‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 64 sur 88 · X. îv. 30* Livraison. (Dict. encyclop., btc · texte numérisé non relu

X. îv. 30* Livraison. (Dict. encyclop., btc

466 CM A L'UNIVERS. ciu

tigypte; détails que nous emprunte* roiis à l'élégante notice publiée par M. Arago, dans l'Annuaire du Bureau des longitudes, pour Tannée 1836.

« Plusieurs passages d'Hérodote, de Piodore de Sicile , de saint Clément d'Alexandrie , ont fait connaître que les Égyptiens se servaient de deux ou trois s'ortes d'écritures; et que dans l'une d'elles, au moins , les caractères symboliques ou représentatifs d'idées jouaient un grand rôle. Horapollon nous a même conservé la signiûcation d'un certain nombre de ces caractères ; ainsi , l'on sait que Yépervier désignait Yâme; Yibis, le cœttr; la colombe (ce qui pourra paraître assez étrange) , un homme violent; la flûte, Y homme aliéné; le nombre seize, la volupté; une grenouille , Y homme imprudent; h fourmi, le savoir; un nœud coulant, Y amour, etc.

« Les signes ainsi conservés par Ho- . rapollon ne formaient qu'une trèspetite partie des huit à neuf cents caractères qu'on avait remarqués dans les inscriptions monumentales. Les modernes , Kircher entre autres , essayèrent d'en accroître le nombre.

Leurs efforts ne donnèrent aucun résultat utile , si ce n'est de montrer à quels écarts s'exposent les hommes les plus instruits, lorsque, dans la recherche des faits, ils s abandonnent sans frein à leur imagination. Faute de données , l'interprétation des écritures égyptiennes paraissait depuis longtemps à tous les bons esprits un problème complètement insoluble, lorsqu'en 1799, M. Boussard, officier du génie , découvrit , dans les fouilles qu'il faisait opérer près de Rosette (en Egypte) , une large pierre couverte de trois séries de caractères parfaitement distincts. Une de ces séries était du grec. Celle-là, malgré quelques mutilations, fit clairement connaître que les auteurs du monument avaient ordonné que la même inscription s'y trouvât tracée en trois sortes de caractères , savoir : en caractères sacrés ou hiéroglyphiques égyptiens ; en caractères locaux (démotiques) ou usuels, et en lettres grecques ; ainsi , par un bonheur inespéré, les philologues se

trouvaient en possession d'un texte grec, ayant en regard sa traduction en langue égyptienne, ou, tout au moins , une transcription avec les deux sortes de caractères anciennement en usage sur les bords du Nil. Cette pierre de Rosette , devenue depuis si célèbre, et dont M. Boussard avait fait hommage à l'Institut du Caire, fut enlevée à ce corps savant à l'époque où l'armée française évacua l' Egypte. Oo la voit maintenant au musée de Londres.

« L'importance de l'inscription de Rosette avait frappé si vivement les membres de la Commission d'Egypte, que , pour ne pas abandonner ce précieux trésor aux chances aventureuses d'un voyage maritime, ils s'attachèrent à l'énvi , dès l'origine, à le reproduire par de simples dessins,' par des contre-épreuves obtenues à l'aide des procédés de l'imprimerie en tailledouce; enfin, par des moulages en plâtre ou en soufre. Il faut même ajouter que les antiquaires de tous les pays ont connu , pour la première fois , la pierre de Rosette à l'aide des dessins des savants français.

« Un des plus illustres membres de l'Institut, M. Sylvestre de Sacy, entra le premier, dès l'année 1802 , dans la carrière que l'inscription bilingue ouvrait aux investigations des philologues. Il ne s'occupa toutefois que du texte égyptien en caractères usuels.

Il y découvrit les groupes qui représentent différents noms propres et leur nature phonétique. Ainsi, dans l'une des deux écritures, au moins, les Egyptiens avaient des signes de sons, de véritables lettres. Cet important résultat ne trouva plus de contradicteurs, lorsqu'un savant suédois, M. Akerblad , perfectionnant le travail de notre compatriote, eut assigné, avec une probabilité voisine de la certitude, la valeur phonétique individuelle des divers caractères employés dans la transcription des noms propres que faisait connaître le texte grec.

