILONO FIT DKSEDE PAST. PISCVSET DOMNOLV8. Oll doit

encore remarquer la bizarrerie de cette dernière légende, qui ne peut s'expliquer qu'en admettant que l'évéaue de Châlon avait obtenu le droit de battre monnaie.

On connaît aussi des deniers frappés à Châlon, sous la première race.

Ces pièces portent, d'un côté, le mot tkvdebebtb , qui peut être tout aussi bien le nom d'un monétaire que celui d'un roi ; et , de l'autre côte, la légende ca-bl-on-no, coupée en quatre par une croix à longues branches.

Sous la seconde race , l'atelier monétaire de Châlon ne fonctionna plus avec une aussi grande activité. On connaît cependant des monnaies frappées dans cette ville au nom de Charlemagne, de Charles le Chauve, de Louis IV et de Lothaire. Celles de Charlemagne ont dil être frappées avant son voyage en Italie; elles sont grossières et portent le nom du roi en deux lignes , avec celui de la ville en monogramme. Celles de Charles le Chauve sont , comme à l'ordinaire , marquées du monogramme de ce prince , et n'offrent d'ailleurs rien de particulier. Il n'en est pas de même des deniers frappés au nom d'Eudes, de Louis IV et du roi Lothaire. Dans ceux du premier, on voit les deux mots odobex , écrits circulairement dans le champ; sur les deniers de Louis, le mot lvdovicvs ne porte pas d'H , et la syllabe tas , du champ , y fait suite à la

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légende cavtlopïis civ. Quant à la monnaie de Lothaire, on y lit : caviloncivit, et , entre grenetis, — H lotabiys bex , le champ est marqué d'un b. Cette empreinte est trèsremarquable, et elle servit de type à la monnaie châlonnaise pendant tout le moyen âge. Nous connaissons, en effet, des deniers du roi Robert, de Henri Ier et de Philippe Ier, marqués de la même empreinte. Cependant, comme cette ville n'appartenait pas à ces princes , il est à peu près certain que ces monnaies ne furent point frappées à leur profit, mais au profit des comtes de Châlon. En effet, un de ces comtes, nommé Hugues, effaça le nom du roi , et le remplaça par la légende moneta hvgonis. Ce comte doit être Hugues II, qui mourut en 1075. Cependant, nous devons le dire, tous les deniers ainsi marqués paraissent avoir été frappés à une époque plus récente. Cette circonstance ne doit point cependant nous arrêter, puisqu'on sait que, dans le moven âge , les types des monnaies étaient quelquefois' stationnaires. Il est probable que, depuis la lin du onzième siècle jusqu'en 1237 ou environ, les 6eules espèces qui eurent cours à Châlon portaient pour légende, d'un côté, moneta hvgonis , entre grenetis , autour d'une croix à branches égales, cantonnée d'un fleuron au premier et au quatrième canton , et d'un annelet au deuxième et au troisième ; de l'autre, cabvlo cîvitas; et, dans le champ, un b accosté de trois annelets et d'une croisetté. Ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est que l'on connaît plusieurs deniers marqués de ce type , et offrant entre eux de grandes différences sous le rapport du style et de la fabrique. Les exemples analogues sont d'ailleurs assez communs; on en trouve sur les monnaies de Nevers , d'Angers , du Mans, d'Angoulême, de Poitiers, et de beaucoup d'autres villes. Vers 1227, le type des monnaies de Châlon changea; le comte Jean effaça du charnu le b, qui n'était probâ-

CHA L'UNIVERS. cua

blement que l'initiale de Burgundia, et frappa une monnaie qui porte pour légende , d'un côté, iohannes comes, autour d'une croix; et, de l'autre, cabillocivis autour d'un temple. En 1237, il vendit sa monnaie avec son comté à Hugues IV, duc de Bourgogne ; et , depuis cette époque , on ne trouve aucune monnaie qu'on puisse attribuer à Châlon.

Chalon (petite guerre de). Lors d'un voyage que le roi d'Angleterre Édouard Ier fit en France , en l'année 1273 , il fut invité à un tournoi que le comte de Châlon-sur-Saône donnait en l'honneur des chevaliers revenant de la terre sainte. Le prince accepta et fit annoncer par toute la Bourgogne que lui et les chevaliers qui l'avaient suivi en Palestine tiendraient un pas d'armes contre tous venants.

Au jour fixé, quand il se présenta dans le champ clos, il avait mille Anglais sous ses ordres, et le comte de Chàlon avait environ le double de soldats. Édouard , dans les joutes contre les comtes et les barons, eut tous les honneurs du tournoi. Puis ensuite il y eut une mêlée affreuse entre les fantassins des deux nations. L'issue ne pouvait en être douteuse, car les Anglais seuls étaient exercés aux armes, dont l'usage en France était presque interdit par les seigneurs aux bourgeois et aux roturiers. « Les Anglais, dit Mathieu de Westminster, s'abandonnant à leur colère tuèrent un grand nombre de Français; et comme c'étaient des gens de condition vile, on se souciait fort peu de leur mort; car c'étaient des fantassins désarmés qui ne songeaient qu'à enlever du butin. » Ces quelques lignes du chroniqueur donnent à penser que le comte de Châlon et ses chevaliers n'étaient peut-être pas fâchés de se voir ainsi débarrassés de uelques milliers de ces bourgeois et e ces paysans , dont l'esprit d'indépendance et de liberté commençait deja à leur inspirer de vives inquiétudes. Le lieu du combat fut couvert de morts, et ce sanglant tournoi fut dé-

signé sous le nom de petite guerre de Châlon.

Chalontsais de Bouhgogne, CabiUonensis ager ou tractus. Ce petit pays , dont Châlon-sur-Saône était le chef- lieu, avait, en 1789, 52 kil. en tout sens; il était borné, à l'est, par la Franche-Comté ; au nord , par la Bourgogne propre; à l'ouest, par l'Autunois; et au sud, par le Maçonnais. Il est aujourd'hui compris dans le département de Saône-et-Loire.

Du temps de César, il était habité par les Ambarri et les Zecfiones, peupics qui faisaient partie de la confédération des Éduens. Sous Honorius, il était compris dans la première Lyonnaise. De la domination romaine, il passa sous celle des Bourguignons , et fut ensuite conquis par les Francs. Vers Tan 850, le Châlonnais commença à être gouverné par des comtes particuliers et héréditaires, dont le dernier fut Jean le Sage , tige de la maison des princes d'Orange, qui, comme nous l'avons déjà vu (page 410, col. 2), échangea eu 1237, son comté avec Hugues IV, duc de Bourgogne. Depuis cet échange, le Châlonnais suivit les destinées du duché de Bourgogne.

CHALONNAIS DE CHAMPAGNE, Ca-

talaunensis ager ou tractus, canton de l'ancienne province de Champagne, dont Châlons-sur-Marne était le cheflieu. Borné , au nord , par le Rémois et le pays d'Argonne; au sud, par le Perthois et la Champagne Pouilleuse ; à l'est , par le duché de Bar ; et à l'ouest , par la Champagne proprement dite , il avait environ 40 kil. en tout sens.

Il était habité par les Catalauni, compris, du temps de César, dans le vaste territoire des /terni, mais dont aucun auteur ancien , avant Constantin , n'a fait mention , quoique nous ayons des médailles antiques frappées au nom de ce peuple (*). Sous Honorius, le Châlonnais faisait partie de la seconde Belgique. Il est maintenant compris dans le département de la Marne.

(•) Mionuet , Descr. des méd. , 1 1, p. II.

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Chalonnes, petite et ancienne ville de l'Anjou , auj. chef- lieu de canton du dép. de Maine-et-Loire , à 24 kit.

d'Angers. Chalonnes était autrefois défendue par un château fort, qui fut plusieurs fois assiégé pendant le seilième siècle, et fut démoli sous le règne de Louis XIII. On compte maintenant à Chalonnes quatre mille neuf cent soixante-neuf habitants.

Chalons-sur-Marne , Cataiauni, Tune des cités gauloises dont les historiens anciens ont parlé avec le plus d'éloees, est fréquemment mentionnée dans Voçiscus, Eutrope et Ammien Marcellin. Ce dernier, qui suivait à la guerre des Gaules l'empereur Julien, la nomme au nombre des belles villes de la seconde Belgique , même avant Reim3 , métropole de cette province ; et les anciennes notices des cités et provinces des Gaules lui donnent le troisième rang parmi les villes de la Gaule Belgique. Les Romains embellirent cette ville et la fortifièrent. Saint Memmie y prêcha le christianisme vers 250, et en fut le premier évéque. En 273, une bataille sanglante eut lieu sous ses murs, entre Aurélien et Tétricus. En 451 Attila y fut défait par Aetius [voy. Châlons (bataille de), p. 414 et suiv.].En 963 , Herbert et Robert de Vermandois l'assiégèrent et la brûlèrent avec le château qui en faisait la principale défense. Au dixième siècle, Châlons, qui avait depuis longtemps le titre de comté, forma une espèce d'État libre sous le gouvernement de ses évéques , qui furent investis du titre de grands vassaux de la couronne, et qui gouvernèrent cette ville jusqu'en 1360, époque où le roi Jean réunit le comté de Châlons au domaine royal.

C'est dans cette ville que Charles VII , accompagné de Jeanne d'Arc, reçut, en 1429, les députés de Reims. Les Anglais tentèrent vainement de s'en emparer en 1430 et en 1434. Sous la ligue, elle resta fidèle à Henri III, et garda la même fidélité à Henri IV. Le 10 juin 1591, le parlement de Châlons déclara scandaleux, calomnieux et plein d'impostures le monitoire lancé contre le roi par Grégoire XIV, et fit brûler ce

monitoire sur la place publique par la main du bourreau.

Avant la révolution , Châlons était le siège d une généralité, d'un bailliage présidial, d'une élection, d'une grande maîtrise des eaux et forêts, etc. Son évéché, qui avait le titre de comtépairie, et datait du quatrième siècle, était suffragant de Reims. Aujourd'hui, cette ville , dont la popul. est de 12,413 hab., possède encore un évéché; elle est le chef lieu du département de la Marne , de la deuxième division militaire, et de la dixième conservation forestière. Elle possède des tribunaux de première instance et de commerce ; une chambre consultative des arts et métiers ; une société d'agriculture, sciences et arts; une école des arts et métiers ; un collège communal; un grand et un petit séminaire, et une bibliothèque publique de vingt mille volumes.

Ses principaux monuments sont : la cathédrale, reconstruite en partie sous le règne de Louis XIV; l'église Notre- Dame, édifice du quatorzième siècle , où l'on remarque un pavé en mosaïque, couvert d'inscriptions curieuses ; I hôtel de ville , construit en 1772, et dont le fronton est orné d'un beau bas -relief; enfin, l'hôtel de la préfecture, ancien hôtel de l'intendance, construit en 1764.

L'astronome la Caille, le médecin Akakia, le traducteur Perrot d'Ablancourt, le lieutenant général Sainte- Suzanne , etc. , sont nés à Châlons.

Châlons -sur -Marne (monnaie de). — On attribue à la ville de Châlons des monnaies gauloises qui portent pour légende les lettres cata et catal, et dont on connaît déjà trois variétés ; l'une présente , d'un côté , une tête casquée tournée à droite, et, de l'autre, un lion tourné à gauche, avec des symboles assez difficiles à expliquer. Sur la seconde, on distingue, au droit, une tête de Mars tournée à gauche, et au revers, un aigle sur un foudre, et un vase ; enfin , la troisième représente , d'un côté , un porc tourné vers la droite, et, de l'autre, une massue , une tête de face , et quel-

414 cha L'UNIVERS. cttA

ques autres figures assez vagues.