« Restait toujours la partie de l'iuscription purement hiéroglyphique ou supposée telle. Celle-là était demeurée intacte; personne n'avait osé entreprendre de la déchiffrer. » Ce fut sur

CHA

ellemieChampollion porta toute son attention. Ses études sur ce monument existent encore, et l'on peut juger de l'opiniâtreté et de la persévérance de ses efforts à la vue des masses de papiers qu'il a remplis entièrement de son écriture.Enfin , après un travail de quinze ans, l'observation d'un fait en apparence peu important ouvrit devant lui une route nouvelle : il distingua les trois espèces d'écritures égyptiennes , hiéroglyphique , procédant par des signes , images fidèles d'objets très-variés ; hiératique ou sacerdotale, et démotique ou populaire , et reconnut que l'écriture hiératique n'était qu'une tachygraphie de l'hiéroglyphique , et la troisième encore une abréviation de la seconde. Comme nous l'avons dit plus haut, il communiqua cette première donnée certaine sur les anciennes écritures de l'Égypte à l'Académie des inscriptions et" belles-lettres, dans le mois d'août 1821 ; et voici en quels termes il Rendit compte à cette compagnie du progrès et des résultats de son travail :

• Du moment , dit-il , où j'eus reconnu « que le texte intermédiaire de la « pierre de Rosette n'était point écrit « dans un système alphabétique , mon « travail sur ce texte prit une marche « sûre; elle était toujours lente à la «vérité, mais elle conduisait à des « résultats fondés sur un principe bien « établi. Cessant tout à tait de cher- « cher des analogies alphabétiques dans « les groupes de l'inscription , et me « pénétrant des régies qui devaient né- « cessai rement présider à la combinai- « son des éléments d'une écriture for- ■ mée de signes d'idées , je parvins à « placer sous la plus grande partie de « ces groupes, sans efforts, sans sup- « position , sans rien changer , sans « omettre enûn aucun signe du texte « égyptien , les mots du texte grec qui « leur correspondent constamment. Ce « travail est tellement complet que ses « parties se justifient et se prouvent « les unes par les autres. On ne peut « s'empécber de remarquer , en effet , « que l'ordre des mots du texte grec, « soumis par ce rapprochement à la

CUA 407

« marche du texte égyptien , n'est que « très -légèrement interverti, et le « changement d'ordre dans les mots « est tout juste ce qu'il doit être , lors- « qu'on soumet une phrase appartenant à une tangue a inversions , « comme est le grec, à l'ordre logique « ou naturel que suivent ordinairement « les propositions d'une langue formée « de mots privés de terminaisons ou « inflexions, comme la langue égyp- « tienne. Cet aperçu ne perdait rien de « son importance, quoique le texte in- «termédiaire de l'inscription de Ro- « sette n'exprimât point le son des « mots de la langue égyptienne. Il est « de toute évidence qu'en usant d'une « écriture composée de signes d'idées, « les Égyptiens ne purent procéder a « la peinture combinée de plusieurs « de ces idées que dans l'ordre même « qu'ils avaient déjà adopté pour les « exprimer dans la langue parlée. Les « pensées , les jugements , en un mot , « la génération des idées est essentiel- « lement liée à l'état de la langue qu'on « parle. »

La découverte de Champollion eut un immense retentissement dans le monde savant, et M. de Saey lui rendit dans le Journal des Savants un éclatant hommage. Cette première exposition des principes de l'écriture hiéroglyphique fut publiée sous le titre de :

Lettre à Af. Dacier, secrétaire perpétuel de C Académie des inscriptions, relative à Valphabet des hiéroglyphes phonétiques employés par les anciens Égyptiens pour inscrire sur les monuments les titres f les noms et les surnoms des souverains grecs et romains, Paris, 1822, in-8°, 4 pl. li- 1 1 m ) j. . Cette publication souleva, surtout a l'étranger , de nombreux contradicteurs, à la tête desquels se plaça le savant Thomas Young , qui publia , l'année suivante : Exposé de quelques découvertes récentes concernant la littérature hiéroglyphique et les antiquités égyptiennes y où se trouve l'alphabet original de l'auteur, augmenté par M. Champollion, Londres, 1823, m-8°. Mais la question de priorité a été décidée d'une manière nette et pré-

Cil A

L'UNIVERS

CHA

cise en faveur de notre compatriote , dans la notice déjà citée de M. Arago, qui s'est constitué plus d'une fois, contre les prétentions de nos voisins d'outre-mer, l'habile défenseur de nos gloires nationales.