Comme on le pense bien, ces monnaies, qui sont de bronze, ne sont attribuées à cette ville que d'une manière tout à fait conjecturale ; mais il n'en est pas de même d'un tiers de sou d'or mérovingien,qui représente un profil tourné à droite , avec la légende catala cive , et une croix à branches égales, autour de laquelle se trouve le nom d'un monétaire, Lvcivs moneta; ni de deux deniers de Charles le Chauve, marqués du monogrammede ce prince, et des légendes g bâti a. di bex et ca-

TALAVNIS C1V; CATALAVNIS GATA

pour (civitas). Pendant le moyen âge, la monnaie de Châlons-sur-Marne appartint à Tévéque ; et , pendant le treizième siècle , il en est souvent fait mention dans les chartes relatives au Verdunois, où il paraît qu'elle avait cours à cette époque. Cependant ces actes, qui sont tous inédits, sont les seuls, à notre connaissance, où il en soit question. Duby ne nous fournit aucun texte qui soit relatif à cette monnaie; et il se contente de donner le dessin de deux pièces qu'il croit appartenir à Chàlons ; mais l'une est évidemment une monnaie de Laon ; quant à l'autre , elle appartient réellement à la ville de Châlons , et a été frappée sous l'administration de l'évéque Geoffroy de Grandpré. On y voit d'un coté, en légende, gavebidvs episcop, et, dans le champ , pax — q) — ; de l'autre , c atalavn icrvu , et dans le champ, une croix à branches égales, cantonnée d'un besant au deuxième et au troisième canton.

Châlons (bataille de). — La bataille de Châlons est un des événements les plus importants de notre histoire. Jamais une invasion aussi terrible que celle d'Attila n'avait menacé la Gaule.

D'un autre côté, ce pays venait de recevoir, par une suite d'autres invasions partielles, de nouvelles populations qui, fondues ensemble et avec les Gallo- Romains, devaient, plus tard , former la nationalité française. Il est curieux de voir ces populations si diverses réunies, pour la première fois, sous les mêmes drapeaux pour combattre un

ennemi commun. Les efforts qu'elles firent alors pour défendre le sol qu'elles venaient de conquérir, durent le leur faire chérir davantage, et contribuèrent sans doute à les y fixer d'une manière immuable. M. Fauriel a recueilli dans les historiens originaux , et habilement groupé toutes les circonstances de ce grand événement ; nous lui avons emprunté une grande partie de notre récit.

Non content d'avoir, pendant vingt ans, humilié ou ravagé l'empire romain, Attila avait résolu de le conquérir. Ayant des griefs contre l'une et l'autre moitié de cet empire, il envoya en même temps des ambassadeurs à Constantinople et à Ravenne , porter des demandes dont le refus devait entraîner la guerre, et dont la concession équivalait a des droits de conquête (•). A Constantinople, il lit réclamer des arrérages de tributs; à Ravenne, il demanda, à titre de fiancée, la princesse Honoria, avec la portion de l'empire d'Occident qui lui revenait pour sa dot.

Les demandes du roi des Huns furent rejetéeâ avec la même fierté à Constantinople et à Ravenne (**), et il ne lui resta plus qu'à décider lequel des deux empires il allait attaquer le premier. Il se décida pour celui d'Occident, et résolut d'y pénétrer par la Gaule.

Il passa le Rhin sur un pont de bateaux (***) , et prit sa marche de l'est à l'ouest, à travers ce pays, en se dirigeant sur Orléans. Une peuplade d'Alains, au service de l'empire , était alors stationnée sur les bords de la Loire; le chef de cette peuplade, Sangiban, était, à ce qu'il paraît, d'intelligence avec le roi des Huns, et devait lui livrer les passages confies à sa garde (****).

Des populations que les Huns rencontrèrent sur leur route, les unes furent égorgées dans leurs villes prises

y*) Excerpta e Prisa hisloria. yit.

(**) Ibid.

(•") Sidon. Apollinar. Panegyric. Aviti.

(••*•) Jornaude», de Reb. Gel.

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d'assaut, les autres, par masses ou dispersées , se cachèrent dans les bois , dans les cavernes, sur les montagnes, et quelques-unes furent épargnées à la prière de leurs évoques (*). Des chances si diverses ne faisaient qu'accroitre le désordre et le péril de 1 invasion; elles déconcertaient toutes les résolutions courageuses, jusqu'à celles du désespoir.

Arrive aux bords de la Loire, Attila n'y trouva pas les Alains ; leur trahison avait été pressentie et déjouée. Il somma Orléans de se rendre ; mais, excités par leur pieux évêque, les habitants se résignèrent à toutes les conséquences d'un siège.

Ce siège était déjà commencé lorsque Aétius, qui avait appris à Rome la nouvelle de l'irruption d'Attila , accourant en toute hate à la défense de la Gaule, reparut sur les bords du Rhône (**). Il amenait quelques renforts de troupes ; mais toutes ses forces réunies n'étaient probablement pas le tiers de celles dont il avait besoin pour aborder Attila. Il ne pouvait se passer d'auxiliaires, et il ny en avait pour lui d'autres que ces mêmes barbares , déjà maîtres d'une grande partie de la Gaule, et, en général, beaucoup plus disposés à presser qu'à retarder la chute de l'empire romain. Il fallait non-seulement gagner tous ces peuples , mais les gagner d'emblée, les enlever, pour ainsi dire, avant qu'Attila obtint un succès décisif.

La tâche était difficile ; mais la renommée d'Aetius était une puissance, et ses efforts furent d'ailleurs secondés avec beaucoup d'énergie et d'habileté par Ferréolus, alors préfet du prétoire des Gaules , et par l'Arverne Avitus,qui l'avait été, et qui remplissait peut-être encore alors quelqu'un des grands offices de la préfecture.

Ce dernier fut député vers Théodoric , auprès duquel il jouissait d'un grand crédit. C'était dans les forces de ce prince qu'Aétius met-

(•) Gesta Francoruin. v.

(•*) Sidon. Apollinar. Panegyr. Avili.

tait son plus ferme espoir; mais Théodoric était celui des rois barbares de la Gaule qui , ayant le plus de moyens et de chances de s'agrandir aux dépens de l'empire, répugnait le plus à le secourir dans cette crise. Il voyait avec autant de souci que de colère les Huns, ces vieux ennemis de sa race , prêts à passer la Loire et à fondre sur lui; mais il voulait les attendre sur ses frontières , et se flattait de les écarter par ses propres forces. Il y avait, dans ce parti , un côté hasardeux qu'Avitus mit aisément à découvert ; et sur ses remontrances, Théodoric se décida franchement à mettre ses moyens en commun avec ceux d' Aétius (*).

Tandis qu'Avitus assurait ainsi les secours des Visigoths à la cause romaine, d'autres négociateurs y gagnaient de même les Bretons armoricains, la partie des Burgondes stationnée entre le Rhin et les Vosges, les Franks des bords de la Meuse, la peuplade de Saxons dès lors établie sur les côtes de l'Armorique, et d'autres populations moins connues; diverses milices qui avaient autrefois combattu dans les armées romaines , mais qui , depuis , avaient posé les armes et vieilli dans d'autres fatigues que celles des camps (**).

Aétius mit une incroyable célérité à réunir toutes ces forces, levées à de grandes distances les unes des autres, et marcha à leur téte a la délivrance d'Orléans. Attila ne jugea pas à propos de l'attendre ; il battit en retraite, et se retira dans la direction de l'est. L'armée romaine le suivit (***). Le roi des Huns ne cherchait, pour accepter la bataille que lui offrait Aétius , qu'une position où il put déployer librement son immense cavalerie; mais il recula assez longtemps pour se donner un air d'hésitation et d'inquiétude, de mauvais augure pour l'issue de l'expédition. Il ne s'arrêta

(*) Sidon. Apollinar. A vit. Panegyr., v, 336, sqq. Epist. vu, 12.

(•*) Jornand., de Reb. Get.,xxxvt. Sidon. Apoll. loc. cit.

(***) Jornand., xxxvii.

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qu'à une cinquantaine de lieues d'Orléans, aux environs de Châlons, dans une vaste plaine traversée par la Marne. Là aussi , s'arrêta l'armée romaine; et Ton se prépara , de part et d'autre, à une bataille.

Jamais, peut-être, deux aussi énormes masses de combattants ne s'étaient trouvées en présence. Il y avait , sur cet immense champ de bataille, des champions , des détachements des peuples de toutes les races de l'Europe.

Quelques-uns de ces peuples se trouvaient en entier dans l'un des deux camps ; d'autres s'étaient partagés entre les deux ; de chaque côté , il y avait des Franks et des Burgondes;'les Goths faisaient une partie considérable de chaque armée. Enfin, dans l'un et l'autre camp, il y avait des peuplades ou des bandes appartenant à des nations inconnues. L'histoire ne dit rien des BeUonotes} des Nevrions qui combattaient pour Attila (*); elle se tait de même sur les Ibrions et sur les Riparioles qui avaient répondu à l'appel d'Aétius (••).

Attila se plaça au centre de son armée, à la tête des Huns; à sa droite, il plaça les Ostrogoths et les Gépides ; et forma son aile gauche des autres peuples barbares qui servaient sous lui comme sujets. Aétius se plaça à l'aile gauche de son armée, composée de Romains et d'une partie des barbares auxiliaires ; Théodoric forma l'aile droite avec ses Visigoths; et au centre, les Alains, suspects d'intelligence avec Attila, furent placés de manière que leurs mouvements pussent être aisément observés , et leurs mauvais desseins prévenus (***).

L'action s'engagea par un combat entre un détachement de Huns et un corps de Visigoths, commandé par Thorismund , fils de Théodoric. Ces deux corps se disputèrent vivement la possession d'une éminence qui dominait le champ de bataille, et formait

(•) Sidon. A poil m ni-. Panegyr. Aviti. (**) Jornand. , xxxvi.

(**•) Ibid., xxxvm.

un excellent poste d'observation et de réserve. Cette éminence resta aux Visigoths, qui vi»-?nt, dans ce premier succès, un présage de la victoire.

« Cependant Attila, s'ébranlant avec le centre de son armée, fondit sur le centre de son ennemi qu'il enfonça sans éprouver beaucoup de résistance, et prit en flanc la cavalerie des Visigoths, violemment ébranlée par ce choc.

«Ce fut, dit Jornandès, un terrible combat, obstiné, sanglant, tel que n'en vit jamais l'antiquité. S'il nous faut en croire les vieillards, un petit ruisseau, gonflé par le sang des guerriers morts, devint un torrent. Ce fut là que le roi Théodoric, haranguant son armée, fut renversé de cheval et termina sa vie. Les Visigoths se séparant alors des Alains , se précipitent sur les bataillons des Huns : ils eussent écrasé Attila , si celui - ci , qui avait déjà pris prudemment la fuite , ne se fût enfermé lui et les siens dans le camp que défendaient ses chari' ts. C'était un faible rempart; et cependant les voilà ces hommes qu'aucun mur ne pouvait arrêter, cherchant la vie derrière ce misérable retranchement. Thorismund , fils de Théodoric, qui avait aussi débusqué les ennemis, croyant se rendre dans son camp, se trouva égaré par les ténèbres au milieu des chariots des ennemis. Il tomba , après des prodiges de valeur, frappé à la tête. Aétius, par une erreur semblable, errait au milieu des ennemis : tremblant à la crainte de quelque malheur pour les Goths , il parvint enfin dans un camp ami , et passa le reste de la nuit protégé par les boucliers.