Cependant, si l'analyse rigoureuse de la partie démotique de l'inscription de Rosette n'avait eu d'autre résultat

?ue de faire connaître les rapports de écriture démotique avec les écritures hiéroglyphique et hiératique , et les caractères propres qui l'en distinguent, elle aurait peu avancé Champollion dans l'intelligence des textes; mais elle lui révéla une autre vérité : l'Egypte avait dit nécessairement , comme la Chine, se procurer un moyen quelconque de suppléer au défaut de toute écriture idéographique, qui, ne pouvant écrire les noms propres étrangers , exige nécessairement des caractères proprement alphabétiques; et elle y était parvenue en se formant , avec des caractères idéographiques dans le principe, mais dépouillés dans leur usage de toute valeur représentative des idées, une nouvelle sorte d'écriture destinée à peindre les sons, et, par conséquent, rentrant plus ou moins dans la catégorie de nos écritures alphabétiques. Champollion étant parvenu à connaître avec une précision rigoureuse les signes qui appartenaient a chaque nom propre , acquit bientôt, par la comparaison des divers noms propres et autres mots étrangers que contient l'inscription de Rosette, la valeur de dix-neuf caractères de ce nouveau système d'écriture; et il donna le nom de phonétiques à ces signes , idéographiques dans leur principe, mais réduits dans leur emploi au rôle de peinture de sons. Le même jour devait nécessairement éclairer les deux autres branches du système graphique des Égyptiens, c est-à-dire, les écritures hiéroglyphique et hiératique; et par conséquent, dans quelques cas du moins, la signification d'un certain nombre de lettres dans les trois écritures se trouva fixée d'une manière rigoureuse. Champollion donna à ses idées une extension toute

nouvelle dans l'ouvrage qu'il publia , en 1834 , sous le titre de : Précis sur le système hiéroglyphique des Égyptiens. Il y démontra les différentes natures des signes de l'écriture hiéroglyphique dont les uns servent à peindre les objets ; dont les autres sont des symboles de convention ; et dont enfin une troisième classe peint aux yeux les articulations et les sons de Ja langue parlée. Il prouva en outre , d'une manière irréfragable, que l'alphabet phonétique s'applique aux légendes royales hiéroglyphiques de toutes les époques; que , dé tout temps , les anciens Egyptiens l'employèrent pour représenter alphabétiquement les sons des mots de leur langue parlée; que les inscriptions hiéroglyphiques et hiératiques , et surtout les inscriptions démotiques, sont en partie composées de signes purement alphabétiques; d'où il résulte que l'alphabet phonétique est la véritable clef de tout le système hiéroglyphique. L'auteur développa en outre une proposition que, depuis, il s'est vu obligé de modifier un peu ; à savoir, que les caractères phonétiques qui ont, avec les caractères hiéroglyphiques, l'analogie d'être toujours, du moins dans leur origine et sous leur forme primitive, des représentations d'objets physiques, ne sont jamais cependant employés qu'à représenter des sons, et qu'ils se distinguent par conséquent par eux-mêmes, sans le secours d'aucun signe spécial d'avertissement, des caractères purement idéographiques; d'où, par conséquent, les mots coptes devenaient , dans une foule de cas , le moyen de lecture le plus vrai et le plus naturel de ces mêmes signes. Tel est l'exposé rapide de la théorie des hiéroglvphes créée par Champollion; exposé emprunté en grande partie à la notice de M. de Sacy, dont nous citerons encore le passage suivant. « Nous ne voulons pas dire qu'il n'y aura rien à réformer dans les explications nombreuses que Champollion a faites de son système; nous ne prétendons point "affirmer qu'il ne se soit jamais trompé dans la lecture ou dans l' interprétation

)igitized by Googl

FRANCE

CHA

de quelques caractères ou de quelques mots Mais la postérité n'en reconnaîtra pas moins avec nous que, depuis la renaissance des lettres, peu d'hommes ont rendu à l'érudition des services égaux à ceux qui consacrent à l'immortalité le nom de Champollion. »

En 1824, Champollion fut envoyé en Italie pour y étudier les monuments égyptiens ; et il y examina surtout la belle collection de Turin. A Rome , il avait été chargé, par le pape Léon XII, d'un grand travail sur les obélisques ; mais la mort du pontife interrompit l'oeuvre commencée. Au retour de ce voyage , qui avait jeté un grand jour sur l'histoire des anciennes dynasties égyptiennes, il fut nommé conservateur du musée égyptien fondé au Louvre , et ouvert au public le 25 décembre 1827. Enfin, par les soins des gouvernements toscan et français, s'organisa une expédition dont le 'but était l'exploration des antiquités égyptiennes dans l'Egypte même. Cette expédition, qui comblait les vœux de Champollion , se composait de huit Français et de cinq personnes envoyées par la Toscane, à la téte desquelles était l'orientaliste Rosellini. Les voyageurs s'embarquèrent à Toulon, sur la frégate YÉylé, le 31 juillet 1828, et arrivèrent, )e 13 août, devant Alexandrie. Après une exploration intelligente et approfondie de presque tous les monuments de l'ancienne Egypte, Champollion revinten France a la fin de 1829, rapportant une collection immense de notes et de dessins. La relation de son voyage est disséminée dans les lettres qu'il a écrites d'Égypte, et que l'on publiait au fur et à mesure de leur réception. Le 7 mai 1830, il fut reçu membre de l'Académie des inscriptions , et ilse disposait à remplir une chaire d'antiquités égyptiennes, créée pour lui au collège de France, iorsqu'après trois attaques d'apoplexie, il fut enlevé au inonde savant le 30 mars 1831 , n'ayant pas encore accompli sa quarantième année. C'est une des plus grandes pertes que la France ait faites depuis plusieurs années, et elle est pour longtemps irréparable. Le gouvernement

a ordonné que sa statue serait placée dans la ville de Figeac ; et une pension de trois mille francs a été votée à sa veuve par les deux chambres. Outre les ouvrages mentionnés dans le courant de cet article, on doit encore à Champollion : 1° Observations sur le catalogue des manuscrits coptes du musée Borgia à f'elletri, par G. Zoéga, Paris, 1811 , in-8°; 2° Lettre sur les • odes gnostiques attribuées à Salomon, Paris, 1815, in -8°; 3° Précis du système hiéroglyphique des anciens Egyptiens, ou Recherches sur les éléments premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons et sur le rapport de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes, 2 vol. dont 1 de planches, Paris, 1824, in-8°; 4° Lettres à M. le duc de Blacas d'Julps. relatives au musée royal égyptien de Turin, une seule lettre a paru ; Paris, 1 824, in-4", 3 planches; 5° Catalogue des monuments égyptiens de la bibliothèque du Vatican, 1825, in-4°, 3 pl.; 6° Notice descriptive des monuments égyptiens du musée Charles X, Paris, 1827; 7° Panthéon égyptien, Paris, 1827, 14 livraisons; 8° Quatorze lettres écrites d'Égypte pendant le voyage scientifique des commissions française et toscane dans cette contrée; 9° Les monuments de V Egypte et de la Nubie, ou / monumentidelC Egitto e délia Nubia, 2 éditions, l'une Irançaise , l'autre italienne , en collaboration avec Rosellini ; enfin , un assez grand nombre d'articles et de mémoires insérés dans divers recueils scientifiques.

Champoly, village du Forez , auj.

dép. de la Loire, à 33 kil. de Roanne, dans le territoire duquel se trouve le château d'Urfé, qui a donné son nom à la famille de l'auteur de Y Astrèe.

Champrond ou Chamron , ancienne seigneurie de Bourgogne, érigée en comté en 1644.

CHAMi»TERciER,villagedel'ancienne Provence, auj. dép. des Basses-Alpes, à 8 Ki loin, de Digne, patrie de Gassendi et du général Desmichels.