« Le lendemain , les Goths virent les champs jonchés de cadavres ; et comme les Huns n'osaient sortir, ils pensèrent que la victoire était à eux : car ils savaient bien que ce n'était qu'abattu par une affreuse défaite qu'Attila avait quitté le combat.

Grand jusque dans la défaite même , ce chef faisait entendre le son de ses trompettes et menaçait d'une nouvelle attaque. Semblable à un lion qui, pressé par les chasseurs, s'arrête à l'entrée de sa caverne, u'ose

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s'élancer, mais, par ses affreux rugissements , répand l'effroi tout alentour, le terrible roi des Huns troublait, quoique enfermé dans son camp, le repos de ses ennemis. Cependant les Goths et les Romains s'assemblent , et se demandent comment ils achèveront la défaite d'Attila. Ils se décident enfin à le fatiçuer par les lenteurs d'un siège, et a l'affamer dans son camp. Ce fut alors, dit-on, quece roi se fît dresser un immense bûcner, formé de selles de chevaux, pour s'y précipiter si les ennemis donnaient l'assaut : il (Mit craint , lui , maître de tant de nations , de se voir entre les mains de ses ennemis.

• Cependant on s'étonnait de l'absence du roi des Visigoths. Après de longues recherches, on le trouva à la place qui convient aux braves, parmi les morts du premier rang , et on l'enleva au milieu de chants funèbres , à la vue des ennemis. Alors on eût vu les Goths, avec leurs cris et leurs mille dialectes , observer les cérémonies funéraires au milieu de la fureur des combats. On répandait des larmes, mais de ces larmes que le brave a coutume de verser. Les Goths offrent , au bruit des armes, la dignité royale au valeureux Thorismund qui, couvert de gloire, rend les derniers devoirs aux mânes de son père chéri. Puis , désolé de cette perte et cm porte par sa fougue guerrière, jaloux ae venger sur les restes des Huns la mort de son père, il consulte Aétius qui avait toute l'expérience que donne la vieillesse. Mais celui-ci , craignant sans doute de voir l'empire romain écrasé par les Goths, si les Huns étaient anéantis, lui conseille de retourner dans ses Etats; et, en effet, ce prince retourna dans la Gaule. Dans ce combat fameux, et où se rencontrèrentdes peuples si vaillants, il y eut des deux cotés , dit-on , cent soixante-deux mille morts, sans compter encore quatre-vingt-dix mille Gépides et Francs, qui , avant l'action générale, se rencontrèrent pendant la nuit et se tuèrent mutuellement (*). »

(•) Jornandes, de Reb. Getic. , xxxvm.

T. iv. 27* Livraison, ( Dict. enci

Attila n'avait sans doute pas été aussi complètement vaincu que paraît le croire I Historien des Goths. Cependant il commença sa retraite dès qu'il fut assuré que ses ennemis n'avaient plus le projet de la troubler. Aétius le poursuivit encore quelques jours; puis, quand il fut convaincu que sa retraite n'était pas une feinte, il renvoya dans leurs stations accoutumées les* divers auxiliaires, Gaulois, Francs, Germains, ou autres.

Chalosse , Calossia, pays de l'ancienne Gascogne, qui se divisait eu Chalosse propre, tursan et marsan.

A l'époque romaine, cette contrée était habitée par les Tarbelli et les 7'arusates. Depuis , elle a suivi , en général , les destinées de la Gascogne.

Chalotais. Voy. La Chalotais.

Chalucet (A.-L.-B. de), nommé évéque de Toulon en 1684, et sacré seulement en 1692, déploya un rare courage lorsque l'armée des alliés, commandée par Victor -Amédée, duc de Savoie, vint, au mois d'août 1707, mettre le siège devant cette ville. Les ennemis ne purent approcher de Toulon , défendue par des hauteurs garnies de troupes et de canons; mais la flotte qui bloquait la place par mer la bombarda, et treize bombes tombèrent sur le palais épiscopal. L'évêque ne voulut jamais s'éloigner; il consacra tous ses instants à entretenir l'union parmi les troupes, à relever le courage du peuple et des soldats , et vendit tout ce qu'il possédait pour les nourrir. Aussi, l'année suivante, une inscription fut-elle placée à l'hôtel de ville pour immortaliser le zèle du prélat et la reconnaissance du peuple.

Chalucet, mort en 1712, a laissé quelques ouvrages de controverse, et d'excellentes Ordonnances synodales , Toulon, 1704, in-12.

Chalus- Chabrol, petite et ancienne ville du Limousin, auj. dép.

de la Haute- Vienne, à 24 kil. de Saint - Yrieix. Une tradition fort ré-

Îiaudue dans la province attribue la ôndation de cette ville, nommée en latin Castra Luciiy à Lucins Capréolus, proconsul d'Aquitaine, sous

etc.) 27

cha L'UNIVERS. cha

Auguste. Si Ton interroge sur ce point un paysan limousin, il répondra que ce gouverneur romain, qui devait, du reste, son surnom à son goût, tant soit peu populaire, pourles chevrières des montagnes, fit Bâtir, à l'endroit où existe aujourd'hui Chalus, un château fortifie de tours et de remparts, ainsi qu'un vaste palais; et même , si l'on en croit encore une opinion accréditée par plusieurs siècles, et appuyée par les récits des chroniqueurs, ce fut le proconsul Lucius qui cacha dans de profonds souterrains cet inestimable trésor dont la conquête tenta la cupidité de Richard Cœur de Lion. (Voyez Chalus [siège de]. )

Chalus , qui avait le titre de baronnie, appartenait anciennement aux vicomtes de Limoges. Henri , roi de JN narre , la donna à Charlotte d'Albret , sa soeur, pour sa part de la succession d'Alain d'Albret et de Françoi>e de Bretagne , leurs parents communs. Charlotte épousa César Bor-

Îia , duc de Valeutinois; et leur fille, .ouise Borgia, porta le comté de Chalus à Philippe de Bourbon-Busset, dont la postérité en jouissait encore dans le siècle dernier.

Chalus (siéqe de). — Le bruit s'était répandu que Guidomar, vicomte de Limoges, avait trouvé dans la terre un trésor d'un prix inestimable; Richard Cœur de Lion le réclama, comme comte de Poitou. Soupçonnant que ce trésor était caché à Chalus, il vint en personne investir ce petit château (1199).

Au moment où il reconnaissait la place, un archer, nommé Gourdon, lui décocha une flèche qui le blessa dangereusement. Son intempérance aggrava le mal , et l'aventureux monarque ne vécut plus que onze jours. Avant sa mort, Richard fit amener devant lui le soldat qui l'avait frappé. « Que t'ai-je « fait, misérable, lui dit-il , pour que tu « aies voulu me tuer ?» — « Ce que tu « m'as fait? répondit froidement Gour- « don : tu as tué mon père, ma mère et « mes deux frères. Mon bonheur est « complet , je les ai venues. Fais -moi « mourir, je brave ta colère.» — «Mon

« ami, dit Richard étonné, je te parci donne; sois libre. » Sur-le-champ il lui fit ôter ses fers, et ordonna qu'on lui donnât de l'argent. Quelques instants après, il expira. Quant à Gourdon, il fut repris, écorché vif, et pendu , comme l'avaient déjà été tous les défenseurs du château de Chalus (1199.)

CHALUSSET.Le château de Cbalusset appartenait, au 13* siècle, à cette vicomtesse iMarguerite, qui possédait aussi la redoutable forteresse d'Aixe, sur la rive droite de la Vienne , à huit kilomètres de Limoges, et qui eut avec les bourgeois de cette ville de si fréquentes querelles. Celle-ci le vendit , en 1273, a Gérard de ISlaumont. Sous Charles V, les Anglais en furent chassés par les habitants de Limoges, avec l'aide du célèbre connétable de Sancerre. En 1574, J. de Maumont, seigneur de Saint-Vie , s'en empara , et en releva les fortifications, prétendant , dit le P. Bonaventure , le tenir pour ceux de la religion réformée. En même temps , il se mit à piller les villages voisins et à rançonner paysans et voyageurs. Les bourgeois de la ville s étant rassemblés marchèrent coutre lui , et le forcèrent à s'enfermer dans ses murs. Trois jours après, ils se réunirent à ceux de Saint-Léonard , de Sulignac, d'Eymoutiers , etc. Le fort fut investi , et se rendit au bout de cinq jours. Les coalisés résolurent alors , pour assurer la paix de la contrée, de démolir cette redoutable forteresse , de manière à eu rendre le rétablissement impossible.

Chalvignac, bourg de l'Auvergne, auj. dép. du Cantal, à ekil. de Mauriac. On remarque près de ce bourg les ruines de l'antique château de Mireinont , célèbre par les sièges qu'il soutint eontre les Anglais, en 1183, 1196, 1357 et 1359. A cette dernière époque , Robert Knol s'en empara par surprise, et y laissa le fameux Mandonet Badafol, qui ravagea longtemps le pays, en fut chassé en 1374, s'en empara de nouveau quelque temps après, et le rendit enfin par composition. Madeleine de. Saint-.Nectaire, veuve de Gui

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FRANCE

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de Saint-Exupéry, s'y illustra, pendant les guerres religieuses du seizième siècle, par le courage avec lequel elle repoussa les attaques du baron de Montai.

Chamabandk, ancienne seigneurie de Champagne, auj. dép.de la Haute- Marne, érigée en comté en 1686.

Chahaves, peuple germain, transplanté, sous Constance-Chlore, dans la Gaule belgique.

Chambellan (grand), officier de la chambre à coucher du roi , dont la char-

Se était distinctedecelledu grand chamrier. La distinction de ces offices est clairement établie dans une ordon-

^mce de Philippe III , où Ton désigne à fois, comme témoins de Pacte, « mon- ■ sieur Herart, chambrier de France, et • monsieur Mathieu de Mai 11 i. chamber- « lenc de France. » « Le grand -cham- « bellan de France, disent les estats de « l'hôtel des rois Philippe le Bel et Phi- « lippe le Long, doit gésir, quand la « reine n'y est pas , aux pieds du lit du «roi... Après la cure de l'âme, l'on « ne doit mie être si négligent de son « corps , que pour négligence ou aultre « mauvaise garde , nuls périls advien- « nent, spéciammant quand, pour une « personue, pourroient estre plusieurs « troubles, nous ordonnons, et de ce « spéciamment chargeons nos chai n- « Le I Lins, que nulle personne mécono nue, ne garçon de petit estât, n'en- « trent en nôstre garde-robbe, ne « mettent main , ne soient à nostre lict « faire, et qu'on y souffre mestre nuls « draps estranges. » Le grand chambellan avait la garde du lit et l'inspection de la garde- robe du roi; il faisait l'office de maître d'hôtel, et même d'écuyer tranchant Outre le grand chambellan, que les anciens documents désignent quelquefois par les noms de grand-chamberlenc , de maistre chambellan, ùe premier chambellan, il y avait encore des chambellans ordinaires, que l'on trouve mentionnés dans un acte dès l'année 1273.

Les chambellans assistaient à l'hommage que les vassaux faisaient au roi ; ils interrogeaient et répondaient au nom de celui-ci ; et , après Thommage, le manteau du vassal leur

appartenait; cette redevance s'appelait chambellage. Le jour du sacre du roi» le grand chambellan recevait les bottines royales, que l'abbé de Saint- Denis lui mettait en main , pour en chausser le roi ; et à lui seul appartenait le droit de revêtir ce prince de la dalmatique de bleu azuré, par-dessus le manteau royal.