Champtocé, ancienne seigneurie

Cil A

L'UNIVERS

CHA

de l'Anjou , auj. dép. de Maine-et- Loire, a 26 kil. d'Angers. On remarque à Champtocé les ruines d'un vieux château où fut étouffé entre deux matelas, en 1450, Guillaume de Champtocé, frère de François Ier, duc de Bretagne. Ce château avait appartenu au maréchal de Retz, qui en avait fait longtemps le théâtre de ses horribles débauches.

Champtocé aux, Castrum Celsum, ancienne baronnie de l'Anjou, auj. dép.

de Maine-et-Loire , à 32 fal. de Beaupréau , était autrefois une ville considérable. Elle fut prise successivement par Henri II, roi d Angleterre, en 1173; par saint Louis, en 1230; par Jean, duc de Normandie, en 1341 ; et par le duc de Bretagne en 1420 ; elle fut alors complètement détruite, et depuis elle n'a point été relevée. Il n'en reste que l'ancien faubourg, où l'on compte maintenant 1,150 hab.

Chanceliers de France. — L'office de chancelier est aussi ancien que la monarchie ; dès le cinquième siècle, on voit paraître une classe de notaires connus sons le nom de référendaires, et dont le principal, appelé grand référendaire, avait, suivant quelques auteurs, la garde de Panneau ou sceau royal ; les fonctions de cet officier devaient être à peu près les méWs que celles dont plus tard les chanceliers furent investis. Dès la seconde moitié du huitième siècle , le titre de référendaire est fort souvent remplacé , dans les diplômes, par celui de chancelier , et, après cette époque, ce dernier est le seul qui y paraisse. Les chanceliers avaient principalement la charge d'écrire ou de faire écrire les chartes , les ordonnances , et de leur imprimer un caractère d'authenticité, en les contre-signnnt et en y apposant le sceau royal dont ils étaient dépositaires. Jusqu'au règne de François I«r, l'autorité royale ne fut représentée que par le chancelier , qui était en même temps le chef de toute la magistrature. Lorsque le roi assemblait .son grand conseil , pour statuer sur des affaires d'État hors de la compétence du parlement, le chancelier pré-

sidait ces assemblées extraordinaires.

Ce fut l'évëque de Senlis , F. Guerin , qui fit décider, sous Philippe-Auguste, ne les chanceliers siégeraient dans assemblée des pairs , et qu'ils siégeraient avant les autres grands officiers de la couronne.

Du Cange cite, relativement aux attributions et aux gages des chanceliers sous la troisième race, le passage suivant d'un registre de la chambre des comptes de Paris : « Nous avons « trouve une cédule qui estoit escrîte « de la main de feu maistre Saince de « la Charmoye, par laquelle il pria feu « maistre P. de Conde à son vivant, « puisqu'il fu entré en religion, que il « fi rescrisist ou signifiast, quiex ga- « ges avoit àccoustumé à prendre ce- « lui qui porte le grant seau du roy. « Et ledit frère li rescrisit de sa main « propre en ladite cédule, que du temps « monseigneur saint Loys , maistre « Philippes d'Antongny "portoit son « grant seau et prenoit pour soy et « ses chevaux et valiez a cheval sept « sous parisis par jour , pour avaine « et pour toutes autres choses , et « excepté son clerc et son vallet , qui « le servoit en sa chambre , qui men- « joient à court , et estoient doublez « leurs gages ès quatre festes annuex « en l'an, et quant le roy prenoit giste. « Item il avoit ses mautiax, si comme « les autres clercs du roy , et livrée « de chandoille tant comme il en con- « venoit, pour sa chambre et pour les « notaires à escrire , et quant li roy «voloit, il li donnoit palefroy pour « soy, et cheval pour son clerc et som- « mier pour le registre. Kt dit que de- « puis le temps monseigneur saint « Loys, ceux qui ont porte le seau du «• roy se sont en ce cas portez en moult « de manières, si comme il ont voulu « et len leur a souffert. Item il dit en « ladite cédule que des lettres qui doi- « vent soixante sols de seau, le saeleur « prenoit dix sols pour soy, et sa por- « cion de la commune chancellerie, si « comme les autres clercs du roy. Et « quant il estoit en abbeyesoueu lieu où « is ne dépendoit riens pour chevaos, « ce lui estoit rabatu de ses gages. »

Les chanceliers, d'abord nommés par le roi et révocables à volonté , se tirent nommer à vie , puis enfin élire par une assemblée de magistrats et de grands seigneurs laïques et ecclésiastiques que le roi présidait au Louvre sans y avoir voix délibérative. Mais leur inamovibilité futcomplétement annulée par la création des gardes des sceaux.