Les princes avaient aussi leurs chambellans qui jouissaient vis-à-vis d'eux des mêmes prérogatives que les grands chambellans de France.

La citation suivante, tirée d'un acte du mois de juillet 1410, complétera tout ce que nous avions à dire de ces officiers : « François de Montbe- « ron , vicomte d'Aunay et chambellan «de Poitou, etc.... Premièrement, « toutefois que je vicomte seray au- « dit pays de Poitou . devers ledit mon- « seigneur, il me doit faire délivrer « pour moy, mes gens de chevaux que « j'auray , et selon ce qu'il appartien- « dra. Item , quand ledit monseigneur « sera audit pays de Poitou , ie dois « porter ou faire porter son seel de se- « cret, duquel seel doivent estre seel- « lées toutes les lettres des hommages, « et d'avoir les profits et émolumens « des lettres , qui en doivent estre « seellées , et tout ce qui de lui sera à « cause dudit chambellage. Item, quand m mondit seigneur viendra premiere- « ment à Poitiers, que je dois de mon « droit avoir son lit garni de tous les « paremens, qui seront, esquels il «couchera la première nuit. Item, « quand madame la comtesse viendra « premièrement à Poitiers , je la dois « mener par le frein, de la porte par « où elle entrera à Poitiers, iusques à « la salle, et la dois descendre, et le « mantel ou chappe qu'elle aura vestu, « et le cheval sur lequel elle sera ve- « nue, soit destrier, coursier, palefroy, «ou autre monture quelconque, en « Testât, et aussi garni comme sera, « doit estre et sera mien. Et si ladite « madame venoit en litière ou en chaire, « je la dois semblablement mener jus- « ques à ladite salie , et descendre, et « la litière ou chaire garnie comme « elle seroit , et les chevaux demou-

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« ront et seront miens de mon droit.

« Item , je dois servir ladite dame de « vin la première fois qu'elle sera à « table , et le hanapon , couppe ou au- « tre vaissel à quoy elle boyra sera « mien et de mon droit. Item , le lit « et les paremens de la chambre de la- « dite dame, en laquelle elle couchera « la première nuit , ainsi garni comme « il seroit , seront miens et de mon « droit. Et est le devoir à la manière « de l'hommage tieux : car je dois faire « mon hommage , ledit monseigneur « estant à la messe , quand il voit à « l'offrande, et luy bailler un denier « d'or pour tout mon devoir, lequel « denier il doit offrir à la messe. »

Le prévôt de Paris prenait le titre de chambellan ordinaire du roi, parce qu'à toute heure il avait accès auprès du souverain.

Pour marque de leur dignité, les chambellans dans le dernier siècle portaient derrière l'écu de leurs armes deux clefs d'or passées en sautoir, et dont les anneaux étaient terminés par une couronne royale. Ils se distinguaient encore par un costume particulier et par une clef d'or attachée au haut des basques de l'habit.

Lorsque Napoléon rétablit la noblesse , il n'oublia pas d'attacher à sa maison impériale un grand chambellan et des chambellans ordinaires. Sous la restauration , la maison royale fut remise sur l'ancien pied, et il y eut alors, outre le grand chambellan (le prince de Talleyrand), quatre premiers gentilshommes de la chambre , quatre maîtres de la garde-robe , et trentedeux gentilshommes honoraires de la chambre. Ces charges ont cessé d'exister à la révolution de 1830.

Chambéry (prise de). — Le roi de S i ni, ligne ayant , en 1792 , accédé à la coalition, le général Montesquiou, commandant en chef l'armée du Midi, reçut l'ordre d'envahir la Savoie. Il réunit au fort Barreaux le peu de forces dont il pouvait disposer, et entra en campagne.

Les Piémontais avaient construit trois redoutes qui dominaient le seul débouché conduisant en Savoie ; ces redoutes allaient être terminées et garnies de ca-

nons. Deux colonnes , sous les ordres du maréchal de camp Laroque , furent mises en mouvement pour tourner les positions ennemies. Aussitôt les Piémontais se mirent à fuir sans tirer un coup de fusil, et les trois redoutes furent occupées et détruites. Vaincus sans combat, les ennemis évacuèrent précipitamment les châteaux des Marches , de Bellegarde, d'Aspremont, de Notre-Dame, de Mians; et, par un mouvement rapide, le général Montesquiou, se portant sur le centre de l'armée sarde , la coupa en deux corps, dont l'un se retira sur Annecy, et l'autre sur Montmélian , qui, le lendemain même, ouvrit ses portes ; bientôt tout fut au pouvoir des Français, depuis le lac de Genève jusqu'au bord de l'Isère ; et , le 25 septembre 1792, Montesquiou fit son entrée solennelle à Chambéry. Cet événement fut le signal d'une révolution qui réunit la Savoie à la France , et fit de Chambéry le chef-lieu du département du Mont-Blanc.

— Les coalisés ayant envahi la Savoie en 1814, entrèrent, le 20 janvier, dans le chef- lieu du département du Mont-Blanc, que le général Desaix avait évacué la veille , avec le peu de troupes qu'il avait pu réunir.

Mais quand, un mois après, nous eûmes repris l'offensive, les Autrichiens, fuyant devant nos colonnes, se sauvèrent en désordre à Chambéry, et se rallièrent sur les hauteurs en arrière de la ville. Le 19 février, au matin , le général Marchand fit marcher une colonne de six cents hommes pour les prendre à dos, pendant que Desaix attaquait le pont de Reclus. Repoussé de toutes parts , l'ennemi continua de battre en retraite.

Chambley, ancienne baronnie de Lorraine, auj. du dép. de la Moselle.

Chambly , ancienne châtellenîe du Beau vois i s , auj. chef-lieu de canton du dép. de l'Oise , à 25 kii. de Seniis. On y compte maintenant 1413 hab.

Ch ambon, Cambonum, petite ville de l'ancien pays de Combrailles, en Auvergne , aujourd'hui du dép. de la Creuse, à 24 kil. de Boussac. C'est à

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FRANCE

Chambon, suivant quelques auteurs, qu'il faut placer la capitale des Cambiovicenses. Ce qu'il y a de certain , c'est que cette ville présente de nombreux restes d'antiquités , dont quelques-unes sont attribuées avec raison à un peuple gaulois. C'était, au sixième siècle , une forteresse considérable. Les habitants de Limoges y transportèrent les reliques de sainte Valérie, pour les soustraire à la rapacité de Chilpéric, qui ravageait alors la province. Pendant la guerre de la Praguerie , Xaint railles vint, avec une armée de dix mille hommes , mettre le siège devant Chambon , et la prit d'assaut. La plupart des habitants furent tués ; ceux qui échappèrent se réfugièrent dans la tour dite de l'Horloge, et payèrent cent marcs d'argent pour leur rançon.

C'est a Chambon que se trouve le tribunal de l'arrondissement de Boussac.

Chambon (Antoine-Benoît) , membre de la Convention nationale , était, en 1789, trésorier de France à Uzerche en Limousin. Partisan de la révolution, il fut nommé député de la Corrèze à la Convention nationale; il se lia intimement avec les girondins, particulièrement avec Gensonné. Il vota la mort du roi . avec l'appel au peuple , et dev int membre du comité de sûreté

Sénérale. Les sections de Paris , dont avait encouru la disgrâce , demandèrent vainement qu'il tut expulsé de la Convention; l'Assemblée, loin de se rendre à leur désir, le choisit pour secrétaire. La proscription qui , plusieurs fois, l'avait menace, l'atteignit enfin à la suite du coup d'État du 31 mai 1793, contre lequel il s'était prononcé avec beaucoup d'énergie. Il fut déclaré traître à la patrie et mis hors la loi. Découvert à Lubersac , près de Brives, il fut tué dans unegrangeoù il s'était caché.

Chambon de Montaux (Nicolas), médecin en chef de la Salpétrière, né à Brevannes, en Champagne, en 1748, fut élu maire de Paris , le 3 décembre

1792, en remplacement de Pétion , et exerça ces fonctions, jusqu'au 2 février

1793 , époque où il donna sa démission. Il est mort en 1826.

Chambonnas, ancienne seigneurie du Languedoc, auj. dép.de l'Ardèche,

à 33 kil. d'Uzès, érigée en marquisat en 1683.

Chambonnas ( le marquis de) , était neveu du maréchal de Biron , et avait épouséune fille naturelle de M. de Saint- Florentin et de madame de Sabatier, dont il se sépara dans la suite par un procès qui fit beaucoup de bruit. Devenu maire de Sens , il lut chargé de présenter à l'Assemblée nationale le vœu formé par ses concitoyens pour qu'on élevât un monument aux premiers législateurs de la France. Grand admirateur de la Fayette, il fit faire, en 1790, des copies nombreuses du portrait de ce général, et en envoya à tous les départements; il devint,' en 1792, maréchal de camp de la garnison de Paris, et fut nommé, la même année, ministre des affaires étrangères. Bientôt un marché pour fournitures d'armes, passé entre lui et Beaumarchais, fut signalé comme frauduleux à l'Assemblée, et annulé par elle. Le 9 juillet, il fut dénoncé par Brissot pour n'avoir pas donné connaissance de l'approche des troupes prussiennes, et pour s'être fait l'instrument des manœuvres de la cour. Il se justifia en assurant que lui-même n'avait pas été informé d'une manière certaine de l'approche des ennemis, et il donna le même jour sa démission avec tous ses collègues , qui déclarèrent ne pouvoir plus résister à Vanarchie. Sorti de France après la journée du 10 août, il se réfugia à Londres, où il se fit successivement horloger, orfèvre et bijoutier. Il y mourut en 1807, dans un état voisin de la misère.

Chambobo, magnifique château situé dans l'ancien Blésois (auj. dép. de Loir-et-Cher). C'était, en 1090, une maison de chasse et de plaisance des comtes de Blois; Louis XII la réunit au domaine de la couronne, et Fran-

Sois I", à son retour d'Espaçne, la fit émolir pour faire construire par le Primatice le château que l'on admire encore aujourd'hui. Pendant douze ans, dit-on , il y employa 1800 ouvriers , et dépensa, suivant les comptes du trésor royal , 444,570 livres , somme

3ui représente plus de cinq millions e notre monnaie. Les finances étaient

en trop mauvais état à sa mort, pour permettre à ses successeurs Henri II , Henri III et Charles IX de terminer la construction de ce château. Ils y consacrèrent cependant encore 391,000 livres; cependant Chnmbord est resté inachevé dans certaines parties. Notre cadre ne nous permet pas de décrire toutes les merveilles architecturales de cet édifice, l'un des plus beaux monuments de la renaissance. Nous devons nous borner à dire qu'il est digne du grand artiste qui en conçut le plan , du ciseau des Cousin, des Bontemps, des Goujon et des Pilon , qui le décorèrent, et enfin des princes qui le firent élever. L'histoire de Chambord n'est d'ailleurs, pour ainsi dire , que l'histoire des galanteries de François I*r et de ses successeurs. Construit par le roi chevalier pour perpétuer la mémoire de ses premières maîtresses , la comtesse de Thoury et la châtelaine de Montfrault , il présente de toutes parts les F avec la salamandre entourée de flammes. Les caryatides reproduisent les traits de la duchesse d'Étampes et de la comtesse de Châteaubriand. La tradition désigne les constructions mystérieuses qui favorisèrent les rendez-vous et souvent les infidélités de Diane de Poitiers. François rr pensait peut-être au beau Brissac, lorsqu'il traçait, à l'aide d'un diamant, sur la vitre d'un cabinet voisin de la chapelle, ces vers si connus :

Souvent femme Tarie, Est bien fol qui »'jr Se.

Ailleurs s'offrent aux regards les H, les D et les croissants , chiffres dé Henri II et de Diane de Poitiers. Après Henri II , Charles IX y conduisit la jeune Orléanaise Marie Touchet. Henri III et ses mignons en firent le théâtre de leurs monstrueuses orgies. Louis XIII, après l'exil de mademoiselle de la Fayette, l'habita fort souvent. Les chiffres et emblèmes de mademoiselle de Mancini , de mademoiselle de la Vallière, de madame de Montespan et d'autres encore gravés sur les lambris, attestent les visites de Louis XIV, qui y donna des fêtes brillantes. Ce fut

dans Tune de ces fêtes, ai) mois d'octobre 1670, que Molière et sa troupe représentèrent pour la première fois le Bourgeois gentilhomme.

Après avoir vu les débauches du rî-

Î;ent, Chambord fut donné à Stanisas, roi de Pologne, puis, en 174$, au maréchal de Saxe, qui lui rendit une partie de son ancien éclat. Deux femmes, mademoiselle de Chantilly et madame Favart , vinrent encore tour à tour en faire l'ornement. Après la mort du comte Maurice et du comte de Frise son neveu , ce beau domaine revint à la couronne, et en 1777 la famille de Poliguac en obtint de Louis XVI la jouissance. Pendant la révolution, un dépôt de remonte y fut établi. Sous l'empire, il fit partie de la dotation de la Légion d'honneur. Après la bataille de Wagram, Napoléon l'assigna, à titre d'apanage, au maréchal Berthier , qui devait en faire le siège de 6a principauté et terminer les bâtiments d'après les dessins du Primatice.

En 1819 , la princesse douairière fut forcée d'aliéner ce domaine, et l'adjudication eut lieu le 5 mars 1821, pour la somme de 1 ,749,677 fr. , au profit d'une commission de courtisans, qui, agissant , disait-elle , au nom de la France, en fit hommage, le 27 janvier 1830, au duc de Bordeaux, devenu ainsi comte de Chambord. On sait d'ailleurs que la souscription ouverte dans ce but n'était rien moins que volontaire, et qu'elle avait été réellement imposée en grande partieà tous les fonctionnaires publicset à tous les employés des différentes administrations. Tout le monde a lu le spirituel pamphlet par lequel Courier, au prix de deux ans de prison, a stigmatisé cette singulière opération. Depuis la révolution de 1830, on a élevé la question de savoir si, Chambord ne ferait pas retour à l'État en qualité de domaine apanagé, et les tribunaux viennent de prononcer en faveur du duc de Bordeaux.

M. de la Saussaye, correspondant de l'Institut, a pubfiésurce château une notice intéressante.

Chambobant , ancienne baronnie du Poitou auj. dép. de la Creuse , à

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38 kilom. de Guéret.. Cette seigneurie a donné son nom à une ancienne et illustre famille, dont un des membres fut colonel de l'un des premiers régiments de hussardscréés en France, et connus sous le nom de hussards de Chamborant.

Ch 4 m bous , ancienne seigneurie du Vexin français, auj. du dep. de TOise,à 4 kil. de Chaumont, érigée en comté à la fin du dix septième siècle.

Cra m bobs (maison de). — Cette famille , dont le premier nom était la Boissière . descendait de Maurice de la Boissierb, seigneur breton, qui fut privé de ses biens par le duc de Bretagne, pour avoir suivi le parti de Louis XI. Charles VIII l'en dédommagea, en 1491 , en le nommant l'un de ses maîtres d'hôtel ordinaires. Son fils, Jean de la Boissièbb, épousa en 1528 Jacqueline le Sueur, héritière de Chambors , et fut ainsi le premier de sa famille qui joignit à son nom celui de cette terre. Jean, son fils, fut maître d'hôtel des rois Charles IX, Henri III et Henri IV, et mourut en 1G24 , âgé de quatre - vingt - dix ans. De ses quatre fils . deux avaient été tués à la bataille d'Ivri, en 1590; le troisième, qui était chevalier de Saint- Jean de Jérusalem , avait péri au siège d'Amiens , en 1597 ; enfin , le quatrième , Jean de fa Boissière , seigneur de Chambors , après s'être également distingué dans les affaires ou ses frères avaient péri , avait été nommé conseiller au parlement de Paris. Il mourut en 1611, laissant trois fils , dont le second . Jean, fut tue à Fattaque des barricades de Suze , en 1627 ; l'aîné , Guillaume . assista comme volontaire au siège de la Rochelle. Nommé en 1636 capitaine d'une compagnie d'ordonnance, il se signala Tannée suivante au siège de Saint- Amour, et défit un régiment espagnol qui venait au secours de la place , et lui enleva un drapeau, que le roi l'autorisa à déposer dans le chœur de l'église de Chambors. Il devint, l'année suivante, maître d'hôtel du roi, et assista en qualité de maréchal général des logis de la cavalerie aux sièges de

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Saint-Omer et de Thionville. Fait prisonnier devant cette dernière ville, il fut échangé peu de temps après. Mais la bienveillance que lui avait témoignée le comte de Soissons l'engagea à entrer dans le parti de ce prince. Il se trouvait heureusement dans le pays de Liège, lors de la bataille de la Marfée. Il échappa ainsi à la vengeance du cardinal de Richelieu, qui, ne pouvant s'emparer de sa personne, fit détruire ses châteaux et couper tous ses bois.

Chambors se retira alors à la cour du cardinal infant, puis à celle du duc de Savoie , et quoiqu'il eût été amnistié nominativement dans le traité de Mézières, il ne rentra en France qu'après la mort du cardinal.

Mazarin lui témoigna alors autant de bienveillance que son prédécesseur lui avait montré de haine et de colère. Nommé de nouveau capitaine de cavalerie, Chambors se distingua aux batailles de Rocroy et de Fribourg et au siège de Pliilipsbowrg.

Nommé en 1645 uiestre de camp du régiment de Mazarin, il fut blesse à la bataille de Nordlingen et fait de nouveau prisonnier. L année suivante, il fut établi sergent de bataille et servit eu cette qualité au siège de Courtray.

Nommé en 1647 marte-bal de bataille, il assista encore aux sièges d'Armentières et de la Bassée. Il fut nommé en 1648 maréchal de camp , et fut tué la même année à la bataille de Lens.

De ses trois fils, le second, Louis, fut tué à Arleu en 1651 ; le troisième , Charles- André, mourut en 1681 des blessures qu'il avait reçues au siège de Candie; enfin l'aîné, Guillaume , qui fut fait comte de Chambors par Louis XIV, se distingua à la bataille de Retbel et au combat de Saint-Antoine.

Il mourut en 1734, laissant plusieurs enfants.

Guillaume, l'aîné, mena de front le métier des armes et la culture des lettres. Il fit les campagnes de 1688 et de 1701, se distingua d une manière particulière à la bataille de Luzara , et fut nommé, en 1721, membre associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

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Joseph 'Jean- Baptiste de Chambors, son frère, embrassa aussi la profession des armes , et fit avec distinction les campagnes de 1707, 1708, 1709 et 1710. Il se trouva en 1712 à la bataille de Denain , et contribua à la prise de Douai , en montant le premier à l'assaut du fort de Scarpe. Il fit ensuite les campagnes de 1713 en Allemagne, et de 1719 en Espagne. Il laissa plusieurs enfants , entre autres un fils, Yves -Jean- Baptiste , que Louis XV créa marquis de Chambors.

Chambrai (Roland -Fréard , sieur de), savant architecte, né à Cambrai, dans le dix-septième siècle, a publié plusieurs ouvrages , dont le plus important a pour titre : Parallèle de l'architecture ancienne avec la moderne, 1650, in-folio. Parent de Desnoyers, surintendant des bâtiments sous Louis XIII, il rendit aux arts d'importants services ; ce fut lui qui ramena le Poussin de Rome à Pans.

Chambbay , ancienne seigneurie de Normaudie, auj. dép. de l'Eure, à 8 kil. de Bernay, a donné son nom à une famille connue dès le onzième siècle , et dont les membres les plus remarquables sont /imauriy qui accompagna Robert, duc de Normandie, à la conquête de la terre sainte, en 1099 ; Jacrptes, qui fut chambellan de Louis XII , grand bailli d'Évreux, et l'un des députés envoyés en 1499 pour la ratification du traité d' Es tapi es ; Gabriel, député de la noblesse du bailliage d'Évreux aux états généraux tenus à Blois en 1570; Tannegui , baron de Chambrav, maréchal de camp des armées du roi sous Louis XIII ; Nicolas II , capitaine de vaisseau dans les armées navales de France, qui fut chargé par César , duc de Vendôme , de négocier le mariage de Marie-Élisabeth-Françoisc de Savoie-Nemours , petite-fille de ce prince , avec Alphonse VI , roi de Portugal ; et enfin Jacques-François, second fils du précédent.

Jacques de Chambrav naquit à Êvreux en 1087. Destine par ses parents à l'ordre de Malte, il fut reçu en qualité de page chez le grand maî-

tre don Raymond Perellos deRacoful; mais le peu de goût du jeune Chambrav pour l'état qu'on voulait lui faire embrasser le ramena bientôt en France, où il obtint une sous-lieutenance, et fit la campagne de 1704. Les instances de sa mère , qui avait sans doute le pressentiment du sort brillant qui 1 attendait à Malte , finirent cependant par l'emporter sur sa répugnance. Il consentit à repartir pour cette île au mois de septembre 1715 , et à commencer immédiatement sur les galères de Tordre les caravanes exigées par les règlements. Après deux campagnes, il passa dans l'escadre des vaisseaux, composée de deux bâtiments de soixante canons , d'un de cinquante-six , et d'une frégate de quarante.

Chambray suivit cette escadre en 1 707 à Oran, dont les Algériens avaient entrepris le siège. Il s'y distingua par sa résolution et son courage , et y reut deux blessures. Nommé enseigne son retour à Malte , il prononça ses vœux et fut admis au nombre des chevaliers de l'ordre. Les honneurs et la gloire lui vinrent rapidement : il fut élevé aux grades de lieutenant de vaisseau en 1711 , de capitaine en second en 1719, de major d'escadre en 1721 , et de capitaine de frégate en 1723.

En cette dernière qualité , il prit le commandement de la frégate le Sainll'incent, et alla croiser dans les parages de la Sicile. Son but était de chercher et de combattre le vice-amiral de la régence de Tripoli, qui, depuis quelque temps, s'était rendu formidable au commerce des chrétiens, et qui montait un vaisseau de quarante-huit canons , donné au dey de Tripoli par le Grand Seigneur. Le chevalier chrétien et le corsaire barbaresque ne tardèrent pas à se rencontrer: une lutte terrible s'engagea entre eux," et ce ne fut qu'après quatre heures de la résistance la plus opiniâtre, que le forban , démâté et coulant bas , se résigna à amener son pavillon.

Chambrav n'eut pas plutôt conduit sa prise à Malte et réparé ses avaries , qu'il remit à la mer , s'empara d'une

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tartane tripolitaine, et força un corsaire algérien de trente-huit canons de s'échouer à la côte. Ces glorieux services lui valurent les félicitations du grand maître, Marc- Antoine Zondadari , et lui firent donner le grade de capitaine de vaisseau , avec la coin manderie de Virecourt en Lorraine.