Les chanceliers ne portaient jamais le deuil pour quelque cause que ce fût.

La teneur du serment qu'ils prêtaient entre les mains du roi a souvent varié. Voici la formule sur laquelle le chancelier Duprat prêta serment en 1514 : « Vous jurez Dieu le « créateur et sur votre foy et hon- « neur, que bien et Ioyaulment excr- « cerez l'état et office de chancelier de « France; serez obéissant au rov , et « servirez audict estât envers tous et « contre tous , sans nul excepter ; fe- « rez justice à un chacun, sans accep- « lion de personnes ; là où verrez « qu'il y aura quelque désordre, tant « au faict de la justice que de la ehan- « cellerie, y mettrez ordre, en adver- « tirez ledict seigneur , afin de l'y « mettre; aimerez le bien et honneur « d'iceluy seigneur, et en toutes cho- « ses lui* donnerez bon et loyal con- ■a seil. Quand on vous apportera à « sceller quelque lettre signée par le « commandement du roy, si elle n'est « de justice et raison , ne la scellerez « point, encore que ledict seigneur le « commandast par une ou deux fois :

« mais viendrez devers celuy seigneur, «• et luy remonstrerez tous les points « par lesquels Indicte lettre n'est rai- « sonnable, et après que aura entendu « lesdicts points, s'il vous commande « la sceller, la scellerez; car alors le « péché en sera sur ledict seigneur et « non sur vous.... Aultrement ferez « tous actes concernant Testât et qui.

• conviennent estre faicts par un bon « et loyal chevalier , comme ledict « seigneur a en vous sa parfaite fiance; « et ainsi le jurez et promettez. »

L'office de chancelier de France fut supprimé par une loi le 27 novembre 1790. Sous le régime impérial, il y eut un archichancelier chargé de la

promulgation des lois et des sénatusconsultes organiques, et qui assistait à tous les actes die l'état civil de la famille impériale. Les attributions de cet officier, qui avaient été réglées par un statut impérial du 30 mars, furent dévolues au chancelier de France lors de la première restauration. Mais en 1815, le ministère de la justice fut distrait de la chancellerie ; la présidence de la chambre des pairs, qui était devenue la prérogative du chancelier, lui fut enlevée momentanément en 1830, mais elle lui a été rendue il y a quelques années.

Les insignes du chancelier de France étaient l'énitoge ou simarre de velours rouge doublée de satin, le mortier, et les masses que quatre huissiers portaient devant lui.

Il n'existe jusqu'à présent aucun travail satisfaisant sur les chanceliers de France, dont l'histoire est loin encore d'être suffisamment éclaircie. Les auteurs qui ont traité ce sujet sont souvent en contradiction, et nous n'avons pu nous prononcer entre eux. Nous nous bornerons donc à donner ici une liste de ces officiers, en intercalant à leur place tous les noms fournis soit par Mabillon, soit par du Cange, soit par les auteurs du nouveau traité de diplomatique. Nous renvoyons à ces ouvrages pour plus de détails.

LISTE CHRONOLOGIQUE DES CH/UVCEMIM DE- PUIS TEPII* LE BREE JUSQU'A SOS JOURS.

Sous Peput le Bref.

Chrnding, 75a.

Eguis, 753. 754.

Widmar. 76», 753, 759.

S Bonifacf , archerrque de Mayenre, 751.

Kroncon, 754.

Volfard, 759.

Adalolfus, 764.

Beddiln, 76», 760, 765.

Ilillner, 767.

Sous Carloman, fils de Pcpin.

Maginard.

Sous Charlemagne.

Page 1