Au mois de janvier 1726, Chambray fut appelé au commandement du Saint-Antoine y de soixante canons, et chargé de détruire les nombreux corsairesqui parcouraientla Méditerranée.

En quelques courses, il prit, brûla ou coula bas un grand nombre de bâtiments appartenant aux régences d'Alger, de Tripoli et de Tunis. Il fut alors élevé au poste le plus honorable de Tordre, et nommé lieutenant général, commandant des vaisseaux delà Religion, dignité qui mettait sous sa dé* pendance toute la marine de Malte.

Un succès éclatant mit, en 1732, le comble à la gloire. 11 fut envoyé, avec le Saint-Antoine et le Saint- George, sur les côtes de la Syrie, d'où un nombreux convoi de bâtiments turcs devait partir pour les ports de Constantinople et de Smyrne. Deux tartanes lui servirent de mouches et lui donnèrent des renseignements sur les forces qu'il allait avoir à combattre : le convoi, comprenant une quarantaine de bâtiments, était sous la protection de deux sultanes, dont l'une de soixante et dix et l'autre de soixante canons; et non loin de là, sur sa route , croisait un troisième vaisseau portant soixante et dix canons. Chambray arriva le 15 août au soir à la hauteur de Damiette , et fît ses dispositions pour l'attaque. Les vaisseaux turcs voulurent d'abord l'éviter; mais le commandeur leur donna la chasse pendant plusieurs heures, atteignit enfin la sultane amirale de soixante et dix canons, et, de ses premières bordées, la démâta de son grand mât. La riposte ne fut pas moins vioureuse que l'attaque, et le commaneur fut contraint de laisser arriver pour réparer ses avaries. Commencé à une heure et demie, et soutenu avec une grande valeur de part et d'autre,

le combat continua jusqu'au soir. Les combattants réparèrent pendant la nuit les dommages qu'ils s'étaient faits réciproquement ; et le lendemain, comme Chambray se disposait à reprendre l'offensive , il fut rejoint par le Saint - George , qui avait poursuivi l'autre sultane sans avoir pu l'atteindre. Les deux Maltais écrasèrent l'amiral turc, lui abattirent ce qui lui restait de mâts et le rasèrent comme un ponton. La résistance de celui-ci fut glorieuse, longue, désespérée , et il fallut que ses adversaires lui envoyassent leurs volées en enfilade et le canonnassent en pointant à couler bas, pour le forcer à amener son pavillon. La reddition de la sultane apprit au commandeur de Chambray qu'il avait eu nour adversaire le fameux Méhémet-Ali , l'un des meilleurs officiers de mer du Grand Seigneur. Il le reçut avec toutes les marques de considération et de respect qui étaient dues à son courage et à son malheur. Sur cinq cents hommes d'équipage, Méhémet en avait perdu trois cent soixante et dix , et son vaisseau n'était plus qu'une ruine flottante.

Reconnaissant l'impossibilité de conserver ce bâtiment , le commandeur y fit mettre le feu. De nouvelles félicitations et de nouveaux honneurs l'attendaient à Malte : à son retour il fut nommé grand-croix, bailli de Tordre, et promu à la commanderie magistrale de Metz.

On peut juger d'après les résultats que le commandeur obtint avec de faibles moyens, de ce qu'il aurait pu faire avec des forces plus considérables.

Mais encore plein de vie et de force , il se vit arrêter tout à coup dans cette glorieuse carrière. Grâce a ses services , les Barbaresques étaient moins à craindre , et l'on pensa qu'il suflirait de deux vaisseaux et d'une t régate pour les contenir dorénavant. La réduction de la marine maltaise lui ôta toute l'importance qui l'avait fait placer sous le commandement d'un lieutenant général. Elle passa sous les ordres d'un capitaine de vaisseau , et Chambray fut condamné à une retraite

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forcée. Ce fut une grande joie pour les gouvernements des régences d'Alger, de Tripoli et de Tunis : « Nous ne rencontrerons donc plus à la mer ce Rouge de Malte, » disaient les beys; car ils avaient donné ce surnom à I illustre marin , dont la figure martiale était relevée par un teint très-coloré.

Chambray, en qualité de commandant, avait fait vingt -quatre campagnes, pris onze bâtiments aux infidèles et tait entrer un million quatre cent mille livres dans le trésor de l'ordre.

Le bailli voyant sa carrière militaire terminée a l'âge de quarante-huit ans, donna aussitôt un autre but à son activité. Il sollicita et obtint du grand maître et du conseil de l'ordre la permission de bâtir une ville fortifiée sur l'île de Gozo, située au nord -ouest de Malte. Les travaux , commencés en 1749 , furent poussés vivement pendant six années ; la cité neuve de Chambray s'éleva sous la direction du bailli 3 bordée d'un côté par des rochers inaccessibles surmontés d'un fort, et de l'autre par une ligne de fortifications. Mais le fondateur de la nouvelle cité ne devait pas avoir la satisfaction de terminer son œuvre.

Ayant eu l'imprudence de s'installer dans une maison d'une construction trop récente , il y contracta une maladie grave qui le conduisit au tombeau , le 8 avril 1756 , à l'âge de soixante-neuf ans. « Chambray, dit un historien , étoitunhommed'unegrande taille , très-corpulent, doué d'un tempérament des plus robustes et d'une force de corps extraordinaire. Sa vue, qui était fort bonne, lui permettait de distinguer les moindres objets à une très-grande distance, et cet avantage lui fut plus d'une fois utile à la mer. A ces diverses qualités , il joignait une rare bravoure et un sang-froid imperturbable. Il était généralement considéré comme le plus célèbre marin de son temps , et il est justement placé au nombre des plus grands hommes dont s'honore l'ordre de Malte. »

Le dernier membre connu de la maison de Chambray est le marquis de Chambray, né à Paris en 1783. Il fit en

qualité de capitaine d'artillerie la campagne de 1813, et en écrivit l'histoire, sous le titre Histoire de? expédition de Russie, Paris, 1823, 2 vol. in-8*.

Chambre. — Ce mot signifie au propre une pièce quelconque d'un appartement ou d'une maison ; mais il se dit aussi du lieu où se tiennent certaines assemblées , où siègent certains tribunaux , et , par extension, de ces assemblées et de ces tribunaux eux-mêmes. C'est dans ces deux derniers sens que nous entendons le mot chambre dans les articles suivants-

Chambre apostolique , juridiction que l'abbé de Sainte Geneviève exerçait autrefois à Paris en qualité de conservateur- né des privilèges apostoliques et de députe du saint-siége.

Cette chambre , qui connaissait d'un grand nombre de causes entre les gens} d'église, avait au moyen âge une grande importance ; mais elle se réduisait à peu de chose au moment où elle fut abolie par la révolution. Les fonctions de la chambre ajiostolique se bornaient alors à décerner des monitoires, lorsque les juges séculiers croyaient devoir lui en demander.

Cette chambre se composait de trois juges, l'abbé, un chancelier et un secrétaire.

Chambre ardente. —On donnait ce nom, dans l'origine , au lieu où l'on jugeait les criminels d'État appartenant à d'illustres familles, parce que ce lieu, entièrement tendu de noir, était éclairé par un grand nombre de flambeaux. Dans la suite , le nom de chambre ardente fut donné à tous les tribunaux d'exception, à toutes les commissions temporaires établies hors du droit commun. Ainsi on appela chambre ardente la chambre établie

{>ar François Ier vers 1535, au parement de Paris, pour la recherche et la punition des hérétiques et des réformés. Cette juridiction, dont les arrêts étaient souverains et exécutés sans délai , cessa de siéger vers 1560.

On donna également le nom de chambres ardentes aux commiss ons extraordinaires établies sous Louis XIV contre les empoisonneurs , et

sous la régenre contre les fermiers des revenus publics, et lors du visa des actions de la banque de Law (voy.

Cour des poisons et Chambre du pisa).

Chambre aux deniers, institution dont les attributions étaient les mêmes que celles de l'intendance de la liste civile, pour ce qui concernait les dépenses de la bouche du roi. Cette chambre était composée de trois trésoriers qui alternaient chaque année , avaient sous leurs ordres des contrôleurs, et étaient eux-mêmes subordonnés au grand maître de France.

Chambre civile, nom d'une ancienne juridiction qui siégeait au Châtelet , et dont le lieutenant civil était le seul juge. On n'y jugeait que des affaires sommaires , et dont (importance ne dépassait pas mille livres.

Chambre de justice f nom par lequel on désignait ordinairement des cours souveraines, établies extraordinairement, pour rechercher les malversations des financiers.

La première chambre de justice dont il soit fait mention dans notre histoire est celle qui fut établie en Guyenne par déclaration du 26 novembre 1581. Un édit de 1584 en établit une autre, qui fut composée d'officiers de la chambre des comptes et du parlement; mais elle fut supprimée en 1585. Enfin , une troisième chamdre de justice fut formée en 1597, et révoquée quelques mois plus tard.

Mais la sévérité que déployaient ces cours, pendant leur existence éphémère , n'effrayait que médiocrement les comptables, et les mêmes désordres se renouvelaienttoujours. Henri IV établit, au mois de mars 1607, une nouvelle chambre de justice , qu'il supprima au mois de septembre suivant, après s'être fait donner un million de livres par les comptables.

Dès le 8 avril 1608, une chambre de justice fut rétablie, et elle tint ses séances, sous forme de grands jours (voyez ces mots) , dans la ville de Limoges.

Une chambre de justice fut encore créée au mois d'octobre 1624 , et ré-

voquée au mois de mai 162$, par un édit dont l'un des articles portait que la recherche des officiers de finance serait continuée de dix ans en dix ans. Mais dix ans après, en 1635, les financiers furent déchargés de la plupart des poursuites décrétées contre eux; et, en 1643, les prescriptions de l'édit de 1625 furent tout à fait abrogées.

Cependant , cinq ans s'étaient à peine écoulés que l'on se crut de nouveau forcé d'établir une chambre de justice, qui subsista jusqu'en décembre 1652; mais, en 1655, soit que l'on reconnût <jue les prévarications descomptablesétaient trop nombreuses pour que l'on pût toutes les punir; soit, ce qui est plus probable, que les prévaricateurs eussent traité avec ceux qui dirigeaient alors le gouvernement, on abolit toutes les poursuites dont ils étaient l'objet , et on leur accorda une amnistie pleine et entière pour toutes les concussions qu'ils auraient pu commettre jusqu'à la fin de cette année.

Depuis ce temps, il y eut encore deux chambres de justice ; la première fut établie au mois de novembre 1661, et fut supprimée au mois d'août 1669; la seconde , créée par un édit du mois de mars 1716, fut révoquée en mars 1717. Elle dut rechercher toutes les prévarications commises par les comptables, depuis 1689 jusqu'à cette époque. Les historiens du temps donnent quelquefois le nom de chambre ardente à cette dernière chambre de justice.

(Voyez Chambre ardente.)

Chambre de la maçonnerie, tribunal établi autrefois dans l'enclos du palais, à Paris, et qui connaissait de toutes les contestations relatives aux bâtiments. Ce tribunal étaitf composé de huit conseillers du roi, qui prenaient le titre de juges et maîtres généraux des bâtiments de Sa Majesté.

Chambre de réunion. * Les traités de Westphalie (1648), d'Aix-la-Chapelle (1668), et de Nimègue (1679), avaient stipulé que les villes données à la France étaient cédées avec leurs dépendances. Ce terme était vague, et il y avait tant de complexité dans le régime féodal, qu'on pouvait, sous

cha L'UNIVERS

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le nom de dépendances, élever des prétentions sur des provinces entières. Louis XIV créa , dans les parlements de Metz, de Brisach et de Besancon, des chambres dites de réunion, chargées de rechercher les terres et fiefs

3ui avaient relevé des trois évéchés, es villes d'Alsace ou de Franche- Comté, afin de les réunir à la couronne. Ces chambres adjugèrent à la France Saarbruck, Saarwerden, Falkenberg, Germersheim, appartenant à l'électeur de Trêves ; Veldentz , appartenant à l'électeur palatin ; Deux- Ponts , appartenant au roi de Suède ; Lauterbourg, appartenant à l'évéque de Spire; Montbéliard, appartenant au duc de Wurtemberg, etc. Des troupes furent dirigées sur tous ces points, et les occupèrent sans résistance. Vainement la diète de Ratisbonne adressa des représentations.

Louis n'y répondit qu'en réunissant secrètement en Alsace vingt mille hommes, qui investirent Strasbourg, et sommèrent cette ville de reconnaître le roi de France pour maître, en vertu d'un arrêt du parlement de Brisach, qui lui adjugeait toute l'Alsace en pleine souveraineté. La résistance était impossible; les magistrats se laissèrent séduire ou eflrayer; et la ville qui, dans la dernière guerre, avait été tant de fois une porte ouverte aux ennemis de la France , capitula , sous condition qu'elle conserverait ses libertés, ses magistrats , ses revenus , l'exercice de la religion luthérienne ( 30 septembre 1679). Louis y fit son entrée en triomphe , et Vauban commença les immenses travaux qui devaient faire de cette place le boulevard de la France (*). »

Mais la paix de Riswick , conclue le 30 octobre 1697, en confirmant les traitésdeWestphalieetdeNimègue, annula les arrêts des parlements de Metz, Besançon et Brisach; et Louis XIV s'engagea à restituer à l'Empire tout ce qu'il avait occupé, soit pendant la guerre , soit auparavant , sous le nom de réunions. Cependant la ville de

p a*58LaVa,,ée' HUloire dcs Franç., t. III,

Strasbourg ne fut pas comprise dans cette restitution; et , depuis cette épo-

3ue , elle n'a plus cessé de faire partie u territoire français. (Vovez Riswick [traité de].)

Chambre des aides. Voyez Cour des aides.

Chambre des avocats , des avoués, des huissiers, des notaires. Voyez ces mots.

Chambre des blés, juridiction établie dans le parlement de Paris le 1 1 juin 1709, pour connaître de toutes les questions relatives au commerce des blés. Cette chambre n'eut pas une année d'existence ; elle fut supprimée le 4 avril 1710.

Chambre des décimes. Voyez Décimes et Bureau des décimes.

Chambre des fiefs. Voyez Chambre des comptes.

Charnbre des monnaies. Voy. Cour des monnaies.

Chambre des pairs. On donnait quelquefois ce nom , avant la révolution^ la grand' chambre du parlement de Paris , parce que c'était dans cette chambre que se réunissait cette compagnie, quand les princes et les pairs venaient siéger avec elle. (Voyez Paibs et Pahlement.)

Chambre des prélats, nom par lequel on désignait aussi quelquefois la grand' chambre du parlement de Paris, parce que , suivant une ordonnance de Philippe le Bel (22 mars 1302), il devait toujours y avoir au moins deux prélats parmi les membres de cette compagnie. (Voy. Parlement.)

Chambre des requêtes. Voyez PAR- LEMENT.

C/utmbre des terriers. Voyez Chambres des comptes.

Chambre des vacations. C'est celle qui , dans les cours et tribunaux , est chargée de faire le service et de rendre la justice dans les affaires urgentes ,

Sendant le temps des vacances. (Voyez ailleurs les articles Parlement et Vacances.)

Chambre dorée du palais, nom par lequel on a quelquefois désigné la grand chambre du parlement de Paris , parce que Louis XII en avait fait

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FRANCE. UlA

dorer le plafond. Guillaume Poyet, chancelier de France, fut condamné par arrêt du parlement de Paris , du 23 avril 1545, en la chambre dorée du palais. [Vovez plus bas {Chambre (grand')].

Chambre du Chàtelet. Voyez Cha-

TELET.

Chambre du domaine, nom sous lequel on désignait, avant la révolution , la réunion des vingt directeurs de la régie chargée, par une ordonnance du 25 septembre 1774 , d'administrer le domaine de la couronne. Ces directeurs étaient subordonnés au ministre de la maison du roi.

Chambre du trésor, juridiction qui jugeait en première instance les affaires relatives au domaine du roi , et dont l'appel ressortissait au parlement.

Chambre du visa , nom que l'on a donné aux deux dernières chambres de justice, mais particulièrement à celle qui , après la chute du système de Law, tut établie pour juger les malversations commises par les préposés au visa des billets de la banque. Elle se composait de quatre conseillers d'État, de douze maîtres des requêtes , d'un procureur

général , d'un rapporteur et d'un grefer. Quatorze accusés y comparurent, et plusieurs d'entre eux furent condamnés à mort. (Voyez Law et Visa.)

Chambre ecclésiâstioue. Voyez Décimes et Bureau des aécimes.

Chambre (grand ), nom que l'on donnait à la première et à la principale chambre de chaque parlement. C'était le lieu où toute la compagnie se rassemblait et où le roi tenait ses lits de justice. C'était là que se faisaient les enregistrements, et que l'on plaidait les appellations verbales, les appels comme d'abus , les requêtes civiles et autres causes majeures.

Quelquefois, par le terme de grand chambre, on entendait aussi les magistrats qui y tenaient leurs séances.

La grand' chambre du parlement de Paris s'appela d'abord la chambre des plaids, caméra placUorum. C'est en 1342, dans une ordonnance de Philippe VI, que l'on trouve , pour la première fois , le nom de grand'cbaraore.

Cette chambre se composait alors, suivant une autre ordonnance du même prince, de trois présidents, quinze conseillers-clercs, et quinze laïques.

(Voyez Parlement.)

Chambre mi-partie, juridiction établie dans chaque parlement pour ju^er les procès où des gens de la religion réformée étaient intéressés. La moitié des juges devait appartenir à cette religion , et c'est de la que ces chambres avaient tiré leur nom.

Le premier des édits de pacification qui donna aux religionnaires quelques privilèges de ce genre, fut celui du mois d'août 1570. Il leur fut en effet accordé, par l'article 55 de cet édit, la faculté de récuser, dans chaque chambre du parlement où ils auraient un procès, quatre conseillers pour le fait de religion, indépendamment des autres récusations de droit qu'ils pourraient faire. La même faculté était accordée aux catholiques.

Un autre édit du mois de mai 1576 établit, au parlement de Paris, une chambre mi-partie , composée de deux présidents et de seize conseillers ; cette chambre allait tenir ses séances à Poitiers , trois mois de l'année , pour y rendre la justice aux habitants des provinces de Poitou , Angoumois , Aunis et la Rochelle.

Il en fut établi de semblables à Montpellier, pour le ressort du parlement de Toulouse, et dans chacun des parlements de Dauphiné, Bordeaux , Aix , Dijon, Rouen et Bretagne. Celle du parlement de Dauphiné siégeait, les six premiers mois de l'année, à Saint- Marcellin, et les six autres mois à Grenoble. Celle de Bordeaux siégeait aussi une partie de l'année à Clerac.

Les édits suivants apportèrent quelques changements à cet état de choses ; les chambres mi-parties de Paris et de Rouen furent remplacées, en 1598 et 1599, par les chambres de l'édit; celles de Toulouse, Grenoble et Guyenne furent supprimées en 1679; mais les autres subsistèrent jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes. (Voyez Chambres de t 'édit.)

Chambre syndicale de la librairie

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et de l'imprimerie , nom que Ton donnait autrefois aux assemblées des syndics et adjoints élus par les imprimeurs et les libraires, pour traiter de toutes les affaires concernant leurs professions.

Ces chambres étaient au nombre de vingt et une; elles siégeaient à Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Caen, Châlons- sur- Marne, Dijon, Lille, Lyon , Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nîmes, Orléans, Paris, Poitiers , Reims , Rouen , Strasbourg et Toulouse.

Elles étaient chargées d'enregistrer les privilèges et permissions d'imprimer, et d'examiner les ballots de livres et estampes introduits en France.

Chambre royale, commission établie par lettres patentes du 25 août 1601, pour juger, en dernier ressort , les appellations interjetées des jugements des commissaires envoyés dans les provinces pour vérifier les comptes des traitants. La chambre royale fut supprimée en 1604.

Chambre royale de ferdun, tribunal établi dans cette ville, en 1607, pour juger en dernier ressort les appellations des premiers juges, qui étaient auparavant dévolues à la chambre de Spire. Cette chambre subsista jusqu'à l'établissement du parlement de Metz, en 1633.

Chambre fou nie lie civile et tournelle criminelle. Voyez Pablem ent et Toururllb.

Chambres assemblées, audiences solennelles, où toutes les chambres du parlement se réunissaient pour juger en commun. Cet usage existe encore en France, dans tous les tribunaux partages en plusieurs sections ou chambres, pour vider un partage de voix, pour une audience de rentrée ou de réception; et à la cour de cassation, pour statuer sur un second pourvoi formé dans la même cause et pour les mêmes motifs.

Chambres consultatives des manufactures , fabriques , arts et métiers.

Ces chambres, instituées par suite de la loi du 22 germinal an xi, ont pour destination de faire connaître

les besoins et les moyens d'amélioration des manufactures, fabriques, arts et métiers; elles sont composées chacune de six membres, et présidées par les maires des lieux où elles sont placées. Les membres des chambres sont renouvelés par tiers tous les ans, et leurs fonctions sont gratuites.

Dans les localités où le gouvernement n'a point établi une chambre consultative des manufactures, la chambre de commerce, s'il en existe une, en remplit les fonctions. ( Voyez Chambres de commerce.)

Chambres de commerce , assemblées instituées dans les principales villes de commerce pour délibérer sur les intérêts commerciaux de leur localité, donner leur avis, quand il leur est demandé, sur des questions de leur compétence, età éclairer l'administration à l'occasion des mesures à prendre pour aider au développement et concourir à la prospérité du commerce.

A la fin du dix-septième siècle, il n'existait en France qu'une chambre de commerce ; c'était celle de Marseille. Deux arrêts du conseil, en date des 29 juin 1700 et 30 août 1701 , en instituèrent dans les principales villes commerçantes du royaume. Celles de Paris, Lyon, Rouen et Toulouse datent particulièrement du second de ces deux arrêts. Successivement il en fut créé une à Montpellier en 1704 ; une à Bordeaux en 1705; une à Lille en 1714.

Les villes de Nantes, Bayonne et Saint- Maio n'en ont eu que plus tard. Ces diverses chambres avaient pour attribution d'éclaircir par des discussions préparatoires les questions d'intérêt commercial , et elles reçurent ledroit de concourir à la composition du conseil général du commerce siégeant à Paris, en envoyant ou nommant chacune un délégué qui en devenait membre.

Ces chambres , composées de huit à douze membres, étaieut électives; et les conditions d'éligibilité variaient suivant la spécialité industrielle de chaque localité; mais chaque industrie importante devait y être représentée.

Les chambres de commerce furent supprimées par la révolution. Lors

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du travail de réorganisation que Napoléon entreprit quand il n'était encore que premier consul , il les rétablit en prenant l'élection pour base, mais une élection bien moins large et bien moins libérale que ne l'avait été, on siècle auparavant, celle qu'avait adoptée le plus absolu de nos rois.

Louis XIV avait voulu et ordonné que les choix et nomination des membres des chambres de commerce se fissent librement et sans brigue par le corps de ville et par les marchands et les négociants, l'élection se renouvelant chaque année. Napoléon ordonna que, pour former ces chambres, le préfet, ou le maire dans les villes où il n'y aurait pas de préfet, réunît auprès de lui quarante à soixante commerçants à son choix , pour procéder , sous sa présidence , a l'élection des premiers membres , lesquels devaient ensuite se renouveler d'eux-mêmes par tiers tous les ans.

Telle fut l'organisation donnée aux chambres de commerce par l'arrêté consulaire du 3 nivôse an xi. Quant à leurs attributions, elles furent a peu

Kes les mêmes que celles des cl mines instituées par Louis XIV. La chambre de commerce de Paris a été créée par arrêté particulier du 6 ventôse an xi ; et ses membres, élus par cinquante-trois électeurs, ont tenu leur première séance le 17 germinal suivant.

Les chambres de commerce , créées d'abord dans quelques villes de premier ordre, se multiplièrent graduellement jusqu'au nombre de quarante et une; elles sont réduites aujourd'hui à trente -huit, et siègent à Amiens, Avignon, Bayonne, Besançon, Bordeaux, Boulogne, Gaen, Calais, Carcassonne, Clermont - Ferrand , Dieppe, Dunkerque, Granville, la Rochelle, Laval, le Havre, Lille, Lorient , Lyon , Marseille , Metz , Montpellier, Mortaix, Mulhausen, Nantes, Nimes , Orléans , Paris, Reims, Rouen , Saint -Brifue, Saint- Etienne, Saint- Malo , Strasbourg, Toulou , Toulouse , Tours et Troyes.

Chambres de l'édit, juridictions substituées par les édits d'avril 1598

et août 1599 aux chambres mi parties dans les parlements de Paris et de Rouen. Ces chambres jugeaient en dernier ressort les procès ou les réformés étaient parties principales. L'un des conseillers dont elles se composaient devait appartenir à la religion réformée. Ces chambres furent supprimées en 1660.

. Chambres de rhétorique, sortes d'académies qui fleurirent, au quatorzième siècle, dans les Pays-Bas, où elles ne furent peut-être qu une imitation de nos puys ou compagnies littéraires. Au commencement du siècle suivant, nous trouvons une association établie sous ce titre à Arras , et distribuant, en 1431, des prix sur cette question : Pourquoi la paix ne vient pas en France. La ville de Tournai eut de même une chambre de rhétorique, et elle conserve encore, dans sa bibliothèque, un manuscrit contenant la suite des pièces couronnées dans cinquante -deux assemblées, du premier mardi de mai 1477 au premier mardi de juin 1491.

Ces compositions, toutes en langue française, sont des rondeaux, des ballades, ûesfastras (voyez ce mot). Chaque chambre avait sa devise et son blason symbolique. (Voyez Compa-

UNIES L1TTÉBAIBES.)

Chambres des comptes, nom que l'on donnait autrefois aux cours établies pour connaître et juger en dernier ressort de tout ce qui concernait la manutention des flnauces et la conservation du domaine de la couronne.

La chambre des comptes de Paris était la plus ancienne et la principale de ces cours. Klle était d'abord ambulatoire, c'est-à dire , qu'elle se transportait successivement dans les différentes parties de son ressort. Philippe le Long, par un édit daté de Viviers en Brie, en 1319, la rendit sédentaire à Paris, et en nomma présidents Sully et l'évéque de Moyon.

il lui donna au palais le local qu'elle occupa depuis jusqu'à sa suppression.

Li s rois venaient souvent assister aux délibérations de la chambre des comptes. Philippe de Valois, Char-

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les V, Charles VI et Louis XII s'y rendirent souvent pour délibérer sur les affaires les plus importantes de PÉtat. Ce fut à la chambre des comptes que l'on examina s'il convenait de donner connaissance au peuple du traité de Bretigny conclu en 1359, et qu'il fut résolu qu'on le rendrait public.

Le conseil secret, que l'on appelait alors grand conseil , se tenait souvent à la chambre des comptes en présence des princes, des grands du royaume, du chancelier, des cardinaux, des archevêques et évéques , des présidents et des mattres aes requêtes, et l'on traitait , dans ces assemblées, des affaires les plus importantes sur les finances, la justice et l'administration du royaume. Les résolutions prises dans ces circonstances forment ce que l'on appelle les ordonnances rendues par te conseil tenu en ta chambre aes comptes. Dans d'autres occasions, les officiers de la chambre des comptes étaient mandés près du roi , et admis aux délibérations qui avaient lieu dans le conseil privé.

Philippe de Valois donna pouvoir à la chambre , par lettres du 1 3 mars 1339, d'octroyer, pendant le voyage qu'il allait faire en Flandre, toutes lettres de grâce , d'anoblissement , légitimation , amortissements, octrois, etc.; et il lui permit, par d'autres lettres du dernier janvier 1340, d'augmenter ou diminuer le prix des monnaies d'or ou d'argent. Des officiers de la chambre des comptes furent chargés de l'exécution des testaments de Charles V et de Charles VI.

On comptait dans le royaume, en 1566, six chambres des comptes, outre celle de Paris. Ces chambres étaient établies à Dijon, Grenoble, Aix, Nantes , Montpellier et Blois. Les quatre premières avaient été créées par le duc de Bourgogne, le dauphin de Viennois, le comte de Provence et le duc de Bretagne. Celles de Montpellier et de Blois avaient été établies par François Ier en 1522 et 1525.

Toutes ces chambres furent supprimées en 1566, excepté celle de Pans, dont la juridiction fut alors

étendue à tout le royaume. Mais les six chambres supprimées furent rétablies en 1568. Depuis, plusieurs autres chambres des comptes iii it successivement créées , à Rouen, en 1580; à Pau , en 1624 ; à Dole, en 1692, et à Metz, en 1679. Enfin, les chambres des comptes de Lorraine et de Bar furent conservées après la réunion de ces deux provinces a la France. Celle de Blois fut supprimée en 1775.

Les archives de la chambre des comptes de Paris contenaient les actes les plus importants de l'autorité publique; l'histoire pouvait y puiser d'utiles renseignements, mais on n'avait pas eu soin d'en faire faire des copies authentiques; un incendie éclata, le 27 octobre 1737, dans ces archives, en consuma une grande partie, et Gt ainsi éprouver à la science une perte irréparable.

Cette chambre se composait , au moment où elle fut supprimée , d'un premier président, de douze présidents de chambre, soixante et dix-huit maîtres, trente-huit correcteurs, quatrevingt-deux auditeurs, un avocat et un procureur général, deux greffiers en chef, un commis plumitif, deux commis du greffe, trois contrôleurs du greffe, un payeur des gages et trois contrôleurs, un premier huissier, un contrôleur des restes, un garde des livres , vingt-neuf procureurs et trente huissiers : en tout , deux cent quatrevingt-neuf officiers. Elle se divisait en plusieurs chambres particulières , telles que la chambre des fiefs , où étaient déposés les actes de foi et hommage , les aveux et les dénombrements; la chambre des terriers, où se faisait le dépôt des terriers de tous les héritages qui étaient en la censive du roi , etc.

Michel l'Hôpital fut premier président de la chambre des comptes de Paris, depuis 1554 jusqu'en 1560, époque où il fut nommé chancelier. Cette charge devint ensuite presque héréditaire dans la famille de Nicolaî ; c'était un membre de cette famille qui présidait l'audience solennelle du 17 août 1787, lorsque Monsieur (depuis

Louis XVIII) sV présenta pour faire enregistrer les édits du timbre et de la subvention territoriale.

Toutes les chambres des comptes ayant été supprimées par l'article 12 de la loi du 7 septembre 1790 , furent d'abord remplacées par la commission de comptabilité nationale , qui le fut, elle-même, par la cour des comptes, en conséquence de la loi du 16 septembre 1807. ( Voyez Cour des comptes.)

Chambres législatives. C'est ainsi qu'on appelle, depuis 1814, les deux assemblées qui , de concert avec le chef du pouvoir exécutif, sont chargées par fa constitution de procéder à la confection des lois. L'une de ces deux chambres porte aujourd'hui le nom de chambre des députés ; l'autre, celui de chambre des pairs.

Les assemblées législatives n'ont pas toujours , en France, été désignées par les mêmes noms. On sait que celle qui fut convoquée en 1789, sous le nom d'états généraux, prit, après la vérification des pouvoirs de ses membres, et la réunion des trois ordres en une seule assemblée, le titre d'Assemblée nationale, et qu'elle fut plus tard nommée Assemblée constituante. Celle qui lui succéda, en vertu de la constitution de 1791 , est connue sous le nom & Assemblée législative. Elle n'eut que quelques mois d'existence, et fut remplacée par la Convention nationale.

Après la Convention, deux assemblées furent chargées du pouvoir législatif ; ce furent le Conseil des Anciens et le Conseil des Cinq-Cents, auxquels succédèrent plus tard le Sénat et le Corps législatif. Ces deux assemblées furent remplacées, en 1814, par la chambre des pairs et la chambre des députés; celle-ci fut désignée, dans l'acte additionnel aux constitutions de l'empire, sous le nom de chambre des représentants; mais elle reprit, après les cent jours, le titre de chambre des députés; et, depuis, les deux chambres législatives ont toujours conservé les dénominations sous lesquelles on les désigne aujourd'hui. (Voyez Assemblées, Consul des Anciens, Con-

T. IV. 28e Livraison. (Dict. bnc

SEIL DES CrNQ-CBNT5, CONSTI- TUTIONS, Convention, Corps législatif, Députés, États généraux , Pairs , Sénat.)

Chambrier de France, Camérarius. — La charge de camérierou chambrier était, comme nous l'avons dit ailleurs, tout à fait distincte de celle de chambellan : elle consistait dans la garde de la chambre du roi , c'està-dire, du trésor royal. Son origine remonte très haut , puisque l'archevêque de Reims, Hincmar, mort en 882 , parle en ces termes des devoirs du chambrier : « Le bon ordre du palais, le soin des ornements royaux et des dons annuels faits par les vassaux , excepté ce qui peut avoir rapport aux vivres , aux boissons et aux chevaux , appartient principalement à la reine , et sous elle , au camérier : ils doivent fes ranger suivant leur nature et leur qualité, afin qu'on puisse s'en servir en temps utile. Au camérier seul appartient la réception des présents faits par les ambassadeurs , à moins que , sur l'ordre du roi , la reine ne s'adjoigne à lui pour les recevoir. » Le camérier recevait encore les tributs en argent payés au prince; et, après les avoir pesés , il les serrait dans h cassette royale. « Le chamberier, dit « un registre de la chambre des comptes. « cité par du Cançe , à cause de sa « chamberie, a plusieurs cens et rentes « assis tant en la ville de Paris et environ, comme ailleurs, à cause des- « quels cens il a telle justice et con- « trainte comme à seigneur foncier « appartient. » Cet officier avait droit de juridiction sur les fripiers , les cordonniers, les ceinturiers et sur quelques autres corps de métiers de Paris.

Cette charge, après avoir éprouvé de nombreuses modifications, fut enfin supprimée en 1545 , par François Ier, qui remplaça le chambrier par les quatre gentilshommes de la chambre.

. Voici, d'après du Cange, les noms de quelques chambriers de la première et de la seconde race , et la série complète de ces officiers depuis 1060 :

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